La Balance
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CrystalEagle
CrystalEagle

5 abonnés 124 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 septembre 2026
Une balance ne penche jamais innocemment. Celle de Bob Swaim vend un homme pour acheter la tranquillité de l'État, et c'est tout le film. On y voit une institution qui corrompt des vies déjà à terre, des flics jamais tout à fait clean qui manipulent et sacrifient ceux qu'ils devraient protéger. La justice, techniquement, est rendue. Il reste surtout un arrière-goût de manipulation érigée en système. Face à ça, les truands gardent leur code, leurs remords, une conscience que les hommes de loi ont perdue en route. Le vrai personnage du film, c'est peut-être Belleville. Carrefour populaire où se croisent Arabes, Juifs, Corses et Yougoslaves, un quartier promis à la démolition dont le film garde, sans l'avoir cherché, la trace d'un monde disparu. Côté intrigue, on reste en terrain connu. Un polar de dimanche soir qui ne surprend jamais vraiment. Swaim mise tout sur le couple et laisse le reste des personnages payer l'addition, réduits à des silhouettes qui traversent le cadre sans l'habiter. Efficace, donc, mais prévisible.

Swaim tourne à l'épaule dans les rues sales et vraies de Belleville, avec des flics en jean et baskets qui se fondent dans le décor plutôt que de le dominer. Je trouve que la mise en scène reste sobre, plus fonctionnelle que signée, et doit surtout sa réussite à une atmosphère nocturne et poisseuse qui colle à la peau. Léotard est bouleversant, le visage déjà marqué par la certitude d'être broyé, une dignité qui tient debout dans l'épuisement. Baye lui répond avec une fragilité solaire et une dureté de survivante, et sauve le couple d'un misérabilisme que l'écriture frôle par endroits. Richard Berry, en flic trouble, convainc moins. Au bout du compte, La Balance penche du côté de ses acteurs et de sa rue, bien plus que de son scénario.
Thierry Delarue
Thierry Delarue

6 abonnés 388 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 août 2026
Bulle de Savon — La Balance, ou quand le casting fait tout

