La Disparition de Josef Mengele
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89 critiques spectateurs

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traversay1

4 482 abonnés 5 353 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2025
Retrouvera-t-on un jour le Kirill Serebrennikov emballant de Leto ou même du Disciple ? Peu probable, car avec cette trilogie de quasi-biopics : de La femme de Tchaïkovski à Limonov, jusqu'à Mengele, ne s'éloignerait-il pas de plus en plus de la Russie, à l'instar d'un Zviaguintsev, figure encore plus majeure et dont on attend impatiemment un prochain film ? Pour en revenir à son dernier sujet, ce récit en forme de puzzle répond en partie à la question de savoir si le médecin d'Auschwitz était un monstre ou un zélé serviteur des forces du mal. Les deux, à l'évidence, même si Mengele n'aurait adhéré qu'à la deuxième proposition. Serebrennikov filme les tribulations de son personnage principal d'une manière qui peut sembler chaotique, mais qui s'attache, en définitive, à la déchéance de cet ignoble type, ce qui ne fait tout de même pas oublier qu'il a pu échapper à la justice des hommes. Qu'il ait vécu de longues années dans la peur de devoir rendre des comptes ne console en rien de son impunité et de son absence totale de remords. Dans cette évaporation lente du héros, dans un noir et blanc presque trop esthétique, spoiler: les quelques séquences en couleurs, qui rappellent qui était ce boucher, suscitent un vrai malaise et une interrogation. N'était-ce pas plus judicieux de laisser l'horreur hors-champ ? On rétorquera que montrer c'est aussi apprendre à ceux qui ignorent ou qui n'ont qu'une vague idée des atrocités commises dans les camps. Peut-être, mais peut-être pas, finalement.
Adelme D.Otrante
Adelme D.Otrante

228 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 octobre 2025
Après les gesticulations vaines de son Limonov le réalisateur russe revient en forme pour nous raconter la déchéance sud-américaine de l’Ange de La Mort du camp d’Auschwitz.
Un film qui ne ménage pas le spectateur et qui ne s’embarrasse pas avec le politiquement correct.
Comme toujours avec Serebrennikov.
Le noir et blanc glacial est fissuré lors d’une scène évoquant le camp de la mort tournée en 16mm couleur. Un instant suspendu extrêmement troublant qui est un peu l’antithèse de ce que a proposé Jonathan Glazer l’an passé.
Le réalisateur anglais utilisait le hors-champ, le russe lui braque sa caméra sur l’horreur absolue.
amafu
amafu

10 abonnés 180 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 27 octobre 2025
Josef Mengele, de sinistre mémoire, est l'un des criminels nazis qui a réussi à échapper aux autorités israéliennes et allemandes et qui n'a jamais été jugé. C'est sa vie après guerre, entre Brésil, Argentine et Paraguay, avec quelques retours en Allemagne ,qui est racontée, selon le roman d'Olivier Guez (que je n'ai pas lu, et dont je suppose qu'il lui est fidèle). Sur la forme du film, le va et vient entre plusieurs époques peut gêner, même si on s'y retrouve . Et pourquoi certaines séquences sont-elles en couleur (scènes de déportations, et vie à l'intérieur du camp, "expériences" médicales, etc, qui sont plutôt pénibles à voir), alors que le film est en noir et blanc ?J'ai ressenti un peu de malaise, là. Et le film est beaucoup trop long, une demi heure de moins n'aurait pas nui...Sur le fond, ça a un intérêt historique incontestable. Et je me suis également demandé si tous ces criminels nazis (pas seulement Mengele) n'avaient jamais éprouvé l'ombre d'un remords pour leurs crimes, mais il semble bien que non tellement ils sont encore dans leur délire de "Grand Reich" et de "race aryenne". Ca laisse perplexe.....
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 412 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2025
Adaptation du livre (2017 ) de Olivier Guez, que j'avais lu, le dernier opus du russe Kyrill Serebrennikov, me semble être une des ses meilleures réussites.

Le scénario se propose de suivre en pointillé ( peut-être un peu trop ) la fuite en Amérique du Sud du criminel de guerre Mengele, dans les années qui suivirent la fin de la seconde guerre mondiale.

Les scènes avec son fils, ou ce dernier tente de le confronter à lui même, me paraissent être les plus fortes et les plus révélatrices de la psychologie funeste, criminelle, de Mengele,
dépourvu de sentiments moraux.

Le film a été critiqué, selon moi injustement, pour le contenu de son passage filmé en couleurs.

Serebrennikov est attiré par les personnages à la santé mentale gravement dérangée (" le disciple", " la femme de Tchaïkovski", " Limonov" notamment).

