La Disparition de Josef Mengele
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Hélène E.
Hélène E.

5 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 mai 2025
Magnifique photographie comme toujours avec ce réalisateur, pour un film très soigné très bien interprété
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 janvier 2026
Tout commence à São Paulo où les restes de Josef Mengele sont utilisés pour enseigner à des étudiants en médecine surpris de voir son squelette dans leur pays. Une introduction avant de revenir sur sa longue cavale en Amérique du Sud avec la complicité des gouvernements locaux après la défaite de l'Allemagne. "Das Verschwinden des Josef Mengele" bascule entre deux périodes avec un Mengele fugitif et paranoïaque, et quelques années plus tard, un Mengele proche de la fin qui est questionné par son fils. Si sa nouvelle vie n'est pas très intéressante, le contexte l'est. On ne le quitte jamais des yeux, mais il est question de sa traque ratée, de ses crimes odieux à travers une longue séquence très graphique, ou encore de la perte d'influence des nazis qui le réduit à un simple vieillard sénile. Le problème est que tout ceci est raconté de façon décousue et sans grande substance. Les bons moments se font trop rares tandis que les personnages ne dégagent pas grand-chose à part, évidemment, Mengele qui est montré comme un homme amer qui s'accroche à un monde disparu. August Diehl est bon dans ce rôle, mais il est bien trop seul. Finalement, c'est un film moyen, plat et trop superficiel.
Jean-Thomas R
Jean-Thomas R

23 abonnés 19 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 novembre 2025
Le film démarre presque trop bien : un noir et blanc élégant, de grands plans larges, une richesse sonore ambitieuse… On se dit qu’on tient là quelque chose. Puis, très vite, tout se fige dans la pose. La mise en scène devient maniérée, démonstrative, presque narcissique. On ne parvient jamais à s’attacher au personnage — et pourtant, même un monstre peut être raconté sans être excusé. Ici, il reste une silhouette froide, antipathique d’emblée, mais surtout vide. La bande-son finit par saturer, physiquement. On en sort avec l’impression de s’être infligé 2h30 de tension sonore continue, sans contrepoint, sans respiration. Certes, le malaise est assumé — mais il devient gratuit. Au point où le mal absolu que fut le personnage semble étrangement banalisé, noyé sous les effets de style. Là où Roma d’Alfonso Cuarón ou La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer réussissent à inscrire l’intime dans l’Histoire, ici la forme écrase tout. Et quand on touche à l’Holocauste, la disproportion entre sujet et dispositif devien
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 octobre 2025
Kirill Serebrennikov ouvre La Disparition de Josef Mengele comme un film noir : imper sombre, clair-obscur, notes de jazz feutrées. Le noir et blanc installe d’emblée une ambiance troublante car presque élégante, à la frontière du polar et du cauchemar. Puis le film glisse vers autre chose, un drame mental, paranoïaque, où le temps se brouille et où le docteur d’Auschwitz devient, peu à peu, l’ombre de lui-même.


Ce qui intéresse le cinéaste, ce n’est pas tant la monstruosité que le contraste : le Mengele sûr de lui, froid et méthodique, puis le vieillard traqué, enfermé dans sa solitude et ses hallucinations. Jamais il ne regrette, il a, selon lui, servi l'Allemagne puis la science, il a "fait ce qu'il fallait", sans remord, au contraire. Serebrennikov ne cherche pas à le réhabiliter, ni à le juger frontalement, il filme la lente extinction d’un homme qui n’a jamais pris conscience de ses crimes.


Le rapport au fils devient alors central, l'un des fils conducteurs. Le père, déifié, incompris, refuse d’admettre le rejet de sa propre descendance. C’est à travers ce lien brisé que le cinéaste laisse percer, brièvement, une émotion presque humaine, la seule faiblesse d’un être qui n’en avait plus. C'est à ce moment là que le film est le plus intéressant, un monstre qui n'a pas montré d'empathie peut avoir de sincères émotions.


