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Jipéhel
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4,0
Publiée le 4 décembre 2025
Glaçant
Deux bonnes raisons de voir ce film historique. D’abord la qualité du réalisateur, Kirill Serebrennikov – Le disciple, Leto, Limonov la ballade – et l’importance du sujet qui porte sur un des plus grands criminels de l’Histoire, surnommé « L’ange de la mort ». Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Josef Mengele, le médecin nazi du camp d’Auschwitz, parvient à s’enfuir en Amérique du Sud pour refaire sa vie dans la clandestinité. De Buenos Aires au Paraguay, en passant par le Brésil, il va organiser méthodiquement sa disparition pour échapper à toute forme de procès. Un pamphlet de 136 minutes contre le négationnisme. D’utilité publique. Adaptation du roman éponyme d’Olivier Guez, Prix Renaudot 2017, ce film ne peut laisser indifférent, ce biopic laisse un fort goût d’écœurement, de rage et de tristesse absolue, car il nous demande de suivre pas à pas un des plus grands criminels que notre monde ait connu. Le mal absolu. Car, jusqu’à son dernier souffle, en 1979, il ne changera pas d’un iota dans ses convictions et son nazisme aveugle. Le tout en noir et blanc, ce qui donne une forme expressionniste, avec une narration éclatée, des allers-retours d’une époque à une autre, sans suivre la chronologie des événements. Ce n’est pas gênant, étant donné que l’on perçoit immédiatement à quelle époque on se trouve à chaque fois. Mais, une fois de plus, on ne peut que constater qu’une narration simple et linéaire aurait pu tout aussi bien fonctionner. Il s’agit donc du portrait d’un esprit rongé par l’absence complète de repentance, la paranoïa, l’auto-apitoiement et la certitude absolue d’avoir fait, selon lui, ce qui devait être fait. Quant aux quelques scènes colorisées de reconstitution, elles vous glacent les os jusqu’au plus profond de nous-mêmes. Un film plus que dérangeant qu’il faut pourtant voir. D’abord parce que August Diehl, dans le rôle-titre, est absolument magistral. Il est entouré par un grand nombre de comédiens et comédiennes dont Maximilian Meyer-Bretschneider, Friederike Becht ou Henry Alexander, tous impeccables. Serebrennikov filme implacablement le néant moral, le délabrement psychique et physique, jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du personnage, si ce n'est un vulgaire squelette tripoté par des étudiants en médecine de l'université de São Paulo. Ce film retrace l’itinéraire d’un homme incapable d'ouvrir les yeux sur son passé allant jusqu’à l'irrationalité. Un symbole de la persistance du Mal qui devrait en faire réfléchir plus d’un.
Un film magistral pour montrer cette "banalité du mal", ce microcosme d'anciens nazis enfermés dans leurs convictions. Le réalisateur a fait le choix du noir et blanc pour la période post guerre et de la couleur pour celle de la période de la Seconde Guerre mondiale. La couleur mise en musique pour révéler la crudité de l'horreur, il fallait y penser. Comme pour "la zone d'intérêt", le spectateur se doit de voir l'indicible, l'insoutenable, sans distance. L'interprétation d'August Diehl laisse sans voix. Un film fort à l'esthétique soignée pour un sujet lourd. Où se cache la part d'humanité chez Joseph Mengele ? Le nazi inflexible et sans remord est toujours présent chez le vieillard geignard. Les années ont passé mais n'ont pas apporté la moindre remise en question.
Ce film est une réussite, il relate parfaitement la vie de Mengele et de son fanatisme. Film sombre très bien réalisé et avec un excellent acteur principal dans le rôle de Mengele. A voir absolument.
sujet difficile... mais film remarquable et magnifiquement monté les images sont superbes j'ai beaucoup aimé comment le réalisateur a traité ce sujet...
Adapter au cinéma le roman d'Olivier Guez, sur les années de fuite de ce tortionnaire nazi, n'était sans doute pas un exercice facile. Mais que ce film se perd en longueurs..., perdant parfois de son intensité. Sinon, le choix d'un film froid, à l'état brut, sans couleur, était judicieux. Je ne regrette pas, malgré tout, de l'avoir vu.
Il est impossible, dans ce film, de séparer le factuel du romancé (sauf à l'extrême fin). Mais quoi qu'il en soit, c'est bien fait et tout à fait plausible. Cet homme dont on décrit le vieillissement en parallèle à sa déchéance économique, conserve une idéologie indéracinable et reste de bout en bout rongé par le sentiment d'échec et pas du tout par celui d'un quelconque remords, avec de rares touches d'humanité envers son fils et les femmes. Le Reich se meurt... Les dernières minutes du film sont superbes, en particulier le miroir grotesque de la gravure de Dürer !