« Moi, au cinéma, je regarde d’abord les acteurs. Le reste, on verra après. »
Bulle de Savon ne s’en cache pas. Elle aime les films, certes. Les histoires, les réalisateurs, les dialogues, la lumière… tout ça est très important. Mais enfin, soyons sérieux : s’il n’y a pas de jolis acteurs et de belles actrices à regarder, pourquoi se déplacer ? Alors, lorsqu’elle ressort La Balance, le film de Bob Swaim sorti en 1982, son regard s’arrête évidemment sur son surtout sur Nathalie Baye.
« Jouer une prostituée, ce n’est quand même pas évident pour une actrice. Il faut éviter tous les pièges : la caricature, la vulgarité, le personnage de cinéma fabriqué de toutes pièces. Et Nathalie Baye, elle, ne joue pas la pute. Elle joue une femme. Une femme fragile, paumée, parfois dure, parfois désarmante. » Bulle de Savon soupire.« Et puis elle est magnifique. » Voilà. C'est dit.
Dans La Balance, Nathalie Baye interprète Nicole, une prostituée prise dans les rouages de la police et du milieu. Bulle est frappée par cette fragilité qui traverse le personnage. Rien n’est surjoué. Rien n’est démonstratif. Il y a quelque chose de profondément humain dans cette femme qui semble toujours sur le point de se briser.
« Elle est parfaite. Vraiment parfaite. Elle a cette façon de vous faire comprendre qu'elle en a vu des vertes et des pas mûres sans avoir besoin de raconter sa vie pendant vingt minutes. Un regard, une moue, une façon de se tenir… et vous avez compris. »
Puis arrive Richard Berry. Et là, le sourire de Bulle change. « Lui, en revanche… » Silence.
« Richard Berry, je n’ai jamais été une grande fan. »
Elle hausse les épaules. « Mais alors là, je dois reconnaître quelque chose : ce personnage lui colle tellement bien à la peau que ça en devient presque inquiétant. »
Berry joue l’inspecteur de la 13ᵉ brigade. Un flic arrogant, énervant, brutal dans son comportement, persuadé d’avoir toujours raison.
« Mais quel connard ! » Bulle de Savon éclate de rire. « Voilà. C’est exactement ça. Un vrai connard de flic. Le genre de type qui entre dans une pièce et qui vous donne immédiatement envie de vérifier si votre avocat est joignable. »
Et paradoxalement, c’est précisément ce qui lui plaît dans son interprétation.
« Je n’aime pas particulièrement Richard Berry, mais là, je suis obligée de reconnaître qu’il est formidable. Il ne cherche pas à rendre son personnage sympathique. Il ne demande pas au spectateur de l’aimer. Il l’incarne. Point. Et cette arrogance, cette façon de regarder les autres comme s’ils étaient tous des abrutis… ça fonctionne parfaitement. »
Bulle marque une pause.
« C’est quand même curieux, le cinéma. Parfois, un acteur qu’on n’aime pas particulièrement devient excellent précisément dans un rôle qu’on déteste. »
Elle sourit. « Et puis il y a Nathalie Baye. Alors forcément… » Elle se redresse dans son fauteuil.
« Moi, je vous le dis : un film avec Nathalie Baye et Richard Berry en 1982, ça mérite déjà qu’on s’y intéresse. »
Elle réfléchit deux secondes.« Bon… surtout Nathalie Baye.
Ce que j’aime aussi énormément dans La Balance, c’est Belleville. Mais attention, pas le Belleville de carte postale avec les petits cafés branchés et les bobos qui promènent leur chien. Non. Le Belleville de 1982, c’est autre chose. C’est un quartier populaire, sombre, fatigué. Des façades décrépites, des rues étroites, des commerces modestes, des immeubles qui semblent avoir traversé plusieurs guerres sans jamais avoir reçu un coup de peinture. On a presque l’impression que Paris s’arrête là. Et puis il y a ces vieux quartiers promis à la démolition, ces bâtiments abandonnés, ces appartements délabrés, ces terrains vagues coincés entre deux immeubles. La ville moderne est en train d’avancer et, derrière elle, elle laisse des morceaux de vieux Paris mourir tranquillement.
C’est formidablement ciné génique. Parce que dans La Balance, les décors ne sont pas simplement des décors. Ils racontent la même histoire que les personnages. Ils sont usés, cabossés, précaires. Ils ont vécu. Ils ont perdu de leur éclat, mais ils sont encore debout.
On passe des bistrots enfumés aux cages d'escalier sombres, des chambres miteuses aux rues presque désertes. Il y a cette lumière grise, ces murs sales, ces devantures vieillottes… Et surtout cette sensation permanente d’être dans un Paris que le cinéma français ne nous montre plus beaucoup. Un Paris populaire, interlope, dangereux parfois, mais aussi terriblement humain.
Et j’adore cette idée que les personnages de La Balance semblent appartenir à ces quartiers. Ils ne pourraient presque pas vivre ailleurs. Ils font corps avec les murs décrépits, les bars, les trottoirs mouillés, les portes cochères et les arrière-cours. C’est un Paris qui disparaît.
Et finalement, c’est peut-être ça qui me touche le plus dans le film : avant même de regarder Nathalie Baye… je regarde le visage de Paris. Bon, évidemment, après, je regarde Nathalie Baye.
Faut pas déconner non plus. »
C'était Bulle de Savon, pour Les Colonnes Cinéphiles et notre page facebook « je fais mon Cinéma »
Aaym68
Aaym68

1 abonné 251 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 mai 2026
Un inspecteur Parisien recrute un indic pour faire tomber un caïd. Un film policier français trépidant et réaliste des années 80 avec de bons acteurs (Philippe Léotard et Nathalie Baye en tête).
GyzmoCA

308 abonnés 2 695 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 30 avril 2026
La Balance de Bob Swaim est un polar typique des années 80, avec cette ambiance brute où la frontière entre flics et voyous devient presque inexistante. Ici, tout semble permis pour arriver à ses fins, quitte à brouiller complètement les repères moraux.

Le film repose en grande partie sur ses interprètes. Nathalie Baye livre une prestation remarquable dans le rôle d’une prostituée dévergondée, à la fois dure et touchante, amoureuse d’un voyou incarné avec justesse par François Léotard. Leur relation apporte un vrai relief au film. De son côté, Richard Berry complète efficacement ce trio au cœur d’un univers sombre et sans concession.

L’ensemble est plaisant à suivre, porté par une atmosphère crédible et un réalisme assez cru. Mais le film pêche par son scénario, qui manque clairement de profondeur et d’ambition. On reste un peu sur sa faim, avec l’impression que le sujet aurait mérité d’être davantage creusé.

