Deux employés, après avoir volé la banque où ils travaillent à Buenos Aires, vont se réfugier dans la montagne, et y rencontrent l’amour et la liberté. Le scénario est plein de rebondissements, qui commence comme dans un film des frères Coen, décrivant deux minables montant un coup foireux pour arnaquer leur employeur, puis change radicalement de ton dans la deuxième partie, lorsque les protagonistes rencontrent un trio de marginaux vivant une existence libre dans une nature bucolique. La mise en scène est magistrale, pour un film de plus de trois heures qui nous tient en haleine jusqu’au bout.
Un très bon film argentin. Un ton, un rythme, qui font de ce film un petit bijou inattendu. Les acteurs sont toujours juste.
Ma seule déception porte sur la fin du film, je m’attendais à un dénouement plus explicite. Néanmoins ce film m’a paradoxalement laissé une impression de douceur, il se déguste comme un grand cru.
3h10, c'est la durée de ce thriller argentin captivant de bout en bout. Deux collègues d'une banque vont mettre au point un plan pour voler un coffre équivalent à leurs vies de salaires. Progressivement, le récit prend des directions inattendues, s'éloignant des codes traditionnels du genre pour offrir une escapade bucolique aussi attendrissante qu'étonnamment complexe sur le plan psychologique. La réussite de "Los delincuentes" repose sur une mise en scène singulière et un casting séduisant, contribuant à faire une œuvre cinématographique remarquable.
Los delincuentes confirme la belle vitalité du cinéma argentin, particulièrement efficace dans un style décalé, à la fois contemporain et poétique, dont l'étalon est aujourd'hui Trenque Lauquen.
Le film de Rodrigo Moreno commence comme un thriller lo-fi, dans lequel deux pieds nickelés commettent un hold-up d'un genre spécial. Ils volent une énorme somme d'argent correspondant à leur salaires jusqu'à la retraite. L'un accepte de se faire incarcérer (il pense prendre six ans de prison) alors que l'autre est chargé de planquer l'argent.
Le film est férocement drôle et tendrement poétique dans sa première partie. Les employés de la banque subissent l'enquête lymphatique d'un détective qui n'arrive pas vraiment à être antipathique. Le complice chargé de plaquer le magot est rongé par la culpabilité, et ses états d'âme sont à la fois poignants et risibles.
Bref, on est charmé par le style distancié de ce polar au ralenti (le film dure trois heures et prend son temps) quand il bifurque tout à coup dans une direction absolument inattendue, champêtre et solaire, bousculant au passage la temporalité du film. Le spectateur ne sait plus trop à quoi s'en tenir, le premier sujet du film disparaissant progressivement du champ du film, au profit d'une ode exaltante à la liberté et à la sensualité, parsemée de clin d'oeil amusants (les personnages principaux s'appellent Roman, Moran, Norma et Morna).
Cohérent avec l'évolution interne quasi-libertaire de son scénario, Los delincuentes finit par se perdre avec délice dans une sorte de delta narratif évanescent, dans lequel les principaux personnages se perdent avec nous, comme enivrés par une soudaine liberté : il semblent quitter le film avant sa fin, d'une certaine façon.
Une oeuvre surprenante, qui ne ressemble à rien de connu, comme si Hitchcock rencontrait Hong Sang-soo dans l'Argentine profonde.
À l’instar de ses protagonistes, Rodrigo Moreno déconstruit les codes pour mieux les transcender. Du réalisme urbain au lyrisme pastoral, la narration épouse la trajectoire de ses personnages, entre soumission au système et aspiration à une existence libérée.
Mais avant tout, de cela émane le poids du système actuel, qui modèle les psychés et condamne à la répétition. À travers le geste de Morán, un employé de banque qui détourne une somme conséquente, le film pose une question universelle : que signifie être libre dans un monde où tout, des rythmes de vie aux désirs, est conditionné par les impératifs économiques ?
Loin d’un récit de braquage classique, Los delincuentes ne se concentre pas sur l'acte en lui-même, mais sur les conséquences existentielles et philosophiques de ce choix. Le crime devient un acte de poésie et de résistance plutôt qu'une transgression violente.
La première partie, ancrée dans des décors banals (bureaux, rues étroites, maisons modestes) capte avec une précision documentaire l’absurdité des normes et des structures sociales. Mais dans les interstices de l’ordinaire surgit une poésie inattendue et la réflexion.
La seconde moitié opère un basculement vers un autre tempo, une autre respiration. Loin de la ville oppressante, le film s’étire dans la nature sauvage, célébrant le retour à une temporalité débarrassée des contraintes. Ce changement de cadre n’est jamais absolu, préservant une continuité narrative subtile, mais il ouvre une parenthèse de réinvention, une utopie fragile.
