Porté par une démarche très intime et très créative, ce Little Girl Blue est tout autant le vecteur d’un travail de deuil et de catharsis qu’un véritable objet de cinéma. Le film est riche et original sur bien des plans : biographique, thématique, thérapeutique, stylistique… Plusieurs éléments de l’enquête biographique captivent ou sidèrent. Il y a d’abord cette étrange récurrence sur plusieurs générations, de mère en fille, chacune devenant à sa façon enquêtrice sur sa génitrice. Récurrence également de quelque chose de maudit dans ces destins de femmes. Et de troublant en termes de filiation. Dans cette matière familiale aux histoires qui s’emboîtent, il est question de vie intellectuelle, d’écriture et d’écrivains, de sexualités débridées, de violences, de compromis et de lâcheté. Il y a ensuite le parcours de vie spécifique de Carole Ayache, fait d’emprises et de rébellions, d’errances et de dérives, puis de « banalisation », de sentiment d’échec. Cette « identification d’une femme », par sa fille, se traduit en une architecture narrative étonnante. Architecture puzzle, fruit d’un beau travail de montage, mêlant archives et prises de vue. Architecture « transgenre » : entre documentaire et fiction. La mise en scène joue habilement avec la mise en abyme (la rencontre avec Marion Cotillard, le récit du film en train de se faire, la variation des décors au sein d’un seul lieu de tournage – le petit théâtre du grand appartement de Carole Ayache…). Quant au travail d’actrice de Marion Cotillard, en termes d’incarnation, de doublage de voix, de positionnement par rapport à son interlocutrice privilégiée, sur différents niveaux de réalité et de temporalité, il est rendu de manière unique et assez fascinante. Bref, ce film transcende bien des frontières pour mieux transcender un passé, celui de la réalisatrice-actrice et celui de son ascendance féminine. Le résultat est intelligent et sensible, constamment inventif, puissamment douloureux par moments. La douceur, l’apaisement et la mélancolie qui se dégagent de la dernière scène, alors que résonne la chanson éponyme de Janis Joplin, n’en sont que plus touchantes.
Le format est intéressant, atypique et c'est ce qui m'a attiré.
C'est drôle parce qu'on rentre vraiment dans l'histoire, par exemple au moment où le personnage de la mère raconte sa virée à New York, j'ai été emportée dans le récit, alors qu'elle est simplement posée sur son lit et que seules quelques photos apparaissent ponctuellement. Le procédé fonctionne étonnamment bien, c'est comme ci j'avais assisté à une fiction ( reconstituée par mon cerveau lol) par la simple force du texte.
J'ai un peu de mal à saisir les personnes qui disent que l'acte n'a pas de sens, en fait tout au long de ses écrits et dans la façon dont elle se raconte et les épisodes de vie décrits, sa mère ne cesse de nous exprimer sa souffrance et les liens sont aisés puisqu'elle se livre beaucoup.
On en revient malheureusement toujours au même sujet, aux mêmes faits destructeurs : spoiler: les abus, qu'ils soient psychologiques comme physiques, qui marquent de façon indélébiles les enfants et adolescentes victimes, en pleine construction. Mêlés à une histoire d'enfance marquée par les carences affectives et éducatives.
Little Girl Blue se démarque clairement du paysage cinématographique français. Afin de raconter l’histoire de sa mère, Mona Achache a adopté une approche conceptuelle. Dans son film, ils se mélangent à la fois des éléments biographiques présentés à la manière d'un documentaire, mais aussi agrémentés d’une touche de tragédie. Cela permet d’avoir un travail intéressant sur le personnage de la mère. Il faut dire qu’avec les nombres de documents réels utilisés, la personnalité de la mère peut être bien cernée.
Marion Cotillard, dans le rôle central, se distingue par une prestation remarquable. Elle s’engage totalement dans la peau de la mère de Mona Achache. Au départ, il y a comme une distance entre elle et ce personnage. Cependant, plus le film avance, plus on sent qu’elle s’y identifie. À la fin, on a l’impression qu’elles ne font qu’une. Une performance d’acting d’autant plus impressionnante quand Marion Cotillard reprend en synchro des passages enregistrés avec la vraie voix de Carole Achache.
Cependant, le film n'est pas sans ses critiques. Sa nature conceptuelle, bien que rafraîchissante, peut parfois laisser le spectateur naviguer à vue. L'histoire vogue avec une direction pas toujours simple à saisir. Cela laisse une certaine confusion. Durant Little Girl Blue, Mona Achache cherche à comprendre le suicide de sa mère. Une quête tellement personnelle qu’il est parfois difficile de la suivre.
La cinéaste se penche sur le suicide de sa mère survenu en 2016 à partir des documents que cette dernière a laissés.
Le procédé narratif est original ( Marion Cotillard se cale en play back sur les enregistrements audios qui font partie des archives de la mère défunte.
On est ici dans une sorte de documentaire créatif qui tente de percer à jour les raisons du mal être et de la fin funeste de la mère de la réalisatrice.
La thématique fait penser à " carré 25" d'Éric Caravaca . C'est très émouvant, mais il faut reconnaître ( selon moi) que " little girl blue" s'adresse plus particulièrement au spectateur intéressé par les expériences introspectives.
Les conclusions aux questions posées par la cinéaste au travers de ce travail relèveront surtout de la réflexion du spectateur.
