Et un troisième Biopic, presque réussi celui ci, sur un sujet déjà traité au cinéma ( Hiver 54, Abbé Pierre en 1989 avec Lambert Wilson).
Né dans une famille aisée, Henri Grouès a été à la fois résistant, député, défenseur des sans-abris, révolutionnaire et iconoclaste. Des bancs de l’Assemblée Nationale aux bidonvilles de la banlieue parisienne, son engagement auprès des plus faibles lui a valu une renommée internationale. La création d’Emmaüs et le raz de marée de son inoubliable appel de l’hiver 54 ont fait de lui une icône. Pourtant, chaque jour, il a douté de son action. Ses fragilités, ses souffrances, sa vie intime à peine crédibles sont restées inconnues du grand public. Révolté par la misère et les injustices, souvent critiqué, parfois trahi, Henri Grouès a eu mille vies et a mené mille combats. Il a marqué l’Histoire sous le nom qu’il s’était choisi : l’Abbé Pierre.
Benjamin Lavernhe est excellent et bouleversant dans le rôle.
Le hic, car il y en a un, c'est le recours trop systématique à des images d'archives en noir et blanc ( au lieu de laisser la magie du cinéma suggérer les choses ) de recréer systématiquement les passages médias de l'abbé alors que la pour le coup les images d'archives auraient été intéressantes et surtout de nous faire une chronologie complète de sa vie donc certaines phases sont non essentielles à la tenue du film qui du coup fait bien 25 minutes de trop.
Allez y quand même car l'homme et son histoire sont assez passionnantes et vous apprendrez quelques petites choses.
Je n'ai pas vu le film de Denis Amar avec Lambert Wilson, mais celui-ci m'a déçu. J'ai été dérangé par une réalisation chaotique usant et abusant du tilt-shift sans raison apparente. D'une image peut-être volontairement dégradée on passe à une image multiple à bords nets, trop nets. Belle attention portée à la justesse sans anachronismes flagrants. Le sujet lui est traité, Lavernhe est très juste, mais cette réalisation est très dommageable et peut faire sortir du film.
Biopic sans contrepoint qui n'a d'intérêt que pour l'interprétation de Benjamin Lavernhe. Il est question de combats dans le titre, et on n'en voit qu'à peine la moitié d'un. Il semble que tout réussisse à ce curé qui vole de succès en succès. Car les épreuves qu'il traverse sont celles de tout le monde à son époque: la guerre, le froid, la faim… De ses "vrais" combats contre les politiques, contre la hiérarchie cléricale, (s'il y en a eu? Le sait-on?) la lutte quotidienne et permanente pour "trouver des solutions" (cf "hors normes" de Toledano et Naccache), on ne voit presque rien. Tout juste un ou deux coups de gueule, d'ailleurs très bien joués… Je suis particulièrement frustré de n'avoir pas vu mis en scène le combat, le tourment intérieur, dont cet homme hors du commun a dû être la proie lorsqu'il s'agit spoiler: de faire exécuter un traître au sein de la résistance . Donc voilà : biopic hagiographique, mérité sans aucun doute compte tenu du sujet, mais dramaturgiquement et cinématographiquement assez gnangnan…
Film bouleversant, qui interpelle et interroge. Benjamin Lavernhe et Emmanuelle Bercot sont merveilleux dans leur interprétation de ce duo méconnu : L'Abbé Pierre et Lucie Coutaz. A voir absolument !!! Bravo à Frédéric Tellier et à toute l'équipe.
Voilà un biopic qui ne fait pas dans la dentelle ! Les 45 premières minutes nous plongent dans la guerre, avec force violence. La suite du film est à l'avenant. Pendant plus de 2 heures, nous sommes conviés à une succession de rudes combats, racontés sur un mode essentiellement spectaculaire, avec insistance, voire lourdeur. Et l'homme dans tout ça ? Il semble disparu...
Film remarquable, prenant, émouvant, on ne voit pas passer les deux heures, les acteurs Benjamin Lavherne et Emmanuelle Bercot sont bleufants. Maquillage très réussi et très crédible, la musique est bien choisie, et puis quelle émotion de revoir cet Abbé-Pierre si hors norme, un vrai saint homme.
Malgré l'interprétation magistrale de Benjamin Lavernhe, le film transpose la fiche Wikipedia de l'abbé Pierre pendant 2h. On est finalement que très peu touché par cette histoire, bien qu'intéressante sur le fond, et on s'ennuie beaucoup... dommage.
