La Disparition de Josef Mengele
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93 critiques spectateurs

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Jean-Thomas R
Jean-Thomas R

23 abonnés 19 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 3 novembre 2025
Le film démarre presque trop bien : un noir et blanc élégant, de grands plans larges, une richesse sonore ambitieuse… On se dit qu’on tient là quelque chose. Puis, très vite, tout se fige dans la pose. La mise en scène devient maniérée, démonstrative, presque narcissique. On ne parvient jamais à s’attacher au personnage — et pourtant, même un monstre peut être raconté sans être excusé. Ici, il reste une silhouette froide, antipathique d’emblée, mais surtout vide. La bande-son finit par saturer, physiquement. On en sort avec l’impression de s’être infligé 2h30 de tension sonore continue, sans contrepoint, sans respiration. Certes, le malaise est assumé — mais il devient gratuit. Au point où le mal absolu que fut le personnage semble étrangement banalisé, noyé sous les effets de style. Là où Roma d’Alfonso Cuarón ou La Zone d’intérêt de Jonathan Glazer réussissent à inscrire l’intime dans l’Histoire, ici la forme écrase tout. Et quand on touche à l’Holocauste, la disproportion entre sujet et dispositif devien
Chris58640
Chris58640

261 abonnés 835 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 novembre 2025
Adaptation allemande du très intéressant roman d’Olivier Guez « La Disparition de Josef Mengele », le film de Kirill Serebrinnikov est un (très) long métrage sur lequel il a y à la fois beaucoup à dire, et sur lequel on a dans le même temps bien du mal à se faire une impression. Sur la forme d’abord, la première chose est que le film est interminable. 2h16 de Josef Mengele, c’est long ! Le film n’en finit pas, comme la misérable existence de ce sale bonhomme n’en finit pas non plus. Les scènes s’étirent, certaines sont étrangement longues (une table que l’on débarrasse après un diner, une ballade avec les chiens en forêts…) et on se demande quand même bien ce qu’elles peuvent apporter au propos. Kirill Serebrinnikov fait le choix du noir et blanc. Pourquoi ? Pour appuyer la lourdeur de son propos ? Pour bien montrer combien l’existence de Mengele en Amérique du Sud est une déchéance ? Part souci de rigueur et de pudeur ? Je ne sais pas mais après tout pourquoi pas. Au milieu du film la couleur apparait soudain, éclatante, rayonnante, quand il s’agit de montrer le bonheur d’un jeune couple pendant la Guerre, et surtout les camps. La couleur pour l’innommable, le noir et blanc pour la fuite pathétique d’un misérable nazi, la couleur pour l’Allemagne nazie, le noir et blanc pour l’Amérique du Sud multiculturelle écrasée de soleil : le contraste prends à la gorge. Les scènes filmées à Auschwitz (le tri à la sortie des wagons, les expériences scientifiques, les exécutions) sont irregardables. Je ne sais pas s’il s’agit de vrais films d’époque ou de reconstitution mais je ne veux pas le savoir, c’est in-sou-te-nable. Même en sachant toute l’horreur de son travail même en ayant lu, vu, entendu ce que l’Ange de la Mort faisait sur les déportés, y assister de cette façon crue, chirurgicale, accompagné d’une musique omniprésente, c’était au dessus de mes forces et il a fallu que je me fasse violence pour ne pas sortir de la salle, ce qui ne m’arrive jamais ! La musique aussi m’a posé problème, surtout au début où elle est assourdissante, presque incommodante. Souvent la musique aura été utilisée de façon décalée, là encore pourquoi pas s’il s’agit de créer le malaise. Mais au vu de ce qui est raconté ici, distiller le malaise en plus par la musique et la couleur était-il vraiment indispensable ? Dernière petite chose sur la forme, quand on propose un film allemand, on sous titre les dialogues ET les phrases écrites de la fin, tout le monde ne parle pas la langue de Goethe. C’est le comédien August Diehl qui tient le rôle de Mengele à tous les âges (et le maquillage est impressionnant). Inutile de trop disserter sur les seconds rôles car c’est bien lui qui est au centre de l’image en permanence. Il incarne un Mengele qui passe par tous les états : arrogant, inquiet, dépressif, agressif, résigné, pathétique, tourmenté et il ne nous soutire jamais, ô grand jamais, la moindre petite parcelle de compassion et pour cela, August Diehl, je vous dis merci. Le scénario comme le roman avant lui remplis les blancs d’une existence post-guerre mal connue. Mengele vit caché en permanence, se sentant (à raison) traqué après la chute de Perón en Argentine. Parce qu’avant, point de vue salut nazis et croix gammée, c’est « open bar » en Argentine, personne ne se cache et les anciens nazis rêvent ouvertement du IVème Reich. Après ce sera différent, l’Ange de la Mort aura mangé son pain blanc. Et la déchéance sera terrible, et parfaitement méritée. Jusqu’à son dernier souffle, il tiendra un discours nazis à son fils venus lui demander des comptes. Ce pauvre garçon, tourmenté de porter ce nom de famille, semble porter sur ses épaules toute la culpabilité que son père refuse d’endosser. Du soutient des dictatures sud américaine aux anciens nazis on ne saura rien, le film n’est pas un film politique. Il ne s’agit ici que de la descente aux enfers d’un s... qui y est aujourd’hui pour de bon et pour l’éternité. Il y a dans ce film des petits passages étranges : chez le coiffeur le fils de Mengele se fait raser la tête par une main de déporté, des étoiles de David fleurissent ici ou là dans une fête de mariage brésilien, etc... Que penser ce cela aussi ? Je ne sais pas trop. Je ne sais pas trop quoi penser du film de Kirill Serebrinnikov, ni si je peux le conseiller ou pas : ce film est une sorte d’énigme que l’on n’a pas très envie de dénouer.
Ludwig Lechleitner
Ludwig Lechleitner

