La Disparition de Josef Mengele
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traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2025
Retrouvera-t-on un jour le Kirill Serebrennikov emballant de Leto ou même du Disciple ? Peu probable, car avec cette trilogie de quasi-biopics : de La femme de Tchaïkovski à Limonov, jusqu'à Mengele, ne s'éloignerait-il pas de plus en plus de la Russie, à l'instar d'un Zviaguintsev, figure encore plus majeure et dont on attend impatiemment un prochain film ? Pour en revenir à son dernier sujet, ce récit en forme de puzzle répond en partie à la question de savoir si le médecin d'Auschwitz était un monstre ou un zélé serviteur des forces du mal. Les deux, à l'évidence, même si Mengele n'aurait adhéré qu'à la deuxième proposition. Serebrennikov filme les tribulations de son personnage principal d'une manière qui peut sembler chaotique, mais qui s'attache, en définitive, à la déchéance de cet ignoble type, ce qui ne fait tout de même pas oublier qu'il a pu échapper à la justice des hommes. Qu'il ait vécu de longues années dans la peur de devoir rendre des comptes ne console en rien de son impunité et de son absence totale de remords. Dans cette évaporation lente du héros, dans un noir et blanc presque trop esthétique, spoiler: les quelques séquences en couleurs, qui rappellent qui était ce boucher, suscitent un vrai malaise et une interrogation. N'était-ce pas plus judicieux de laisser l'horreur hors-champ ? On rétorquera que montrer c'est aussi apprendre à ceux qui ignorent ou qui n'ont qu'une vague idée des atrocités commises dans les camps. Peut-être, mais peut-être pas, finalement.
capirex
capirex

186 abonnés 791 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 septembre 2025
Adaptation du Roman éponyme d’Olivier Guez , prix Renaudot 2017 , que je n'ai pas lu , par le Cinéaste Russe Kirill Serebrennikov c'est là un film très intéressant où le réalisateur orchestre une vertigineuse entreprise de déréalisation puisqu'il il dissout, évapore, désincarne Mengele qui n’est plus un Homme, mais une ombre fuyante, un spectre idéologique . En effet après avoir été le bourreau d’Auschwitz ,baptisé « L’Ange de la Mort » , nous découvrons un Mengele puni par la vie, figure du Mal qui refuse de mourir ! Chapeau à August Diehl qui a osé incarné ce Personnage avec par ailleurs une intensité incroyable !
Shawn777