Un film décevant surtout après avoir lu le roman de qualité d'Olivier Guez. Le film commence par une scène de nu totalement inapproprié . Le sont surtout des retours en arrière incessants . En effet, le roman captive car il montre bien la tension liée à la traque croissante de Mengele surtout à partir de la capture puis la pendaison d'Eichmann. Dès lors les nombreux flash back ne rendent pas compte de cette tension . Enfin il y a quelques scènes vraiment pénibles voulant rendre compte des atrocités d'Auschwitz qui s'imposaient d'autant moins que le sujet était la disparition de Mengele... Trop de longueurs. Pour autant le film n'est pas mauvais dans la mesure les acteurs , surtout l'acteur principal, jouent très bien et que les qualités des photos comme la musique sont biens.
Malgré le montage non-chronologique un peu perturbant au début, ce film est excellent. L'acteur principal incarne un Mengele archétype du nazi. Le réalisateur a dû voir le dvd Mengele der Todesangel de la série fie Verbrecher de Guido Knopp. On retrouve parfois les mêmes scènes. Glaçant
Film puissant, les prises de vue sont exceptionnellement soignées et l'acteur principal excellent nous montre à voir tous les côtés obscurs de ce salop qui s'est planqué en Amérique du Sud après la guerre. Un très bon film !
Dès le départ, le film propose plusieurs clés de lecture : le choix du noir et blanc, la thématique du reflet, la faible présence des femmes, et un montage éclaté entre différentes époques. Autant d’éléments prometteurs, mais qui, selon moi, ne vont pas toujours au bout de leurs idées.
Le noir et blanc, d’abord, offre une image superbe et se prête bien à une lecture symbolique du film — celle d’un purgatoire, entre remords, regrets et souvenirs du passé. À trois reprises, la couleur fait son apparition : cohérente lors des scènes d’Auschwitz filmées par caméra, mais plus discutable dans les deux autres cas, où l’effet paraît gratuit. On peut y voir une évocation du paradis perdu, celui d’avant la fuite, mais l’intention reste floue.
La thématique du reflet, omniprésente dans le premier tiers du film à travers les cadres et les miroirs, semblait promettre un beau travail sur la duplicité et la culpabilité du personnage. Malheureusement, cette idée disparaît ensuite complètement. Même constat pour le parti pris de mise en scène qui, au début, maintenait Mengele hors champ ou à la limite du cadre ou même flou : un dispositif fort et signifiant, hélas abandonné en cours de route.
En revanche, j’ai beaucoup apprécié le montage fragmenté, qui oppose les temporalités et éclaire la psychologie du personnage. Ce procédé, certes un peu appuyé, fonctionne bien et apporte une réelle exploration psychologique du personnage.
Mon interprétation personnelle est que le film se déroule entièrement dans un purgatoire mental. Le montage final, presque halluciné, appuie cette idée : la scène du mariage de la sœur de l’assistante, véritable vision infernale, montre Mengele hanté par ses propres démons. Tout le film apparaît alors comme un chemin de croix — celui d’un homme seul, sans amis, sans famille, sans but, prisonnier d’idéaux détruits. Même lors de la visite de son fils, il reste un fantôme du passé, récitant mécaniquement les principes d’un Reich disparu.
Il y a aussi dans La Disparition de Josef Mengele quelque chose de l’inverse d’un récit initiatique : au lieu d’une ascension, on assiste à une lente déchéance, à la désagrégation d’un homme vidé de sens. À certains moments, on a même l’impression que le film ne fait que filmer la fin de vie d’un être humain ordinaire — ce qui permet de déconstruire la figure monstrueuse du personnage. Cette impression est d’ailleurs installée dès les premières minutes, lorsque l’on découvre son squelette : manière de rappeler que, malgré tout, il reste un homme parmi les hommes, voué à la même fin.
Cette lecture donne, à mes yeux, toute sa cohérence au film, malgré ses maladresses. Et au-delà de ces réserves, je salue la qualité de l’image, la lumière somptueuse et l’interprétation, toutes deux remarquables.
Si l interprétation d August Diehl est impressionnante, et les images tres esthétiques, ce film me laisse sur un sentiment mitigé.
Le cheminement mental de Mengele n apporte pas grand chose. Selon lui, il n est Responsable de rien puisqu il était aux ordres de l idéologie et un parmi les autres membres du système ou de l organisation nazie. Monstre dénué d affect tant vis à vis de ses victimes que de sa famille, son fils en particulier. L aspect intéressant/interpellant de ce film tient dans l attachements et la fidélité des nazis, ayant fui l Allemagne après la chute du régime hitlérien, à leurs doctrines et culte des surhommes aryens. Ainsi que la tolérance/complicité dont ils ont bénéficié dans certains pays.
Biopic utile et intéressant pour mieux connaître la vie de Mengele après la 2e guerre mondiale et que beaucoup de monde était/est mouillé, mais pas mal de longueurs avec le risque de s'apitoyer sur son sort...