Visuellement, Moreno mêle la rigueur du réalisme à une mise en scène contemplative, où les longues pauses et les détails insignifiants deviennent les vecteurs d’un autre rapport au monde. Le rythme du film, loin d’ennuyer malgré ses trois heures imposantes, invite à une méditation presque anarchiste sur l’homme et son aliénation dans un système oppressif.
Deux employés de banque braquent tout en douceur leur propre banque en mode Spaggiari « Sans haine, sans arme, sans violence » ; et retournent y travailler comme si de rien n’était pour ne pas éveiller les soupçons. Tous les codes de cette première partie rappellent fortement le cinéma des 70’s jusqu’au grain de l’image. Le projet du binome est d’arrêter leur job sans intérêt et vivre des fruits du vol jusqu’à la fin de leurs jours. Pour planquer le butin, direction la campagne argentine, car le film est argentin. S’en suit une rencontre avec un groupe de jeunes artistes vivant loin des contingences matérielles : amitié, histoire d’amour,… Et on va suivre les deux compères dans ces déambulations bucoliques entre ville et surtout campagne durant 2 longues heures ponctuées d’une musique désagréable. Et oui, le film dure 3h10 ; trois longues heures pour nous dire quoi… Que la campagne est mieux que la ville ! Nous montrer où se loge le bonheur ! En fait, si peu de chose que même le côté contemplatif dit rhomérien par certains critiques provoque dès la mi-parcours de l’ennui… Le problème est qu’à mi-parcours, il reste 1h30 de film !!! TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
La première partie,un thriller qui sort des sentiers battus,que ce soit le braquage ou l'ambiance dans la banque,et on attend une suite à la hauteur,suspens!Et la deuxième partie ,entre un trio de babas cool,des amourettes,des paysages trop filmés,on ne voit pas un seul insecte,le paradis,un peu ennuyeux ,sur terre,et une fin décevante,aurait pu être deux fois moins longue!
L’aliénation sociale par le travail, la routine du quotidien, l’uniformité des individus… L’amour, l’eau fraîche, un projet de film contemplatif, un feu de bois sur une colline, une errance à cheval… Ce sont autant de thèmes, de scènes et d’éléments narratifs qui nourrissent ce récit vagabond, d’une douce étrangeté, d’un réalisme légèrement surréaliste. On apprécie l’inventivité de l’écriture et de la réalisation : un petit jeu onomastique (les prénoms des protagonistes), une gestion parfois originale de la chronologie (flash-back) et de la composition de l’écran (split-screen), un art nonchalant de la digression, des choix symboliques (faire interpréter les personnages du directeur de banque et du caïd de prison par le même acteur), un comique de répétition (le gamin qui demande trois fois un verre d’eau, à deux reprises) et une façon littéralement poétique d’évoquer le passage du temps. En suivant les itinéraires parallèles de deux hommes qui donnent un nouveau sens à leur vie, le réalisateur signe une ode à la liberté, gentiment anarcho-hédoniste, où l’argent qui doit rendre libre importe finalement moins que le mouvement de libération. Une ode qui ne manque ni de charme, ni de drôlerie. Juste de concision. Car la narration, sur plus de trois heures, prend vraiment son temps…
Un employé de banque se dit qu’il vaut mieux encourir 4 ans de prison en volant son employeur que rester prisonnier de son travail toute sa vie. Ça se tient. On rajoute à ça un collègue complice et une histoire d’amour à trois. Et puis bien sûr la pampa. Après il faudra que le réalisateur m’explique pourquoi il a décidé d’étirer son intrigue relativement simple sur trois interminables heures.
Ben c'est très mauvais, rien ne va : les scènes interminables, celles qui ne servent à rien, les incohérences et les invraisemblances du récit, la looooooongueur infinie du film, l'absence de fin (ce n'est même pas une ellipse, c'est juste du grand n'importe quoi), et puis pour couronner le tout, la philosophie à 2 balles que la vie à la campagne c'est vachement mieux quand même que de travailler en ville... Du mauvais travail, du début à la fin, du scénario jusqu'au montage. Ah si, un truc à sauver... les acteurs sont bons...
A travers le vol d'une grosse somme d'argent commis par l'employé d'une banque, le cinéaste R. Moreno ( il s'inscrit dans la nouvelle vague du cinéma argentin née à la fin des années 90 dont Lucrecia Martel, Lisandro Alonso, Santiago Mitre, Pablo Trapero en sont les figures les plus éminentes dans l'Hexagone) présente notamment une réflexion sur la Liberté et le Temps.
Il ne faut pas se tromper " los delincuentes" ( les délinquants) n'a que l'apparence du film de genre, du polar.
La référence explicite au film du cinéaste français Robert Bresson " l'argent", que les personnages vont voir à deux reprises, constitue déjà une piste qui témoigne de l'ambition du propos.
Le titre est finalement une critique sévère du salariat, du pouvoir de l'argent, du caractère illusoire de la liberté lorsqu'elle est considérée comme la possibilité de faire ce qu'on veut où l'on veut sans limite.
