Chef d'oeuvre intégral du réalisateur. Les acteurs sont également à une apogée. Toutes les questions vitales sont abordées avec des personnages déchirés dans leur être. L'opposition campagne ville est également très présente. Film à voir et à revoir. Les dialogues sont recherchés et demandent réflexion.
Encore un très beau film de Nuri Bilge Ceylan, dans lequel l'hiver est un personnage, et les acteurs excellents. Ambiguité et zones grises sont très bien évoquées, comme toujours, ce qui donne sa force au film. Avec un passage très curieux dans lequel on quitte le film !
Un peu long. Il faudrait le revoir une deuxième fois pour vraiment comprendre et kiffer. C’est un film sur la vie , l’espoir, la fuite en avant, les regrets et le temps qui passe.
Je suis sorti du cinéma sonné, en grande partie par l’incarnation des acteurs, je ne parle pas de jeux d’acteur, pour moi c’est bien au delà , ils ont tous une véracité de l’être humain, une intériorité qui m’a scotché, impressionné !!!! Cela leurs donnent une force digne des grands acteurs ou comédiens, ils entrent en scène on ne voit qu’eux, ils attirent le regard par leur seul présence, ils sont incarnés, il y a comme une histoire dans leur état d’être, c’est peut être leur vécu ??? Ils dégagent comme on dit parfois…. Je n’ai pas vu passer les 3h17…. Le personnage de la jeune femme est puissant, elle a du charisme, se montre au dessus des hommes, son histoire lui a peut être donnée l’humilité et le pardon face à l’humanité. Elle fait face aux éléments, est lucide, droite dans ses bottes, courageuse, intelligente….ne se contente pas de parler mais agit. Quand je vois que ce film obtient la même note de 4 que le dernier « Mission impossible », je comprends bien qu’elle correspond à deux genres de cinéma totalement différents…. Le cinéma du proche Orient a cette authenticité, cette nouveauté que j’apprécie, notre cinéma occidental, j’ai l’impression qu’il a déjà presque tout raconté, il y a peu de surprise, les jeux d’acteur, du déjà vu. Conseiller ce film est difficile, cela dépend de notre pôle d’intérêt dans le cinéma, on y ressent ce qui nous touche.
Je sors de la séance de cinéma pour le film "les herbes sèches". Je trouve le film intéressant quoique un peu langoureux. Au bout de 2h30 de film environ, un épouvantable "couac" d'autant plus pour une compétition au Festival de Cannes. J'assiste à une longue discussion assez philosophique entre cette homme et cette femme puis cette femme part dans sa chambre et l'homme la rejoint. Elle lui demande d'éteindre les lumières dans le salon, il s'exécute et au moment de revenir vers elle.... Il ouvre une porte et sans va. Le spectateur découvre alors que le bonhomme sort d'une scène de tournage, voit le bonhomme se diriger vers une salle de bain et prendre un verre d'eau et un cachet puis il fait demi-tour et rentre retrouver la femme afin d'avoir une relation sexuelle avec elle. De plus, Madame est amputée de la jambe droite... J'ai eu un horrible mal-être. Osez passer ce genre de film avec une erreur pareille, c'est inacceptable. Voir le bonhomme partir avaler un cachet avant de faire l'amour avec une femme amputé, c'est vraiment de mauvais goût. Comment peut-on distribuer ce genre de film dans un cinéma ? Lamentable.
Magnifique, je n'ai pas vu le temps passer. Les dialogues sont très fournis par moments. Ce film mériterait un doublage en français car il est parfois difficile de lire les sous-titres et de regarder les superbes images (d'intérieurs par exemple), il est des choses que j'ai manquées. Ceci m'a rappelé cette fois, il y a fort longtemps, où j'avais vu un film de Woody Allen en VOST, accrochez-vous !
Samet, enseigne les arts depuis plusieurs années dans un collège rural dans l’Est de l’Anatolie. Il vit en co-location avec Kenan, professeur lui aussi. Nuray, professeur d’Anglais fraîchement nommée, vient compléter le trio. Samet originaire d’Istanbul souhaite quitter cet endroit déshérité et loin de toute modernité, contrairement à ses deux comparses de culture alévie. Il entretient avec Sevim l’une de ses élèves, une relation particulière. Il est le seul enseignant à réprimander la singulière jeune fille, lui fera remarquer un élève. Nuray, claudique légèrement. Elle garde les stigmates dans sa chair d’un attentat dont elle fût victime par le passé à Ankara. Les deux jeunes hommes vont se voir reprocher par leur hiérarchie des rumeurs de harcèlement sexuel.
