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j2lam
7 critiques
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5,0
Publiée le 11 janvier 2022
J'y suis allé à reculons, poussé par les conseils d'amis. Mais je ne regrette pas! Un magnifique film, pour moi le meilleur de Farhadi. Géant jusqu'au bout!
Tout d'abord on croit à la version du personnage principal, Rahim. Puis, le créancier décrédibilise tout. Des pour et des contres se multiplient. A la fin on n'est sûr de rien. Rahim a-t-il voulu faire le malin et n'est tout simplement pas doué ou bien est-il naïf ? Un film énigmatique à ne pas manquer.
Scénariste et réalisateur iranien, qui impose un style réaliste et réfléchi, Asghar Farhadi nous a habitués à délivrer des œuvres bien maîtrisées, apportant l'Iran à l'écran. Dans "UN HÉROS", la dimension esthétique et visuelle ainsi que la dimension mystérieuse qui jouent un rôle dans le cinéma réaliste de Farhadi étaient absentes. Une lourdeur incroyable observée dans ce film. On aime ou on n'aime pas, un grand respect pour tout le travail réalisé
Ce film démontre que nous sommes toujours à la recherche d'un méchant et d'un gentil, surtout à l'heure des réseaux sociaux, alors que chaque personne est bien plus complexe. Les héros n'existent pas, ce sont les histoires qu'on invente autour qui créent le mythe. Histoires qui se font et se défont selon les versions et les intérêts de chacun(e).
Habile. Le nouveau film du maitre iranien deroule sa toile lentement mais surement et finit, malgre quelques longueurs, par nous convaincre de son propos universel - le totalitarisme froid et moral de nos institutions.
Un regard fort sur la Société iranienne, au travers de ce héros , entre liberté et finalement enfermement et le poids de la réputation et des réseaux sociaux . Un film très réussi doté d'un scénario original et servi par de très bons acteurs .
Ce film a beaucoup d'atouts : une histoire et une intrigue vraiment intéressantes, une mise en scène maitrisée par le réalisateur Asghar Farhadi et de bons acteurs. Mais quelques points faibles à mon sens : le film traîne en longueur et le scénario présente trop de rebondissement, perdant ainsi en crédibilité.
L’histoire se passe dans une ville où la notion du temps est bien moins agitée que la capitale. Malgré ça il y a une tension derrière la façade calme. Jspoiler:
Il est des vertus qui ne tiennent qu’à la manière dont on les raconte ; Après Une séparation et Le Passé, il ne s'agit plus seulement de démêler une vérité enfouie dans la sphère privée, mais il s’agit d’observer comment une vérité se fabrique et se consomme dans l'arène publique. Ici Rahim, détenu pour dettes à Chiraz, profite d’une permission. Un sac de pièces d’or apparaît, la tentation d’en tirer profit aussi. Le projet échoue ; il restitue le sac. Un geste d'apparence noble, aussitôt capté par l’institution pénitentiaire et relayé par les médias. En quelques jours, Rahim devient un héros. Mais sur quel récit repose-t-elle, et combien de temps résiste-t-elle aux fissures ?
La prison pour dettes ancre Rahim dans une réalité iranienne concrète. Il n’est pas seulement enfermé pour une somme impayée. Mais très vite, il est pris dans un réseau d’obligations. À la dette financière s’ajoute une dette symbolique envers sa famille, envers son fils, envers l’administration qui espère redorer son image grâce à lui. Farhadi installe ainsi une économie où on rembourse ici pour devoir ailleurs.
Lorsque l'acte initial devient publique, le cadre se peuple de téléphones, d’interviews, de cérémonies. Rahim cesse d’être un homme pour devenir une image. Le directeur de la prison cadre l’événement. Les associations caritatives organisent des cérémonies. Les réseaux sociaux relaient. Chaque apparition publique reformule le geste initial, le simplifie, le rend exemplaire. La bonté doit se montrer pour exister. La mise en scène austère laisse la tension naître des détails, une incohérence, un témoignage fragile, une signature manquante. Le suspense est narratif.
La figure du fils bègue introduit un léger pathos. Dans un monde saturé de discours, sa parole trébuche. Exposé pour confirmer la vertu paternelle, il devient argument. L’émotion se teinte de malaise : la bonté publique se paie d’une mise en scène de l’innocence. Face à Rahim, le créancier rappelle une légitimité contractuelle. Deux régimes de vérité s’affrontent : la reconnaissance médiatique et stricte obligation juridique.
Ainsi chaque décision prise par Rahim semble dictée par le désir de préserver l’image acquise. Un mensonge appelle un autre ou une correction, une omission exige une justification. Plus Rahim tente de préserver son image, plus il s’enferme dans sa propre narration. Farhadi filme cette spirale avec rigueur mais en laissant au spectateur le poids du jugement.
En d'autres mots, l’acte moral ne suffit plus, il doit être validé, partagé, performé. L’honneur devient monnaie. Rahim n’est ni saint ni imposteur ; il est un homme ordinaire happé par la logique du récit public.