J’avais bien aimé Aurore le dernier film de Blandine Lenoir. Le sujet de celui-ci m’a attiré et Laure Calamy aussi bien sûr. Une fois de plus est elle parfaite pour le rôle. Faisant évoluer un personnage de plus en plus solaire et attachant. Encore un très beau rôle donc. Même si le film est sans doute un peu moins réussi que ses précédents (Une femme du monde, A plein temps, L’origine du monde). Un peu plus téléfilm de luxe, même si le tout est fait de façon très classique mais très honnête. C’est surtout le sujet qui transcende le tout. Quand on voit aujourd’hui les menaces et le retour en arrière sur certains droits fondamentaux des femmes et de l’humanité en général, on se dit que ce film est nécessaire pour ne pas oublier d’où l’on vient. Et pourquoi il, faut continuer à se battre. Au final, même si Annie colère n’est pas un chef d’œuvre, il n’en est pas moins marquant, très fort et chargé d’une très belle et grosse émotion. Le combat de femmes (et d’hommes) ordinaires qui ont changé la société. Un très beau film à voir.
Annie Colère raconte l'histoire du MLAC (Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception) à travers la trajectoire d'Annie, jeune femme ayant d'abord recours à un avortement avant de devenir petit à petit intervenante au sein de ce mouvement.
D'une facture très classique, le nouveau film de Blandine Lenoir vaut surtout par l'interprétation, encore une fois exceptionnelle, de Laure Calamy, qui parvient à jouer une palette d'émotions incroyable tout en imposant une grande présence corporelle à l'écran. Son parcours d'émancipation douce est formidable à suivre.
Le film est à la fois didactique et émouvant : on y apprend des tas de chose sur les techniques d'avortement et le contexte historique qui précéda la loi Veil, tout en étant profondément touché par le combat de ces femmes.
SI le scénario est linéaire et parfois convenu, il a le mérite de mettre en évidence avec beaucoup de finesse la belle sororité qui réunit les femmes faisant partie du MLAC, issues de milieux très différents. Les scènes d'avortement en deviennent belles et émouvantes, sans aucune image choquante. Annie Colère se distingue ainsi très nettement d'autres grands films traitant du sujet (L'évènement ou 4 mois 3 semaines 2 jours).
De mémoire cinématographique, il y a eu deux grands films français qui ont abordé de front la question de l’interruption volontaire de grossesse (on disait avortement pour faire plus violent) : « Journal d’une femme en blanc » (1965), « Une affaire de femmes » (1988). Il y en a peut-être eu d’autres... Le scénario des deux cités avait pour trame l’interdit légal absolu. Ce « Annie colère » se situe par contre dans la fin d’une période de déni, juste à la veille d’une loi de libéralisation (Loi Veil en 1975). A cette époque charnière là, les IVG sont toujours interdites mais chacun sait qu’elles se pratiquent ouvertement avec de moins en moins de dissimulation, le droit des femmes à disposer de leur corps ayant évolué dans la vraie vie et des pans entiers de la société, plus vite que le législateur. Sur le plan de la reconstitution de cette période, le récit est factuel, réaliste et ne laissera pas insensible. Il se termine par contre par une touche militante hyper féministe qui est maladroite et assez mal rapportée puisque trop rapide et donc caricaturale. Comme un besoin irrépressible de lever le poing (on y parlera même de « loi de classe » à propos de la législation nouvelle de 1975). Il fallait sans doute, pour souligner le propos et le titre, qu’Annie soit en colère (même si ce n’est pas elle, ouvrière, qui dans les dialogues tient ces propos et cette analyse politique pour le moins tranchée).
Je n'avais pas aimé le précédent film de Blandine Lenoir, Aurore, dont le propos féministe était tellement lourdingue qu'il en devenait assommant. Les cinq années de pénitence infligées par les producteurs, j'imagine, lui ont permis de peaufiner cette Annie Colère. Porté par une Laure Calamy pleine de bonne volonté et d'entrain, ce film qui décrit la lutte du mouvement de libération de l'avortement dans les années 70, sent encore le militantisme et la naïveté mais son propos bienveillant sur les femmes atteint son but malgré un traitement cinématographique minimal. Il est permis de préférer, sur un thème similaire, le récent film d'Audrey Diwan, l'Évènement.
