La Disparition de Josef Mengele
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Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

176 abonnés 568 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2025
Ai vu « La disparition de Josef Mengele » de Kirill Serebrennikov d’après le roman de Olivier Guez, présenté au Festival de Cannes 2025. Serebrennikov est également metteur en scène de théâtre et d’opéra et je connais son travail car j’aime son oeil avisé, son attachement aux cadres très affutés, son esthétisme exigeant où tout à une raison d’être dans l’image. Parfois c’est loupé (« Limonov », « La femme de Tchaikovski ») et d’autres fois c’est sublime (« Le disciple », « Leto »). Ce dernier opus fait partie de la deuxième catégorie. Sujet sulfureux, dérangeant, le réalisateur russe n’en signe pas moins une oeuvre exigeante et brillante. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Josef Mengele, le médecin nazi qui a sévit et torturé au camps d’extermination d’Auschwitz, des milliers de juifs, fuit l’Allemagne pour se cacher sous de fausses identités en Argentine, au Brésil puis au Paraguay afin d’échapper à ses responsabilités et à toutes chances d’être jugé. Film en noir et blanc extrêmement contrastés, au montage acéré passant d’une époque à l’autre avec brio, à la musique passionnante (Ilya Demutsky), et à l’interprétation stupéfiante d’August Diehl. Je dois avouer aussi que j’ai appris beaucoup de choses notamment la grande tolérance des autorités locales et le regroupement des nazis en une société vivant au grand jour leur soif de vengeance et leur absence totale de remord. En son milieu le film passe en format Super 8 et se pare de couleurs agressives où le rouge sang et le jaune dominent, juste pour quelques minutes, afin d’illustrer de façon frontale la nostalgie qu’à cet homme ignoble pour « ses heures de gloire ». La caméra n’a aucune compassion pour ce personnage répugnant, hystérique, colérique, impulsif qui se délite peu à peu dans sa monstruosité. Le travail d’August Diehl est impressionnant de puissance, de justesse et il n’a pas du être facile de sortir de ce rôle qui ne provoque que répulsion. Bien évidemment le projet de Serebrennikov est aussi de faire un parallèle avec notre époque où certains monstres pourraient bien reparaitre. Une oeuvre qui heurte de plein fouet, divise, bouscule mais fait réfléchir, frémir. C’est indéniablement une grande oeuvre cinématographique.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

82 abonnés 285 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2026
Deuxième biopic d’affilée par le réalisateur russe le plus intrigant et le plus prolixe, Serebrennikov
Et le plus en vue à Cannes
Après Limonov, il s’intéresse à Mengele. Deux formes différentes de la monstruosité, en quelque sorte. Et dans les deux cas, une mise en scène brillante , ou tout est maîtrisé : cadre, lumière, plans séquence, décors, interprétation.
Au delà de la forme, qu’en retenir ? Une forme de courage, ou de provocation du réalisateur qui se place délibérément aux antipodes du hors champ de La zone d’intérêt, se permettant en une séquence centrale de montrer l’horreur de manière très crue. Et pour ceux qui osent s’affranchir d’un jugement critique purement moral, force est de reconnaître que cela n’est ni gratuit ni voyeurisme. Juste une vision de l’horreur …
C’est un film qui, malgré son esthétisme parfois trop suffocant, ne cherche pas forcément à plaire, mais que je conseille pour son interprète, formidable à tous les âges : August Dielh.
Lestoupiesdefred
Lestoupiesdefred

6 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 octobre 2025
sujet difficile... mais film remarquable et magnifiquement monté
les images sont superbes
j'ai beaucoup aimé comment le réalisateur a traité ce sujet...
Amenemhat
Amenemhat

4 abonnés 59 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 octobre 2025
Il est impossible, dans ce film, de séparer le factuel du romancé (sauf à l'extrême fin). Mais quoi qu'il en soit, c'est bien fait et tout à fait plausible. Cet homme dont on décrit le vieillissement en parallèle à sa déchéance économique, conserve une idéologie indéracinable et reste de bout en bout rongé par le sentiment d'échec et pas du tout par celui d'un quelconque remords, avec de rares touches d'humanité envers son fils et les femmes. Le Reich se meurt... Les dernières minutes du film sont superbes, en particulier le miroir grotesque de la gravure de Dürer !
selenie

