Derniers Avis : Les Banshees d'Inisherin - Page 19
Les Banshees d'Inisherin
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HadrienMar
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4,5
Publiée le 13 janvier 2023
Inisherin, insignifiante île Irlandaise, 1923. Loin du vacarme effréné du 21ème siècle.
Ici, on se retrouve tous les jours au pub dès le début de l’après midi pour jouer de la musique traditionnelle sur des vieux violons qui crissent mais surtout pour boire des pintes de bière brune en se racontant des banalités qui servent d’excuse à l’allongement de ces instants partagés. Une forme de paradis. Pas vraiment.
Colm, un vieil ami et voisin de Pádraic, a décidé qu’il ne voulait plus lui adresser la parole. Pádraic est trop creux, a des discussions inintéressantes et empêche Colm de s’adonner à des activités plus profondes. Ce dernier veut consacrer les quelques années qui lui reste à l’élaboration d’une œuvre artistique, des compositions musicales principalement, pour la postérité; qu’importe la détresse de Pádraic, qui le considérait comme son meilleur ami.
C’est au milieu des paysages envoûtants et sévères de cette île irlandaise que va se jouer le spectacle de ce conflit à l’allure mystique, dont la violence va osciller entre l’absurdité de la détermination d’un homme prêt à tout pour conjurer la mort et la tragique solitude d’un autre que le désespoir va lentement assombrir jusqu’à un point de non retour.
Une belle ode à l’évasion, l’évasion intérieure mais surtout un rappel sur les limites du repli. Les temples les plus sereins ne sont pas toujours ceux qu’on croît.
Une très belle réussite. Pas surprenant, venant du trio brillant de « Bons baisers de Bruges »! Les golden globes viennent de couronner ce film dans la catégorie « comédie » alors que c’est ni plus ni moins une tragédie Tragédie car unité de lieu, de temps et d’action. Tragédie encore, la tragédie d’un homme ridicule , pour reprendre Bernardo Bertolucci , un pauvre habitant d’une petite île au large de l’Irlande, il y a cent ans, alors que la guerre fait rage. Un pauvre innocent qui un jour apprend de la bouche de son meilleur ami qu il est creux, qu il est inintéressant et que dès lors leur amitié est terminée. A moi, ce magnifique argument suffit déjà à mon bonheur : qui n’a jamais rêvé de faire ainsi table rase de relations encombrantes, pour se consacrer à l’essentiel ( ici, composer et jouer du violon). Mais au déjà du pitch, il y a mise en scène, simple, nette, dépouillée. Il y a les splendides paysages irlandais ( sans jamais tomber dans le tape à l’œil ou le chromo); il y a enfin la splendide interprétation d’un groupe d’acteurs magnifiques d’où émerge Colin Farrell, un comédien subtil et attachant par son beau mélange de force et de fragilité, qui ici fait merveille. Dans le casting a noter aussi l’intense présence animale, chien, vache, cheval et surtout la belle petite ânesse ( lointaine cousine de EO ?) Contemplez au passage en fin de film la belle allégorie de la crèche. Bref vous allez rire ( beaucoup) et vous émouvoir. Pas mal comme programme pour démarrer l’année au cinoche…
Un film incroyable, qui ne ressemble à aucun autre. Sur une petite île irlandaise en 1923, deux amis inséparables. L'un décide qu'il n'a plus de temps à perdre avec l'autre et... tous les rituels vont se dérégler, la confiance en soi vaciller et un terrible engrenage se mettre en route, sur fond de guerre civile dans le pays. Les paysages sont sublimes, décor de braise et de feu. Les acteurs·trices plus vrai·es que nature. Il y a de la métaphysique et du sens de la vie dans cette apparente simplicité.
incroyable film. on rigole, on pleure, les acteurs sont fantastiques ! les décors, les plans sont à couper le souffle, l'Irlande a son office du tourisme en un seul film.