Les années 70 sous l'ère des avortements qui était un sujet de société réalisé impeccablement par la cinéaste Blandine Lenoir !! L'histoire se passe sur une année avant le vote de l'assemblée nationale sur le droit à l'avortement, des femmes en début de grossesse allaient se faire avorter selon leurs choix dans des lieux ou des infirmières et médecins qui sont clandestins, lieux cachés comme dans le film derrière une librairie. Ces lieux sont très humains, très chaleureux, très solidaires ou l'héroine Annie arrive au début du long métrage insouciante et dont, en avançant, prend à coeur et aide a soulager et soutenir les femmes enceintes qui arrivent pour avorter. J'ai beaucoup aimé ce film, très documenté, très humain dont la reconstitution des années 70, l'atmosphère, est très bien retranscrite à l'écran. On est pris d'affection pour ce groupe de femmes et quelques hommes de santé incarné par Luare Calamy, Zita Hanrot, India Hair et le reste du casting formidables. On prend aussi des cours de médecine sur les avortements pratiqués. Une très belle oeuvre sur une autre époque.
Un film utile sur le travail de l’ombre du mouvement MLAC en France avant l’application de la loi Veil, un film utile sur un combat qui a modifié et modernisé la France dans les années 70. Au-delà du message politique, ce qui frappe c’est la simplicité et la justesse de l'interprétation notamment de L.Calamy. Un film fort en émotions qui se rapproche presque plus du documentaire.
Un rôle sur mesure pour l'excellente Laure Calamy qui se fond avec une justesse magistrale dans ce personnage. La réalisation est fine et subtile, ne cède en rien à la facilité malgré des scènes " cliniques" jamais embarrassantes. Annie Colère est film maîtrisé parfaitement, baigné dans une atmosphère de complicité et d'amour par ce groupe de femmes qui s'épaulent les unes les autres.le seul bémol est le titre lui du film, car Annie si tant est qu'elle est déterminée, ne sera jamais en colère jusqu'à la fin du métrage.
Sans que son côté féministe ne soit trop envahissant, ce film de Blandine Lenoir est bien écrit et parle avant tout de liberté et d'engagement. Secondée par une belle brochettes d’actrices, et de quelques acteurs, le personnage centrale impeccablement interprété par Laura Calamy, va progressivement sortir de sa coquille pour s’ouvrir et se révéler femme combative, libre et indépendante. Quant on sait que, 50 ans après les faits évoqués, le droit à l’avortement est mis au pilori dans certaines régions du globe, le militantisme d’associations comme celle du MLAC a encore plus de valeur et d’importance.
"Annie colère", drame historique français réalisé par Blandine Lenoir, sorti en 2022. Un film bien réalisé avec de belles prestations d'acteurs, et d'actrices, dont la formidable Laure Calamy, avec aussi Zita Hanrot, India Hair, Éric Caravaca ou encore Pascale Arbillot. Une très bonne surprise, déjà par la belle prestation de Laure Calamy, dont le personnage évolue magnifiquement. Un film pédagogique où l'on apprend des choses intéressantes, Une belle reconstitution des années soixante-dix, pas forcément pointu sur les décors urbains où l'on devine beaucoup d'éléments contemporains, mais précis sur les objets du quotidien où, ceux ayant connu cette époque, reconnaitront des objets et motifs de leurs souvenirs. 1974, une ouvrière timide va découvrir le formidable réseau du Mouvement pour la Liberté de l'Avortement et de la Contraception (MLAC). Avant la loi Veil, votée en 1975, l'avortement est interdit, ce qui conduit les femmes à avorter dans des conditions dangereuses, sans encadrement médical, avec des conséquences parfois mortelles. Les militantes pour la légalisation de l'avortement constituent un réseau qui encadre et sécurise l'acte. Une histoire méconnue qu'il vaut mieux ne pas oublier. Le film peut d'abord dérouter par sa longue mise en place et les détails pratiques, anatomiques, médicaux qui peuvent paraitre crus et inutiles. Mais le film s'avère magnifiquement construit, tout cela avait un but qui se dévoile dans une magnifique finale que nous ne spolierions pas ici. Un film hautement politique et un film puisant.