7 446 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2025
On constate deux paramètres importants, d'abord qu'il existe de nombreuses périodes méconnues ce qui expliquent les ellipses ou les résumés, le film reste donc focalisé sur les périodes les plus connues historiquement parlant ce qui est un très bon point, puis il y a le chapitrage qui insinue que Josef Mengele avait constamment des faux papiers et des alias ce qui est par contre faux, le film arase donc la problématique inouïe que justement, Mengele utilisait la plupart du temps son véritable nom et qu'il était presque toujours constamment connu des autorités locales. Si le scénario s'attache à reconstituer sa fuite et son quotidien de façon aussi réaliste et crédible, on apprécie aussi et surtout ce qui entoure le réseau d'entraide nazi, la partie authentique et logique du film est passionnante. Ensuite il y la côté plus subjectif, la dimension psychologique de Mengele qui se partage entre ce qu'on sait, puis ce qu'on ne peut que deviner ou imaginer ce que Serebrennikov n'hésite pas à faire mais de façon inégale, parfois trop laborieuse ou redondante. Le film est donc inégal, mais historiquement le film reste d'une valeur certaine, avec un choix de mise en scène qui permet un parallèle qui se confond entre le monstre et l'homme. A voir.
Site : Selenie
Delphine Solange
Delphine Solange

15 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
Très grand film à tous niveaux. Même celui d'avoir décidé, contre toute la bien-pensance en cours de montrer l'immontrable. Un choix de cinéma courageux et tellement nécessaire à notre époque en train de perdre la mémoire. Ne pas écouter les critiques qui tentent avec ce film de dénier à Kirill Serebrennikov le statut de grand réalisateur d'aujourd'hui.
JohnPlayerS
JohnPlayerS

8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
Film brillant, on ressent de la tension tout au long du film et Mengele est montré tel qu'il était, abject et écoeurant. August Diehl est exceptionnel dans ce rôle !
J'espère que ce film recevra quelques récompenses.
Domvill
Domvill

34 abonnés 206 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2025
c'est indéniablement très bien filmé avec des images et une lumière qui mettent en relief une atmosphère glauque autour de ce diabolique personnage qui n'éprouve aucun remord et sombre dans sa folie au fur et à mesure de ses cavaler successives. Le noir et blanc sert très bien la narration mais on aurait pu éviter ces passages à la couleur qui n'apportent rien.
pas plus cependant que les imagés du passé filmées en super 8 qui n'apportent rien de plus. mais c'est le rythme qui pêche dans ce film avec ce mélange des périodes qui évoluent au fil des fausses identités et des pays ...même si les événements, les rencontres, notamment avec son fils et sa seconde femme sont fidèles à la réalité le film présenté beaucoup de longueurs... une demi heure de trop.
sylcler
sylcler

6 abonnés 68 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 octobre 2025
Difficile à comprendre le but de ce film, l'empathie est déplacée à part quelques colères. Très déçue
Laurette S
Laurette S

33 abonnés 156 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2025
Il est normal qu'un tel film divise l'opinion. Mais comme il n'y a aucune ambiguïté sur le fait que le personnage est une ordure qui ne suscite aucune empathie mais une profonde répulsion, je trouve que le cinéaste atteint son but. Et surtout de nos jours où le fascisme refait surface. On se réjouit plutôt que des êtres aussi abjects finissent leur vie comme des rats traqués.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2025
La disparition de Josef Mengele semble faire l'objet de divers procès d'intention. On peut le comprendre pour une part, car le film adopte un point de vue inattendu : il nous immerge dans le quotidien de l'ancien médecin d’Auschwitz à trois périodes différentes de sa vie. Or, au quotidien, Mengele est un nazi absolu, donc il passe son temps à tenir des propos nazis, toujours dits au premier degré. Et ce n'est souvent que parce qu'il est admis dans nos sociétés que les nazis représentent le mal absolu, qu'on comprend la charge critique que le cinéaste met dans son film. Mais si vous mettez un sympathisant nazi devant le même film, il trouvera cela probablement très bien, et adhérera à cet efficace objet de propagande.
Serebrennikov sent évidemment le piège de ce dispositif, et il introduit le personnage de Mengele au travers d'une séquence contemporaine, dans une université brésilienne. Il ajoute le personnage du fils de Mengele, qui est nourri de culture antinazi et vient donc réclamer des comptes à son père. Enfin pour réduire encore l'ambiguïté, le cinéaste a eu la mauvaise idée d'introduire une scène en couleur qui se passe à Auschwitz en 1943. Mais c'est tourné d'une façon tellement cheap et cela montre des actes tellement loin des horreurs absolues qu'on connaît de Mengele que s'en est ridicule.
Plus généralement, La disparition de Josef Mengele est un bon film, bien mis en scène, bien joué, qui nous apprend plein de choses sur les nazis exilés en Amérique du Sud et sur la fin de vie de Mengele en particulier. Le noir et blanc très classieux rappelle évidemment La liste de Schindler. Serebrennikov n'écrase pas du tout son sujet sous le coup de ses mouvements de caméra, comme il l'a fait dans d'autres films. Ici la forme est vraiment au service du fond.
On découvre donc un homme qui cherche continuellement à minimiser ses actes, révèle oralement les horreurs commis par ses collègues, doit se cacher en permanence, mobilise la fortune de sa famille pour trouver des soutiens locaux, et subiit l'humiliation de vivre dans un pays qu'il méprise alors qu'il rêve du Reich éternel. Partout transpire son mépris pour tout ce qui n'est pas aryen ou allemand, etc. Néanmoins l'intérêt historique et l'expérience cinématographique l'emportent sur l'indignation et le film reste toujours intéressant à regarder.
Daria Garnier
Daria Garnier

