Ce film, réalisé par Claude Pinoteau et sorti en 1974, est assez moyen. Avant Sophie Marceau, la muse du réalisateur en ce qui concerne les drames sociaux et les conflits générationnels était Isabelle Adjani. Avec d'autres grands noms du cinéma français qui composent le casting, tels que Lino Ventura, Annie Girardot, Nathalie Baye, Michel Aumont et bien d'autres, qui jouent d'ailleurs tous très bien, on peut se dire que ça peut-être que bon ! Mais c'est malheureusement bien plus nuancé que cela. C'est donc l'histoire d'une étudiante dans les années 70 en pleine rébellion, cette dernière voulant partir avec son copain, ce que son père désapprouve. Bon voilà, le film a l'avantage de mêler les générations et de ne pas se focaliser uniquement sur Isabelle, qui représente ici cette nouvelle jeunesse décadente post mai 68, mais également sur des problèmes plus "importants", ou en tout cas plus concrets, c'est-à-dire la perte de travail de Jean et de ses histoires d'amour. Bon, lorsque l'on regarde bien, ce n'est pas bien plus étoffé que "La Boum" mais pourtant, ça n'a pas le même charme, enfin en tout cas de mon ressenti personnel. J'ai eu en effet beaucoup de mal à accrocher au film dans son entièreté, surtout durant deux heures, et je dirais que le film m'a perdu dans sa seconde partie, car ce dernier s'essouffle tout simplement. Même si le sujet est effectivement intéressant au premier abord, il manque malgré tout de fond et l'histoire n'a finalement pas beaucoup de matière, ce qui est un peu dommage. Malgré son très bon casting, "La Gifle" n'est donc pas un mauvais film mais reste relativement oubliable.
Je n’ai jamais apprécié le jeu d’Isabelle Adjani. Quelque chose dans sa désinvolture, peut-être. Avec La Gifle, à 19 ans, elle joue son âge & c’est justement ce caractère qui lui vaut d’être parfaite dans son rôle, alors je l’ai un peu redécouverte.
Pinoteau se situe dans la lignée très féconde de l’art des années 70, d’où il tire le film étudiant qu’on attend de lui avec quelques très bonnes tirades. Lino Ventura, père d’Adjani & professeur, remarque par exemple que l’heure passée avec ses élèves n’est pas la même pour lui que pour eux, pourtant il ne comprend pas mieux sa propre fille pour autant.
Ce paradoxe bien connu & joliment mis en mots, sur fond d’une intrigue policière qui nous pousse à croire que l’on va vivre une histoire pleinement soixante-huitarde, ouvre donc sur un père & sa fille, ou le professeur & l’élève, ou le conservateur & la progressiste, donc une mésentente. Si Pinoteau s’en tenait là, on pourrait déjà lui donner le mérite d’avoir su accorder deux acteurs avec une grande richesse par-delà plusieurs gouffres, surtout celui de l’âge. Mais il a aussi su mettre une dimension comique discrète & efficace qui n’a, elle, cure des générations.
En ça, le film est déjà post-68 & ramasse le gros lot des innovations baby-boomesques quand il se transforme en défilé si dense & rapide de véhicules en tous genres qu’on se croirait chez Buster Keaton. C’est vrai, quand on y pense : un avion, un train, des voitures, des pétrolettes variées, un vélo & même un aéroglisseur, qu’est-ce que tout cela fout là ? C’est juste la jeunesse qui prend sa liberté sous cette image peu discrète, de toute façon symptôme d’un rythme soutenu – dans tous les sens du terme.
Guidé par une énergie qui n’investit pas seulement les jeunes, le casting arrive même à faire jouer un rôle à ses rôles. Ils ne sont pas seulement bien trouvés : avec l’adorable soupçon de cliché que cela oblige, on a le père bloquant, la révoltée, le cuistre, le bosseur, le gentil, la mère compréhensive, bref, tout un bestiaire protagonologique à découvrir.
Ensemble, les acteurs soutiennent sans peine une histoire assez carrée quand on prend du recul, mais qui en direct jongle habilement entre les luttes estudiantines, la dirigeance & les désirs de chacun, entremêlés jusqu’au bazar émotionnel. Le scénario dérape un peu lui-même dans cette immaturité qu’il veut dépeindre sans juger, car elle finit par rompre plus de choix qu’il n’en faut pour qu’Adjani ne devienne pas, de personnage déluré, l’actrice délurée que je n’aime pas. Heureusement, il y a les prolongations.