On notera que la figure de l'écrivain célébrissime Jean Genet ne sort pas grandie de la projection, pas plus d'ailleurs que celle de Juan Goytisolo ( auteur majeur de la littérature espagnole de la fin du XX ème siècle) ni enfin de celle de Monique L'ange, auteur, compagne de ce dernier et grand mère maternelle de la cinéaste du présent film.
"Little girl blue" ouvre finalement la porte sur une réflexion à propos d'une certaine élite intellectuelle de haute gamme, dont les comportements personnels, ne sont pas au niveau de leur œuvre.
La mère de la réalisatrice, Carole Achache, s’est suicidée le 1er mars 2016, sans laisser de mot. On a retrouvé dans sa cave des archives colossales. Puis Mona Achache retrouve un jour des enregistrements de la voix de sa mère : "Le fantasme impossible d’une conversation post-mortem ne m’a plus quittée : faire revivre ma mère suicidée pour qu’elle m’explique son geste. Lui donner un corps cinématographique et qu’elle soit l’héroïne du film de sa propre histoire." Little Girl Blue est une aventure cinématographique inédite qui plonge dans l'intimité d'une histoire familiale où les femmes sont victimes de maltraitances. Marion Cotillard apparaissait comme une évidence pour Mona Achache. De fait, l'actrice est magnifique comme jamais. Elle passe la porte au début du film pour entrer dans la pièce où l'attend la réalisatrice. Elle passe les vêtements de Carole, elle devient Carole, elle EST Carole. Le travail du film sur les archives (photos, lettres, carnets, enregistrements...) est phénoménal et le montage virtuose. Dans un espace restreint où sont reconstitués un restaurant, une bibliothèque, la rue, un bureau, une chambre..., la vie de Carole est remontée, ses pensées évoquées, ses interrogations ravivées et la détestation d'elle-même souvent présente. Ce film d'une puissance exceptionnelle se termine sur une image poétique qui réunit Mona et sa mère. Cette dernière scène dégage une infinie tendresse. On devine alors que cette expérience cinématographique si particulière, sûrement douloureuse, a réussi à emporter la réalisatrice jusqu'à l'apaisement.
Un concept étrange, complexe et originale qui se rapprocherait du docu fiction, c est un travail du deuil que fait la réalisatrice mona achache qui ressuscite sa mère à travers Marion Cotillard dont le travail de mimétisme est assez époustouflant mais aussi troublant. A travers ce film, elle raconte la vie de sa mère photographe dont on parcourt les années 60-70 dans un milieu interlope,artiste avec ses géniales inspirations mais aussi ses travers Nous suivons avec intérêt et tendresse le parcours de vie de cette mère pas comme les autres et aimante, jusqu à sa fin tragique. Un film très émouvant avec une interprétation majestueuse de.marion Cotillard.
C’est une performance d’actrice indéniable pour Marion Cotillard. Dans ce film, elle incarne Carole Achache, la mère de la réalisatrice de ce docu fiction. Cette dernière cherche à mieux comprendre sa mère et confie à Marion Cotillard la tâche de l’incarner et de reproduire certaines scènes pour la faire revivre. Marion vit totalement au travers de son personnage et l’incarne à l’instant où elle entre dans son costume. C’est épatant.
Dommage pour Marion Cotillard que j'adore mais ce film est soporifique au possible. Je pense que vouloir sophistiquer à tout prix complique l'idée de départ. J'attendrai le prochain film de cette réalisatrice...
Ca décoiffe !!!!! Entre réalité et fiction, il y a à certains moments une hésitation Mona Achache tente de comprendre le destin de sa mère. Grace aux photos et au cinéma, elle la ressuscite avec un certain brio. On plonge dans le Paris intellectuel des années 50-60 avec des intrigues sur la vie de sa mère. La transformation de Marion Cotillard en Carole Achache est troublante notamment au travers de sa voix. Comment y rester insensible, je ne sais pas.
Un film qui m'a totalement bouleversé. La forme est déroutante au départ avant de se déployer dans un tourbillon d'émotions vers la fin. Et Marion Cotillard est spectaculaire
Ce film est l’occasion d’un très bel exercice de style pour Marion COTILLARD et d’une belle thérapie pour Mona ACHACHE. Quant à moi, simple spectateur, j’ai déjà accès aux histoires de prostitution, viols et autres incestes dans mes journaux favoris, donc il ne m’apporte pas grand-chose de nouveau. En ce qui concerne l’équilibre psychologique des artistes dont il est question dans le film, nous pouvons constater là-aussi depuis bien longtemps sinon toujours, que les termes équilibre et artiste ne peuvent être associés au sujet d’une seule personne... Bref, tant mieux si son auteur est soulagée après la réalisation de cette œuvre mais je ne vois pas bien qui d'autre peut en être profondément bénéficiaire.
C'est confus et ennuyeux ! Je ne savais plus qui parlait de la mère ou la fille ...et parmi les quelques spectateurs dans la salle, certains se sont endormis !
Marion Cotillard tient ici l'une de ses plus belles interprétations. On se prend avec plaisir à rencontrer la mère de la réalisatrice et découvrir ces moments de sa vie. Attention, des larmes peuvent tomber sans le vouloir lors de votre visionnage!