La sortie d’un film de Nuri Bilge Ceylan est toujours un évènement cinématographique, et la promesse d’un long long-métrage. Le réalisateur est un habitué des festivals et récompenses du 7ème art. Les Herbes Sèches est son 10ème film, après Uzak, Les Climats, Il était une fois en Anatolie, Winter Sleep ou encore Le poirier sauvage. Il nous transporte dans un voyage d’images superbes des contrées les plus reculées de sa Turquie natale. Des thèmes sont récurrents dans son œuvre, la mélancolie et la difficulté pour de jeunes gens cultivés de trouver leur place dans la société moderne. L’oncle Vania présent au cinéma chez Hamaguchi dans le sublime « Drive My Car » est aussi du cinéma de Nuri Bilge Ceylan. Comme chez Anton Tchekhov, il y a ici une écriture singulière pour décrire la vie en province, la solitude et l’ennui. La lassitude d’espérer confiera Samet à Nuray. La nature sociale et sociologique de ses films, par le rapport à la photographie du réalisateur, leur donne une dimension universelle. Dans « Le Poirier Sauvage » et « Les Herbes Sèches » les scénarios sont co-écrits avec son épouse, à partir de carnets intimes d’un cousin et ami du réalisateur. La mère de ce dernier, jeune enseignant muté en campagne, les lui avait remis. C’est après plusieurs années que Nuri Bilge Ceylan les a lu, et utilisé pour construire ses deux derniers films. Les mots de Samet, qui marche à travers les herbes sèches après s’être avoué ses mensonges à Sevim, sont mot pour mot ceux du carnet du jeune homme. Ils ont une puissance poétique qui au sommet de la colline, prennent une portée particulière.
Abbas Kiarostami ne souhaitait pas forcer le trait sur la psychologie dans l’écriture de ses personnages, qu’il associait alors à une pornographie de l’intime. L’être humain est complexe par nature, et des années d’analyse ne suffisent pas toujours à se comprendre soi-même. Le personnage de Samet bien éloigné de tout manichéisme, a toute cette profondeur, avec ses faiblesses et lâchetés, qui font un être humain. C’est cette matière cinématographique pleine d’humanité qui est celle de grands réalisateurs d’Ingmar Bergman à Michaelo Antonioni, disparus tous les deux le 30 juillet 2007, il y a 16 ans aujourd’hui, qui fait toute la beauté singulière des films du réalisateur turque.
Les Herbes Sèches, est l’un des 3 films que j’ai le plus aimé depuis ce début d’année. Il est remarquable, un chef d’œuvre.
Les herbes sèches (germano-franco-turc – 3h17) de Nuri Bilge Ceylan avec Deniz Celiloğlu, Merve Dizdar, Musab Ekici, Ece Bagci, Erdem Senocak, …
Presque tout est dit par Christoblog... Donc peu de choses à ajouter. Très beau film. Une chose m'a frappée c'est que le silence soit à ce point habité, et habité par l'image, dans les séquences silencieuses. Les rares séquences musicales disent beaucoup de choses, d'autant plus parce qu'elles sont courtes. Ce paysage neigeux pourrait être oppressant mais il n'en est rien, et c'est une prouesse du réalisateur à mon avis. On est happés par la beauté des paysages. On restera dans une certaine question par rapport au personnage principal. Et une question : la vérité est-elle la vérité ? Une chose m'a manquée : ne pas savoir ce que devient Nuray... Extrêmement attachante.
Un chef d’œuvre à ne pas rater. Malgré les trois heures, je crois devoir y retourner pour percer les mystères de la réalisation qui laissent le spectateur bouche bée et en guerre avec sa morale …
Un peu décevant. Les acteurs jouent très bien mais le film manque de fond. Les relations entre les personnages sont esquissées J'attendais mieux de ce réalisateur .
Film long au rythme lent qui conduit le spectateur à ressentir la pesanteur de la société rurale anatolienne et le fardeau que cela représente pour les jeunes enseignants d'origine citadine qui essaient malgré tout de mener leur mission du mieux possible bien que souvent gagnés par une forte mélancolie. L'histoire est un peu troublante avec de nombreuses ambiguïtés, mais la qualité de la réalisation et de l'interprétation des acteurs dépeint avec grand talent la complexité des relations entre les enseignants entre eux et avec leurs élèves. Les paysages des scènes tournées en extérieur sont magnifiques.