Derniers Avis : La Disparition de Josef Mengele - Page 6
La Disparition de Josef Mengele
Note moyenne
3,4
664 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
93 critiques spectateurs
5
3 critiques
4
35 critiques
3
35 critiques
2
18 critiques
1
1 critique
0
1 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
remyll
267 abonnés
592 critiques
Suivre son activité
4,0
Publiée le 26 octobre 2025
Le brillant réalisateur russe Kirill Serebrennikov offre ici une oeuvre remarquable. Il utilise quasiment durant tout le film le noir et blanc avec la maestria contrastée et esthétique d’une Leni Riefenstahl pour, à mon avis, montrer l’ampleur de l’angoisse lancinante permanente et sans cesse grandissante pendant sa fuite à l’autre bout du monde du terrible médecin criminel du camp d’Auschwitz. Ce médecin nazi de « bonne » famille bourgeoise, fortunée et terriblement antisemite aura été le « médecin » criminel du régime nazi le plus recherché par toutes les polices du monde pour avoir pratiqué d’innombrables et terribles « expériences » médicales. Les actes effectués pour la plupart in vivo sans anesthésie, parmi les plus cruels et les plus odieux qui aient jamais été pratiqués ne sont ici et heureusement que brièvement montrés. Tout le film s’articule surtout sur sa fuite angoissée et interminable avec sa garde rapprochée depuis la fin de la guerre jusqu’à sa mort en 1979 au Brésil. Le cynisme est poussé au paroxysme quand le réalisateur utilise la couleur en trois assez brefs moments particulièrement intenses, brutaux et paradoxaux : d’abord celui précisément pendant lequel ces expériences innommables sont effectuées à Auschwitz avec ses collègues médecins hilares, puis celui où il fait sauvagement l’amour à sa première femme dont la peau est d’une blancheur assez saisissante. Enfin celui où il rêve de sa propre mort au bord d’une plage… Le film est très dur, mais saisissant.
Le nazisme et ses criminels inspirent le septième art tout autant que la littérature. Comme si les exactions de ces hommes devaient être traitées autant dans un but de compréhension, que de devoir de mémoire, ou encore de fascination ou de réconciliation avec l’Histoire. Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov fait une première entorse à sa langue natale pour adapter le livre d’Olivier Guez sur le criminel de guerre nazi et médecin d’Auschwitz, Josef Mengele. Et il le fait à sa sauce et tel qu’on le connaît : mise en scène tape-à-l’œil, durée excessive, interprétation de qualité, moments intenses pour un ensemble ténu et austère. En gros, La Disparition de Josef Mengele contient autant de défauts que de qualités, pour une œuvre décousue et peu aimable, mais qui contient tout de même de grands moments de cinéma et s’essaie au portrait (terrifiant) d’un monstre. La banalité du mal…
Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné: /
La Disparition de Josef Mengele n’est pas un film sur la traque d’un homme, mais sur la lente décomposition d’une ombre.
Kirill Serebrennikov ne filme pas l’histoire — il filme l’après. Le silence qui suit la barbarie. Les jours gris d’un homme qui s’invente des rituels pour ne pas sombrer. Mengele, joué avec une inquiétante sobriété par August Diehl, ne fuit pas seulement la justice : il fuit le regard du monde. On le suit dans les rues moites de Buenos Aires, dans les forêts étouffantes du Paraguay, dans les plages ternes du Brésil. Partout, le soleil semble trop lourd, comme s’il voulait le brûler sans y parvenir.
La caméra reste à distance.
Elle ne cherche ni empathie ni condamnation.
Elle observe, comme on regarderait un animal blessé se débattre dans une cage invisible. Le monstre est là, mais vidé de sa propre fureur. Ce qui persiste, c’est l’homme, ou ce qu’il en reste : un corps qui vieillit, une mémoire qui se défait, une obsession maladive du contrôle.
Serebrennikov transforme cette cavale en parabole sur la culpabilité et la disparition. Le film avance lentement, à la cadence du remords qu’on refuse d’avouer. Chaque plan est une cicatrice, chaque silence un aveu. La musique, rare, agit comme une respiration étouffée. La lumière, elle, ne pardonne rien : elle éclaire trop, trop blanc, trop cru — comme si le monde entier attendait encore que cet homme soit vu, vraiment vu, pour ce qu’il a fait.
