Le deuxième film de Léa Mysius contient plusieurs films.
Le premier est le portrait d'une petite fille qui possède un pouvoir surnaturel : voyager dans le temps en sentant une odeur. L'idée est très jolie et donne lieu à de beaux moment poétiques (les "bocaux à odeurs") et à un moment d'une grande intensité, un des plus beaux jumpscare vu récemment au cinéma.
Le second serait la chronique de la vie en province d'un couple mixte dont les liens se distendent doucement sur fond de non-dits. L'utilisation pertinente des décors (on songe à La nuit du 12, tourné dans la même région), la délicatesse de l'approche de Léa Mysius et l'intensité du jeu d'Adèle Exarchopoulos rendent cet aspect du film attachant, même s'il ne brille pas par son originalité.
Le troisième est une histoire de sorcellerie ancrée dans le passé, resurgissant à l'occasion du retour d'un membre de la famille. Cette partie du film est plus lourde que les autres, plus convenue et surtout un peu énervante par son aspect "je vous distille les indices petit à petit, tout en vous laissant deviner rapidement le tableau d'ensemble". Cette partie fantastique se double elle même d'une boucle temporelle paradoxale.
Les trois parties du film ne parviennent pas tout à fait à s'emboîter les unes avec les autres et semblent coexister artificiellement. Le film est trop écrit, ne laissant pas l'émotion surgir de la mise en scène. L'impression générale est toutefois positive, le talent de Léa Mysius réalisatrice surpassant (de peu) les carences de Léa Mysius scénariste.
Un film déjanté, mal fagoté au scénario bancal auquel on ne croit pas une seconde . Et tout cela dans un galimatias moderniste, mêlant des amours lesbiennes, néo interdites, bien « normales » au final, why, ? Du néo racisme, là aussi peu crédible. Beaucoup de cris et de fureur, Adéle Exarchopoulos est bien, comme d’habitude, elle transmet vraiment, même si elle surjoue souvent , probablement à la demande de la réalisatrice, qui dirige mal ; Lourd pesant et soporifique .
J'ai passé un super moment même si j'avoue être restée sur ma faim. L'histoire est captivante et les décors froids et austères de la montagne sont hypnotisants et fascinants. Un film qui oscille entre drame et fantastique avec finesse.
Un film réalisé par Léa Mysius. Un film mystique difficile à réaliser. Enjoués, le faciès et la plastique à Adèle Exarcholoupos. Un tournage situé dans une vallée dans les Alpes d'Isère. La France des vallées. Une légende des seconds rôles français, Patrick Bouchitey, fait parti du casting. La meilleur façon de marcher. Le film a été diffusé au festival de Cannes en 2022. Après, les critiques restent virulentes. Pour un film au cinéma peut-être, mais pour un film à la télévision, un soir en semaine sur France 4, il passe très bien. Quant aux différents sujets traités, il faut bien en avoir des sujets dans un film, même si certains restent clichés. Tant pis. C'est un flop au box office, dommage.
Adèle Exarchopoulos est comme à son habitude extraordinaire. Le film, mêlant surnaturel et drame est parfois assez déroutant...Je ne serais pas dire si j'ai aimé ou non, mais il ne laisse pas complétement indifférent
La juxtaposition de plusieurs genres pour composer le scénario ne donne pas toujours une cohérence complète mais le film tient ses promesses jusqu'au bout (saluons la fin, particulièrement réussie) en laissant le spectateur hors d'haleine. La réalisation, très réussie, en est la cause, et notamment la maîtrise du jeu des acteurs, tous excellents. Si Adèle Exarchopoulos est, comme toujours, très puissante et juste, elle se fait voler la vedette par la jeune actrice qui joue sa fille. Un vrai plaisir de cinéma.
Joanne (Adèle Exarchopoulos) et Jimmy (Moustapha Mbengue) vivent en apparence une vie sans histoire dans un petit village des Alpes. Leur petite fille Vicky a un don : un odorat surdéveloppé qui lui permet de remonter le temps. Quand sa tante Julia revient vivre chez son frère, malgré l’ostracisme qui semble l’avoir frappée dans tout le village, ce don va permettre à Vicky de découvrir le drame qui s’y est déroulé dix ans plus tôt.