Un film pareil ne se raconte pas [Le fameux, "Pitch" à la con], il doit se vivre, se voir, se digérer ! Les images de l'Irlande, les "Top" images, une vraie pépite de cinéma. L'histoire est des plus folle et les acteurs... !
Martin McDonagh, auteur de l’horripilant « 3 Billboards » (faux film-classique sous-frères Coen avec Frances McDormand pour la caution) est souvent applaudi pour des films qui se cherchent une originalité qu’ils n’ont pas. Avec « Les Banshees d’Inisherin », on pourrait facilement dire la même chose (et ça ne serait pas complètement faux) quoiqu’y subsistent tout de même quelques belles choses ; mais c’est typiquement le genre de film qui fait impression en sortant de la salle, et qui s’évapore la nuit passée.
Il y a dans cette fable de la cruauté tous les ingrédients d’un cinéma-vanité délectable : les côtes du Connemara servent de décorum naturel intriguant dans un contexte narré hors-champ (la guerre civile éclate dans un lointain au fusain), le contre-emploi de Colin Farrell en benêt au bon cœur ramène le délice de l’idiot au premier plan (et pour le spectateur d’être naturellement du côté des bêtes), une musique finement existentielle et un humour macabre, tout cela pour conter la faussement drôle histoire de deux copains comme cochons qui, un beau matin, ne le seront plus jamais car l’un a décrété « qu’il n’en a plus envie ». Drôle d’histoire, proche du conte local, sur la corde entre la comédie funèbre et le drame de personnages en quête de sens…
Mais qu’est-ce donc qui fait que ce film tout à fait vif d’esprit, ne demeure qu’une brume peu de temps après ? McDonagh touche certes du doigt une certaine originalité longtemps enviée, ses comédiens sont tous de grand talent, mais il y a cette forme scolaire, ce manque d’inventivité de cinéma à proprement parler - qui ne serait chez lui que quelques plans de panorama irlandais au couchant et d’incongrus mouvements d’appareil. Le programme est suivi à la lettre, le compte à rebours amorcé par le découpage des doigts et l’omniprésence des animaux. L’idiot du village et la vieille bougresse qui ressemble à une sorcière sont aussi de la partie : figures fantômatiques, tristes témoins de l’orgueil et de la folie des hommes - jouer du violon avec des doigts coupés tenant lieu de vision ultime.
Mais quand le soleil se couche une dernière fois, il y a ce sentiment de fausse profondeur, de fausse énigme, un goût de cinéma habilement confectionné mais dont on verrait les dessous et les coutures de studio; le col monté et le couvre-chef un peu strict, un brin ennuyeux, vaguement drôle, vaguement triste : donc franchement vague.
Film que j'ai trouvé excellent. L'atmosphère que dégage les paysages, les maisons, le pub irlandais est prenante. L'action se déroule dans une île dans l'île, à savoir une petite île voisine de l'Irlande, en 1923, au cours de la guerre civile, qu'on n'entre-aperçoit de loin en loin comme une menace latente mais lointaine. Colin Farrel joue très bien son personnage naïf voire un peu benêt. Evidemment la solitude, dans un paysage aussi dégagé et sur une terre aussi reculée, est un des thèmes principaux du film. Les dialogues sont excellents, les acteurs jouent bien, mention spéciale à "l'idiot du village" qui compose un personnage extrêmement touchant. L'histoire d'une amitié dramatique entre un quadragénaire et un homme encore nettement plus âgé. Film au rythme lent mais sans temps mort, sans ennui, avec une belle photographie, un scenario improbable et réaliste à la fois.
Je n'ai pas été convaincu, ni par le scénario, ni par le jeu de Colin Farrell. Y a t'il dans cette cruauté qui s'installe entre les deux amis une métaphore de la guerre fratricide qui a ensanglanté l'Irlande ? Je me suis posé la question... Mais quoiqu'il en soit, le résultat est un film étrange, mais dans lequel je ne suis pas entré. Restent les superbes images de l'Irlande, toujours aussi belle.