805 abonnés 3 934 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 octobre 2025
Réalisé par Kirill Serebrennikov et présenté à Cannes cette année, nous suivons ici la cavale de Josef Mengele, surnommé l'Ange de la mort pour ses expériences cruelles au camp d'Auschwitz. Sujet plutôt compliqué donc mais également passionnant puisque si de nombreux films s'intéressent à la Seconde Guerre, peu d'entre eux se penche sur la cavale de nazis en Amérique du Sud ou encore ceux récupérés par les Américains, opération nommée Paperclip. Bref, Mengele aura de nombreux pseudonymes au cours de sa cavale qui se terminera par une mort paisible en 1979 à São Paulo. Raison pour laquelle la durée du film est relativement longue d'ailleurs et, fort heureusement, il ne tombe pas dans l’écueil du "faux documentaire", comme avait pu l'être par exemple "La Fabrique du mensonge", également sorti cette année. Ici, le réalisateur exprime une réelle volonté de faire du cinéma, nous avons ainsi des plans très intéressants qui parlent d'eux mêmes, comme lorsque les domestiques nettoient la table derrière la famille de Mengele. De même, nous avons tout un jeu autour du noir et blanc et de la couleur qui n'est pas juste là pour "faire joli", le noir et blanc pouvant symboliser les heures sombres (la fuite, la chute du nazisme) tandis que la couleur les heures de gloire (les scènes "nostalgiques" au camp). Parce-que oui, autre point important, tout est du point de vue de l'antagoniste. Ce qui est très perturbant d'ailleurs et place le spectateur dans un inconfort constant. On a ainsi le portrait d'un homme froid n'exprimant aucun regret, justifiant même ses actes auprès de son fils (encore une fois, ce sont des scènes très intéressantes) et espérant même une renaissance du Troisième Reich en Argentine. On pourra cependant lui donner raison sur un point, c'est qu'il était effectivement loin d'être le seul médecin pratiquant des expériences abjectes sur les juifs. Il incarne une sorte de "symbole" du médecin nazi et était effectivement cruel, c'est indéniable, mais nombreux d'entre eux n'ont jamais eu de procès non plus, comme Carl Clauberg ou Eduard Wirths et d'ailleurs sur la vingtaine de médecins de ce type, une dizaine furent acquittés, d'autres ont fuient et bien-sûr, certains furent tout de même condamnés mais c'est important que le film mette le doigt dessus. Bref, "La Disparition de Josef Mengele" est déroutant de par la manière d'aborder son sujet car on entretient alors soudainement une proximité avec Mengele mais cela permet en même temps de mieux cerner ce personnage que de simplement rester en retrait comme dans un documentaire ou un simple film de reconstitution.
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2025
Votre tragédie, monsieur Serebrennikov qu'on ne connaît pas, mérite une ovation. On en sort éberlué. D'abord, la musique nous hypnotise pendant plus de deux heures. Ensuite, le montage nous égare autant que le personnage Mengele l'est avec lui-même (des spectateurs prendront ça pour un défaut du film) : suivre les flashbacks et les hallucinations est un véritable cauchemar. On assiste à une véritable psychanalyse. Le personnage n'est d'ailleurs pas tant Mengele que le nazi en général (au lieu de s'intituler "la disparition de Josef Mengele", le film aurait pu s'intituler "le procès d'un nazi pur jus"). Dans ce contexte, ceux qui croisent Mengele au cours de ses pérégrinations (et qui nous représentent en quelque sorte) font figure de niais en voulant comprendre les méandres cérébraux des ingénieurs eugénistes du 3ème Reich, des entreprises qui en profitaient, et peut-être bien de certaines hystéries contemporaines - ambition du film ?

On pensait voir un documentaire et l'on a vu autre chose, un film d'auteur en tout cas, comme on dit. Il y a des choix de réalisation qui méritent d'être vus (mais pas d'être dévoilés ici), car ils sont des projections du personnage Mengele (habité, colérique), des choix de réalisation parfois perturbants mais révélateurs de l'état mental de ce personnage. spoiler: Par exemple, c'est un film en noir et blanc qui pourrait être en couleur, mais un unique passage l'est (en couleur), et nous scotche : celui qui montre le camp d'Auschwitz - horreurs ensoleillées de souvenirs SS !
norman06

425 abonnés 1 822 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2025
Impressionnant et audacieux, ce biopic pas comme les autres brise des tabous filmiques et propose une narration captivante.
Laurette S
Laurette S