Les Alpes vont décidément bien au teint du cinéma français. Après "La Nuit du 12", "Les Cinq Diables" a été filmé dans les mêmes décors, austères et impressionnants, de ces hauts sommets encapuchonnés de neige, sous le ciel maussade d’une intersaison sans ski ni randonnée.
Si on veut poursuivre la comparaison avec "La Nuit du 12", elle risque de tourner au désavantage des "Cinq Diables" qui n’en a ni la force ni l’actualité. C’est, tout bien considéré, un fait divers sans grand intérêt. Mais Léa Mysius, la réalisatrice d’"Ava" en 2017- qui avait révélé Noée Abita qui fait ici un bref caméo – a trois atouts dans sa besace.
Le premier est un scénario façon puzzle qui se dévoile très progressivement en utilisant un artifice qui pourrait sembler banal sinon maladroit : les sauts dans le temps que le don de Vicky lui permet. Grâce à ce procédé, le suspense est entretenu tout au long du film et ne se dénoue qu’à son extrême fin, faisant des "Cinq Diables" – dont la signification du titre s’éclaire très discrètement au détour d’un plan – un thriller captivant.
Le deuxième est une troupe d’acteurs épatants. Adèle Exarchopoulos trône au sommet de l’affiche. Elle est d’une sensualité atomique – ce qui ne nécessite guère de talent particulier ; mais elle démontre de film en film (elle crevait l’écran dans son avant-dernier, "Rien à foutre", où elle campait une hôtesse de l’air dépressive) une maîtrise exceptionnelle et une richesse de jeu que ne possède pas la première cagole venue. L’entourent des comédiens tous remarquables : la petite Sally Dramé qui, à la différence de tant d’enfants stars, ne la ramène pas, Moustapha Mbengue impressionnant de virilité blessée, la révélation Swala Emati dans le rôle ingrat de la « goudou pyromane » (sic) et enfin Daphné Patakia qui après avoir enflammé la pellicule dans Benedetta, a accepté de s’enlaidir pour les besoins du rôle.
Le troisième est une émouvante histoire d’amour qui se dessine progressivement. Elle m’a fait penser à celle que racontait "Le Milieu de l’horizon", un film suisse passé inaperçu, malgré la belle prestation de Laetitia Casta. J’ai craint un instant qu’elle n’affadisse le scénario en lestant d’une romance inutile. Mais, preuve que je n’ai pas tout à fait un cœur de pierre, elle a fini par me toucher et m’émouvoir.
Avec Les cinq diables, Léa Mysius entremêle le drame et la tonalité fantastique, se servant des dons de la petite Vicky comme d’un déplacement vectoriel vers le passé de ses parents et de sa tante pour mieux comprendre les troubles qui perturbent la vie sinon tranquille d’un village auvergnat, sur fond de racisme ambiant. En résulte un film de genre qui reste à la frontière entre le réel et le surnaturel afin d’interroger la complexité de l’identité de genre et l’unité de la cellule familiale si souvent représentée comme un modèle à atteindre : les personnages ne cessent de s’affirmer en tant que corps sportifs, depuis le mari pompier jusqu’aux gymnastes d’autrefois ou maîtresse nageuse d’aujourd’hui, qu’incarnent d’excellents acteurs, à commencer par Adèle Exarchopoulos. Cette insistance sur le corps les raccorde immédiatement à la faiblesse de leur chair et au désir qui consume leur être, loin de l’esprit qui compte moins ici dans la mesure où les protagonistes parlent peu et n’écrivent presque pas, mais agissent de façon à rendre leurs actions révélatrices d’une agitation intérieure. L’intelligence du propos ne doit cependant pas divulguer le caractère inachevé d’un long métrage qui embellit essentiellement le personnage de Joanne Soler au détriment de Jimmy et de sa sœur Julia, regardés avec une distance suspicieuse qui pourrait, par instants, reproduire le rejet raciste des parents d’élèves. De plus, la réalisatrice peine à retranscrire les odeurs que reconnaît et conserve la petite Vicky, réduisant son don à l’état de parti pris scénaristique, guère esthétique. Une imperfection singulière dans le paysage cinématographique français.
