Un film complexe.
Au premier visionnage, j’ai été enchanté du film qui se poursuit tambour battant et qui est totalement propre niveau réalisation, décor, photographie.
Les acteurs sont top, rien à ajouter, Burt Lancaster, Robert Ryan, Lee Cobb, parfaits.
Les seconds rôles également, qui évitent les clichés propres au genre, ce qui est assez rare dans ce genre de western.
Jusqu’aux dernières minutes…. Qui m’ont révolté !
Quelle fin décevante, révoltante, minable !
Voilà un western aussi complexe, aux personnalités si profondes, aux personnages si psychologiquement développés qui se termine comme cela !
Car oui contrairement a nombre d’autres westerns du même genre (et je les adore là n’est pas la question ! C est simplement un autre type de western), le propriétaire terrien n’est pas un homme avide, sans cœur et cruel qui règne en tyran sur ses serviteurs, le représentant de la loi n’est pas le chevalier blanc immaculé, le saint qu’un John Wayn ou qu’un Garry Cooper ont pu incarner dans des westerns aux scénarii similaires.
Le shérif Robert Ryan n’est pas non plus le vieillard alcoolique ou impuissant qu’un Robert Mitchum eu pu incarner.
Il en va de même des deuxième rôles. Complexité psychologique et travail des mentalités ! Pas de femmes sans cervelles, de tueurs abrutis ( sauf le personnage de Harvey je vous l’accorde !).
Même les habitants du village ne constitue pas un troupeau inerte.
Mais cette fin ! Que dire ! Pour la décrire : Immorale convient parfaitement même si j'exècre ce terme ! On s’attendait à tout autre chose !
Et là se tient certainement la clé de compréhension du film :
Le réalisateur a voulu nous faire tourner en bourrique, décevoir nos attentes, nous faire tomber dans le panneau, un peu à la manière du Grand Silence de Corbucci.
Tout en nous montrant un western très réaliste sans héros, sans saints, avec des personnes normales et banales qui sommes toutes nous ressemblent.
Nous nous attendions à un sursaut ! Que le Marshall Burt Lancaster change de mentalité, arrête d’être ce représentant de la loi implacable, le faiseur de veuve qui ne pense qu’en termes de loi et de son application !
Eh bien, il le reste, et même pire, il trahit ses principes et tue dans le dos, sans raisons, à part des raisons purement personnelles le mari de son ex compagne, femme avec qui il devait s’installer.
Vous vous attendiez à un homme changé eh bien oui il l’est ! Mais en pire ! Le voilà assassin.
Idem du chérif, vous vous attendez a ce qu’il reprenne du poil de la bête et retrouve son honneur en faisant son devoir ou en défendant le camps qu’il juge le bon ?
Eh bien, il reste à ne rien faire dans sa prison
.
Le propriétaire terrien, fatigué de la violence et des massacres, digne, assez sympathique et humain au final, coincé entre la volonté de paix et l’esprit de vengeance, que fait il ?
Venge-t-il son ami Harvey et son fils ?
Eh bien non il se suicide !
Mais si je devais trouver le personnage où l’on est le plus induit en erreur, il s’agit bien du jeune cow-boy!
Tout au long du film, des insinuations sont faites sur la possibilité pour lui d’être plus rapide que le Marshall. Naïvement je pensais que ces hypothèses se confirmeraient à la fin, ce jeune homme tuant le Marshall !
Eh bien ! Là encore nothing, il ne fait rien !
On pourrait en dire autant des villageois ou du mari de l’ex compagne de Lancaster, ils sont veules et l’on s’attend a un changement à la fin du film.
Que nada, rien du tout, ils se comportent en lâches jusqu’au bout.
En bref, éclairé par cette optique, ce pied de nez du réalisateur, qui se joue de nous, ce film est un grand western.