L’Afrique a souvent attiré de grands cinéastes occidentaux, notamment pour son exotisme, et des promesses de grandeur visuelle avec la faune et la flore. C’est également le cas de ce film-safari, réalisé par Howard Hawks, autour d’un groupe d’occidentaux chassant les animaux pour les revendre à des zoos.
Si vous cherchez l’exotisme, il y a des fortes chances que le film vous intéresse! Il est difficile de résister à ces paysages majestueux de Tanzanie, et à cette nature sauvage. Les animaux sont omniprésents, et cela est, à mon avis, la plus grande qualité et le plus grand défaut du film.
Je m’explique : ces animaux sont filmés de façon admirable, à la fois poétique et burlesque. Ils sont souvent parvenus à me faire rire, notamment les éléphants, particulièrement irrésistibles. Alors, quel est le problème? Selon moi, les personnages humains deviennent vite ennuyeux en comparaison. Je comprends bien l’intention du cinéaste, qui alterne constamment (de façon un peu trop répétitive je trouve) les scènes de chasse ou de dressage des animaux et les scènes de séduction ou d’intimité des hommes et des femmes.
Il y a là une bonne idée, et il est assez intéressant d’observer ces personnages, bien plus à l’aise pour chasser des rhinocéros que pour régler leurs histoires sentimentales. John Wayne réalise ici une performance très convaincainte, qui plus est dans un rôle assez différent de son personnage iconique habituel.
Mais je trouve qu’on comprend vite les procédés, qu’il y a quelques facilités scénaristiques, qu’il manque peut être quelques enjeux dramatiques plus profonds, et puis que les personnages secondaires ont un peu de mal à exister. J’ai l’impression que certains d’entre eux se résument à leur nationalité : on a le français, l’allemand, …
Si le principe n’est pas inintéressant, je trouve que sur 2h30 le film perd peu à peu de son souffle. Hatari est pour moi un film d’aventure burlesque plaisant mais inégal, une comédie humaine moyenne mais une comédie animalière réjouissante.