Le récit est prenant et la fresque romanesque plutôt jolie mais il est dommage que l'intériorité des personnages ne soit pas creusée et que des thématiques très importantes servent seulement de prétexte à l'histoire.
Saga familiale romanesque et mélodramatique au sortir de la guerre avec une fille-mère tondue à la libération et un bourgeois handicapé rejeté pour ses penchants homo. Un film riche en intrigues (trop ?) avec des personnalités ambigües ayant des choses à cacher – ou à découvrir -, excellemment interprété dans le cadre d’une mise en scène solide.
C’est l’histoire d’un amour improbable entre une femme qui a eu un enfant avec un allemand au cours de la deuxième guerre mondiale, et un homme qui cherche a refouler son homosexualité, les 2 personnages trouvant un intérêt dans cette relation en forme de couverture, tout en éprouvant réellement des sentiments l’un pour l’autre. Le film n’est pas inintéressant, ni dénue de qualités, mais le rythme est un peu lent, et beaucoup de scènes trop longues auraient gagné a être raccourcies. Un peu décevant au final…
Ce film qui traite de sujets très profonds et fort intéressants, dure 2 heures et pendant les 90 premières minutes, je me suis demandé comment il était possible de présenter un récit aussi invraisemblable en matière de mixité sociale, en particulier. Puis tout à coup, l’auteur a semblé maitriser son sujet et nous exposer enfin la véritable histoire de cette femme née en 1925 qui a donc vécu pendant la 2ème guerre mondiale puis les trente glorieuses qui en ont découlé. La fin du film est extrêmement touchante et pourrait presque nous faire oublier l’extravagance du début...
Film assez touchant sur une famille qu'on suit dans le temps et qui démarre avec des images d'histoire assez choquantes. Il ne fait pas forcément bon d'aimer tout le temps, par exemple de la relation de Madeleine qui s'amourrache d'un soldat allemand pendant la 2nd guerre mondiale en ressort un enfant qui a cruellement envie et besoin de connaître son vrai père alors que sa mère est tellement honteuse qu'elle met plus de 20 ans pour lui raconter la bonne version de son histoire. Il ne fait pas forcément bon d'aimer non plus quand on est un homme qui aime les hommes du temps où les rapports homosexuels sont sévèrement punis par la loi. Film un peu long toutefois.
Un mélo sur des éléments, des faits, des lieux authentiques. Il est bon de rappeler les conséquences de lois iniques ou de la vindicte populaire sur la vie des victimes. Les acteurs sont très bons y compris les enfants.
Ai vu "Le temps d'aimer" de la réalisatrice Katell Quillévéré. Film mélodramatique comme on n'en fait plus guère maintenant, qui se déroule sur une vingtaine d'années (environ 1955 à 1975). Madeleine, serveuse dans un restaurant, élève seule son fils, Daniel, qu'elle n'aime guère. François éternel étudiant est handicapé et solitaire. Ces deux personnages tout en s'unissant couplent leurs secrets respectifs pour le malheur de Daniel. C'est excellemment interprété, Anaïs Desmoustier et Vincent Lacoste forment un couple à la dimension de Deneuve/Depardieu des années 80. Leur interprétation est à l'image du film d'une extrême pudeur. La mise en scène est fluide et pratiquement tout est filmé à l'épaule au plus proche des personnages. Le montage judicieux fait passer les années et les grandes étapes de ce drame avec finesse et crédibilité. Alors que manque-t-il pour qu'on sorte de la séance ravagé par les larmes comme il se devrait ? Certainement un point de vue beaucoup plus clair ! Suit on l'histoire de Daniel, enfant mal aimé et qui croule sous le poids des secrets de ses parents ? Où justement celle de Madeleine et François ? Le scénario veut tout trop embrasser et parfois manque de crédibilité, surtout sur la fin, où certaines scènes sont peu crédibles dramatiquement. Mais il est tout de même agréable de se laisser bercer par ce long métrage romanesque, la très belle photographie, les reconstitutions très sobres et efficaces (particulièrement l'épisode Châteauroux 1960), ces incarnations superlatives, la bande musicale, et les scènes d'amour majestueusement filmées et originales. Ce n'est pas le grand film que j'espérais, il aurai fallut un François Truffaut pour transcender ce scénario, mais je me suis laisser envahir par ces personnages blessés et surtout ces deux acteurs magnétiques.