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 novembre 2025
La VF est vraiment calamiteuse.
Déjà, Mengele a un drôle d'accent allemand mais pas les autres Allemands. Quand il marmonne ça devient incompréhensible alors qu'en allemand dans la VO j'avais compris l'intégralité de son discours.
Ensuite, le choix de traduire ou non les langues étrangères comme l'espagnol ou le portugais c'est hyper arbitraire et irrégulier. Par exemple, les jumeaux lors du mariage... ils ne parlent pas un mot d'allemand alors pourquoi ne pas avoir laissé l'espagnol ? Pareil pour le coiffeur. Rolf ne parle pas un mot de portugais et ne comprend rien à ce que le coiffeur lui raconte. Alors bon sang... pourquoi l'avoir traduis dans la VF ??
Arthus27
Arthus27

128 abonnés 642 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 octobre 2025
Est ce que les nazis vont bien? Visiblement, bif bof... Josef Mengele, médecin d'Auschwitz et acteur majeur de la Shoa, s'enfuit en Argentine rêvant d'un retour du grand Reich... S'ensuit une longue et inéluctable décrépitude. Le réalisateur garde la parfaite distance, n'accordant aucune compassion, aucune pitié pour son personnage, présenté comme le psychopathe qu'il est. Le tout appuyé par un noir et blanc crasseux et pesant. Un film extrêmement puissant mais âpre.
Pierre Kuzor
Pierre Kuzor

189 abonnés 607 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 octobre 2025
Ai vu « La disparition de Josef Mengele » de Kirill Serebrennikov d’après le roman de Olivier Guez, présenté au Festival de Cannes 2025. Serebrennikov est également metteur en scène de théâtre et d’opéra et je connais son travail car j’aime son oeil avisé, son attachement aux cadres très affutés, son esthétisme exigeant où tout à une raison d’être dans l’image. Parfois c’est loupé (« Limonov », « La femme de Tchaikovski ») et d’autres fois c’est sublime (« Le disciple », « Leto »). Ce dernier opus fait partie de la deuxième catégorie. Sujet sulfureux, dérangeant, le réalisateur russe n’en signe pas moins une oeuvre exigeante et brillante. Au lendemain de la deuxième guerre mondiale, Josef Mengele, le médecin nazi qui a sévit et torturé au camps d’extermination d’Auschwitz, des milliers de juifs, fuit l’Allemagne pour se cacher sous de fausses identités en Argentine, au Brésil puis au Paraguay afin d’échapper à ses responsabilités et à toutes chances d’être jugé. Film en noir et blanc extrêmement contrastés, au montage acéré passant d’une époque à l’autre avec brio, à la musique passionnante (Ilya Demutsky), et à l’interprétation stupéfiante d’August Diehl. Je dois avouer aussi que j’ai appris beaucoup de choses notamment la grande tolérance des autorités locales et le regroupement des nazis en une société vivant au grand jour leur soif de vengeance et leur absence totale de remord. En son milieu le film passe en format Super 8 et se pare de couleurs agressives où le rouge sang et le jaune dominent, juste pour quelques minutes, afin d’illustrer de façon frontale la nostalgie qu’à cet homme ignoble pour « ses heures de gloire ». La caméra n’a aucune compassion pour ce personnage répugnant, hystérique, colérique, impulsif qui se délite peu à peu dans sa monstruosité. Le travail d’August Diehl est impressionnant de puissance, de justesse et il n’a pas du être facile de sortir de ce rôle qui ne provoque que répulsion. Bien évidemment le projet de Serebrennikov est aussi de faire un parallèle avec notre époque où certains monstres pourraient bien reparaitre. Une oeuvre qui heurte de plein fouet, divise, bouscule mais fait réfléchir, frémir. C’est indéniablement une grande oeuvre cinématographique.
CINÉ FEEL
CINÉ FEEL