Autour de lui, les anciens camarades nazis, les réseaux de fuite en Amérique du Sud, les compromissions : Serebrennikov suggère plus qu’il ne montre. Parfois, on sent qu’il retient sa mise en scène, que certaines séquences (notamment celles de la cavale) manquent d’ampleur, comme s’il était assommé par le sujet. Dans ce sens, la partie centrale, plus pesante, rappelle The Zone of Interest par sa froideur clinique et sa tension sourde.


Serebrennikov filme la chute avec distance. Il filme le corps qui vieillit, le cerveau qui se perd. Il ne moralise pas vraiment, sauf la dernière partie, où les hallucinations sur d'anciennes victimes, alourdissent plus qu'autre chose. La conclusion s’impose pourtant d’elle-même : la mort solitaire d’un être vidé, puni par la lente agonie de sa propre conscience absente.


La Disparition de Josef Mengele met en scène un monstre ordinaire, un homme qui a brisé les frontières entre devoir et barbarie, obéissance et vide moral. Vertigineux, parfois frustrant, toujours fascinant.


Il faudrait maintenant pousser le concept jusqu’à explorer les nazis “réhabilités” par les Alliés, il y aurait, là aussi, beaucoup de choses à dire et d'angles possibles.
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 octobre 2025
Ce type de biopic (très partiel car il n’y a pratiquement que la période de fuite et de clandestinité), drame (ça le serait à moins car il s’agit en filigrane des heures les plus sombres de l’Histoire contemporaine) et historique (bien qu’il s’agisse d’un malfaisant dont l’Histoire aurait préféré oublier le nom, mais impossible) a une valeur quasi-documentaire. Sauf que pas mal de choses sur l’itinéraire, le cheminement criminel et le contexte sont zappés. Je ne saurais dire si c’était déjà le cas dans le roman éponyme (Prix Renaudot, 2017). Il semblerait que oui car la critique littéraire regrettait déjà que parfois l'écrivain n'ait pas jugé bon, face à certaines zones d'ombres, d'indiquer les angles morts de l'histoire qu'il raconte. Au détour des dialogues, lorsque le fils du criminel de guerre demande quelques explications sur le rôle et la conscience de son père, c’est malaisant. « J’ai fait mon devoir. J’ai obéi aux ordres. J’ai sauvé des gens (sic) » (en triant ceux qui étaient aptes au travail et les autres). D’autres médecins – des noms que l’Histoire n’a pas retenu, tant mieux peut-être finalement – sont égrenés, façon pour le personnage de souligner qu’il n’était pas le seul, qu’il n’était (de son point de vue) pas le pire. « Nous avons fait avancer la recherche médicale allemande » (cancer). Le propos du film n’est certes pas de justifier l’injustifiable mais, brut de décoffrage pour un public qui serait insuffisamment averti, il y a matière à un certain trouble.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 567 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2025
Ai vu « La disparition de Josef Mengele » de Kirill Serebrennikov d’après le roman de Olivier Guez, présenté au Festival de Cannes 2025. Serebrennikov est également metteur en scène de théâtre et d’opéra et je connais son travail car j’aime son oeil avisé, son attachement aux cadres très affutés, son esthétisme exigeant où tout à une raison d’être dans l’image. Parfois c’est loupé (« Limonov », « La femme de Tchaikovski ») et d’autres fois c’est sublime (« Le disciple », « Leto »). Ce dernier opus fait partie de la deuxième catégorie. Sujet sulfureux, dérangeant, le réalisateur russe n’en signe pas moins une oeuvre exigeante et brillante. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Josef Mengele, le médecin nazi qui a sévit et torturé au camps d’extermination d’Auschwitz, des milliers de juifs, fuit l’Allemagne pour se cacher sous de fausses identités en Argentine, au Brésil puis au Paraguay afin d’échapper à ses responsabilités et à toutes chances d’être jugé. Film en noir et blanc extrêmement contrastés, au montage acéré passant d’une époque à l’autre avec brio, à la musique passionnante (Ilya Demutsky), et à l’interprétation stupéfiante d’August Diehl. Je dois avouer aussi que j’ai appris beaucoup de choses notamment la grande tolérance des autorités locales et le regroupement des nazis en une société vivant au grand jour leur soif de vengeance et leur absence totale de remord. En son milieu le film passe en format Super 8 et se pare de couleurs agressives où le rouge sang et le jaune dominent, juste pour quelques minutes, afin d’illustrer de façon frontale la nostalgie qu’à cet homme ignoble pour « ses heures de gloire ». La caméra n’a aucune compassion pour ce personnage répugnant, hystérique, colérique, impulsif qui se délite peu à peu dans sa monstruosité. Le travail d’August Diehl est impressionnant de puissance, de justesse et il n’a pas du être facile de sortir de ce rôle qui ne provoque que répulsion. Bien évidemment le projet de Serebrennikov est aussi de faire un parallèle avec notre époque où certains monstres pourraient bien reparaitre. Une oeuvre qui heurte de plein fouet, divise, bouscule mais fait réfléchir, frémir. C’est indéniablement une grande oeuvre cinématographique.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 285 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2026
Deuxième biopic d’affilée par le réalisateur russe le plus intrigant et le plus prolixe, Serebrennikov
Et le plus en vue à Cannes
Après Limonov, il s’intéresse à Mengele. Deux formes différentes de la monstruosité, en quelque sorte. Et dans les deux cas, une mise en scène brillante , ou tout est maîtrisé : cadre, lumière, plans séquence, décors, interprétation.
Au delà de la forme, qu’en retenir ? Une forme de courage, ou de provocation du réalisateur qui se place délibérément aux antipodes du hors champ de La zone d’intérêt, se permettant en une séquence centrale de montrer l’horreur de manière très crue. Et pour ceux qui osent s’affranchir d’un jugement critique purement moral, force est de reconnaître que cela n’est ni gratuit ni voyeurisme. Juste une vision de l’horreur …
C’est un film qui, malgré son esthétisme parfois trop suffocant, ne cherche pas forcément à plaire, mais que je conseille pour son interprète, formidable à tous les âges : August Dielh.
Delphine Solange
Delphine Solange