Ici c'est le portrait d'un psychopathe ( profil psychologique toujours existant) servi par les circonstances historiques. Prenons garde de ne pas réunir de nouveau ces dernières, c'est me semble t il la principale leçon du film.
maugis
maugis

23 abonnés 72 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 octobre 2025
superbement joué et parfaitement filmé ce film montre, sans polémiques, l'absence de remords de ses criminels nazis obnubilés par la vénération de Hitler et la grandeur de leur race, vénération heureusement disparue dans la génération allemande suivante
à voir absolument
Patrice Corde
Patrice Corde

2 abonnés 23 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2025
Malgré le montage non-chronologique un peu perturbant au début, ce film est excellent. L'acteur principal incarne un Mengele archétype du nazi. Le réalisateur a dû voir le dvd Mengele der Todesangel de la série fie Verbrecher de Guido Knopp. On retrouve parfois les mêmes scènes.
Glaçant
PLR
PLR

556 abonnés 1 770 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 octobre 2025
Ce type de biopic (très partiel car il n’y a pratiquement que la période de fuite et de clandestinité), drame (ça le serait à moins car il s’agit en filigrane des heures les plus sombres de l’Histoire contemporaine) et historique (bien qu’il s’agisse d’un malfaisant dont l’Histoire aurait préféré oublier le nom, mais impossible) a une valeur quasi-documentaire. Sauf que pas mal de choses sur l’itinéraire, le cheminement criminel et le contexte sont zappés. Je ne saurais dire si c’était déjà le cas dans le roman éponyme (Prix Renaudot, 2017). Il semblerait que oui car la critique littéraire regrettait déjà que parfois l'écrivain n'ait pas jugé bon, face à certaines zones d'ombres, d'indiquer les angles morts de l'histoire qu'il raconte. Au détour des dialogues, lorsque le fils du criminel de guerre demande quelques explications sur le rôle et la conscience de son père, c’est malaisant. « J’ai fait mon devoir. J’ai obéi aux ordres. J’ai sauvé des gens (sic) » (en triant ceux qui étaient aptes au travail et les autres). D’autres médecins – des noms que l’Histoire n’a pas retenu, tant mieux peut-être finalement – sont égrenés, façon pour le personnage de souligner qu’il n’était pas le seul, qu’il n’était (de son point de vue) pas le pire. « Nous avons fait avancer la recherche médicale allemande » (cancer). Le propos du film n’est certes pas de justifier l’injustifiable mais, brut de décoffrage pour un public qui serait insuffisamment averti, il y a matière à un certain trouble.
Charles de Quillacq
Charles de Quillacq

4 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2025
Parfois insoutenable, parfois virtuose, souvent déroutant, le film laisse une impression de vertige.
C’est du vrai cinéma! Mais la vision qu’il défend est-elle morale ?
BLS Moviedebrief
BLS Moviedebrief

33 abonnés 302 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2025
«Le mal incarné»
On suit la fuite et les planques de « L’ange de la mort » d’Auschwitz, l’horrible Docteur Mengele, qui finira ses jours en 1979 dans une quasi misère au fin fond du Brésil, sans jamais être trouvé par le Mossad. Jusqu’au bout il restera inflexible sur la pensée nazi qui l’habite. On s’aperçoit que des années après la fin de la guerre les réseaux nazis étaient toujours actifs dans l’entraide et la volonté de reprendre le combat pour la « Grande Allemagne ».
Film très intéressant et documenté d’archives (et aussi terrifiant de ce fait) magnifiquement filmé la plupart du temps en Noir et Blanc, à l’exception de la période « rêvée » d’Auschwitz (de l’avis des tortionnaires) filmée en couleur avec une musique légère…
Christophe R.
Christophe R.

7 abonnés 10 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 octobre 2025
Ce film est une réussite, il relate parfaitement la vie de Mengele et de son fanatisme.
Film sombre très bien réalisé et avec un excellent acteur principal dans le rôle de Mengele.
A voir absolument.
dan47
dan47

70 abonnés 163 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 octobre 2025
j’ai regretté la mise en scène du début du film c’était « brouillon » mais ce film est traité différemment des autres concernant cette triste page de l’histoire et c’était tout son intérêt.
remyll
remyll

256 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 octobre 2025
Le brillant réalisateur russe Kirill Serebrennikov offre ici une oeuvre remarquable. Il utilise quasiment durant tout le film le noir et blanc avec la maestria contrastée et esthétique d’une Leni Riefenstahl pour, à mon avis, montrer l’ampleur de l’angoisse lancinante permanente et sans cesse grandissante pendant sa fuite à l’autre bout du monde du terrible médecin criminel du camp d’Auschwitz.
Ce médecin nazi de « bonne » famille bourgeoise, fortunée et terriblement antisemite aura été le « médecin » criminel du régime nazi le plus recherché par toutes les polices du monde pour avoir pratiqué d’innombrables et terribles « expériences » médicales. Les actes effectués pour la plupart in vivo sans anesthésie, parmi les plus cruels et les plus odieux qui aient jamais été pratiqués ne sont ici et heureusement que brièvement montrés. Tout le film s’articule surtout sur sa fuite angoissée et interminable avec sa garde rapprochée depuis la fin de la guerre jusqu’à sa mort en 1979 au Brésil.
Le cynisme est poussé au paroxysme quand le réalisateur utilise la couleur en trois assez brefs moments particulièrement intenses, brutaux et paradoxaux : d’abord celui précisément pendant lequel ces expériences innommables sont effectuées à Auschwitz avec ses collègues médecins hilares, puis celui où il fait sauvagement l’amour à sa première femme dont la peau est d’une blancheur assez saisissante. Enfin celui où il rêve de sa propre mort au bord d’une plage…
Le film est très dur, mais saisissant.
Fiers R.
Fiers R.

