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    Il n’y aura plus de nuit
    note moyenne
    3,6
    49 notes dont 6 critiques
    répartition des 6 critiques par note
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    6 critiques spectateurs

    🎬 RENGER 📼
    🎬 RENGER 📼

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    3,0
    Publiée le 2 juillet 2021
    C’est une plongée fascinante en zone de guerre à laquelle nous convie la réalisatrice Eléonore Weber. 75min d’images provenant d’hélicoptères prises sur le front (en Afghanistan, en Irak, en Syrie…). Des images saisissantes qui portent un regard froid sur des images réelles de guerre.

    Il n'y aura plus de nuit (2020) est une compilation d’images infrarouges portée tout au long par la narration monocorde de Nathalie Richard, ainsi qu’un regard militaire, celui de "Pierre V.", un pilote français qui décode ce que nous, simple citoyen, ne percevons.

    Les images prises sur le vif ont toutes été filmées depuis des hélicoptères. Chaque tireur est équipé d’une caméra (obligatoire) qui filme et enregistre tout (ces images sont ensuite archivées et peuvent parfois tomber dans le domaine public sur internet, c’est comme cela que la réalisatrice à pu se fournir). Tout au long du film, la caméra est le prolongement du soldat, le point de vue est le viseur. En un quart de seconde, une rafale peut partir, une roquette peut venir s’écraser et anéantir un pâté de maison ou pulvériser des assaillants (et hélas, parfois des innocents).

    La réalisatrice s’intéresse aux rapports qu’entretiennent les militaires entre le pouvoir et la technologie. Le fait pouvoir surveiller, survenir ou anéantir sans être vu ou entendu (à bord des hélicoptères, ils peuvent filmer jusqu’à plusieurs km de distance). La frontière entre le jour et la nuit s’atténue avec les progrès technologiques, comme en atteste très justement le titre du film. Il n’y a qu’à voir les plans ahurissants filmés en pleine nuit où l’on y voit comme en plein jour (seules les étoiles viennent trahir « le faux jour »), à l’image de certaines caméras déjà utilisés par les militaires telles que la CMOS Kamelon ou la Falcon Eye KC-2000.

    Impossible de ne pas repenser à Good Kill (2014) d’Andrew Niccol, où Ethan Hawke pilotait des drones à plusieurs centaines de km voir des milliers de km et qui, derrière son écran, tuait des talibans. Le rapport de force via l’image infrarouge est exactement le même, le militaire tue par l’intermédiaire de sa caméra, il n’est pas réellement sur le terrain, en première ligne face à l’ennemi.

    Déshumaniser la guerre en remplaçant les individus par de simples cibles à abattre ou à laisser en vie. Un choix parfois cornélien car, comme expliqué dans le film, il n’est pas aisé de différencier l’arme d’un terroriste au râteau d’un agriculteur, quand la caméra infrarouge ne permet pas de faire la distinction, surtout lorsque le soleil vient se réfléchir dessus.

    Il en résulte un documentaire saisissant où la puissance des images s’en retrouve décuplées. Enfin, il est intéressant de constater que, comme expliqué dans le film, les américains donnent à leurs hélicoptères le nom de peuples indiens massacrés (Kiowas, Apaches ou encore Cheyenne), quand les français eux, donnent des noms d’animaux sauvages, oscillant entre proies et prédateurs (Puma, Gazelle ou encore Tigre).

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    Yves G.
    Yves G.

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    1,0
    Publiée le 29 juin 2021
    Philosophe de formation, la documentariste Éléonore Weber a glané sur YouTube des images de guerre déclassifiées filmées sur des théâtres d’opérations extérieures (Afghanistan, Irak, Sahel…) depuis des hélicoptères américains ou français. La voix off de Nathalie Richard les commente.

    En 2014, l’excellent Andrew Niccol réalisait "Good Kill", une fiction dans laquelle Ethan Hawke interprétait le rôle d’un pilote de drone américain, passant des heures derrière son joystick, sur une base américaine du Nevada, effaçant quelques cibles, avant d’aller benoîtement chercher ses enfants à l’école à la fin de ses heures de service. Cette fiction soulignait, mieux que n'importe quel documentaire, la transformation de la guerre moderne en jeu video, la déréalisation du théâtre d’opérations, le déséquilibre des forces en présence et les questions éthiques qu’ils soulèvent.

