Malgré quelques maladresses dans la mise en scène et un jeu parfois caricatural de certains personnages, ce film d’une femme - Mélanie Laurent - sur l’oppression masculine dans la société française de la fin du 19ème siècle, est un coup de poing vigoureux à la figure de tous les Charcot et autres charlatans médicaux bouffis de certitudes. Les décors de la Salpétrière, asile-prison pour femmes, semblent inspirés du célèbre tableau naturaliste de Brouillette (1887) figurant la Leçon du grand Professeur et plongent le spectateur dans le mouroir institutionnel où l’on enfermait à la fois de vrais malades et d’autres femmes éprises de liberté dont voulaient se débarrasser les familles, telle Camille Claudel. Le scénario est un peu court - l’héroïne à des visions - et n’apparaît que comme un prétexte à la dénonciation de l’oppression patriarcale, ce qui manque un peu de rebondissement, la fin étant une version idyllique de ce qui pourrait survenir en conclusion d’une telle épreuve. A voir au moins pour une Lou de Laage transfigurée par le rôle.
Le film pâtit d'un virage vers l'ésotérisme, en suggérant que le personnage principal communique avec les morts. Ce choix narratif détourne l'attention des pratiques psychiatriques de l'époque, sujet pourtant central. L'intrigue surnaturelle affaiblit le message sur les abus des institutions psychiatriques de cette période et la cause féminine.
J'ai passé ce film car je connaissais une figurante. Le sujet est tellement difficile que ça aurait du être une farce, j'ai eu l'impression que le film avait été refait trois fois du début tellement il est avare de défauts.
Oh, le "Bal des Folles" ! Une expérience cinématographique qui a réussi l'exploit de faire regretter à mes yeux d'avoir dépensé ne serait-ce qu'une seconde de ma vie à le regarder. C'est comme si le réalisateur avait décidé de prendre un chef-d'œuvre littéraire et de le transformer en un défilement interminable de clichés insipides.
Ce film prétend être une adaptation, mais la seule chose qu'il a en commun avec l'œuvre originale, c'est peut-être le titre. Oubliez l'intrigue complexe et les personnages nuancés du livre, ici tout est réduit à une caricature grossière. Les nuances subtiles sont balayées par un tsunami de stéréotypes et de dialogues aussi profonds qu'une flaque d'eau.
Les acteurs semblent avoir été jetés sur le plateau sans script ni direction, livrés à eux-mêmes dans un marasme d'expressions faciales exagérées et de répliques clichées. On pourrait penser qu'ils essayaient de reproduire une comédie musicale muette, tant le film manque de profondeur et de sensibilité.
Quant à la prétendue "mise en scène artistique", elle est aussi raffinée qu'une peinture au doigt d'un enfant de maternelle. Les choix de réalisation semblent plus dictés par une loterie de mauvaises idées que par une véritable vision artistique. C'est comme si le réalisateur avait décidé de rendre hommage à l'absurdité sous toutes ses formes, au détriment du bon sens cinématographique.
En fin de compte, regarder "Le Bal des Folles" équivaut à subir une torture visuelle prolongée, une expérience dont on ressort non seulement insatisfait, mais aussi légitimement indigné devant le massacre flagrant d'une œuvre littéraire précieuse. Il devrait y avoir des avertissements sur les affiches : "Attention, ce film peut causer des dommages irréparables à votre estime du septième art".
Ambiance très sombre dans ce drame qui nous fait partager le quotidien de femmes internées dans un hôpital psychiatrique. Lou de Laâge et Mélanie Laurent sont excellentes. La b.o. de Asaf Avidan est magnifique.
N’ayant pas bénéficié d’une sortie en salles, « Le Bal des Folles » de et avec Mélanie Laurent demeure, à tort, un film peu connu. Une histoire forte et dramatique mettant en scène une jeune femme au caractère bien trempé, internée contre son gré à la Pitié-Salpêtrière, période Jean-Martin Charcot, pour sa capacité à voir et à entendre les défunts. Une adaptation du livre de Victoria Mas de grande qualité et superbement interprétée par Lou de Lâage. Séance de rattrapage recommandée.
Un film hyper féministe qui ne pourra que plaire aux femmes d’aujourd’hui. Le réquisitoire sur la condition féminine en 1885 est particulièrement féroce, je dirais même sans nuance, mais il y a sans doute beaucoup de vrai. Le Dr CHARCOT est en outre démoli avec force, mais il est vrai également que les moyens sanitaires à l’époque étaient limités. En tout cas, ce film issu d’un roman « prix des lycéens » en 2019 se laisse regarder sans déplaisir, et les deux actrices principales sont convaincantes, même si elles ne font pas beaucoup 19ème siècle. Un peu long toutefois.
Film très angoissant mais très intéressant. J'entends dire que ce film est néo féministe mais en fait pas vraiment. Certes tous les hommes sont représentés en monstres sauf un et les femmes sont valorisées sauf une. Mais Charcot bien qu'ayant découvert grand nombre de maladies neurologiques a été de son vivant très controversé. Le sujet traite de la psychiatrie. Je me souviens du premier film de Mylène Farmer "Giorgino" qui traitait un peu de cela et les " traitements " de l'époque étaient déjà exploités. Après ce film est à la fois captivant, oppressant, dérangeant, choquant mais pas inintéressant.
Bluffé par ce film de Mélanie Laurent, dont on ne comprend pas qu'il n'ait pu sortir au cinéma. Il rappelle au besoin comment on traitait les femmes il n'y a pas si longtemps, autour d'un récit haletant et parfaitement maîtrisé, emporté par des comédiennes magnifiques.
J'ai trouvé que M. Laurent a réussi ici une belle interprétation du livre de V. Mas. On retrouve l'esprit du livre et cela d'une façon juste et précise. Les scènes sont parfois dures à visionner mais c'est ce que la réalisatrice et l'auteure veulent nous montrer. On est choqué par ce qui se passait il y a un peu plus d'un siècle. Un mari, un père, ou tout autre responsable de famille pouvait faire envoyer untel de sa famille chez les "fous". Et ce n'était pas toujours justifié non? Lorsqu'on voit l'incompétence des médecins, aussi vaniteux qu'incompetents en fait. Les trois actrices principales sont parfaites j'ai trouvé, une mention spéciale à E. Bercot qui fait froid dans le dos dans son personnage tourmentée d'infirmière.