Un polar solide et efficace, mais qui laisse un léger goût d’inachevé.
Gregory S
Gregory S

57 abonnés 787 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 avril 2026
Pour noter le film il faut se replacer à l'époque de sa sortie, un polar assez naturaliste comme celui ci était assez rare d'où son succès. L'intrigue a peut être vieillie mais les acteurs sont tous assez convaincants et voir le Paris du début des années 80 est plutôt passionnant quand on aime l'histoire. Ce n'est pas un chef d'oeuvre, loin s'en faut mais il mérite d'être vu.
Gérard Delteil
Gérard Delteil

263 abonnés 2 094 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 avril 2026
Agréable surprise en revoyant ce film quarante ans après sa sortie. Certes, il est daté, mais jamais ringard. La balance sonne assez juste, en particulier sur les rapports entre flics et truands. La violence ordinaire et la vulgarité, voire le racisme, des policiers, sont montrés sans fard ni lourde insistance. Peut-être pas un hasard si le réalisateur est américain. On peut regretter une grosse invraisemblance et une poursuite pas très réussie, contrairement à la fusillade finale, mais les comédiens sont sublimes. Dommage que Maurice Ronet soit sous-utilisé. Du cinéma efficace.
Claude DL
Claude DL

127 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 avril 2026
Polar musclé à l’Américaine mais qui ne vaut sans doute pas les meilleurs d’outre Atlantique. L’ensemble a beaucoup vieilli, et cette idée de parrain de Belleville m’a parue un peu kitsch. Néanmoins, les acteurs (Philippe Léotard en particulier) et la regrettée Nathalie Baye sont le point fort, et la fin ménage un suspense réussi. La réalisation est de qualité et on suit l’histoire avec attention, ce qui indique qu’il ne s’agit pas d’un nanar. A noter que Tcheky Karyo en foldingue des armes est réaliste et inquiétant à souhait et on note la présence du jeune Florent Pagny qui s’essayait au cinéma.
cinono1

375 abonnés 2 314 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 3 septembre 2026
La balance, césar du meilleur film 82, a vieilli. c'est brutal, sans finesse. Reste aujourd'hui la dimension societal, avec le Paris crasseux du début des années 80, le couple Baye-Leotard, qui l'était aussi à la ville, et quelques scènes de tensions tout de même
mazou31
mazou31

138 abonnés 1 383 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 avril 2026
La Balance de Bob Swaim reste, plus de quarante ans après sa sortie, un polar d’une efficacité redoutable et un témoignage assez authentique sur le Paris populaire des années 80. Loin du glamour habituel, le film nous plonge dans la grisaille moite de Belleville avec un réalisme quasi documentaire qui frappe encore juste. Le trio d’acteurs est tout simplement magistral : Nathalie Baye et Philippe Léotard campent un couple de marginaux bouleversant de vulnérabilité, face à un Richard Berry habité en inspecteur aux méthodes troubles. La mise en scène est nerveuse, directe, et évite les clichés du genre pour se concentrer sur l'humain et la trahison. Si le rythme accuse parfois quelques légères baisses de tension, l’atmosphère poisseuse et la justesse des dialogues emportent largement l'adhésion. C’est un classique brut, noir et sincère qui mérite amplement son César. Un excellent moment de cinéma policier français.
Shining80
Shining80

11 abonnés 30 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 mars 2026
Ouah .. Quelle baffe dans la figure, ce film est littéralement l’équivalent de Miami vice dans le cinéma français. La musique, les acteurs, le réalisme... Tout est d’une perfection qui subjugue. Le réalisateur connais bien le milieu policier et propose presque une réplique de la réalité au cinéma. L’héritier de ce film pourrait être Bac nord en soit, dans le milieu des indiques et toujours avec cette tension nerveuse. Que dire ? Franchement, c’est parfait
gerard stevenson
gerard stevenson

32 abonnés 1 388 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juillet 2025
Ce polar césarisé est porté par le couple Nathalie Baye - Philippe Léotard qui eux aussi remporteront le trophée doré. Le reste du casting (dont Richard Berry) est un ton bien en dessous.
Le côté policier avec son côté très années 80 vieillit mal. Heureusement, l'histoire d'amour intemporelle de Baye-Léotard est remarquable.
Roub E.