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 octobre 2025
Je ne m’en remets pas ! Un film extraordinaire du réalisateur russe Kirill Serebrennikov, actuellement dans les cinémas français. À voir absolument !
Jean Roche
Jean Roche

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 octobre 2025
Pire film interminable et il ne se passe rien que des scènes sans aucun intérêt pour habiller un vide sidéral et très violent. A fuir!
garnierix

306 abonnés 593 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 octobre 2025
Votre tragédie, monsieur Serebrennikov qu'on ne connaît pas, mérite une ovation. On en sort éberlué. D'abord, la musique nous hypnotise pendant plus de deux heures. Ensuite, le montage nous égare autant que le personnage Mengele l'est avec lui-même (des spectateurs prendront ça pour un défaut du film) : suivre les flashbacks et les hallucinations est un véritable cauchemar. On assiste à une véritable psychanalyse. Le personnage n'est d'ailleurs pas tant Mengele que le nazi en général (au lieu de s'intituler "la disparition de Josef Mengele", le film aurait pu s'intituler "le procès d'un nazi pur jus"). Dans ce contexte, ceux qui croisent Mengele au cours de ses pérégrinations (et qui nous représentent en quelque sorte) font figure de niais en voulant comprendre les méandres cérébraux des ingénieurs eugénistes du 3ème Reich, des entreprises qui en profitaient, et peut-être bien de certaines hystéries contemporaines - ambition du film ?

On pensait voir un documentaire et l'on a vu autre chose, un film d'auteur en tout cas, comme on dit. Il y a des choix de réalisation qui méritent d'être vus (mais pas d'être dévoilés ici), car ils sont des projections du personnage Mengele (habité, colérique), des choix de réalisation parfois perturbants mais révélateurs de l'état mental de ce personnage. spoiler: Par exemple, c'est un film en noir et blanc qui pourrait être en couleur, mais un unique passage l'est (en couleur), et nous scotche : celui qui montre le camp d'Auschwitz - horreurs ensoleillées de souvenirs SS !
Benjamin A

808 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 octobre 2025
Kirill Serebrennikov ouvre La Disparition de Josef Mengele comme un film noir : imper sombre, clair-obscur, notes de jazz feutrées. Le noir et blanc installe d’emblée une ambiance troublante car presque élégante, à la frontière du polar et du cauchemar. Puis le film glisse vers autre chose, un drame mental, paranoïaque, où le temps se brouille et où le docteur d’Auschwitz devient, peu à peu, l’ombre de lui-même.


Ce qui intéresse le cinéaste, ce n’est pas tant la monstruosité que le contraste : le Mengele sûr de lui, froid et méthodique, puis le vieillard traqué, enfermé dans sa solitude et ses hallucinations. Jamais il ne regrette, il a, selon lui, servi l'Allemagne puis la science, il a "fait ce qu'il fallait", sans remord, au contraire. Serebrennikov ne cherche pas à le réhabiliter, ni à le juger frontalement, il filme la lente extinction d’un homme qui n’a jamais pris conscience de ses crimes.


Le rapport au fils devient alors central, l'un des fils conducteurs. Le père, déifié, incompris, refuse d’admettre le rejet de sa propre descendance. C’est à travers ce lien brisé que le cinéaste laisse percer, brièvement, une émotion presque humaine, la seule faiblesse d’un être qui n’en avait plus. C'est à ce moment là que le film est le plus intéressant, un monstre qui n'a pas montré d'empathie peut avoir de sincères émotions.


Autour de lui, les anciens camarades nazis, les réseaux de fuite en Amérique du Sud, les compromissions : Serebrennikov suggère plus qu’il ne montre. Parfois, on sent qu’il retient sa mise en scène, que certaines séquences (notamment celles de la cavale) manquent d’ampleur, comme s’il était assommé par le sujet. Dans ce sens, la partie centrale, plus pesante, rappelle The Zone of Interest par sa froideur clinique et sa tension sourde.


Serebrennikov filme la chute avec distance. Il filme le corps qui vieillit, le cerveau qui se perd. Il ne moralise pas vraiment, sauf la dernière partie, où les hallucinations sur d'anciennes victimes, alourdissent plus qu'autre chose. La conclusion s’impose pourtant d’elle-même : la mort solitaire d’un être vidé, puni par la lente agonie de sa propre conscience absente.


La Disparition de Josef Mengele met en scène un monstre ordinaire, un homme qui a brisé les frontières entre devoir et barbarie, obéissance et vide moral. Vertigineux, parfois frustrant, toujours fascinant.


Il faudrait maintenant pousser le concept jusqu’à explorer les nazis “réhabilités” par les Alliés, il y aurait, là aussi, beaucoup de choses à dire et d'angles possibles.
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