Mélodrame qui soulève plusieurs thèmes. Très bien interprèté. On passe un bon moment. Quelques scènes qui peuvent déranger, qui auraient pu être raccourcies.
C’est un très beau film, fort émotionnellement parlant, sonnant juste aussi dans son déroulé. Les péripéties et scénarios sous-jacents sont nombreux, ce qui en fait un film extrêmement bien construit. Déjà, l’amour qui unit le couple Lacoste/ Demoustier est d’une très grande beauté. Émotionnellement parlant, le film d’une certaine grandeur , d’autant plus que les personnages sont déjà forts de passés difficiles. Le personnage que joue Vincent Lacoste est infiniment complexe , son problème de jambe, son passé sombre, ses ancêtres qui le sont aussi et là, sont amante rejoint également la complexité et le tragique de situation, par son lien amoureux et transitionnel du passé, empreint d’une aura tragique et mystérieuse qui laisse son enfant déstabilisé, sans recevoir beaucoup d’amour. Acteur également très touchant. J’ai moins apprécié le moment du déménagement, l’ouverture du cabaret, la fête et j’ai préféré largement le labeur immense du personnage Lacoste enchaînant les nuits torrides et les journées dédiées à sa thèse à la légèrete de celui de Demoustier. Ce passage à Châteauroux, bien que le paysage soit magnifique, me laisse un arrière goût assez amer et j’ai eu de la peine à saisir la relation triangulaire unissant le soldat américain à l’une et l’autre. Je n’avais pas même saisi l’homosexualité évidente du personnage principal. J’ai beaucoup aimé le second déménagement. Paris. L’enseignement. La vie de famille. Les moments émotionnellement chargés de douleur aussi, dans le couple, dans le passé tourmenté du personnage principal, dans son labeur, dans son état dépressif latent. Si certains détails relationnels relatifs à leur ami américain ont échappés à ma compréhension, je me dis au fond, peu importe. Je ne m’attendais pas à la fin, sauf lorsque les minutes l’ont précédées. Infiniment tragique. Un film extrêmement riche émotionnellement parlant, qui en dit long sur la psyché des personnes, une très belle histoire d’amour aussi et un tragique bouleversant. J’en suis ressortie grandie, avec bien des éléments à échanger avec mes compagnons de sortie et leurs lectures à eux du film. Mention spéciale à Vincent Lacoste qui prend du grade au fil de sa carrière et se montre désormais capable d’assumer de grand rôles en les assumant haut la main. Un très grand film. Frôlant la virtuosité.
Je passais un bon moment mais il a fallu que cela parte en vrille. Un drame français en trois actes qui aurait pu être très bon si l’intrigue centrale n’était pas aussi catastrophique. Le film joue sur une certaine subtilité au début et c’est plutôt cool de suivre cette histoire mais c’est bien lors du deuxième segment que tout s’écroule. Les péripéties qui viennent perturber le récit n’ont aucun sens et en deviennent très gênantes. Tout ce qui suit est ainsi éreinté de toute crédibilité. Au lieu de perdre du temps à mettre en scène ces éléments inintéressants, il fallait développer cette tragédie familiale. Mais non, on a préféré jouer sur des ellipses, quel gâchis! Je ressors de cette œuvre très agacé parce que la partie finale aurait dû être le cœur de l’histoire. Les intentions narratives étaient certainement bonnes à l’origine, mais l’exécution est trop bancale malgré que le duo de comédiens fonctionnent très bien. 8,5/20
Un beau mélo, au scénario peut-être ( peut-être ) un peu trop chargé. A juste titre, on salue les performances de Demoustier ( "lumineuse" lui va très bien!) et Lacoste mais il ne faudrait pas oublier leur fils, intéressant et intrigant dans ses trois incarnations.