83 abonnés 292 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 janvier 2026
Deuxième biopic d’affilée par le réalisateur russe le plus intrigant et le plus prolixe, Serebrennikov
Et le plus en vue à Cannes
Après Limonov, il s’intéresse à Mengele. Deux formes différentes de la monstruosité, en quelque sorte. Et dans les deux cas, une mise en scène brillante , ou tout est maîtrisé : cadre, lumière, plans séquence, décors, interprétation.
Au delà de la forme, qu’en retenir ? Une forme de courage, ou de provocation du réalisateur qui se place délibérément aux antipodes du hors champ de La zone d’intérêt, se permettant en une séquence centrale de montrer l’horreur de manière très crue. Et pour ceux qui osent s’affranchir d’un jugement critique purement moral, force est de reconnaître que cela n’est ni gratuit ni voyeurisme. Juste une vision de l’horreur …
C’est un film qui, malgré son esthétisme parfois trop suffocant, ne cherche pas forcément à plaire, mais que je conseille pour son interprète, formidable à tous les âges : August Dielh.
Lestoupiesdefred
Lestoupiesdefred

6 abonnés 46 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 octobre 2025
sujet difficile... mais film remarquable et magnifiquement monté
les images sont superbes
j'ai beaucoup aimé comment le réalisateur a traité ce sujet...
Amenemhat
Amenemhat

5 abonnés 65 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 octobre 2025
Il est impossible, dans ce film, de séparer le factuel du romancé (sauf à l'extrême fin). Mais quoi qu'il en soit, c'est bien fait et tout à fait plausible. Cet homme dont on décrit le vieillissement en parallèle à sa déchéance économique, conserve une idéologie indéracinable et reste de bout en bout rongé par le sentiment d'échec et pas du tout par celui d'un quelconque remords, avec de rares touches d'humanité envers son fils et les femmes. Le Reich se meurt... Les dernières minutes du film sont superbes, en particulier le miroir grotesque de la gravure de Dürer !
selenie

7 482 abonnés 6 719 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 octobre 2025
On constate deux paramètres importants, d'abord qu'il existe de nombreuses périodes méconnues ce qui expliquent les ellipses ou les résumés, le film reste donc focalisé sur les périodes les plus connues historiquement parlant ce qui est un très bon point, puis il y a le chapitrage qui insinue que Josef Mengele avait constamment des faux papiers et des alias ce qui est par contre faux, le film arase donc la problématique inouïe que justement, Mengele utilisait la plupart du temps son véritable nom et qu'il était presque toujours constamment connu des autorités locales. Si le scénario s'attache à reconstituer sa fuite et son quotidien de façon aussi réaliste et crédible, on apprécie aussi et surtout ce qui entoure le réseau d'entraide nazi, la partie authentique et logique du film est passionnante. Ensuite il y la côté plus subjectif, la dimension psychologique de Mengele qui se partage entre ce qu'on sait, puis ce qu'on ne peut que deviner ou imaginer ce que Serebrennikov n'hésite pas à faire mais de façon inégale, parfois trop laborieuse ou redondante. Le film est donc inégal, mais historiquement le film reste d'une valeur certaine, avec un choix de mise en scène qui permet un parallèle qui se confond entre le monstre et l'homme. A voir.
Site : Selenie
Delphine Solange
Delphine Solange