"Une fable drôle, émouvante et cruelle" dixit Télérama sur l'affiche. J'aurais dû me méfier ! Il n'y a rien de drôle dans ce film, si ce n'est deux lignes de dialogues vaguement humoristiques. Pour l'émotion, à part la mort d'un âne spoiler: par ingestion de...doigts (beurk), que dalle... Pour la cruauté non plus, à moins de considérer l'auto-mutilation comme de la cruauté. J'appellerais plutôt ça de l'aliénation mentale. Même si les acteurs jouent bien, même si c'est bien filmé et même si la musique est belle, c'est avant toute chose un film glauque, ennuyeux et déprimant.
Ce dernier film Irlandais est une pure merveille tant par l'esthétique de l'image et de la Bande son que par le sujet lui même. Seules deux femmes dans cette île , une belle jeune femme et une vielle sorcière, un pub ,seul lieu de rencontre. Une relation complexe entre deux hommes est en train d'exploser, une relation amoureuse homosexuelle inconsciente , impossible à exprimer dans ce huis clos. Ça passera par la castration qui soulagera le plus âgé des deux pour survivre à la conjugaison et la pérennité de ce couple. Film à écouter , à voir et réfléchir
Je dois avouer que la bande annonce ne m'avait pas franchement inspirée et j'ai bien fait de me fier à toutes les avis très positifs sur ce film ! J'ai été très touchée par ces personnages. L'histoire nous emporte et l'on participe à cette vie insulaire, on s'attache aux personnages, on s'émeut... j'ai également beaucoup apprécié les dialogues et les pointes d'humour à l'anglaise (un peu caustique et surréaliste ). Voir ce film en VOST était grandement appréciable pour se laisser embarquer dans l'ambiance de ce village irlandais. Les acteurs sont formidables... Bref, une très très bonne surprise !
Tout commence très bien. Le postulat de départ du scénario est original et titillant : une rupture amicale unilatérale, aux conséquences à la fois drôles, pathétiques et vaguement inquiétantes. La suite va se déployer dans ce registre tragi-comique, tout en ruptures de ton. Où vont se côtoyer cruauté et tendresse, jusqu’à ce que plusieurs coups de folie fassent basculer le film dans l’absurde, bien noir. Il est question de vide existentiel et de solitude. Et d’incommunicabilité autour de deux philosophies de vie qui s’opposent radicalement (la vie, c’est boire une bonne bière dans un pub avec un bon copain, pour le personnage de Pádraic ; la vie, c’est essayer de laisser une trace dans ce monde, par la création musicale, pour le personnage de Colm). Il est aussi question de mutilation et de vengeance sur le versant le plus déroutant de l’histoire. Porté par de bons acteurs et une belle photo, le film est réjouissant jusqu’à ce qu’il se mette à tourner un peu en boucle. Ça mouline en laissant au final une impression assez vaine. L’ensemble n’est pas exempt de faille logique dans le déroulé narratif et n’est pas toujours limpide dans ses tenants et aboutissants. L’affrontement entre les deux anciens amis est-il une métaphore de la guerre civile qui ravage l’Irlande à la même époque (le début des années 1920) ? Comment comprendre les derniers dialogues ?
Un scénario simpliste magnifiquement développé et interprété. Des images et des cadrages léchés. L'amitié, la solitude, La bétise, la naïveté sont les thèmes de ce film qui ne vous laisse pas indifférent.
Film magnifique dans un décor de rêve et verdoyant. Certes le sujet est délicat puisqu'il traite de la dépression, de l'isolement de ces populations qui bénéficient d'un paysage sublime mais qui doivent se retrancher derrière des querelles futiles qui peuvent terriblement gêner leur vie quotidienne. Une lueur d'espoir avec le départ de la sœur du personnage principal. Pour moi c'est le meilleur film de l'année 2022.