33 abonnés 156 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2025
Il est normal qu'un tel film divise l'opinion. Mais comme il n'y a aucune ambiguïté sur le fait que le personnage est une ordure qui ne suscite aucune empathie mais une profonde répulsion, je trouve que le cinéaste atteint son but. Et surtout de nos jours où le fascisme refait surface. On se réjouit plutôt que des êtres aussi abjects finissent leur vie comme des rats traqués.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2025
Le brillant réalisateur russe Kirill Serebrennikov offre ici une oeuvre remarquable. Il utilise quasiment durant tout le film le noir et blanc avec la maestria contrastée et esthétique d’une Leni Riefenstahl pour, à mon avis, montrer l’ampleur de l’angoisse lancinante permanente et sans cesse grandissante pendant sa fuite à l’autre bout du monde du terrible médecin criminel du camp d’Auschwitz.
Ce médecin nazi de « bonne » famille bourgeoise, fortunée et terriblement antisemite aura été le « médecin » criminel du régime nazi le plus recherché par toutes les polices du monde pour avoir pratiqué d’innombrables et terribles « expériences » médicales. Les actes effectués pour la plupart in vivo sans anesthésie, parmi les plus cruels et les plus odieux qui aient jamais été pratiqués ne sont ici et heureusement que brièvement montrés. Tout le film s’articule surtout sur sa fuite angoissée et interminable avec sa garde rapprochée depuis la fin de la guerre jusqu’à sa mort en 1979 au Brésil.
Le cynisme est poussé au paroxysme quand le réalisateur utilise la couleur en trois assez brefs moments particulièrement intenses, brutaux et paradoxaux : d’abord celui précisément pendant lequel ces expériences innommables sont effectuées à Auschwitz avec ses collègues médecins hilares, puis celui où il fait sauvagement l’amour à sa première femme dont la peau est d’une blancheur assez saisissante. Enfin celui où il rêve de sa propre mort au bord d’une plage…
Le film est très dur, mais saisissant.
zarathou
zarathou

85 abonnés 46 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 15 octobre 2025
La disparition de Josef Mengele est l'anti Zone of Interest. C'est-à-dire que le réalisateur ne s'interdit pas grand chose et traite son sujet sans tabous, usant notamment des artifices du film de genre (très beau plan séquence lors d'une fuite à Buenos Aires ainsi qu'un rêve superbe au Brésil). Cela rend le film moins ennuyeux mais il va beaucoup trop loin et touche à l'indécence en nous montrant spoiler: les camps de concentration à la manière d'un camp d'exploration scientifique entre amis
sous le point de vue d'un spoiler: film de vacances
nazi.

C'est dommage car le reste du métrage n'est pas sans intérêt bien qu'il eût fallut couper au moins 20 min pour gagner en rythme. Les scènes d'aigreur et de ressassement politique nazi ont leur importance pour que le spectateur comprenne à quel point ces personnages en fuite sont restés dans la réalité ignoble du IIIè Reich. mais elles finissent par devenir rébarbatives, notamment lorsqu'elles ont lieu avec le fils (les plus faibles de tout le film).

On aurait aimé un peu plus de réalités latino-américaines qui s'entremêlent avec le quotidien du médecin nazi. La séquence finale nous console malgré tout.
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2025
On constate deux paramètres importants, d'abord qu'il existe de nombreuses périodes méconnues ce qui expliquent les ellipses ou les résumés, le film reste donc focalisé sur les périodes les plus connues historiquement parlant ce qui est un très bon point, puis il y a le chapitrage qui insinue que Josef Mengele avait constamment des faux papiers et des alias ce qui est par contre faux, le film arase donc la problématique inouïe que justement, Mengele utilisait la plupart du temps son véritable nom et qu'il était presque toujours constamment connu des autorités locales. Si le scénario s'attache à reconstituer sa fuite et son quotidien de façon aussi réaliste et crédible, on apprécie aussi et surtout ce qui entoure le réseau d'entraide nazi, la partie authentique et logique du film est passionnante. Ensuite il y la côté plus subjectif, la dimension psychologique de Mengele qui se partage entre ce qu'on sait, puis ce qu'on ne peut que deviner ou imaginer ce que Serebrennikov n'hésite pas à faire mais de façon inégale, parfois trop laborieuse ou redondante. Le film est donc inégal, mais historiquement le film reste d'une valeur certaine, avec un choix de mise en scène qui permet un parallèle qui se confond entre le monstre et l'homme. A voir.
Site : Selenie
Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 novembre 2025
Josef Mengele est tristement célèbre pour les crimes qu’il a commis à Auschwitz où ce médecin, obsédé par la gémellité, a pratiqué des expérimentations sur des prisonniers. Après la Seconde Guerre mondiale, il s’est réfugié en Amérique latine et s’y est caché jusqu’à sa mort en 1979. Le romancier strasbourgeois Olivier Guez a consacré un livre soigneusement documenté à sa longue cavale, couronné par le prix Renaudot en 2017.

