Saint Omer
Note moyenne
2,8
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178 critiques spectateurs

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Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 novembre 2022
"Saint Omer" de Alice Diop est un film qui s'écoute, sur un procès (celui d'une femme accusée d'homicide sur son nouveau né) captivant de bout en bout...
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 novembre 2022
Après avoir teinté ses documentaires de la spontanéité (Vers la tendresse, La Permanence, Nous), Alice Diop fait un pas vers sa première fiction, récompensé du lion d’argent à Venise. Tandis que le premier prix est attribué à un documentaire américain, cette dernière n’a pas à rougir de son enquête, éminemment politique, qui mène la cinéaste à redessiner l’enveloppe littéraire autour d’un fait divers. L'affaire Fabienne Kabou a secoué tout un monde, jusque dans le squelette de l’institution judiciaire, impuissante dans son jugement et dans sa rationalité. Il s’agit également d’une occasion d’établir le portrait de la ville côtière de Saint-Omer, ainsi qu’une cour d’assises, où les regards se croisent et se décroisent, comme pour sonder la psyché des personnages, qu’ils aient activement la parole ou qu’il écoute en silence. Le film de procès n'est donc pas loin et le choix du décor n'est pas si anodin.

On ouvre sur des images de « Hiroshima, mon amour » d'Alain Resnais, et surtout l'adaptation de Marguerite Duras, qui viendra habilement exposer la mise à nu d'une souffrance collective féminine. Il ne manquera que leur voix pour compléter le portrait de leur désolation, à l'aube du deuil, qui jamais ne semble vouloir s'achever. Il ne tient qu'au spectateur de participer au procès, comme son dixième juré, sous l'impulsion de Rama (Kayije Kagame), le miroir de Diop à bien des égards dramaturgiques et authentiques. Le travail de reconstitution est alors amené avec une grande précision, qu'il ne faut pas confondre avec la justesse de la réécriture de certaines interventions des entités de la cour, pas toujours restituées au mot près. L'expérience documentaire de la cinéaste lui permet donc de se placer à bonne distance de son sujet.

La dramatisation n’est pas à l’ordre du jour et il faut reconnaître que le procédé vaut le détour, ne serait-ce que par sa force de réflexion, qu’il distille aux quatre coins de la salle. L'infanticide de Laurence Coly (Guslagie Malanda) ne laisse personne indifférent dans cette affaire qui réclame quelques éclaircissements. La vérité nous parvient au compte-gouttes, notamment avec la présence de Rama, qui sonde son passé pour communier avec sa maternité, de même que dans cette audience, qui viennent parfois appuyer la confusion chez l’accusée. Laurence n’est plus elle-même sans doute, mais existe-t-elle encore en ce monde ? Les faits ne mentent pas, mais que reste-t-il de son passage et de son témoignage. Tous, s’accordent à comprendre la nature du crime, tandis que l’on découvre les limites du procédé, qui sont loin d’assimiler le maraboutage ou autre fantaisie dans le code pénal.

Le récit prend toutefois une autre forme, lorsque la caméra détourne son regard, cherchant une issue spirituelle, plus enthousiaste que ce qui succédera au plaidoyer, qui veillera à bouillir quelque temps après la séance. « Saint Omer » ne peut que se finir sur le silence glaçant d'une cour, vidée de sa substance et de sa justice, qui peut tout condamner, mais qui ne peut pas tout expliquer. En parallèle, Diop évoque une charge mentale que toutes les femmes couvent, dans le secret et dans le sacrifice de leur descendance. En invoquant sa caractéristique chimérique, tout en entrecoupant l’observation d’images d'archives, le film rend la parole, l’écoute et la justice à ces mères, qui portent l'enfant à naître, tandis que d’autres portent le deuil des leurs. Une démonstration éprouvante, d’une justesse remarquable, qui conjugue subtilement la voix des uns, le silence des autres et le regard des défunts.
Les choix de pauline
Les choix de pauline