    Le documentaire de Éléonore Weber traite le même sujet. Il a le mérite de le faire avec des images « vraies », celles muettes, gris blanc, captées par les caméras thermiques embarquées à bord. Pendant quelques minutes, le temps de la bande annonce voire celui du premier quart du film, elles produisent un effet fascinant, accru par la voix off hypnotisante de Nathalie Richard. On essaie de se repérer, d’évaluer les distances, de distinguer les cibles, en évitant, comme les tireurs, les « bavures » : cette silhouette est-elle celle d’un paysan qui porte un râteau ou d’un moudjahidine brandissant une kalashnikov ? Mais bien vite l’ennui s’installe.

    Car "Il n’y aura plus de nuit" souffre d’un défaut rédhibitoire : son absence de scénario. Il n’y a aucune progression dans ce film. Un seul point de vue nous est montré et répété ad libitum. La succession des séquences ne dessine aucune structure, n’articule aucun récit. Éléonore Weber aurait pu en montrer le double ou la moitié sans que l’équilibre de son documentaire en soit modifié. Reconnaissons lui le mérite de s’être borné à soixante-quinze minutes seulement.
    Gfa Cro
    Gfa Cro

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    3,5
    Publiée le 22 juin 2021
    vu le 20210616, avis le 20210621

    pas mal, manque pour moi d'explications



    Durant le film, j'ai noté deux choses :
    Au bout d'un certain temps, les pilotes ne savent plus définir ce qu'est une bavure.
    Là où il y a eu la guerre, il ne peut plus y avoir la paix.

    Pour la seconde idée, j'imagine que l'idée n'est pas jamais à tout jamais. La paix peut revenir, mais elle est extrêmement compliquée parce qu'il y a des armes partout ensuite, il peut y avoir des mines, des pièges. Des blessures, des souvenirs, des absents et des défunts, etc.

    Le documentaire est intéressant mais nous ne bénéficions que d'une phrase explicative très occasionnellement. J'imagine que l'intérêt du documentaire est de se mettre à la place des militaires et de se demander, en fonction de ce que nous voyons, tirons-nous ou pas et si oui, quand. J'imagine aussi que le principe du film est aussi de nous faire nous rendre compte qu'il n'y a pas de vérité. Jamais il ne sera possible de savoir si une arme vue était bien une arme, si une personne qui semblait anodine était bien un simple villageois, etc. Tout ce que l'on peut faire, c'est espérer essayer de deviner. Et c'est là tout l'intérêt du film, montrer que la vie de gens ne devrait pas dépendre de devinettes mais de fait réels. Comprendre que ce que l'on nous présente aux actualités comme des faits, sont des interprétations, possiblement faillibles comme des devinettes plus ou moins bien racontées, conçues ; comprises par qui doit deviner.
    Adelme d'Otrante
    Adelme d'Otrante

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    3,0
    Publiée le 17 juin 2021
    Excellent titre pour un documentaire au dispositif radical soit entierement composé d'images tournées en vision nocturne. Celles qu'utilisent les soldats pour détruire l'ennemi depuis leurs drones ou hélicoptères. Ou quelquefois pour tuer des innocents. Car même avec une caméra dernier cris la nuit une fourche ressemble à une kalachnikov. Le film est livré totalement brut, seules une bande son ambient minimaliste et une voix-off complètent les images, cette aridité m'a lassé, je l'aurai sans doute plus apprécié dans un musée d'art moderne que dans un cinéma.
    Coric Bernard
    Coric Bernard

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    3,5
    Publiée le 4 novembre 2020
    Dans ce documentaire saisissant en noir et blanc, on se trouve embarqué dans un hélicoptère en temps de guerre avec le tireur doté d'une caméra thermique qui transforme la nuit et cible ses ennemis. Une voix off accompagne ses images souvent très réalistes qui sont aussi parfois des interrogations et des cas de conscience pour celui qui filme et tue. Ce documentaire génère beaucoup de réflexions sur ces types d'interventions qu'on assimilerait à des jeux vidéos mais qui sont là bien réels.

    Bernard CORIC
    Agatha13
    Agatha13

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    5,0
    Publiée le 20 juin 2021
    A la fois terrifiant et instructif sur ces métiers si méconnus. Les commentaires sont justes et permettent de mieux décrypter les images qui oscillent entre jeux vidéos, chocs, humanité (famille des soldats, image de la femme voûtée...). Les images finales sont très troublantes et la conclusion mène à une réflexion profonde.
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