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Mathieu B.
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3,5
Publiée le 13 mai 2026
Adapter le livre d’Olivier Guez n’avait rien d’évident : raconter la cavale de Josef Mengele après la guerre, sans tomber ni dans le sensationnalisme ni dans la fascination, impose un équilibre délicat. La Disparition de Mengele choisit une voie assez radicale : celle de la distance, presque du constat. Un choix cohérent sur le principe, mais qui produit un résultat contrasté.
Le film se distingue d’abord par son approche. Plutôt que de dramatiser à outrance, il adopte un ton froid, presque clinique, pour suivre un homme en fuite, progressivement isolé, enfermé dans sa paranoïa. Cette absence de spectaculaire est clairement assumée, et elle a du sens : il ne s’agit pas de raconter un monstre en action, mais un homme qui disparaît lentement, rongé par la peur et le déclin.
Par moments, cette approche fonctionne bien. Le film parvient à installer une atmosphère pesante, faite de méfiance et de solitude. Certaines séquences traduisent efficacement cette lente dégradation, où le personnage n’est plus qu’une ombre de lui-même. Il y a là une forme de cohérence dans la manière de refuser toute héroïsation ou toute dramatisation excessive.
Mais cette retenue constitue aussi la principale limite du film.
Le choix de la distance finit par créer une forme de monotonie. Le récit, très linéaire, enchaîne les étapes de la fuite sans véritable montée dramatique. On comprend la trajectoire, mais on la ressent assez peu. Le film observe plus qu’il n’implique, et cette posture finit par maintenir le spectateur à l’écart.
Le personnage lui-même reste difficile à saisir. C’est sans doute volontaire — éviter toute forme d’empathie ou de complexification — mais cela pose une question : que cherche réellement à montrer le film ? En refusant à la fois l’analyse psychologique et la tension narrative, il reste parfois entre deux approches, sans en exploiter pleinement aucune.
Sur le plan de la mise en scène, le film reste sobre, parfois même un peu trop. Les choix visuels accompagnent le propos sans réellement le renforcer. Là encore, rien de faux, mais peu de moments marquants. Le film suit sa ligne, sans jamais véritablement la dépasser.
L'homme est glaçant, effroyable, il s'agit de la fuite de l'Ange de la mort, d'abord en Argentine puis en Allemagne. Le film est en noir et blanc pour souligner l'importance de cette terrible partie de l'Histoire et du personnage tristement connu pour ses cruelles expériences sur des prisonniers juifs durant la seconde guerre. L'acteur ne ressemble pas au Dr Mengele mais il fait de son mieux pour se mettre dans la peau du criminel. La première partie est plutôt longue sans grandes actions, perdues entre aller et retour dans le temps comme pour mette le spectateur dans l'histoire , elle sera plus dynamique et intéressante à suivre dans sa deuxième partie. Quelques (trop) rares films de l’époque (dans le film) semblent vraies mais j'en doute. Josef Mengele ne fut jamais rattrapé par le Mossad.
Figure emblématique des crimes contre l'Humanité commis par le 3ème Reich, Josef Mengele est malheureusement également célèbre pour avoir échappé à toute forme de procès jusqu'à sa mort. Kirill Serebrennikov revient sur cette cavale qui s'est étalée sur plusieurs décennies. Le film dresse un portrait très humain de ce véritable monstre. Qui n'a visiblement éprouvé aucun remord d'avoir choisi et envoyé à l'extermination des milliers de déportés, et d'avoir mené de funestes expériences à Auschwitz. Mais c'est justement ce qui est intéressant ici, d'essayer de comprendre l'état d'esprit d'un tel homme, convaincu jusqu'au bout des ongles des idéologies nazies. Et puis il faut avouer qu'il y a quelque chose de réjouissant à voir que les trente dernières années de sa vie n'ont guère été faciles pour lui. Mengele est présenté comme nostalgique et amer du régime nazi. Isolé de sa famille, avec de moins en moins de moyen. Rapidement insupportable pour les membres de son association d'anciens nazis. Complètement paranoïaque à l'idée de se faire capturer et jugé, comme le fut Eichmann. Et très diminué sur la fin. August Diehl convient très bien à ce rôle, son air taciturne et son visage dur fonctionnant bien pour incarner un criminel de guerre nazi. Le tout pour un portrait sombre... mais en doutait-on au vu du personnage ? C'est filmé dans un noir & blanc de toute beauté, insistant sur la noirceur de cet homme. Avec quelques petits effets de styles, dont des plans séquences parfois percutant. Il y a également une séquence en couleur qui prend aux tripes (facile de deviner ce dont il s'agit avec un sujet pareil !). En revanche, Kirill Serebrennikov a tendance à s'étendre sur des passages pas forcément indispensable, aussi le film aurait pu être un peu raccourci. De même, la construction en allers-retours dans le temps (entre les années 50/60 et la fin des années 70) parait inutilement alambiquée. Un montage plus linéaire aurait pu fonctionner également et fluidifier le récit.