161 abonnés 270 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 octobre 2024
Un film d'une grande tenue et d'une esthétique glacée impeccable. Mais je n'ai pas réussi à rentrer dedans. Le film m'a laissée constamment en dehors de son chemin. A force de radicalité , j' ai même fini par y trouver de la coquetterie de réalisateur/trice.
Au final seule la relation de l'écrivaine avec sa mère,Les flashs back succincts et oniriques m'ont parlés. J'aurai aimé moins de réalisme judiciaire , cela n'apporte rien au sujet. . Le personnage de la mère infanticide est insondable et c'est très bien comme cela , Mais à force de traiter son sujet de manière clinique et glacé cela en devient plat. Et fait ressortir le côté grandiloquent du message du film: faire de cette mère une Medée des temps modernes .pourquoi pas, c'est intéressant mais cela manque de cinéma . Oui c'est cela! Ce film clinique n'assume pas la fiction et se retrouve donc moins intéressant que la réalité.
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 janvier 2023
Premier long-métrage de fiction d’Alice Diop, après plusieurs documentaires qui l’ont fait connaître, Saint Omer raconte le procès d’une femme ayant abandonné sa fille de 15 mois sur une plage du Nord, à la marée montante. Inspiré d’une histoire vraie – la réalisatrice avait assisté à ce procès qui s’est déroulé dans cette ville du Pas-de-Calais – Saint Omer est un film remarquablement documenté, qui fait la part belle à la parole sous toutes ses formes. Réflexion sur la maternité, sur le statut des personnes étrangères en France et sur la complexité d’une histoire de vie qui peut mener chacun au pire, ce long-métrage sec et carré est une plongée impressionnante dans une cour d’assises, qui décrit avec une grande justesse l’atmosphère si particulière d’un prétoire.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 avril 2023
Face à un film encensé par toute la presse francophone et récipiendaire d’un Lion d’argent à la Mostra de Venise, j’ai toujours un petit mouvement d’hésitation…parce que je me doute que le film en question ne va pas me permettre de passer ce que je considère comme une soirée relax et sans prise de tête mais aussi parce que si d’aventure le résultat m'agaçait profondément, j’aurais quand même le sentiment d’être une truffe : déjà que presque aucun film des Dardenne n’a trouvé grâce à mes yeux et ne m’a procuré autre chose que des bâillements irrépressibles ! Dans le cas de ‘Saint Omer’, on a affaire au premier long-métrage de fiction d’une cinéaste afro-française qui imagine un procès pour infanticide inspiré de la véritable affaire Fabienne Kabou en 2013. Venue du documentaire, Alice Diop signe un film rigoureux et austère, exclusivement centré sur la précision de la langue et sur les idées qu’il développe : on n’est pas dans cette salle de tribunal pour les effets de manche ou une sous-intrigue qui détendrait un peu l’atmosphère, si ce n’est, assez indirectement, celle de Rama, une jeune femme qui assiste à l’audience et qui partage avec l’accusée une maternité et une couleur de peau. Le véritable procès Kabou avait littéralement obsédé Alice Diop, moins pour le fond culturel qu’elle aurait pu partager avec la meurtrière que parce que l’infanticide cumulait une réprobation unanime et une résonance particulière chez toute femme. Si, au passage, elle soulève quelques réflexes de paternalisme inconscient présents dans la société française (le compagnon de la jeune femme, qu’on ne peut soupçonner de xénophobie, s’émerveille du langage soutenu de l’accusée, ou la directrice de thèse qui s’étonne qu’une femme d’origine africaine puisse étudier Wittgenstein “au lieu de quelqu’un de sa propre culture”) et l’insécurité propre à toute appartenance à une double-culture, la réalisatrice recherchait en réalité l’effet inverse, qu’une histoire à la portée universelle soit portée par des acteurs noirs. C’est son obsession de comprendre ce qui s’est joué pour qu’un tel drame se produise, bien consciente que sa quête est vouée à l’échec, qui la pousse à interroger les représentations pour en tirer des éléments d’explication : être la meurtrière de son propre enfant, est-ce être tout le contraire d’une mère ? Porter un enfant, est-ce s’émanciper de son rapport à sa propre mère ? L'appartenance à une culture implique-t-elle de renoncer à l’autre ? Toutes ces questions, auxquelles le film n’apporte pas de réponse évidente, s’incarnent dans cette accusée hiératique, qui choisit calmement ses mots, une jeune femme brillante mais souffrant des blessures mal définies, au point de soupçonner que sorcellerie et maraboutage ont quelque chose à voir dans son passage à l’acte. ‘Saint Omer’ est une méditation philosophique, un film qui pousse à la réflexion plutôt qu’à l’acceptation de réponses imposées, un film (sur/avec/pour) les femmes avant d’être quelque chose qui porterait une critique sociétale ou une reconstitution judiciaire, bien aidé en cela par une mise en scène qui, sous des apparences simples, s’avère d’une implacable précision.
Patricia D.
Patricia D.