Hier j’ai vu l’abbé Pierre et il n’a pas changé. C’était en avant-première, dans mon cinéma préféré. Le film « L’Abbé Pierre. Une vie de combats » du réalisateur Frédéric Tellier qui était là avant la projection, pour nous présenter son film. La salle était pleine. Le film commence avec une image, ça aurait pu être une des miennes, nous sommes nombreux à en avoir fait des comme ça… De dos, avec sa cape, regardant au loin, en contemplation d’un paysage. L’abbé Pierre, tout le monde, le monde entier le connaît, au moins de nom. Ce n’était pas un saint, non. Il a commis des erreurs, comme en commettent tous les humains. Et Frédéric Tellier a dit qu’il voulait montrer ça. Et si le réalisateur a mis un s à combats, ce n’est pas par hasard, on s’en doute. Les combats que l’abbé a dû mener contre lui-même, étaient sans doute plus difficiles pour lui que de se battre contre les puissants pour qu’ils retrouvent leur humanité perdue. Parce que ce combat-là, pour plus de fraternité et de justice, c’était naturel chez lui, comme de respirer. Ce film parle d’un homme qui n’est plus mais dont le combat est plus que jamais actuel. Parce que comme il a dit lui-même : « La responsabilité de chacun implique deux actes : vouloir savoir et oser dire. » Benjamin Lavernhe, a pleinement investi son rôle. Il est crédible, de bout en bout. Et grâce à Emmanuelle Bercot, on découvre aussi le rôle primordial tenu dans la vie de l'Abbé, par Lucie Coutaz, jusqu'en 1982.
Il s'agit là d'un GRAND film, totalement bouleversant grâce à la performance remarquable de Benjamin Laverhne qui incarne l'abbé Pierre avec un talent extraordinaire ! Emmanuelle Bercot est également parfaite dans le rôle de Lucie Coutaz qu'elle incarne avec beaucoup de justesse. La musique du film est sublime et les images finales nous interpellent. Nous sommes au 21ème siècle et, malgré la "vie de combats" de ce grand homme, nous faisons l'amer constat des sans-abri encore bien présents dans les rues de nos grandes villes ...
Un grand film, qui dévoile des pans inconnus de la vie de l’abbé Pierre, qui met en lumière une femme qui n’a pas encore trouvé sa place dans la postérité mais qui a été essentielle auprès de ce grand homme : Lucie Coutaz. Et ce n’est que justice. Plus spécifiquement, ce film réussit le tour de force de ne pas verser dans l’hagiographie et de décrire l’homme déchiré qu’était l’abbé Pierre. On y découvre même un peu coté facétieux. Les performances des comédiens sont soufflantes : Benjamin Lavernhe, bien sûr, mais remarquablement secondé par Emmanuelle Bercot et Michel Vuillermoz. Je n’ai pas compris certaines critiques faciles de médias qui ont décidément du mal avec les films populaires…
Poussive vision de la vie de l Abbe Pierre, c est ce qui me vient à l esprit. Si c est assez instructif sur son origine et ses combats, le rythme est suffisamment anémique pour nous endormir sur ce parcours de vie, cette œuvre m apparaît un cran en dessous de la restitution du destin de ce grand homme. La bande son est dramatiquement fatigante, j ai rarement visionné un film aussi décevant par sa réalisation. Je reste étonné des notations élevées pour un film aussi insipide.
Résumer en un long-métrage d'une durée raisonnable l'existence d'un homme qui a vécu 94 ans est d'autant plus complexe quand il s'agit d'une icône française du XXe siècle qui a lutté sa vie durant pour les plus défavorisés. L'homme qui venait du froid, à l'hiver 54 (les souvenirs du film de Denis Amar et de l'interprétation de Lambert Wilson ne sont pas si mauvais), et dont l'appel radiophonique a bouleversé la France, était perclus de doutes quant à son action, chose que le le film de Frédéric Tellier montre un peu mais qui s'efface devant la volonté de fresque qui tend à devenir hagiographique, au fil des minutes. Difficile de faire autrement dans un récit qui est systématiquement accompagné par l'indication de dates clés à l'écran (son côté Wikipédia) et par des archives qui n'apportent rien de plus. Le plus passionnant, dans l'ensemble, est l'évocation de la jeunesse du pas encore héros,et de sa rencontre avec son assistante et bras droit Lucie Coutaz, cofondatrice du mouvement Emmaüs, figure injustement méconnue du parcours de l'abbé Pierre. Sans Benjamin Lavernhe, très impressionnant par son talent mimétique, et sans l'excellente Emmanuelle Bercot, le film apparaîtrait sans doute moins convaincant. Reste que son côté parfois grandiloquent, avec une musique emphatique à la clé, semble à mille lieues des valeurs d'humilité prônées par Henri Grouès, dit L'abbé Pierre.