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pietro bucca
91 abonnés
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3,0
Publiée le 5 août 2026
Le gros avantage de ce film, est certainement Le trio d'acteurs principaux (Adjani, Ventura, Girardot), car ils sont égales a eux memes, et jouent de belles manières.
C'est une bonne comédie dramatique de C. Pinoteau sur les déboires, même si le mot est un peu fort, d'un père de famille, le ténébreux et bougon L. Ventura, pour élever sa fille, la pimpante I. Adjani, étudiante en 1e année de médecine. Ce film c'est donc surtout cette relation père-fille, pas toujours facile, mais on sent des liens solides. Et pourtant, lorsqu'elle veut arrêter médecine, ou bien se mettre en couple avec son petit-ami, ou même partir en Australie avec sa mère, cela tend les relations entre le père et la fille. La gifle qui n'intervient qu'envrion 50min après le début du film semble être uniquement un prétexte. Ce film est intéressant et se regarde facilement. Il est plutôt drôle notamment par la présence de F. Perrin. On y voit aussi N. Baye, R. Berry et bien sur, J. Spiesser qui est presque méconnaissable tellement il est jeune. Et il y aussi A. Girardot bien que son rôle soit finalement limité. On peut aussi apercevoir des seconds rôles comme M. Aumont, G. Wilson, R. Dalban ou C. Gérard et même apparemment A. Dussolier, mais il faut avoir l'oeil bien ouvert. Ce que je n'ai pas aimé c'est la musique grandiloquente de G. Delerue au générique.
Réalisée par Claude Pinoteau en 1974, "La Gifle" est devenue au fil du temps une référence incontournable de la comédie dramatique française de l'après-mai 68 . Coécrit par le brillant Jean-Loup Dabadie , le film dresse un portrait piquant et tendre des conflits de générations au sein de la cellule familiale. C'est une chronique de mœurs particulièrement attachante, qui séduit par la vérité de ses rapports humains malgré d'évidents flottements scénaristiques dans sa seconde moitié.
La grande force du long-métrage réside sans conteste dans l'alchimie géniale de son duo principal, composé de Lino Ventura et de la jeune Isabelle Adjani (alors âgée de 19 ans) . Ventura excelle en père poule bourru, prof de géo dépassé par la soif de liberté de sa fille , tandis qu'Adjani crève l'écran par sa candeur, son insolence boudeuse et une spontanéité dévastatrice . Cette opposition de caractères donne lieu à des scènes de disputes mémorables et des dialogues ciselés à la perfection , à la fois drôles, vifs et profondément touchants. De plus, le film s'impose comme une chronique sociologique douce-amère d'une grande justesse sur la France des années 70, saisissant avec subtilité l'émancipation de la jeunesse face à l'autorité parentale traditionnelle .
Cependant, le plaisir du visionnage est légèrement freiné par un scénario qui s'avère dans l'ensemble assez "plan-plan" et basique . En dehors des brillants affrontements verbaux du duo, l'intrigue globale manque cruellement d'un véritable enjeu dramatique ou d'un fil rouge fort. Cette faiblesse d'écriture se traduit par un rythme et une dynamique comique qui s'essoufflent nettement dans la seconde partie du film (notamment lors de l'escapade de la jeune fille en Angleterre) , délaissant l'énergie parisienne de la première heure pour un ton beaucoup plus lâche et moins inspiré. Enfin, sur le plan formel, la mise en scène de Claude Pinoteau reste très sobre mais affiche une esthétique visuelle un peu terne et grisâtre, qui a aujourd'hui vieilli et ne rend pas totalement hommage à la vitalité de sa jeunesse dorée.
"La Gifle" n'en reste pas moins un film d'une grande sensibilité humaine, porté par un duo de comédiens d'une complicité extraordinaire. Pour la beauté de son écriture et le vent de fraîcheur d'Adjani face à la tendresse de Ventura, ce classique mérite amplement le détour.