Mais ce que le film raconte, c’est aussi l’échec de cette attente.
Mengele meurt seul, noyé, anonyme, dans un pays qui ne veut plus se souvenir. Le mal s’éteint, mais il ne se rachète pas. Et dans ce vide, Serebrennikov inscrit quelque chose d’étrangement humain : la fatigue du bourreau. Ce n’est pas une rédemption, c’est une ruine.
Le film n’excuse rien. Il montre. Il écoute.
Et dans cette écoute naît un trouble : celui de voir le visage d’un homme quand il n’a plus rien à défendre. Le cinéaste russe, fidèle à sa manière, mêle la rigueur du biopic à la lenteur du poème visuel. Il y a du cendre, du vent, du sable. On sent la poussière du temps, la moiteur d’une chambre fermée, le bourdonnement d’un ventilateur qui tourne sans but.
La Disparition de Josef Mengele est un film sur la trace — ce qui reste quand tout devrait être effacé.
Et c’est là sa force : il ne cherche pas à comprendre le monstre, il nous oblige à regarder ce qu’il devient quand il n’y a plus personne pour le craindre.
Un film d’une froide beauté, sans complaisance, sans cri.
Un miroir tendu à ce que l’Histoire préfère taire.
Mise en scène brillante avec un moment très fort et dérangeant au milieu du film qui peut être très difficile à regarder mais qui est essentiel. Par ailleurs l'acteur allemand est impressionnant dans un rôle casse gueule. Néanmoins on est un peu dérangé par le côté romancé de l'histoire car il y a des plans entiers de la fuite de Mengele en Amérique du Sud qui nous sont inconnus, et un peu facile de le montrer quasiment que pathétique.
Le cinéma c'est aussi, parfois, un parti pris. C'est le cas ici. Je pense que le réalisateur a atteint son objectif. Il y a des impasses calculées, qui ne nuisent en général en rien au discours. Pour avoir vécu au Brésil à l'époque, une me dérange cependant: comme démontré par la police fédérale Brésilienne (commissaire Romeu Tuma), sa vie au Brésil n'était en aucun cas misérable. L'argent de la famille coulait à flots, et Mengele s'amusait beaucoup. La version présentée dans le film correspond plus à celle de son fils Rolf. Dommage car le film st excllent par ailleurs
La Disparition de Josef Mengele n’est pas un film, c’est une descente au ralenti dans la fange d’un siècle qui a préféré oublier plutôt que comprendre. Le monstre s’y dérobe sans jamais se repentir, errant entre palmiers et impunité, comme un spectre qui bronze pendant que les morts réclament justice. La mise en scène refuse la facilité du procès : elle expose, elle gêne, elle glace sans effets, sans pathos, sans échappatoire. Un récit implacable, où l’horreur n’explose pas : elle suinte, lentement, jusqu’à l’écœurement.
3 points qui m'empêchent de mettre 5 étoiles à ce film: 1) le synopsis qui est trompeur en disant qu'on va voir comment ce médecin nazi va préparer sa fuite?, on ne la voit pas trop et 2) surtout le début qui est très très long, je baillais par moment....et me demandais si le film allait tout le temps comme ça? l'intérêt va prendre son sens avec spoiler: . et 3ème point je m'attendais à un film plus captivant, il y a beaucoup trop de dialogues, qui perdent le spectateur, on ne voit pas l'autre côté, c'est à dire les espions israéliens à sa recherche et donc parfois on s'ennuie, car il est vrai que ces grands criminels sont dû vivre dans des endroits sales avec un quotidien plus que modeste pour ne pas attirer l'attention. L'affiche me donnait envie de le voir et je pensais voir une belle oeuvre... attention quelques scènes difficiles à regarder, heureusement cela dure 20 secondes... A la fin du film, il y a la vérité qui éclate.
Josef Mengele est l’un des médecins nazis responsable à Auschwitz. À la fin de la guerre, il parvient à s’enfuir en Amérique latine pour échapper à la justice. Le film raconte (c’est assez décousu) la cavale d’un monstre, qui ne se remet jamais en question, enfermé dans ses certitudes abjectes. Ce qui manque à ce film, c’est une colonne vertébrale. Et aussi la folie de Kirill Serebrennikov en terme de réalisation. Désormais, on assiste à un film assez convenu et ennuyeux que n’importe quel réalisateur hollywoodien aurait pu réaliser et c’est fort dommage.