15 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
Très grand film à tous niveaux. Même celui d'avoir décidé, contre toute la bien-pensance en cours de montrer l'immontrable. Un choix de cinéma courageux et tellement nécessaire à notre époque en train de perdre la mémoire. Ne pas écouter les critiques qui tentent avec ce film de dénier à Kirill Serebrennikov le statut de grand réalisateur d'aujourd'hui.
amafu
amafu

10 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 octobre 2025
Josef Mengele, de sinistre mémoire, est l'un des criminels nazis qui a réussi à échapper aux autorités israéliennes et allemandes et qui n'a jamais été jugé. C'est sa vie après guerre, entre Brésil, Argentine et Paraguay, avec quelques retours en Allemagne ,qui est racontée, selon le roman d'Olivier Guez (que je n'ai pas lu, et dont je suppose qu'il lui est fidèle). Sur la forme du film, le va et vient entre plusieurs époques peut gêner, même si on s'y retrouve . Et pourquoi certaines séquences sont-elles en couleur (scènes de déportations, et vie à l'intérieur du camp, "expériences" médicales, etc, qui sont plutôt pénibles à voir), alors que le film est en noir et blanc ?J'ai ressenti un peu de malaise, là. Et le film est beaucoup trop long, une demi heure de moins n'aurait pas nui...Sur le fond, ça a un intérêt historique incontestable. Et je me suis également demandé si tous ces criminels nazis (pas seulement Mengele) n'avaient jamais éprouvé l'ombre d'un remords pour leurs crimes, mais il semble bien que non tellement ils sont encore dans leur délire de "Grand Reich" et de "race aryenne". Ca laisse perplexe.....
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 22 octobre 2025
Josef Mengele est l’un des médecins nazis responsable à Auschwitz. À la fin de la guerre, il parvient à s’enfuir en Amérique latine pour échapper à la justice. Le film raconte (c’est assez décousu) la cavale d’un monstre, qui ne se remet jamais en question, enfermé dans ses certitudes abjectes. Ce qui manque à ce film, c’est une colonne vertébrale. Et aussi la folie de Kirill Serebrennikov en terme de réalisation. Désormais, on assiste à un film assez convenu et ennuyeux que n’importe quel réalisateur hollywoodien aurait pu réaliser et c’est fort dommage.
Jc_miky
Jc_miky