203 abonnés 871 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 octobre 2025
Le nazisme et ses criminels inspirent le septième art tout autant que la littérature. Comme si les exactions de ces hommes devaient être traitées autant dans un but de compréhension, que de devoir de mémoire, ou encore de fascination ou de réconciliation avec l’Histoire. Le réalisateur russe Kirill Serebrennikov fait une première entorse à sa langue natale pour adapter le livre d’Olivier Guez sur le criminel de guerre nazi et médecin d’Auschwitz, Josef Mengele. Et il le fait à sa sauce et tel qu’on le connaît : mise en scène tape-à-l’œil, durée excessive, interprétation de qualité, moments intenses pour un ensemble ténu et austère. En gros, La Disparition de Josef Mengele contient autant de défauts que de qualités, pour une œuvre décousue et peu aimable, mais qui contient tout de même de grands moments de cinéma et s’essaie au portrait (terrifiant) d’un monstre. La banalité du mal…

Retrouvez ma critique complète sur le site spécialisé Le Mag du Ciné:
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Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 octobre 2025
Me retrouver sur @cinémasansfard (Youtube) !

Il y a des monstres qui ne disparaissent jamais.

Ils changent simplement de visage.

La Disparition de Josef Mengele n’est pas un film sur la traque d’un homme, mais sur la lente décomposition d’une ombre.

Kirill Serebrennikov ne filme pas l’histoire — il filme l’après. Le silence qui suit la barbarie. Les jours gris d’un homme qui s’invente des rituels pour ne pas sombrer. Mengele, joué avec une inquiétante sobriété par August Diehl, ne fuit pas seulement la justice : il fuit le regard du monde. On le suit dans les rues moites de Buenos Aires, dans les forêts étouffantes du Paraguay, dans les plages ternes du Brésil. Partout, le soleil semble trop lourd, comme s’il voulait le brûler sans y parvenir.

La caméra reste à distance.

Elle ne cherche ni empathie ni condamnation.

Elle observe, comme on regarderait un animal blessé se débattre dans une cage invisible. Le monstre est là, mais vidé de sa propre fureur. Ce qui persiste, c’est l’homme, ou ce qu’il en reste : un corps qui vieillit, une mémoire qui se défait, une obsession maladive du contrôle.

Serebrennikov transforme cette cavale en parabole sur la culpabilité et la disparition. Le film avance lentement, à la cadence du remords qu’on refuse d’avouer. Chaque plan est une cicatrice, chaque silence un aveu. La musique, rare, agit comme une respiration étouffée. La lumière, elle, ne pardonne rien : elle éclaire trop, trop blanc, trop cru — comme si le monde entier attendait encore que cet homme soit vu, vraiment vu, pour ce qu’il a fait.

Mais ce que le film raconte, c’est aussi l’échec de cette attente.

Mengele meurt seul, noyé, anonyme, dans un pays qui ne veut plus se souvenir. Le mal s’éteint, mais il ne se rachète pas. Et dans ce vide, Serebrennikov inscrit quelque chose d’étrangement humain : la fatigue du bourreau. Ce n’est pas une rédemption, c’est une ruine.

Le film n’excuse rien. Il montre. Il écoute.

Et dans cette écoute naît un trouble : celui de voir le visage d’un homme quand il n’a plus rien à défendre. Le cinéaste russe, fidèle à sa manière, mêle la rigueur du biopic à la lenteur du poème visuel. Il y a du cendre, du vent, du sable. On sent la poussière du temps, la moiteur d’une chambre fermée, le bourdonnement d’un ventilateur qui tourne sans but.

La Disparition de Josef Mengele est un film sur la trace — ce qui reste quand tout devrait être effacé.

Et c’est là sa force : il ne cherche pas à comprendre le monstre, il nous oblige à regarder ce qu’il devient quand il n’y a plus personne pour le craindre.

Un film d’une froide beauté, sans complaisance, sans cri.

Un miroir tendu à ce que l’Histoire préfère taire.

Note : 15 / 20

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Patrice Pitner
Patrice Pitner

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2025
Très bon film, acteur formidable qu’on a pu apprécier récemment dans la piece Hamlet et dans le film maître et marguerite,
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