87 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 janvier 2023
Saint Omer (sans trait d'union) est un film de procès qui tremble d'humanité. Il se construit sur les mots, précis, choisis, implacables mais se nourrit aussi de silences, lourd, longs, pesants. C'est un film éblouissant, de paradoxes et de mystères non élucidés sur la maternité et la filiation. C'est un film où les actrices crèvent l'écran.
Mélany T
Mélany T

43 abonnés 799 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2023
Une œuvre brillante et exigente, la mise en scène est sublime et concise, les interprètes remarquables, le récit intelligent, subtil et passionnant et le propos fin et éclairé.
Yves 4.
Yves 4.

123 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2022
Superbe film sur un fait dramatique récent , la grosse partie du film se passe au tribunal afin de comprendre le mécanisme du comportement de la mère et la mort de sa fille , mention très bien à cette actrice que je découvre , Guslagie Malanda jouant l'accusé d'infanticide.
Félix MASSON
Félix MASSON

35 abonnés 110 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2023
Un film verbeux, statique. Deux adjectifs souvent utilisés négativement sont ici très bien utilisés. Laurence, l'accusée récite le texte d'Alice Diop avec dureté. On sent qu'il y a un texte derrière et pourtant ça marche. Car cette femme garde la tête haute, étrangement on l'a comprend. On la juge, car on doit la juger, c'est normal mais on l'a comprend. Alice Diop lui a donné une voix si belle qu'on a envie de l'écouter. C'est une prouesse d'écriture. En parallèle, Rama celle qui juge, celle qui essaye de la comprendre, tantôt fascinée, tantôt appeurée. Son passé, son futur se dévoile petit à petit sans que des dialogues les dévoilent. C'est une femme qui en regarde une autre. C'est un film très beau, doux, extrêmement esthétique. Les visages ressortent avec puissance et la météo qui balaye le tribunal, caresse de belles lumières les juges. C'est à la fois naturaliste et cadré. Alice Diop signe un premier film profondément féministe.
PL06
PL06