Un film féministe mais pas androphobe qui porte une discours nécessaire et juste sur la liberté des femmes, sans perdre en émotion. La critique complète sur https://le-blog-d-elisabeth-g.blogspot.com/2022/12/annie-colere-de-blandine-lenoir.html
Nous, qui avons vécu cette époque avant la loi Veil, nous voyons le film comme un documentaire militant. En tant que « catho » ma position personnelle restait distanciée et compréhensive à l’égard de ces jeunes femmes désemparées. J’ai été touché par l’attention, la bienveillance de ces militants du MLAC…….. J’imaginais toujours, des avortements « traumatisants » , sans aucune humanité. Homme, on culpabilise de ne pas être « égaux » devant cette situation; on voit que bien souvent, l’homme considère que c’est une affaire de femmes. La douceur, la compréhension, l’attention de la réalisatrice, nous fait beaucoup de bien...
Un film très émouvant, qui raconte un monde (ancien?) de drames. Et pourtant c'est profond, optimiste et plein d'enthousiasme. Très bien joué par tous mais porté par une Laure CALAMY éblouissante.
Des longueurs mais c'est intéressant de connaître ces actions pré loi Veil, de rappeler combien les femmes étaient victimes et traitées en mineures. Actrices excellentes.
Le troisième long-métrage de Blandine Lenoir, sorti en 2022, explore le combat des femmes pour l’avortement un an avant la promulgation de la loi Veil. Avec quelques scènes éprouvantes mais nécessaires, le récit montre l’engagement personnel d’une mère de famille (Laure Calamy) directement concernée par cette intervention jugée alors illégale. Entre son don pour les autres et le sacrifice de soi, son parcours permet de mesurer le conservatisme de la société de l’époque où tout ce qui a trait à l’émancipation de la femme est tabou. A la fois pédagogique et politique, mais également suffisamment léger par moment pour mieux détendre l’atmosphère, le scénario bénéficie d’une belle écriture. Bref, un film engagé et féministe dans sa dimension la plus noble.
Je m’attendais à rien concernant ce film ; récupérant les thèmes évidents du film que j’ai trouvé décevant “Simone, le voyage du siècle” ; j’étais un peu sceptique. Et pourtant j’ai sincèrement trouvé le film bien malgré quelques failles. Le scénario est très honnête et la mise en scène est brutale mais il n’en reste pas moins long avec des moments de creux contingents.
Il est vrai que le scénario est touchant du début jusqu’à la fin mais il est aussi vrai que le rythme est extrêmement lent, ce qui pourrait devenir ennuyeux à la longue. Malgré tout, le récit reste très intéressant mais je trouve tout de même que les 20 dernières minutes ne sont pas nécessaires et servent juste à rajouter une couche didactique à leur propos. Effectivement, le film est globalement didactique mais n’en fait pas trop, c’est-à-dire que j’ai pas eu l’impression que l’on m’enfonçait des idéaux (nobles et évidentes) à coup de marteau dans le crâne. D’autant plus que les dialogues sont très naturels (excepté la dernière séquence qui paraît trop écrite), et les protagonistes ont vraiment de belles évolutions. L’histoire nous fait une énorme mosaïque des cas de figures d’avortement dont les femmes ont fait face.
La mise en scène ne préfère pas faire de belles images, simplement pour faire de belles images ; elle presque brute ; je trouve qu’elle manque de poésie et c’est en ça qu’elle est ennuyante, elle n’est pas assez stimulante. Mais au moins la moindre ambition visuelle est forte et se mémorise bien. Du point de vue de la musique, il n’y a pas grand chose ; voire rien du tout ; la musique apparaît très peu de fois, mais elle est très chouette mais je la trouve trop peu marquante. Mais en soi, la réalisation est vraiment qualitative et montre énormément de symbolisme dans ses plans ; et la photographie est concrètement très belle. Elle manque juste de développement de décors et de présence musicale.
C’est sans grande surprise que je compte recommander ce film qui propose une anthologie de situation lié à l’avortement avant la loi Veil. Le scénario est bon et la réalisation n’en est pas moins, simplement il y a quelques longueurs surtout vers la fin. Mais globalement, rien de dérangeant.