15 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
Très grand film à tous niveaux. Même celui d'avoir décidé, contre toute la bien-pensance en cours de montrer l'immontrable. Un choix de cinéma courageux et tellement nécessaire à notre époque en train de perdre la mémoire. Ne pas écouter les critiques qui tentent avec ce film de dénier à Kirill Serebrennikov le statut de grand réalisateur d'aujourd'hui.
JohnPlayerS
JohnPlayerS

8 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 29 octobre 2025
Film brillant, on ressent de la tension tout au long du film et Mengele est montré tel qu'il était, abject et écoeurant. August Diehl est exceptionnel dans ce rôle !
J'espère que ce film recevra quelques récompenses.
Domvill
Domvill

37 abonnés 248 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 octobre 2025
c'est indéniablement très bien filmé avec des images et une lumière qui mettent en relief une atmosphère glauque autour de ce diabolique personnage qui n'éprouve aucun remord et sombre dans sa folie au fur et à mesure de ses cavaler successives. Le noir et blanc sert très bien la narration mais on aurait pu éviter ces passages à la couleur qui n'apportent rien.
pas plus cependant que les imagés du passé filmées en super 8 qui n'apportent rien de plus. mais c'est le rythme qui pêche dans ce film avec ce mélange des périodes qui évoluent au fil des fausses identités et des pays ...même si les événements, les rencontres, notamment avec son fils et sa seconde femme sont fidèles à la réalité le film présenté beaucoup de longueurs... une demi heure de trop.
sylcler
sylcler

6 abonnés 68 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 27 octobre 2025
Difficile à comprendre le but de ce film, l'empathie est déplacée à part quelques colères. Très déçue
Laurette S
Laurette S

35 abonnés 166 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2025
Il est normal qu'un tel film divise l'opinion. Mais comme il n'y a aucune ambiguïté sur le fait que le personnage est une ordure qui ne suscite aucune empathie mais une profonde répulsion, je trouve que le cinéaste atteint son but. Et surtout de nos jours où le fascisme refait surface. On se réjouit plutôt que des êtres aussi abjects finissent leur vie comme des rats traqués.
Tumtumtree
Tumtumtree

203 abonnés 587 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 octobre 2025
La disparition de Josef Mengele semble faire l'objet de divers procès d'intention. On peut le comprendre pour une part, car le film adopte un point de vue inattendu : il nous immerge dans le quotidien de l'ancien médecin d’Auschwitz à trois périodes différentes de sa vie. Or, au quotidien, Mengele est un nazi absolu, donc il passe son temps à tenir des propos nazis, toujours dits au premier degré. Et ce n'est souvent que parce qu'il est admis dans nos sociétés que les nazis représentent le mal absolu, qu'on comprend la charge critique que le cinéaste met dans son film. Mais si vous mettez un sympathisant nazi devant le même film, il trouvera cela probablement très bien, et adhérera à cet efficace objet de propagande.
Serebrennikov sent évidemment le piège de ce dispositif, et il introduit le personnage de Mengele au travers d'une séquence contemporaine, dans une université brésilienne. Il ajoute le personnage du fils de Mengele, qui est nourri de culture antinazi et vient donc réclamer des comptes à son père. Enfin pour réduire encore l'ambiguïté, le cinéaste a eu la mauvaise idée d'introduire une scène en couleur qui se passe à Auschwitz en 1943. Mais c'est tourné d'une façon tellement cheap et cela montre des actes tellement loin des horreurs absolues qu'on connaît de Mengele que s'en est ridicule.
Plus généralement, La disparition de Josef Mengele est un bon film, bien mis en scène, bien joué, qui nous apprend plein de choses sur les nazis exilés en Amérique du Sud et sur la fin de vie de Mengele en particulier. Le noir et blanc très classieux rappelle évidemment La liste de Schindler. Serebrennikov n'écrase pas du tout son sujet sous le coup de ses mouvements de caméra, comme il l'a fait dans d'autres films. Ici la forme est vraiment au service du fond.
On découvre donc un homme qui cherche continuellement à minimiser ses actes, révèle oralement les horreurs commis par ses collègues, doit se cacher en permanence, mobilise la fortune de sa famille pour trouver des soutiens locaux, et subiit l'humiliation de vivre dans un pays qu'il méprise alors qu'il rêve du Reich éternel. Partout transpire son mépris pour tout ce qui n'est pas aryen ou allemand, etc. Néanmoins l'intérêt historique et l'expérience cinématographique l'emportent sur l'indignation et le film reste toujours intéressant à regarder.
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