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Adelme D.Otrante
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2,0
Publiée le 21 décembre 2021
Je vais à l'encontre de la plupart des critiques déposées ici : non je n'ai pas aimé ce film et oui je suis ravi que Titane ait remporté la Palme à la place de celui-ci. Un héros c'est un personnage tête-à-claque tellement son sourire faux est permanent qui nous promène au grès d'une histoire de pièces d'or aux rebondissements grotesques dans un Iran où règne la corruption et où le regard de l'autre et l'honneur de la famille passe avant tout libre-arbitre. Le tout mise en scène sans grâce particulière mais avec un ennui bien réel. Montesquieu en hommage à la Perse nous avait offert des Lettres, Farhadi nous propose le Néant.
Rahim est en prison pour dettes. Il veut profiter de la courte permission qui lui est octroyée pour obtenir le pardon de son créancier. Il espère rembourser une partie de sa dette avec l’argent qu’a trouvé par hasard Farkhondeh, sa fiancée. Mais il se ravise et décide de le restituer à son propriétaire en passant une annonce. Cette bonne action va avoir des conséquences inattendues.
Ashgar Farhadi est de retour en Iran après un passage peu convaincant par l’Espagne ("Everybody Knows", 2018). Il retrouve, dans la ville de Shiraz, les personnages et les situations qui avaient fait le succès de "Une séparation" et, dans une moindre mesure "Le Passé". habitué des festivals, Fahradi a frôlé la Palme d’Or en juillet dernier à Cannes et obtenu, en lot de consolation, le Grand Prix.
Le titre du film sonne comme un programme. Mais avec Ashgar Farhadi, il faut toujours rester sur ses gardes. Son héros est-il aussi héroïque que le titre du film l’annonce ? Que cache ce rideau qui occulte la moitié de son visage sur l’affiche, laissant suspecter une éventuelle zone d’ombre ? Que scrute ce regard perçant (persan ?) qu’on ne lui voit jamais dans ce film où il arbore perpétuellement un sourire désarmant et un « air de chien battu » – sur la foi duquel sa caution s’est lourdement engagée au risque d’être trahie ?
spoiler: Tout le long du film, sans doute trop habitué aux scénarios hollywoodiens et à ses twists redoutables, j’ai attendu une révélation qui n’est pas venue : celle d’une arnaque dont ce soi-disant « héros » se serait rendu coupable. J’ai imaginé toutes sortes de scénarios échevelés. J’ai par exemple pensé que Rahim et la femme venue chercher l’argent qu’elle avait perdu étaient en fait de mèche. Ou, plus simplement, j’ai pensé que Rahim avait restitué cet argent dans l’idée machiavélique d’en retirer un bénéfice moral.
La réalité est plus triviale. Je l’ai d’ailleurs trouvée assez peu crédible : pourquoi diable voit-on Rahim d’abord essayer de convertir les dix-sept pièces d’or contenues dans le sac trouvé par Farkhondeh puis soudainement changer d’avis ? La calculette du joaillier qui tombe en panne, son stylo qui ne marche pas sont-ils vraiment les seules causes de ce brutal revirement ?
La réalité, donc, se dévoile simplement ou, plutôt, ne se cachait nulle part. Ce repris de justice a fait une bonne action. Mais il a fait une bonne action qui se retourne contre lui à cause de quelques libertés qu’il prend avec la vérité : il affirme, sur les conseils de ses geôliers qui y voient le moyen de rehausser l’image de leur établissement, que c’est lui qui a trouvé ledit sac – alors que c’est sa fiancée qui a fait l’heureuse découverte quelques jours plus tôt. Et faute de remettre la main sur la mystérieuse propriétaire, qui disparaît une fois son sac retrouvé sans qu’on ne retrouve jamais sa trace, il ment sur son identité durant sa déposition.
Tout compte fait, et contrairement à ce que j’escomptais pendant tout le film, "Un héros" n’est pas un film à double fond sur la duplicité humaine et le faux héroïsme. C’est beaucoup plus simplement l’histoire d’un homme pris au piège de ses bonnes actions.
Je reprends approximativement la question d'un responsable de la prison : "es tu malin ou naïf ". L'homme, Rahim, personnage principal est présenté comme passif, il se laisse mener, malmener, manipuler. Il est bousculé vers des actes qu'il ne maîtrise plus, il subit les événements. Il a ce sourire figé, plaqué pour cacher toute rébellion, un anti héros. Il y a quelque chose chez lui de fragile, spectateur paumé de sa propre vie . Son indécision est telle qu'on finit par douter de sa sincérité.La femme, les femmes sont plus battantes, plus dynamiques. Les enfants observent, attentifs, ne s'expriment pas vraiment. Beaucoup d'interrogations et difficile de trouver la part de vérité... Qui croire ? Tout est possible. Une certaine réalité, retransmise par la télévision, colportée par les réseaux sociaux. Un reality show plutôt ! Tout au long du film, je me suis posée la question de la sincérité ou de la manipulation ; mais là encore, de qui ? Les incohérences, les secrets, les non-dits, les tricheries, les mensonges participent à la confusion. Quel message est délivré ? Cette histoire aurait-elle pu se passer dans un autre pays ? Concernant la puissance néfaste des médias je dirai oui. Les réseaux sociaux qui font et défont, trafiquent l'information au point de bouleverser les vies, de condamner un homme. On peut aussi penser que ce film dénonce des institutions ,la collectivité, qui méprisent les individus au point de les nier au profit d'une image vitrine. Je suis sortie confuse, indécise et du coup je me sens proche de Rahim, les images du film m'auraient elles volontairement manipulées au point de me faire douter.
