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Ciné-13
172 abonnés
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3,0
Publiée le 21 mars 2024
Une sacrée performance d'actrice avec notamment un long plan séquence "confidences" époustouflant de sincérité. Le film commence avec un autre plan séquence troublant, qui met en scène la transmutation cinématographique. La mise en abyme est totale avec la fille qui dirige COTILLARD qui jouera sa mère, à travers les archives (films, photos, écrits, et enregistrements de la voix de Carole ACHACHE) découverts au décès. On découvrira le parcours cabossé de cette famille d'écrivaines, avec un portrait à charge de Jean GENET. L'intérêt ne sera pas dans l'émotion (inexistante à cause de l'absence d'empathie que suscite Mona, distante des scènes), mais dans la performance de COTILLARD.
Un film surprenant et passionnant à la frontière du documentaire et de la fiction. Une plongée hyper documentée sur l’histoire d’une femme ou plutôt d’une lignée de femmes, toutes abusées. Le portrait de Carole Achache évoque celui de Vanessa Spigora dans l’évocation de l’impunité des écrivains et artistes , de la complaisance des mères. C’est absolument glaçant. Et la démarche de la réalisatrice Mona Achache pour raconter sa mère, lui rendre justice et pardonner est terriblement émouvante. Mais ce qui épate encore plus c’est la forme de ce faux documentaire qui introduit la nécessaire part d’artifice et de fiction pour trouve la distance nécessaire. C’est assez vertigineux, tous ces instants où l’on ne sait plus qui parle, de qui on parle, comme si cette souffrance féminine collective devenait un tout. Fascinant aussi les aller retour entre la mère réelle et celle que s’est choisie la réalisatrice : Marion Cotillard, vraiment exceptionnelle dans cet exercice. C’est aussi grâce à elle que le film possède cette force de révolte et d’abandon,, cette part de doute et d’abattement, et cette capacité à faire face a l’horreur. Un document unique sur la création artistique.
Film-documentaire, drame. La réalisatrice met en scène une actrice pour rejouer sa mère disparue. Un passé déterré qui ressurgit à travers des audios, des vidéos, des photos et des reproductions. Violences subies par des hommes sur 3 générations de femmes, comme une malédiction, une répétition. Un règlement de comptes porté à l'écran, comme une délivrance ?, sur des sujets tristement encore et toujours très actuels. Film glaçant, émouvant et riche en archives familiales.
Marion Cotillard nous livre ici une performance grandiose par son jeu d'acteur. Cependant, le film contient des passages beaucoup trop longs, peut-être que ce n'est que mon avis mais bon étant donné que sur les trentes personnes présentes dans la salle, 5 sont partit avant la fin et trois se sont mit à ronfler, je n'étais peut-être pas la seule de cet avis. Dommage...
10 571 abonnés
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3,5
Publiée le 4 avril 2024
Un héritage lourd et obsédant... Alors que sa mère avait écrit sur sa mère qui avait elle-même écrit sur sa mère, Mona Achache a décidé de perpétuer cette "tradition", mais en restant dans son univers à elle à savoir celui de la réalisation. À travers ce docufiction constitué de journaux intimes, d'écrits, d'images, d'audios de vidéos d'archives, la réalisatrice signe son film le plus personnel. "Little Girl Blue" est exactement ce que l'on voit, une démarche personnelle, un processus pour comprendre sa mère à travers un angle encore inexploré pour elle qui a tout passé au crible et qui décide de confier cette tâche à Marion Cotillard, qui incarne donc son propre rôle avant de peu à peu s'effacer sous les traits de Carole Achache. Une mise en abyme vertigineuse pour un film très intime qui parle de tout et de rien, des expériences personnelles, des doutes, du rapport avec les hommes, du malheur vécu par toutes les femmes de la famille comme une malédiction... Si tout n'est pas intéressant dans cette mise à nu très détaillée, c'est un film d'une grande intensité émotionnelle, mais aussi visuelle avec un énorme travail au niveau de la mise en scène. Bref, un film vraiment surprenant et original porté par une grande Marion Cotillard.
Un docu-fiction au procédé expérimental assez casse-gueule et au final un peu trop perso mais plutôt réussi, qui nous plonge dans les fantômes du passé familial de la réalisatrice, afin de tenter de comprendre les raisons du suicide de sa mère interprétée par une épatante Marion Cotillard.
Avec "Little girl blue", Mona Achache propose une forme de cinéma unique. Ni fiction, ni documentaire, mais à cheval entre les deux. Une œuvre singulière où elle explore ses origines à travers le passé et la vie de sa mère. Personnalité qu’elle tente de faire revivre à travers Marion Cotillard (qui a l’occasion ici de faire taire toutes les critiques tant elle parvient à s’effacer et à incarner cette femme complexe) et l’utilisation d’images d’archives. Le tout est parfaitement agencé par un montage extrêmement travaillé.
On peut juste écouter ce film en mode postcast, on ne perdra pas grand chose des éléments le composant, car je n'ai pas trouvé véritablement d'intérêt dans les images. Un documentaire avec uniquement des photos aurait fait le même effet ; Marion Cotillard joue bien certes, mais incarner le personnage en mettant habits et perruque n'a rien apporté à l'ensemble qui est plutôt narcissique et bavard à la sauce intello-parisienne.