J'ai vraiment bien aimé ce film. Les cinq diables est vraiment un bon film sur la sorcellerie mais pas que. Adèle est vraiment extra dans ce film comme son habitude. La petite Sally est top bravo à elle !
Le second long-métrage de Léa Mysius, sorti en 2022, constitue un thriller fantastique sortant indéniablement des sentiers battus. C’est particulièrement vrai dans la première partie du film, avant de tomber dans une intrigue convenue voire farfelue. La relation fusionnelle entre une mère (Adèle Exarchopoulos) et sa petite fille prend une tournure inquiétante lorsqu’une étrangère débarque dans leur foyer. Avec en toile de fond les thèmes du racisme, de l’homosexualité et de la séparation d’un couple, la réalisatrice offre un large panel de sujets de société. C’est peut-être cette abondance d’enjeux noyés dans une trame scénaristique remplie d’incohérences qui finit par égarer le spectateur. Bref, un drame familial original mais insuffisamment structuré.
Les 5 diables, nom prédestiné pour ce centre sportif témoin d'un traumatisme, dans cette ville cachée au fond d'une vallée, coincée entre des paysages somptueux, grandioses et oppressants. Superbe musique totalement en phase avec l'ambiance du récit : tension, appréhension. Ne pas chercher à comprendre : est on dans l'onirisme ou le mystique ? Magie maléfique au quotidien, fantastique de tous les jours. Déjà le film "Les innocents " m'avait séduit et là je confirme mon attirance nouvelle ; si on m'avait dit qu'un jour je pourrai aimer ce type de film multi-genres entre sorcelleries et fantasmes psy. Il y a quelque chose de la transmission des croyances liées à l'enfance qu'on a eu ou qu'on a encore en soi, l'idée d'avoir du pouvoir sur les destinées des autres et de ses parents surtout. Ces yeux d'enfant qui scrutent comme ceux d'un adulte qui surveille. Cette fillette étrange, silencieuse mais au regard si expressif, si intrusif, parmis ces femmes ambiguës qui cachent des souvenirs douloureux. La figure masculine quasi inexistante, passive et pourtant centrale dans le drame. Du don à sentir et ressentir les odeurs et les terreurs il n'y a qu'un pas vers les pouvoirs magiques, le surnaturel, les sortilèges. Pathologie psy. et imaginaire, comment trouver la frontière entre chimères et réel, les peurs, les obsessions de chacun. Échapper à ses angoisses, se laver de ses culpabilités dans un lac gelé, comme une rédemption nécessaire. Un éternel recommencement : lors de la dernière image, il vous faut absolument capter ce regard et me dire ce que vous avez ressenti, compris.
Joli film à la mise en scène excellente, au récit captivant et aux acteu.trice.s parfait.e.s. Le scenario est un peu surfait mais l'ensemble reste passionnant.
Je m'attendais à autre chose, une histoire un peu plus axée sur la jeune actrice que sur le côté dramatique de certains personnages. Une ambiance assez particulière, pesante mais qui se laisse regarder. Je retiens surtout la prestation de la petite jeune.
Un film qualifié de fantastique mais pour moi, essentiellement sociétal. Par tous les artifices qu'elle peut utiliser, la réalisatrice "dénonce" et donne la parole à l'enfant et bien plus. Elle entremêle le passé, le présent et le futur, les vivants et les êtres à venir, les relations homosexuelles et hétérosexuelles...Le tout mettant en scène les 5 diables, 4adultes et un enfant, une petite fille un peu sorcière...qui semble avoir beaucoup de pouvoir! A vous de vous faire votre idée.