La liberté ( semble nous dire le cinéaste) ne doit pas être confondue avec la Licence, comme semblent le penser et le mettre en pratique les personnages masculins principaux. " La Liberté est l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite " écrivait d'ailleurs JJ Rousseau.
Au plan formel, " los delincuentes" se présente en deux parties au ton inversé - comme les noms des personnages ( la vie urbaine d'un côté, ou les rapports humains sont tendus, rugueux, parfois inhumains et puis la vie rurale ou l'homme est en contact avec la nature, retrouve une forme d'insouciance, de chaleur humaine, au sein d'un cadre paradisiaque).
Destiné avant tout ( me semble t il) à l'amateur de cinéma d'auteur introspectif ( le spectateur est largement mis à contribution dans l'interprétation du propos).
Par souci d'honnêteté à l'égard du spectateur éventuel, l'opus de R.Moreno pourra peut-être rebuter l'amateur exclusif de polar attiré par le principe de départ du scénario, celui d'un strict film de casse.
On notera que les scènes tournées dans l'univers carcéral ont vraisemblablement été inspirées, en tout cas font largement penser à. " un prophète" chef d'œuvre de Jacques Audiard.
Enfin, " los delincuentes " fût sélectionné pour représenter son pays aux oscars et fut présenté en compétition parallèle " un certain regard" à Cannes ( 2023).
L’Argentine nous propose encore une des pépites dont elle a le secret. – Le tournage a eu lieu avant l’arrivée de Milei et sa tronçonneuse au pouvoir -. Rodrigo Moreno avait réalisé en 2001 un film à sketchs très remarqué, Sale époque… et depuis, il s’est consacré à l’enseignement du 7ème Art et à l’écriture de scénarii pour la télévision. Retour au grand écran avec ce thriller. Román et Morán, deux modestes employés de banque de Buenos Aires, sont piégés par la routine. Morán met en œuvre un projet fou : voler au coffre une somme équivalente à leurs vies de salaires. Désormais délinquants, leurs destins sont liés. Au gré de leur cavale et des rencontres, chacun à sa manière emprunte une voie nouvelle vers la liberté. Inventif, facétieux et d’une grande liberté, des qualités indéniables font que les 190 minutes passeraient même très vite si les deux récits entremêlés ne subissaient pas de gros passages à vide durant lesquels, le cinéaste se fait plaisir, mais le spectateur pas tellement. Impression très mitigée. Il semble qu’il ne soit pas de bon ton d’oser la moindre critique vis-à-vis de cette longue – trop longue -, comédie dramatique. Le scénario glisse insensiblement du film de braquage – sans armes ni violence -, à un film contemplatif, philosophique, voire de poésie bucolique. L’admiration sans bornes portée par le réalisateur pour le cinéma de « la Nouvelle Vague » est palpable et les citations vont bon train. A ce sujet, les séquences interminables où un cinéaste – Moreno lui-même peut-être -, tente de filmer le vide, sont franchement inutiles et surtout nombrilistes. Les acteurs et les actrices jouent de manière un peu décalée pour renforcer l’impression de raconter une fable, nous dit-on dans le dossier de presse. Là encore, l’allusion à Godard, Rohmer, Eustache, Truffaut, Garrel, Rozier, Rivette et consort, est criante. Est-ce pour autant supportable en 2024 ? Là est la question. La thématique profonde se résume au dilemme vie professionnelle versus loisirs, dépendance versus liberté, routine versus aventure. Mais permettez-moi de vous citer in extenso une partie de la critique dithyrambique des Cahiers du Cinéma : Par les jeux d’échos et de circularité qu’il met en œuvre, Rodrigo Moreno exprime une difficulté collective à s’extraire d’un système économico-politique qui, non content de structurer tout ce qui nous entoure, façonne nos psychés, et nous pousse à refaire sans cesse les mêmes erreurs. C’est-y pas beau ? Qu’est ce que vous voulez que j’écrive après ça, sinon que je ne suis pas d’accord ; Daniel Elias, Esteban Bigliardi, Margarita Molfino, German de Silva, Laura Paredes, Cécilia Rainéro, jouent – ou pas – les dialogues parfois vains de ce film étrange qui commence comme un Sydney Lumet grande époque pour glisser vers un Rozier narcissique des années 60 à 80. Gagne-t-on au change ? Le suspense tourne court pour être supplanté par du romantisme bricolé. On tente de nous faire partager une utopie hédoniste – pléonasme -, mais je ne suis pas si sûr que l’ambition soit réalisée. Un film à l’image de sa bande-son, où se mêlent le rock, Poulenc, - sonate pour hautbois et piano -, Saint-Saëns, etc… Un peu de tout loin de toute contrainte, même pas celle du temps qui s’étire jusqu’aux limites de la complaisance, sans parler du générique final digne des blockbusters hollywoodiens, dont on ne voit jamais la fin…