Little Girl blue est sans doute le documentaire le plus sophistiqué qu'on ait jamais fait. Et ce, sur un sujet particulièrement fort et important. Le dispositif esquissé dans la bande-annonce éloignera peut-être certains spectateurs, mais on ne peut qu'essayer de témoigner de l'exceptionnelle expérience qu'est ce film pour encourager les gens à le voir. S'engager dans la rédaction d'un texte sur une œuvre aussi riche n'est pas chose facile. Little Girl blue est une traversée de la seconde moitié du XXe siècle au travers de trois générations de femmes. On parcourt les rues du Paris littéraire des années 1950. On file au Maroc des années 1980. On remonte les artères du New York des années 1970. Tout cela par l'entremise de milliers de photos, films amateurs, extraits d'ouvrages, entretiens audio, etc. L'ensemble est mis en espace dans un immense appartement reconstitué en studio. Le récit est incarné par Mona Achache elle-même, sa mère interprétée par une Marion Cotillard métamorphosée et des figurants dont on ne voit jamais le visage. Les drames dont il est question ne sont pas à raconter ici ; ils ont la banalité du mal, dans un monde où les hommes se croient tout permis. Par son dispositif hors normes, Little Girl Blue s'inscrit dans une époque qui a vu naître Carré 35 d'Eric Caravaca, Vous ne désirez que moi de Claire Simon, Barbara de Mathieu Amalric et L'Affaire Outreau en 4x52 min sur France Télévisions.
Est-ce une mode ? Injecter de la fiction dans un film documentaire.
Après « Les filles d’Olfa », « Little Girl Blue » de Mona Achache. Pour relater l’absence de ses deux premières filles parties rejoindre l’Etat islamique, Olfa se voit adjoindre trois actrices : l’une jouant ponctuellement Olfa elle-même et deux jeunes actrices jouant ses deux premières filles. Un documentaire troublant dans la mesure où la vraie Olfa reconstitue un passé avec deux actrices jouant ses deux filles.
Avec « Little Girl Blue » c’est la réalisatrice Mona Achache qui demande à Marion Cotillard de prêter ses traits à sa maman Carole Achache.
Ce qui est troublant, ce n’est pas tant que Mona Achache se confronte à Marion Cotillard qui joue sa mère, c’est l’actrice Marion Cotillard qui me donne à voir son processus de création pour parvenir à être la maman de Mona Achache. Moi qui suis sensible à la direction d’acteurs, au travail de l’acteur, j’ai été agréablement servi. Comme j’ai apprécié l’option du décor : plusieurs lieux en un seul lieu ; une usine désaffectée pour restituer l’appartement de Carole Achache, une brasserie, une station de radio, un plateau de télévision.
Enfin ce qui est impressionnant, ce sont tous ces documents constitués de lettres et de photos, de cassettes audio et vidéo, un océan de témoignages sous lequel Mona Achache tente d’émerger afin de mieux comprendre et connaître cette mère. Elle y parviendra... peut-être. On n'est jamais sûr de rien.
Pour le reste, comment ne pas être indifférent aux abus sexuels de ces deux femmes victimes d’hommes plus âgés alors qu’elles étaient de toutes jeunes filles : 11 ans pour Carole, donc la maman de Mona, et Mona elle-même à 13 ans ! Comment ne pas s’indigner de ces mères faussement silencieuses sur ses crimes d’attouchements : la mère de Carole, Monique Lange et surtout Carole elle-même ! Comme une monstrueuse fatalité.
Dernièrement « Le consentement » : milieu littéraire où un certain Matzneff sévissait grâce à l’hypocrisie des uns, au silence des autres, quand ce n’est pas les deux à la fois !
A part le dispositif, à part le travail captivant de Marion Cotillard, à part ces crimes odieux dont ont été victimes ces deux femmes, je suis resté à distance de leur vie. A aucun moment, j’ai envié cet anticonformisme adoubé par Marguerite Yourcenar. J’ai préféré mille fois l’histoire de madame Olfa, qui elle aussi partage malheureusement la même et triste part d’ombre que Monique Lange et Carole Achache…
Pas évident comme film... Oui, soporifique au début mais on se rends compte du travail, des trouvailles de décors, du talent de Marion Cotillard. Ça parle, ça parle. Mais c'est néanmoins une œuvre artistique. Des vies atypiques. C'est intello. Et d'ailleurs j'ai l'impression d'avoir lu un livre. Entre Varda, JR, et d'autres...
Cette histoire de famille complexe, est magnifiquement mise en scène et réalisée. Marion Cotillard y est fascinante. La photo léchée servie par une bande son parfaite vous emporte du début jusqu'à la fin du film dans une expérience rare. Bravo pour cette œuvre aussi originale que belle. A voir et revoir.
Avec un dispositif proche de celui des filles d'Olfa, même si le sujet n'a rien à voir (un mélange de faux documentaire et de vrai film, avec une comédienne pour un personnage et la cinéaste dans son propre rôle), Mona Achache réussit un tour de force, sensible et saisissant. Elle nous fait vivre la malédiction qui a frappé les femmes de sa famille, ressuscite le Paris littéraire des années 1950, mai 1968, Jean Genet, Daniel Cordier et Jorge Semprun, la folie d'une époque et d'une femme... La superposition de la voix de Carole Achache sur les lèvres de Marion Cotillard, le savant mélange des décors (magnifiques transitions de la rue au restaurant du restaurant au bureau-bibliothèque), la reconstitution des émissions de radio ou des entretiens enregistrés font peu à peu comprendre les raisons d'un suicide sans trancher. Marion Cotillard, dans son plus beau rôle, se fait vraie mère consolatrice. Scotchant.
Mona Achache fait revivre sa mère sous les traits de Marion Cotillard, au moins le temps d'un film, pour mieux comprendre son suicide. L'occasion, à travers ce procédé experimental, de nous faire découvrir les tumultes internes de Carole Achache (Carole Lange) face à un certain milieu litteraire français, d'ausculter la condition féminine à travers les âges, mais aussi et surtout de conjurer la transmission psychique et la répétition intergénérationnelle, avec une empathie et une bienveillance flagrante. Une vraie réussite.