Réalisateur russe exilé en Allemagne, Kirill Serebrennikov s’est emparé de ce roman pour évoquer à sa façon cette figure monstrueuse du XXe siècle. On y trouve les traits caractéristiques du réalisateur de "Leto", de "La Fièvre de Petrov", de "La Femme de Tchaïkovski" et de "Limonov" : l’usage très stylisé du noir et blanc – que viendra interrompre une seule scène en couleurs sur laquelle nous reviendrons – des plans-séquences d’une maîtrise époustouflante – tel celui d’un mariage organisé parmi la fine fleur de la diaspora nazie de Buenos Aires – une mise en scène enfiévrée….

Présenté à Cannes Première, une sélection parallèle créée en 2021, La Disparition de Josef Mengele a divisé la critique avant de décourager le public qui l’a boudé. Certains ont salué le souffle du réalisateur et le talent de son acteur principal, August Diehl (Une vie cachée), qui relève le défi d’interpréter Mengele à tous les âges de sa vie sans sombrer dans la caricature. J’aurais scrupule à ne pas leur donner raison. Mais d’autres s’interrogent sur le sens de ce biopic répétitif qui montre un homme habité par ses démons, encroûté dans ses certitudes que rien, pas même la visite de son fils et les questions légitimes que celui-ci lui pose, ne vient ébranler.

Le débat se focalise sur cette fameuse séquence en couleurs située au mitan du film. Il s’agit, nous dit-on, d’images tournées à Auschwitz par un officier SS avec sa caméra amateur. On y voit Mengele et ses collaborateurs procéder au tri des prisonniers à l’arrivée des convois de déportation, envoyant les plus fragiles à la chambre à gaz, en prélevant d’autres pour d’horribles expérimentations dont ils ne sortiront pas vivants. On le voit également opérer au bloc. La scène est ponctuée par un concert donné par un orchestre de nabots difformes. Elle crée, à dessein, le malaise. Exhibitionnisme malsain ? ou souci de montrer l’immontrable ?
Direct-actu.fr
Direct-actu.fr

371 abonnés 475 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 18 octobre 2025
Kirill Serebrennikov signe avec *La Disparition de Josef Mengele* un film d’une intensité rare, où la mise en scène traduit la dissonance entre beauté et barbarie. August Diehl incarne un Mengele glaçant, fugitif hanté par ses crimes, dans un récit qui confronte la logique perverse du nazisme à la fragilité de la conscience humaine. Le noir et blanc, traversé d’éclats de couleur liés aux souvenirs du camp, illustre la mémoire inversée d’un homme qui associe bonheur et atrocité. Serebrennikov filme la banalité du mal au sens d’Hannah Arendt : la capacité à compartimenter, à rationaliser l’horreur. Dans cette esthétique glacée, chaque cri, chaque silence devient un miroir de l’Europe d’après-guerre, où la culture et le raffinement coexistent avec la cruauté absolue. Une œuvre dérangeante, nécessaire, qui ne cherche pas la compassion, mais la lucidité.
Chris58640
Chris58640

