Un film assez sombre où l’amour peine à trouver sa place. Les secrets ou plutôt les combats intérieurs prennent le dessus sur la recherche du bonheur. C’est ce qu’a montré KQ très joliment. Le sexe n’est qu’une façade car il ne répond en rien à l’épanouissement qui ferait d’eux un couple heureux et cette avancée dans le temps n’est qu’une triste constatation de leur impossibilité à s’épanouir. C’est joli. Et mention spéciale à la grande rue Chère, une des premières scènes du film en noir et blanc, furtive, tournée dans mon petit village breton du Finistère et que la narratrice cite dans sa lettre à la fin!!!
Avec rigueur et délicatesse, Le Temps d’aimer brosse des portraits individuels tourmentés formant, assemblés, le portrait de l’époque de l’après-guerre avec ses traumatismes, ses aspirations et ses interdits. Le film dit bien la difficulté du vivre-ensemble, et pourtant sa nécessité, distingue l’amour sincère que se portent – ou qu’essaient de se porter – les personnages et l’image de la « couverture » que la famille, par recomposition, jette sur les passions clandestines. La mise en scène fluide et expressive épouse au plus près la silhouette et les déplacements des protagonistes, procède par mimétisme tel ce travelling horizontal sur la plage qui ouvre et referme le long métrage ; elle demeure pudique quand viennent les scènes intimes, spoiler: figure le trouble adultérin ou homosexuel par un très gros plan d’insert sur la bouche de Jimmy.
Nous regretterons toutefois l’aspect catalogue d’un film qui énumère les problématiques de société et qui se sent obligé de clarifier, d’expliciter, de borner la confusion des sentiments par des retournements de situation et des dialogues tout aussi lourdingues qu’inutiles. Trop écrit et significatif, le scénario s’engage dans une trajectoire tragique qui a tendance à écraser les personnages sous le poids de ses intentions. Reste une œuvre vibrante d’humanité et d’émotions, très bien interprétée.
Attention, naissance d’une grande réalisatrice, Katell Quillevéré. Acteurs parfaitement dirigés, scénario parfait. J’apprécie particulièrement le fait de parler de la lâcheté des hommes vis à vis des femmes au sortir de la seconde guerre mondiale.. résistants de la 25eme heure. Des faits trop méconnus de l’historiographie officielle. Ce film aborde finalement des amours contrariés , déçus par des circonstances qui les dépassent : guerre, morale, classe sociale… chacun essaie autant que faire se peut de mener sa petite barque, dans une atmosphère étouffante pour tout le monde. Vincent Lacoste et une Anaïs Demoustier admirable pour donner toute la mesure de cette ambiance . Un film ambitieux qui aborde beaucoup de thèmes sans se perdre en route. Bravo
Le pitch du film, c’est un double-secret : on a connaissance du premier dès l’introduction, c’est, pour Madeleine, d’avoir fauté avec un soldat allemand et de voir dans l’enfant qui est né un rappel constant de la honte d’avoir été humiliée et tondue à la libération. Le petit Daniel doit dès lors composer avec une mère froide et distante et un père absent dont il ignore tout. Quant à François, cet étudiant riche et cultivé qui attire Madeleine et que Madeleine attire, on devine intuitivement ce qu’il dissimule, bien avant que le scénario ne décide de le révéler. Tentative d’autobiographie familiale d’une certaine ambition pour sa réalisatrice, cette histoire s’échelonne sur une dizaine d’années, alors que la France se relève doucement de la guerre et que les soldats américains font planer un vent de jeunesse et de décontraction sur un pays encore puritain dans lequel il vaut mieux taire les secrets socialement inavouables. ‘Le temps d’aimer’ est une saga romanesque au long cours, un mélodrame historique avec sa reconstitution soigneuse qui obéit à toutes les figures imposées du genre et restitue honnêtement mais timidement l’atmosphère d’une époque. Comme la plupart des films du même genre, celui-ci est très “qualité française” (le traitement de l’homosexualité n’est désormais qu’un lieu commun de plus) mais se trouve néanmoins rehaussé par l’investissement des acteurs, même si on a un peu de mal à croire que Vincent Lacoste ait pris une douzaine d’années tout au long de l’histoire.
Un bon film français comme seul le cinéma français peut en produire. Parfois on a une légère impression de déjà vu. La part autobiographique ressort clairement. Un bon film.
Cette chronique sur la vie d'un couple durant une vingtaine d'années, évoque le cinéma de Douglas Sirk. Le film évite les pièges du mélo auquel il aurait pu rapidement tomber. Une belle reconstitution de chaque époque traversée, une interprétation forte, même si celle de Lacoste parait ampoulée ( bravo à sa maquilleuse qui s'est fait plaisir avec son bâton de rouge à lèvres ). Néanmoins, la durée du film ( plus de 2h ) joue en sa défaveur, la lassitude se faisant gagner dans les derniers instants.
Un joli film, bien joué, sympa, un très bon moment. Ces derniers temps (automne 2024), les bandes annonces des films donnent une autre idée de ce que sont réellement ces films.
J ai beaucoup aimé. Un couple qui s aime malgré leur lourd secret respectif. C est la relation mère fils qui me fait mal au coeur tout le long du film. On voit qu elle n arrive pas à oublier le fait que ça soit le fils d un officier allemand et du coup est tres distante avec lui. Quand il dit “j aimerais juste que tu m aimes” c est terrible… la fin est jolie.