Le film est en effet un bon quart d’heure plus long qu’on ne s’y attend, car Annie Girardot arrive tard mais elle a son (gros) mot à dire. C’est la pièce manquante dans un jeu qui n’est pas d’échecs & révèlant que le film n’est, finalement, pas le bon film estudiantin qu’on croyait ; il surnage même plutôt dans le genre (sans doute Pinoteau avait-il déjà trop de sa cinquantaine). Mais c’est un bon film dans bien plus de genres qu’il n’aime à le croire lui-même.
Un vrai plaisir que de retrouver ces acteurs là. Adjani Ventura et Girardot. Savoureux tellement c est un joyaux d ecriture grâce à la plume de Jean Loup Dabadie. Pas une ride à part les voitures et ce qu on peut apercevoir de Paris . Un beau moment tendre .
Cette comédie de moeurs est ainsi faite qu'Isabelle Adjani, dont le talent est déjà évident, semble incarner la jeune fille des années 70, comme Sophie Marceau pourrait incarner celle des années 80. "La gifle" et "La boum", du même Claude Pinoteau, sont d'ailleurs des films construits sur le même mode, où l'on suit l'existence quotidienne de l'adolescente parallèlement à celle des parents jusqu'au moment éminent de la gifle ou de la boum, c'est-à-dire de la crise. Invariables querelles de générations provoquées par le désir d'émancipation et les problèmes généraux de l'adolescence. Pour ce qui concerne "La gifle", dont on se souvient surtout parce qu'elle est donnée par Lino Ventura, le conflit entre Isabelle et son père (amusant dans un contre-emploi d'intellectuel) ne dépasse malheureusement pas le cadre de la psychologie courante familiale et sentimentale. Des personnages trop lisses et la fantaisie du film maintiennent le scénario de Pinoteau et Dabadie dans le superficiel. Le metteur en scène, s'il témoigne assez justement des turpitudes de l'adolescence, contribue aussi à l'édification de ses lieux communs.
Cette comédie sentimentale m'a ennuyé très rapidement. Il n'y a jamais réellement de scènes drôles et sans les très charismatiques Lino Ventura et Isabelle Adjani j'aurais arrêté de regarder très vite.
Ce film est sympathique, on passe un très bon moment devant, on ne voit pas les minutes défilées. Il y a vraiment un casting impressionnant et pourtant certans n'en étaient qu'à leur début : Isabelle Adjanni, Nathalie Baye,... et c'est une drôle de sensation que de les voirs si jeunes. Lino Ventura a le physique idéal pour incarné se père autoritare mais à la fois paternel Annie Girardot est également très crédible dans son rôle de mère. L'histoire est un peu étrange au début, on a un peu de mal à se remettre dans le contexte de l'époque et de ses valeurs. De cette place que tenait le père et de cette relation avec les enfants. Cette gifle paraît anodine et finalement quand on analyse le film c'est un peu le point centrale de la rébellion d'Isabelle, qui commençait déjà indirectement à faire ses choix de femme à l'insu de son père. Le contexte familiale est aussi très particulier Jean est toujours marié à Hélène ben qu'ils vivent séparé depuis plus de huit ans, Jean avait une compagne mais a élevé sa fille seule. La mère étant apparement peu présente. Cette gifle est donc très symbolique dans le schéma familiale, et pour la jeune femme qui décide de prendre sa vie en main en dehors des projets prévu par son père, et ainsi mettre de côté les attentes et les projets de ce dernier vis à vis d'elle. En bref, c'est un très bon film à la française comme on savait si bien les réaliser à l'époque et cela n'est pas pour nous déplaire