1943, l’arrivée des trains à Auschwitz. Accueil par un orchestre de nains dans une incrustation vidéo en couleur, figurant des archives d’époque . Le film est en noir et blanc , mais elles sont bien tournées dans l’esprit de la fiction, pour dire au monde ce que son auteur, « l’ange de la mort » d’Auschwitz n’a jamais voulu admettre. Ses crimes, ses tortures, ses expériences médicales sur des cadavres, ou des vivants. A la fin de la guerre le docteur Mengele réussit à se fondre dans le paysage , et entame un périple (Amérique du Sud, Brésil, Argentine) au cours duquel sa paranoïa galopante révèle une personnalité psychopathique de plus en plus affirmée . Ce que constate son fils qui le rejoint dans sa cachette brésilienne, à la fin de sa vie . Ils se connaissent très peu et leurs échanges sont terribles. « Papa qu’as-tu fait à Auschwitz ? » . Quand il y répondra enfin, ce sera pour se dédouaner, nier, et espérer le renouveau de l’Allemagne nazie. Il le fait sous différentes formes qui deviennent assez répétitives vis-à-vis de sa détestation des juifs et des communistes , des toxicos, « des mal blanchis » … Ce qui aux yeux de Serebrennikov , réalisateur ordonné dans la relation historique ,le condamne à tout jamais : Mengele, boucher et dépeceur de l’humanité.
Oeuvre magistrale, glaciale, comme son personnage principal incarné magistralement par DIEHL Les séquences en couleur correspondent aux horreurs filmées des activités à Auschwitz du médecin MENGELE. Et par contraste, la vie de ce monstre soit en Allemagne en 1956, soit en Argentine dans les années 1970 sont en Noir et Blanc. Edifiant et terrifiant !
Oeuvre magistrale, glaciale, comme son personnage principal incarné magistralement par DIEHL Les séquences en couleur correspondent aux horreurs filmées des activités à Auschwitz du médecin MENGELE. Et par contraste, la vie de ce monstre soit en Allemagne en 1956, soit en Argentine dans les années 1970 sont en Noir et Blanc. Edifiant et terrifiant !
J’avais lu le livre d’Olivier GUEZ il y a quelques années en arrière (en 2021) et ce livre m’avait énormément plu.
J’attendais donc la sortie de l’adaptation sur grand écran avec impatience. Je dois dire que je suis un peu resté sur ma fin concernant ce film. Je conseillerais plutôt de lire le romain plutôt que de visionner le film.
Cependant le film mérite le coup d’œil. Atmosphère pesante et morose, on se met facilement à la place de l’ancien officier SS qui doit vivre dans l’angoisse et la paranoïa en se sachant traqué.
Le fantomatique Mengele de fin de vie ressuscité, au travers de cette ombre on parcourt sa vie avec de nombreux flashbacks piochés de manière non chronologiques, le film est instructif non seulement sur le meurtrier nazi mais aussi sur les autres coupables non inculpés post guerre. Une réalisation et une interprétation du rôle principal rendent le film impactant, bel exercice cinématographique.
Avec "La Disparition de Josef Mengele", Kirill Serebrennikov choisit de ne pas filmer l’horreur des camps, mais l’après : la fuite, l’effacement, la survie presque banale d’un des pires criminels nazis. Le film le suit de l’Europe à l’Amérique du Sud, dans une errance faite de cachettes, de faux noms et de paranoïa permanente. Serebrennikov s’intéresse moins à la cavale en tant que thriller qu’à l’état mental d’un homme hanté, ou non, par ses crimes. La question du remords plane constamment, sans jamais trouver de réponse claire, ce qui constitue à la fois la force et la limite du film.