L’histoire d’un amour sans amour et d’une famille qui n’en est pas une. Un scénario original mis en scène dans une époque triste mais où la triste n’est que celle des personnages alors que leur vie semble plutôt heureuse. Une fin un peu alambiquée mais qui laisse un soupçon d’espoir.
Les rôles principaux : Anaïs Demoustiers dans le rôle de Madeleine, Vincent Lacoste dans le rôle de François, etc..
La durée : 124 minutes .
Je suis partiel et partial mais je ne sais mais j ' adore Anaïs Demoustiers, récemment excellemment interviewée par Eva Bester dans son émission Grand Canal sur France inter .
" Montres - moi ta jambe gauche ?" dit Madeleine à François qu' elle vient de rencontrer sur une plage bretonne en 1947..........Comme si elle lui faisait confiance profondément sans délai. Aimer, c ' est parler sans détour ........François montre sa jambe gauche atypique à Madeleine.Amour/Amitié.
Madeleine et François ont traversé la seconde guerre mondiale de manière radicalement différente.........
Madeleine est mère d' un garçon né en 1942 ..........
François est très cultivé et complexe quant à son mental.
La caméra très mouvante suit les aléas de cette rencontre/ évidence pour Madeleine et plus compliquée dans le mental de François.
Intense et subtile, Anaïs Demoustiers donne à Madeleine une force positive et tranquille et naturelle .Vincent Lacoste fait de François un être humain mystérieux et fragile...........Mais qui est le père du fils de Madeleine qui travaille en qualité de serveuse dans un hôtel restaurant de la côte bretonne ?
Les murmures de la Manche ponctuent ces scènes simples et amples ..........
Les ellipses temporelles sont toujours importantes dans une œuvre cinématographique , ici on en compte cinq qui mènent les personnages de 1947 à 1967 environ...........Je les trouve fort réussies..........
Au sortir de la seconde guerre mondiale ( comme de toute guerre évidemment) cela fut difficile de vivre en paix et d'accueillir la vie avec son impermanence.
Katell Quillévéré nous fait percevoir une psychologie précise de la vie de couple entre Madeleine et François sur une vingtaine d ' années. Notons que les deux jeunes comédiens enfants de Madeleine sont remarquables.
Avec minutie et profondeur, Katell Quillévéré tisse et jardine un ...ou des temps d'aimer ....parfois limpide parfois complexe voire difficile et le montage et la musique sont à l' unisson du sens profond de ce film.
Magie.........Un plan majeur de ce récit filmé est bressonien ( entre deux plans brefs le spectateur a vraiment l ' impression de voir un plan qui est dans sa tête mais par sur l' écran d' où l ' importance de découvrir une œuvre cinématographique dans une salle !).
"La vie est ce qui arrive lorsque l ' on a prévu autre chose" ( citation de Jean Christophe Seznec)............Ainsi pour Madeleine et François et leurs deux enfants dont un né avec la participation amoureuse de François, une fille fort intelligente et vive et très bien incarnée par la toute jeune Margot Ringard Oldra qui semble maîtriser ataviquemment l' art de jouer un rôle ........
Le film commence en noir et blanc et au moment important explose pacifiquement en couleur !
Pourquoi cette svastika tracée sur le pare - brise de la voiture du couple en 1949 environ ?
L'intime et l' universel sont liés sur le chemin mouvementé de Madeleine et François durant ces vingts années.
Quel est le père du premier né de Madeleine ? Où est- il ?
Montrer la vie de ce couple et des gens proches de Madeleine et François est ardu mais Katell Quillévéré réussit en deux heures environ à nous faire réfléchir sur le temps d ' aimer dans la durée.........
Aimer qui ? Comment ? Pourquoi ?
Aimer sans semer la zizanie ou les quiproquos...
...
Aimer dans le temps.......
Le temps et le désir.........
Aimer clairement et surtout partager .....Ainsi Madeleine essaie de vivre en aimant sans fard ni fardeau......Madeleine arrive- t - elle à réaliser cette quête amoureuse ?.....
Chaque spectateur donnera une réponse selon ses vues..........selon ses idées...selon ses pensées ...selon son vécu ....selon son émotivité ....selon son raisonnement ..selon son environnement...........etc..
Film de 2023. De 1947 aux années 1970 l’épopée, d’un couple français, dépeint comme une entité à mi-chemin entre le malentendu et le miracle. Le cinéaste Katell Quillévéré réussit une relecture excitante du film historique et romanesque
Je n'ai pas été voir ce film en salle, l'affiche me laissant penser que c'était seulement un nouveau film approchant un thème similaire au fameux Jules et Jim. Je l'ai donc vu lors de sa diffusion sur canal plus sans avoir cherché avant des détails. J'ai été surpris par le début et ensuite je me suis demandé où on allait nous emmener. Ce film est bien plus profond que Jules JIm, à multi facettes avec la sublime Anaïs Demoustier. C'est l'histoire d'une femme blessée qui garde un secret, qui rencontre un homme possédant des attirances diverses et qui a lui aussi un secret, sur un couple qui se rencontre et qui s'aime malgré des difficultés diverses, sur un fils qui est en quête d'identité, sur la liberté de vivre ses passions, sur les excès d'après guerre ... Bref c'est un bien joli film.