En revoyant ce film, on dirait presque qu'il s'agit d'une énième version de "la Boum" Eh non, puisque ce film est bien antérieur à la série, mais l'ambiance y est déjà ! Ne manque que la musique de Vladimir Cosma ! Ce film est le second de Claude Pinoteau (il aurait eu 90 ans en 2015) qui s'accroche jusqu'alors à Lino Ventura comme comédien fétiche. Et ça marche puisqu'on se demande comment cette historiette a pu séduire plus de trois millions de spectateurs. La bouille d'ado d'Adjani ? (allitération) Celle d'Annie Girardot ? Avec le recul du temps, ce qui est amusant c'est de reconnaître (pour ceux qui vivent encore) ces comédiens tout jeunots et de constater ce qu'ils sont devenus aujourd'hui ! Jacques Spiesser entre autres, méconnaissable, contrairement à Francis Perrin qui joue adorablement le souffre-douleur de Ventura. On se demande aussi si Adjani a cicatrisé car une baffe du grand Lino, ça devait faire mal ! Dans ce film, il donne le meilleur de lui-même : un gros nounours qui distribue des pains en veux-tu en voilà, (ça rappelle "happy birthday to you") mais finalement au coeur tendre ! Non remplacé à ce jour... Dans ce film, des images historiques : celles des aéroglisseurs qui désertèrent à tout jamais le "Channel' à la fin du mois de septembre 2000, dans l'indifférence générale... willycopresto
Une belle comédie de moeurs sur fond de conflit de génération qui aujourd'hui encore ne se démode pas. Les personnages sont savoureux et leurs relations sont vraiment le gros atout de ce film notamment avec le trio Ventura/Adjani/Perrin. L'histoire n'a rien d'extraordinaire et si elle reste bien sympathique, on ne peut pas dire pour autant qu'elle soit vraiment originale même si l'on voit bien que Pinoteau voulait se concentrer avant tout sur ces personnages. Dommage que la fin soit aussi tirée en longueur car le réalisateur la fait durer sans qu'il ne s'y passe grand chose ce qui ralentit considérablement le rythme du film et gâche vraiment le plaisir qu'on a pu avoir durant tout le film.
Assez décevant... Un scénario pas très clair pour un film qui traine un peu en longueur. Je m'attendais vraiment à mieux vu le casting de choix et le réalisateur en question. Dommage...
Bonne chronique douce-amère dans la France des années 70. Comme les films de Yves Robert et Truffaut tournés a la même époque, la Gifle restera un matériau de premier choix pour les futurs historiens des trente glorieuses finissantes. Au dela de cet intérêt sociologique, ce film centré sur le personnage d'un père dépassé par les événements et qui apprend à se séparer de sa fille est très touchant. A côté de l'immense Lino Ventura, parfait dans ce rôle écrit pour lui, et d'Isabelle Adjani, rayonnante, on remarquera des futures têtes d'affiche du cinéma français encore tout minots : Nathalie Baye, Richard Berry et même André Dussolier dans un micro-rôle. Seule vraie faiblesse du film, le personnage de Francis Perrin trop couillon pour être intéressant et crédible.
Je m'en vai ... je reviens ... je t'aime plus ... je t'aime trop ... j'en ai marre ... tout va bien ... je veux te voir ... je ne veux plus ... etc ... Voilà, à quelque chose près, comment est conçu ce film de Claude Pinoteau. Rien à voir avec La Boum, La Gifle n'a rien de passionnant ou divertissant et ce n'est pas Lino Ventura qui change la donne ...
Comédie axée père-fille mettant plus en valeur Adjani que Ventura, ce qui est fort dommage car si la trame tient la route, la longueur des scènes font qu'on se désintéresse vite au fil de l'histoire. Sentimentalisme excessif à l'eau de rose, ce film paraît très long. Francis Perrin quand à lui joue au guignol à outrance et ça en devient presque lassant, à se demander comment une fille comme Isabelle Adjani peut s'intéresser à lui. La complicité des 2 protagonistes principaux rappelle une comédie similaire comme la Boom avec Sophie Marceau et Claude Brasseur. Reste le plaisir de voir la vie des années 70...
Pinotau expose pour la première fois son talent pour comprendre la jeunesse, ses attentes et ses peurs. Ensuite, précurseur des sitcom qui marqueront l'avenir du cinéma, il sait utiliser son style unique pour partager à l'écran ses observations dans une comédie légère et agréable. Une jolie réussite, à laquelle la découverte d'Adjani en ado truculente confrontée à un Ventura en papa poule et protecteur est pour beaucoup.