1 325 abonnés 5 425 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 février 2025
Dommage que la direction d acteur soit si catastrophique et que tous se retrouvent à sur jouer; car on sent dans ce film une volonté de moderniser le polar français, de le rendre un peu plus réaliste. À ce niveau la manière de décrire les policiers avec des méthodes qui sont parfois les mêmes que celles de voyous avec au final un mélange des genres qui s opère fait beaucoup pour la réussite du film. La plongée in vivo dans le Belleville de l époque donne aujourd hui une patine qui lui fait du bien. Un petit mot sur Philippe Leotard, seul acteur à s en sortir avec les honneurs et qui donne beaucoup d humanité à son rôle de voyou sur le retour, coincé dans une impasse.
Artriste
Artriste

191 abonnés 2 413 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 6 avril 2024
Film policier, coécrit et réalisé par Bob Swaim, La Balance est un long-métrage plutôt moyen. L'histoire se déroule à Paris, plus précisément dans le quartier de Belleville, et nous fait suivre une unité de la police intégrée dans le tissu urbain de la pègre. Chaque groupe a son propre réseau d'informateurs sans lequel il ne peut pas travailler. Seulement, un soir, une balance est assassinée. L'inspecteur principal Palouzi soupçonne alors que son indicateur ait été tué éliminé par Roger Massina, un gros bonnet du quartier qu'il poursuit depuis longtemps mais contre lequel il n'a aucune preuve. Voulant à tout prix le coincer, il fait appel à un petit proxénète ainsi qu'à sa petite amie pour tenter de le piéger. Ce scénario s'avère peu captivant à visionner pendant toute sa durée d'un peu plus d'une heure et demie. L'intrigue est assez convenue avec cette affaire entre flics aux méthodes pas toujours formelles tentant de remonter jusqu'au gros poisson, et truands prêts à tout pour protéger leurs juteux trafics. Cela donne lieu à une successions de scènes tout de même bien rythmées entre filatures, interrogatoires musclés, courses poursuites et échanges de coups de feu. L'ambiance est assez réussie avec ce milieu peu fréquentable composé de prostituées et de malfrats. L'ensemble est porté par de nombreux personnages aux personnalités affirmées mais pas assez approfondis de façon intime pour qu'on s'attache vraiment à eux. Des protagonistes bien interprétés par une distribution comportant entre autre Nathalie Baye, Philippe Léotard, Richard Berry, Maurice Ronet, Bernard Freyd, Christophe Malavoy, Jean-Paul Comart, Albert Dray, Tcheky Karyo ou encore même Florent Pagny qui fait une apparition dans un rôle étonnant. Tous ces individus entretiennent des rapports entre méfiance, copinage par opportunisme ou encore trahisons. Malgré cela, ils ne procurent que très peu d'émotions. Pourtant, ils sont soutenus par quelques répliques amusantes, bien senties, provocants quelques sourires. Sur la forme, la réalisation de Bob Swaim s'avère correcte. Sa mise en scène fait le strict minimum mais évolue dans des rues malfamées lui conférant une certaine atmosphère. Le visuel reste tout de même assez terne et manque d'une identité. Celui-ci est accompagné par une b.o. aux compositions appréciables, accentuant cette atmosphère singulière. Cette chasse à l'homme s'achève sur un dernier acte assez cru, avant de se terminer sur une fin insipide venant mettre un terme à La Balance, qui, en conclusion, est un film sans grand intérêt sur lequel on peu largement faire l'impasse tant il ne possède pas assez de qualités pour en faire un film méritant d'être visionné.
Charlotte28
Charlotte28

209 abonnés 2 947 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 mars 2024
Polar réaliste refusant tout manichéisme ou idéalisme tant chez les policiers que chez les truands, cette traque baignée de romance manifeste son ancrage dans les années 80, tant au niveau de la réalisation que de cette tonalité légère malgré le sérieux du sujet, offrant un divertissement délicieusement kitsch que défend un excellent casting, la flamboyante Nathalie Baye en tête. Malgré un dénouement qui s'étire un peu, le scénario demeure convaincant. Plaisamment efficace!
ferdinand75

739 abonnés 4 537 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 février 2024
Un très bon polar des années 80, avec un trio d'acteurs qui fonctionne à merveille. Le plaisir de voir le regretté Philippe Léotard dans un rôle sur mesure , excellent .Le scénario est bon , bien ficelé, un bon rythme.
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