259 abonnés 830 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 novembre 2025
Adaptation allemande du très intéressant roman d’Olivier Guez « La Disparition de Josef Mengele », le film de Kirill Serebrinnikov est un (très) long métrage sur lequel il a y à la fois beaucoup à dire, et sur lequel on a dans le même temps bien du mal à se faire une impression. Sur la forme d’abord, la première chose est que le film est interminable. 2h16 de Josef Mengele, c’est long ! Le film n’en finit pas, comme la misérable existence de ce sale bonhomme n’en finit pas non plus. Les scènes s’étirent, certaines sont étrangement longues (une table que l’on débarrasse après un diner, une ballade avec les chiens en forêts…) et on se demande quand même bien ce qu’elles peuvent apporter au propos. Kirill Serebrinnikov fait le choix du noir et blanc. Pourquoi ? Pour appuyer la lourdeur de son propos ? Pour bien montrer combien l’existence de Mengele en Amérique du Sud est une déchéance ? Part souci de rigueur et de pudeur ? Je ne sais pas mais après tout pourquoi pas. Au milieu du film la couleur apparait soudain, éclatante, rayonnante, quand il s’agit de montrer le bonheur d’un jeune couple pendant la Guerre, et surtout les camps. La couleur pour l’innommable, le noir et blanc pour la fuite pathétique d’un misérable nazi, la couleur pour l’Allemagne nazie, le noir et blanc pour l’Amérique du Sud multiculturelle écrasée de soleil : le contraste prends à la gorge. Les scènes filmées à Auschwitz (le tri à la sortie des wagons, les expériences scientifiques, les exécutions) sont irregardables. Je ne sais pas s’il s’agit de vrais films d’époque ou de reconstitution mais je ne veux pas le savoir, c’est in-sou-te-nable. Même en sachant toute l’horreur de son travail même en ayant lu, vu, entendu ce que l’Ange de la Mort faisait sur les déportés, y assister de cette façon crue, chirurgicale, accompagné d’une musique omniprésente, c’était au dessus de mes forces et il a fallu que je me fasse violence pour ne pas sortir de la salle, ce qui ne m’arrive jamais ! La musique aussi m’a posé problème, surtout au début où elle est assourdissante, presque incommodante. Souvent la musique aura été utilisée de façon décalée, là encore pourquoi pas s’il s’agit de créer le malaise. Mais au vu de ce qui est raconté ici, distiller le malaise en plus par la musique et la couleur était-il vraiment indispensable ? Dernière petite chose sur la forme, quand on propose un film allemand, on sous titre les dialogues ET les phrases écrites de la fin, tout le monde ne parle pas la langue de Goethe. C’est le comédien August Diehl qui tient le rôle de Mengele à tous les âges (et le maquillage est impressionnant). Inutile de trop disserter sur les seconds rôles car c’est bien lui qui est au centre de l’image en permanence. Il incarne un Mengele qui passe par tous les états : arrogant, inquiet, dépressif, agressif, résigné, pathétique, tourmenté et il ne nous soutire jamais, ô grand jamais, la moindre petite parcelle de compassion et pour cela, August Diehl, je vous dis merci. Le scénario comme le roman avant lui remplis les blancs d’une existence post-guerre mal connue. Mengele vit caché en permanence, se sentant (à raison) traqué après la chute de Perón en Argentine. Parce qu’avant, point de vue salut nazis et croix gammée, c’est « open bar » en Argentine, personne ne se cache et les anciens nazis rêvent ouvertement du IVème Reich. Après ce sera différent, l’Ange de la Mort aura mangé son pain blanc. Et la déchéance sera terrible, et parfaitement méritée. Jusqu’à son dernier souffle, il tiendra un discours nazis à son fils venus lui demander des comptes. Ce pauvre garçon, tourmenté de porter ce nom de famille, semble porter sur ses épaules toute la culpabilité que son père refuse d’endosser. Du soutient des dictatures sud américaine aux anciens nazis on ne saura rien, le film n’est pas un film politique. Il ne s’agit ici que de la descente aux enfers d’un s... qui y est aujourd’hui pour de bon et pour l’éternité. Il y a dans ce film des petits passages étranges : chez le coiffeur le fils de Mengele se fait raser la tête par une main de déporté, des étoiles de David fleurissent ici ou là dans une fête de mariage brésilien, etc... Que penser ce cela aussi ? Je ne sais pas trop. Je ne sais pas trop quoi penser du film de Kirill Serebrinnikov, ni si je peux le conseiller ou pas : ce film est une sorte d’énigme que l’on n’a pas très envie de dénouer.
maugis
maugis