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2,5
Publiée le 29 janvier 2026
Tout commence à São Paulo où les restes de Josef Mengele sont utilisés pour enseigner à des étudiants en médecine surpris de voir son squelette dans leur pays. Une introduction avant de revenir sur sa longue cavale en Amérique du Sud avec la complicité des gouvernements locaux après la défaite de l'Allemagne. "Das Verschwinden des Josef Mengele" bascule entre deux périodes avec un Mengele fugitif et paranoïaque, et quelques années plus tard, un Mengele proche de la fin qui est questionné par son fils. Si sa nouvelle vie n'est pas très intéressante, le contexte l'est. On ne le quitte jamais des yeux, mais il est question de sa traque ratée, de ses crimes odieux à travers une longue séquence très graphique, ou encore de la perte d'influence des nazis qui le réduit à un simple vieillard sénile. Le problème est que tout ceci est raconté de façon décousue et sans grande substance. Les bons moments se font trop rares tandis que les personnages ne dégagent pas grand-chose à part, évidemment, Mengele qui est montré comme un homme amer qui s'accroche à un monde disparu. August Diehl est bon dans ce rôle, mais il est bien trop seul. Finalement, c'est un film moyen, plat et trop superficiel.
Si l'Histoire n'était pas passée avec son lot d'horreurs, le personnage de Mengele aurait-il pu être créé par le 7ème art? Sur une photographie N&B, d'incessants aller-retours spaciaux temporels, "l'ange de la mort" est raconté telle une autopsie mentale entre fuite paranoïaque, déni d'un "passé qui n'existe pas". En outre, il y a bien le constat politique de la complicité de certains pays d'Amérique du sud laissant vivre tout un microcosme organisé d'ex nazis. Dérangeant, décontenançant, le spectateur s'égare et stagne parfois stoïque aussi. On ne peut que saluer l'interprétation puissante d'A. Diehl dans cette évocation historique.
Kirill Serebrennikov aime alterner entre la musique et l'histoire. Il passe donc de Tchaïkovski à Mengele. Guère de point commun si ce n'est celui de la complexité des liens familiaux. La folie de la femme pour le premier et l'incompréhension du fils pour ce film. Car Serebrennikov ne fait pas le biopic du monstre d'Auschwitz. Scalpel en main, il extrait les parties cachées de sa vie d'après et gratte sur ces pathétiques morceaux de vie pour voir s'il reste un peu de sang sur la mémoire de ce qui fut commis. Entre l'oubli, le déni et le regret, c'est un vieillard cynique que filme le réalisateur russe. Où se cache le mal ? Le mal est-il soluble dans le temps et l'espace ? Serebrennikov apporte ses réponses. Violent mais brillant.
Adapté du roman éponyme d'Olivier Guez, ce film tourné en noir et blanc joue sur la chronologie de la cavale de celui que l'on a surnommé "L'Ange de la Mort", Josef Mengele. L'action se situe dans un climat tendu, à la limite de la paranoïa, nous faisant voyager de planque en planque au gré des recherches pour mettre la main sur ce criminel nazi. Là où Kiril Serebrennikov ("Limonov") est réellement percutant, c'est quand il filme cet homme âgé inversant pratiquement les rôles, passant de bourreau à victime. Ce portrait de cette personne qui n'affiche aucun remords est assez percutant, montrant le pire de l'âme humaine. Instructif.
Je n'ai pas réussi à apprécier ce film et son univers. Je comprends que beaucoup l'admire car il représente bien la personnalité de Mengele, cependant, je trouve qu'à vouloir trop de négativité, sans développer aucun autres personnages réellement enlève beaucoup au plaisir du spectateur d'un film comme celui-ci.
Ces type de film sont préférables en documentaire selon moi comme par exemple "5 septembre" que je n'ai pas réellement apprécié. Le seul point positif à relever serait la facilité qu'on a à se représenter la noirceur du personnage, la haine qui l'occupe. On ressort de ce film en haïssant le personnage et en n'éprouvant aucune peine pour son sort. On peut dire finalement que sa fin de vie équivaut à la peine de mort avec un degré de pénibilité plus élevé encore, ce qui selon est l'un des messages de ce film.