Kirill Serebrennikov signe avec *La Disparition de Josef Mengele* un film d’une intensité rare, où la mise en scène traduit la dissonance entre beauté et barbarie. August Diehl incarne un Mengele glaçant, fugitif hanté par ses crimes, dans un récit qui confronte la logique perverse du nazisme à la fragilité de la conscience humaine. Le noir et blanc, traversé d’éclats de couleur liés aux souvenirs du camp, illustre la mémoire inversée d’un homme qui associe bonheur et atrocité. Serebrennikov filme la banalité du mal au sens d’Hannah Arendt : la capacité à compartimenter, à rationaliser l’horreur. Dans cette esthétique glacée, chaque cri, chaque silence devient un miroir de l’Europe d’après-guerre, où la culture et le raffinement coexistent avec la cruauté absolue. Une œuvre dérangeante, nécessaire, qui ne cherche pas la compassion, mais la lucidité.
Réalisé par Kirill Serebrennikov et présenté à Cannes cette année, nous suivons ici la cavale de Josef Mengele, surnommé l'Ange de la mort pour ses expériences cruelles au camp d'Auschwitz. Sujet plutôt compliqué donc mais également passionnant puisque si de nombreux films s'intéressent à la Seconde Guerre, peu d'entre eux se penche sur la cavale de nazis en Amérique du Sud ou encore ceux récupérés par les Américains, opération nommée Paperclip. Bref, Mengele aura de nombreux pseudonymes au cours de sa cavale qui se terminera par une mort paisible en 1979 à São Paulo. Raison pour laquelle la durée du film est relativement longue d'ailleurs et, fort heureusement, il ne tombe pas dans l’écueil du "faux documentaire", comme avait pu l'être par exemple "La Fabrique du mensonge", également sorti cette année. Ici, le réalisateur exprime une réelle volonté de faire du cinéma, nous avons ainsi des plans très intéressants qui parlent d'eux mêmes, comme lorsque les domestiques nettoient la table derrière la famille de Mengele. De même, nous avons tout un jeu autour du noir et blanc et de la couleur qui n'est pas juste là pour "faire joli", le noir et blanc pouvant symboliser les heures sombres (la fuite, la chute du nazisme) tandis que la couleur les heures de gloire (les scènes "nostalgiques" au camp). Parce-que oui, autre point important, tout est du point de vue de l'antagoniste. Ce qui est très perturbant d'ailleurs et place le spectateur dans un inconfort constant. On a ainsi le portrait d'un homme froid n'exprimant aucun regret, justifiant même ses actes auprès de son fils (encore une fois, ce sont des scènes très intéressantes) et espérant même une renaissance du Troisième Reich en Argentine. On pourra cependant lui donner raison sur un point, c'est qu'il était effectivement loin d'être le seul médecin pratiquant des expériences abjectes sur les juifs. Il incarne une sorte de "symbole" du médecin nazi et était effectivement cruel, c'est indéniable, mais nombreux d'entre eux n'ont jamais eu de procès non plus, comme Carl Clauberg ou Eduard Wirths et d'ailleurs sur la vingtaine de médecins de ce type, une dizaine furent acquittés, d'autres ont fuient et bien-sûr, certains furent tout de même condamnés mais c'est important que le film mette le doigt dessus. Bref, "La Disparition de Josef Mengele" est déroutant de par la manière d'aborder son sujet car on entretient alors soudainement une proximité avec Mengele mais cela permet en même temps de mieux cerner ce personnage que de simplement rester en retrait comme dans un documentaire ou un simple film de reconstitution.
Super film, vu en avant-première, le premier quart d’heure peut effrayer car assez long mais après on est vraiment pris dans le film Pas besoin de s’inquiéter en se disant que le film est en noir et blanc ( qui rend très bien d’ailleurs) et dure assez longtemps car or premier quart d’heure on ne voit pas le temps passer A voir aussi pour le jeu d’acteur du personnage principal qui est assez impressionnant ( tous les acteurs sont très bons il faut dire ) Je conseille