Encore un film exceptionnel de Farhadi, sur la complexité de la société iranienne et de la vie. Acteurs, scénario et réalisation magnifiques. Jusqu'au choix du titre, dans lequel se cache une subtilité inattendue.
Très beau, "un héros" nous livre un homme dans son intimité, ses doutes, ses problèmes, face à un engrenage kafkaïen simple mais infernal. Le film est lent, beau, prenant.
Lent à démarrer... j'ai un peu dormi en attendant que ça démarre... Ca ne démarre pas vraiment mais finalement c'est ça qui est beau. Et en fait j'ai bien aimé, peut-être même beaucoup aimé. C'est assez fou ce qu'on peut faire d'une histoire qui au final a un pitch apparemment léger! Plus le film avance et plus tout est folie... la fin est comme un terrible soupir.. dernier plan superbe.
Non, ce film n'est pas un chef d'oeuvre, malgré son prix du jury à Cannes. Si l'interprétation est excellente, l'histoire de ce "héros" m'a laissé très perplexe: ce personnage est il niais de bout en bout ou pervers? Je n'ai pas tranché, mais dieu qu'il est antipathique, antipathie voulue ou non par le réalisateur ? That Is the question!
quel beau film . une plongée dans la vie iranienne, ses bons côtés et ses plus noirs. un terrible engrenage pour cet homme simple qui ne cherche qu'à s'en sortir, vivre normalement. Mais la folle complexité de la société iranienne le laissera t-il faire?
QUAND on pense que ce filma manqué la palme à cannes au profit de l horrible titane,on croit réver!!un bijou de finesse de subtilité et une leçon de mise en scéne!un des meilleurs films de cette année
Film très bien pensé et ficelé aux dialogues incroyables pour ceux qui comprennent le persan. Un film très moderne illustrant les comportements humains naturels à l’ère des réseaux
Scénariste et réalisateur iranien, qui impose un style réaliste et réfléchi, Asghar Farhadi nous a habitués à délivrer des œuvres bien maîtrisées, apportant l'Iran à l'écran. Dans "UN HÉROS", la dimension esthétique et visuelle ainsi que la dimension mystérieuse qui jouent un rôle dans le cinéma réaliste de Farhadi étaient absentes. Une lourdeur incroyable observée dans ce film. On aime ou on n'aime pas, un grand respect pour tout le travail réalisé
ce n'est pas le meilleur de asghar farhadi que j'apprécie beaucoup. il y a trop de longueurs inutiles pour l'histoire. la passivité de l'acteur principal est lassante on a envie de le remuer pour le faire réagir. dommage que le scénario n'ait pas été plus développé sur l'inconnue et sur l'usage de ces pièces d'or alors que tout le film est basé sur ces éléments indépendamment de la dette à rembourser
Le cinéma de Farhadi se développe surtout par les dialogues et le scénario et peu par la mise en scène mais Un Héros contient une critique intéressante de la récupération médiatique et sociale d'un fait divers, des petits arrangements avec la vérité et du chantage émotionnel.
Comme c'est souvent le cas quand un réalisateur s'expatrie, Asghar Farhadi retrouve pleinement son talent en retournant tourner dans son pays d'origine.
Un héros développe la petite mécanique farhadienne avec une précision diabolique : le bien et le mal semblent les deux faces d'une même pièce, on peut adopter les points de vue des différents personnages à tour de rôle et on est sans cesse tiraillé entre plusieurs considérations, perdu dans une galaxie de dilemmes moraux.
Le film est délicieux car totalement imprévisible : ce à quoi on s'attend n'arrive généralement pas, et à l'inverse Farhadi nous emmène dans des scènes à la fois improbables et férocement réalistes, comme celle de l'enfermement de Rahim dans le magasin.
Le meilleur film de l'iranien depuis Une séparation se termine sur un plan d'exception, peut-être le plus beau vu au cinéma cette année. Le cadre est composé de deux parties : à droite un avenir possible lumineux, à gauche celui vers lequel le personnage va se diriger, du fait de l'enchaînement des évènements, dont il est partiellement responsable (c'est cette finesse qui distingue ce film de celui, poussif et lourdingue, de Rasoulof). Au milieu, une zone grise, celle de notre conscience.
Un héros réussit de multiples prodiges. L'un des plus brillants est de parler merveilleusement bien des réseaux sociaux sans à aucun moment filmer un écran de téléphone : quel autre cinéaste peut être aussi intelligent ? Un autre est de ne pas répondre à la question comprise dans le titre.