15 abonnés 153 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 novembre 2022
Avec un parti cinématographie assez tranché : le montage est constitué de très longs plans fixes, la caméra regarde les visages en gros plans, Alice Diop nous fait revivre de façon très réaliste le procès qui a suivi les faits. Les dialogues sont intenses et nous livrent peu à peu la personnalité complexe de Laurence, cette femme prévenue qui cherche elle-même à comprendre le pourquoi de son geste. Quelques longueurs révèlent la patience qu’il faut parfois dans une salle d’audience...
Notre regard et nos sentiments sont mis à l’épreuve, sans jamais verser dans le pathos, sans jamais offrir un propos radical dans un sens ou dans l’autre. Alice Diop nous fait habilement entrer dans la position des jurés, dans les questionnements qu’ils vont devoir affronter.
Beaucoup d’émotion pendant cette projection, et des débats passionnés à prévoir par la suite !
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 11 octobre 2024
Un anti- film réussi. Des dialogues abscons, un rythme soporifique, des plans fixes sur les visages interminables. On spoiler: comprend bien la posture de faire «[spoiler] intellectuel », voir philosophique, (i.e. l’ouvertur
e avec l’exemple des « tondues » de la libération, qui n’a rien à vo spoiler: te de Marguerite Duras qui avait théorisé l’infanticide du petit Grégo
ir) et aussi avec l’ exemple de la le[/spoiler]cture de texry. Mais le cinéma n’est pas la littérature, c’est un autre art, il faut un scénario, des (bons) acteurs. Ici c’est une potion indigeste. L’enquête est menée par une journaliste spoiler: doué[spoiler]e, et enceinte elle-même,
sur c spoiler: [spoiler]
[/spoiler]e cas complexe. Car au final la mère infanticide croit au Vaudou et aux forces [/spoiler] spoiler:
mystérieuses, donc toute explication « intellectuelle » est bien vaine.
Ti Nou

624 abonnés 3 851 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 mai 2024
Alice Diop signe un film de procès austère qui varie peu sa mise en scène, se centrant uniquement sur ses personnages, sans plan large. Le choix du point de vue de cette mère en devenir observant une mère ayant rejeté son rôle est pertinent.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 488 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 octobre 2024
Le dispositif du film à procès est radical mais il permet ici de se plonger dans la profondeur de la personnalité de la mère infanticide avec en miroir le rôle de la journaliste. La réalisation est implacable mais puisante et les acteurs sont extraordinaires de justesse. L’émotion émerge malgré la froideur apparente des plans.
kingbee49
kingbee49

53 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2024
Une proposition exigeante de cinéma naturaliste dans un film de procès somme toute assez long. En réalité il s'agit d'un film sur la compassion, à cause du personnage de la prof, venue assister au procès de cette mère infanticide qui ne sait pas pourquoi elle a tué son enfant. Evidemment, il y a derrière tout un arrière plan social, politique voire même post colonial avec la caractérisation de ce destin d'une jeune femme qui ambitionnait une carrière d'enseignante-chercheuse et qui se retrouve derrière les barreaux. C'est la position sociale du personnage qui étonne et sert d'écho au personnage de Rama, qui fini par par s'appesantir et à pleurer, tant le récit de l'accusée lui semble presque familier. Ce schéma-là, pour le moins psychologique, est assez réussi parce que totalement épuré par le dispositif de ces longs plans séquences qui jalonnent le procès. Maintenant, ce qui me gène, c'est l'aspect un peu théâtral de l'interprétation voire même de la récitation du texte. Car le texte (l'accusée qui dit sa version des faits), semble se dérouler hors champ, comme sur une sorte de prompteur... A quelques nuances près car Guslagie Malanda qui joue l'accusée est émouvante. Car Alice Diop a la vocation du portrait. Son regard est assez juste. Sinon, c'est bien joué, bien monté, bien photographié. La séance est levée.
Regine C.C
Regine C.C

46 abonnés 258 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 novembre 2022
Je me suis précipitée pour voir ce film car j'avais été interpellée par ce fait divers. Le film en met en scène le procès. On comprend tout de suite que l'affaire est très complexe quand l'accusée dit elle-même mettre beaucoup d'espoir dans ce procès pour comprendre comment elle en est arrivée là.
Après avoir couper les ponts avec son père et sa tante qui l'aidaient financièrement, elle se retrouve hébergée par un vieux sculpteur qui la traite comme une esclave et de surcroît lui fait un enfant. On comprend que son existence et celle de son enfant ont été niées, gommées et qu'elle a été probablement victime de manipulateurs qui s'intitulent"sorciers" mais qui n'ont pas laissé de traces numériques.
Donc finalement la question est "qui avait intérêt à la pousser à une telle extrémité ??
Ce film pose beaucoup de questions sans réponse.
A vous de vous faire votre propre opinion.
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