23 abonnés 72 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2025
superbement joué et parfaitement filmé ce film montre, sans polémiques, l'absence de remords de ses criminels nazis obnubilés par la vénération de Hitler et la grandeur de leur race, vénération heureusement disparue dans la génération allemande suivante
à voir absolument
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 868 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 octobre 2025
Le nazisme et ses criminels inspirent le septième art tout autant que la littérature. Comme si les exactions de ces hommes devaient être traitées autant dans un but de compréhension, que de devoir de mémoire, ou encore de fascination ou de réconciliation avec l’Histoire. Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov fait une première entorse à sa langue natale pour adapter le livre d’Olivier Guez sur le criminel de guerre nazi et médecin d’Auschwitz, Josef Mengele. Et il le fait à sa sauce et tel qu’on le connaît : mise en scène tape-à-l’œil, durée excessive, interprétation de qualité, moments intenses pour un ensemble ténu et austère. En gros, La Disparition de Josef Mengele contient autant de défauts que de qualités, pour une œuvre décousue et peu aimable, mais qui contient tout de même de grands moments de cinéma et s’essaie au portrait (terrifiant) d’un monstre. La banalité du mal…

Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné:
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Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2025
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Il y a des monstres qui ne disparaissent jamais.

Ils changent simplement de visage.

La Disparition de Josef Mengele n’est pas un film sur la traque d’un homme, mais sur la lente décomposition d’une ombre.

Kirill Serebrennikov ne filme pas l’histoire — il filme l’après. Le silence qui suit la barbarie. Les jours gris d’un homme qui s’invente des rituels pour ne pas sombrer. Mengele, joué avec une inquiétante sobriété par August Diehl, ne fuit pas seulement la justice : il fuit le regard du monde. On le suit dans les rues moites de Buenos Aires, dans les forêts étouffantes du Paraguay, dans les plages ternes du Brésil. Partout, le soleil semble trop lourd, comme s’il voulait le brûler sans y parvenir.

La caméra reste à distance.

Elle ne cherche ni empathie ni condamnation.

Elle observe, comme on regarderait un animal blessé se débattre dans une cage invisible. Le monstre est là, mais vidé de sa propre fureur. Ce qui persiste, c’est l’homme, ou ce qu’il en reste : un corps qui vieillit, une mémoire qui se défait, une obsession maladive du contrôle.

Serebrennikov transforme cette cavale en parabole sur la culpabilité et la disparition. Le film avance lentement, à la cadence du remords qu’on refuse d’avouer. Chaque plan est une cicatrice, chaque silence un aveu. La musique, rare, agit comme une respiration étouffée. La lumière, elle, ne pardonne rien : elle éclaire trop, trop blanc, trop cru — comme si le monde entier attendait encore que cet homme soit vu, vraiment vu, pour ce qu’il a fait.

Mais ce que le film raconte, c’est aussi l’échec de cette attente.

Mengele meurt seul, noyé, anonyme, dans un pays qui ne veut plus se souvenir. Le mal s’éteint, mais il ne se rachète pas. Et dans ce vide, Serebrennikov inscrit quelque chose d’étrangement humain : la fatigue du bourreau. Ce n’est pas une rédemption, c’est une ruine.

Le film n’excuse rien. Il montre. Il écoute.

Et dans cette écoute naît un trouble : celui de voir le visage d’un homme quand il n’a plus rien à défendre. Le cinéaste russe, fidèle à sa manière, mêle la rigueur du biopic à la lenteur du poème visuel. Il y a du cendre, du vent, du sable. On sent la poussière du temps, la moiteur d’une chambre fermée, le bourdonnement d’un ventilateur qui tourne sans but.

La Disparition de Josef Mengele est un film sur la trace — ce qui reste quand tout devrait être effacé.

Et c’est là sa force : il ne cherche pas à comprendre le monstre, il nous oblige à regarder ce qu’il devient quand il n’y a plus personne pour le craindre.

Un film d’une froide beauté, sans complaisance, sans cri.

Un miroir tendu à ce que l’Histoire préfère taire.

Note : 15 / 20

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