1 abonné 1 critique Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 octobre 2025
super film vue au festival du nouveau cinema à montréal. Les jeux d’acteur sont incroyables et les faits historiques sont bien présenté 10/10
Fabien D
Fabien D

216 abonnés 1 270 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 novembre 2025
La disparition de Josef Mengele est un grand film malade, le portrait crépusculaire d'un médecin nazi ayant réussi à fuir à l'étranger. Habité par son interprète principal, le film fasciné autant qu'il dérange laissant les couleurs aux scènes se déroulant dans les camps de la mort alors que la vie de Mengele est filmé en noir et blanc. Portrait d'un monstre si normal, le film évoque me récent La Zone d'intérêt mais préfère le récit d'espionnage au formalisme abstrait. Traqué Mengele réussira pourtant à traverser les frontières. Ce film n'est pas dépourvu de suspense et s'avère assez captivant une fois que les enjeux aient été présentés. Un film à voir et qui restera.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 mars 2026
Figure emblématique des crimes contre l'Humanité commis par le 3ème Reich, Josef Mengele est malheureusement également célèbre pour avoir échappé à toute forme de procès jusqu'à sa mort. Kirill Serebrennikov revient sur cette cavale qui s'est étalée sur plusieurs décennies.
Le film dresse un portrait très humain de ce véritable monstre. Qui n'a visiblement éprouvé aucun remord d'avoir choisi et envoyé à l'extermination des milliers de déportés, et d'avoir mené de funestes expériences à Auschwitz. Mais c'est justement ce qui est intéressant ici, d'essayer de comprendre l'état d'esprit d'un tel homme, convaincu jusqu'au bout des ongles des idéologies nazies.
Et puis il faut avouer qu'il y a quelque chose de réjouissant à voir que les trente dernières années de sa vie n'ont guère été faciles pour lui. Mengele est présenté comme nostalgique et amer du régime nazi. Isolé de sa famille, avec de moins en moins de moyen. Rapidement insupportable pour les membres de son association d'anciens nazis. Complètement paranoïaque à l'idée de se faire capturer et jugé, comme le fut Eichmann. Et très diminué sur la fin.
August Diehl convient très bien à ce rôle, son air taciturne et son visage dur fonctionnant bien pour incarner un criminel de guerre nazi.
Le tout pour un portrait sombre... mais en doutait-on au vu du personnage ? C'est filmé dans un noir & blanc de toute beauté, insistant sur la noirceur de cet homme. Avec quelques petits effets de styles, dont des plans séquences parfois percutant. Il y a également une séquence en couleur qui prend aux tripes (facile de deviner ce dont il s'agit avec un sujet pareil !).
En revanche, Kirill Serebrennikov a tendance à s'étendre sur des passages pas forcément indispensable, aussi le film aurait pu être un peu raccourci. De même, la construction en allers-retours dans le temps (entre les années 50/60 et la fin des années 70) parait inutilement alambiquée. Un montage plus linéaire aurait pu fonctionner également et fluidifier le récit.
Yetcha

1 081 abonnés 4 735 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 novembre 2025
Un personnage historique majeur dans l'atrocité de la Shoah. Mengele est ici abordé sous un jour particulièrement risqué. Le choix du noir et blanc renforce la puissance du message avec les seuls passages en couleurs qui sont des flashbacks de la période de la guerre. Ceci mettant en évidence que Mengele considère cette période comme la meilleure de sa vie. Le fillm met en avant sa fuite permanente, sa fusion avec des gens qu'ils mérpisent et considère comme des sous-hommes. C'est très dérangeant mais très fort. Un film à voir sans hésitation.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 janvier 2026
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Kirill Serebrennikov choisit de ne pas filmer l’horreur des camps, mais l’après : la fuite, l’effacement, la survie presque banale d’un des pires criminels nazis. Le film le suit de l’Europe à l’Amérique du Sud, dans une errance faite de cachettes, de faux noms et de paranoïa permanente. Serebrennikov s’intéresse moins à la cavale en tant que thriller qu’à l’état mental d’un homme hanté, ou non, par ses crimes. La question du remords plane constamment, sans jamais trouver de réponse claire, ce qui constitue à la fois la force et la limite du film.
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