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4,5
Publiée le 5 juillet 2023
Ce long métrage sur la vie d'expatriés dans une base militaire à Madagascar aux dernières heures de la colonisation est très travaillé dans sa forme et réalisé avec une grande maîtrise, beaucoup de soin et de finesse. L'attention portée au traitement du son, par exemple, est incroyable : une balançoire qui grince, des pas sur des graviers... Tout est fait pour inviter le spectateur à convoquer ses propres souvenirs et à ressentir cette nostalgie par analogies sensorielles.
En déroulant l'histoire à travers le regard du jeune enfant, en faisant passer la question de la décolonisation en arrière plan, et en basculant progressivement le point de vue pour offrir un revirement assez inattendu durant sa dernière demi-heure, le film évite, avec beaucoup d'intelligence et d'habileté, de tomber dans une nostalgie qui pourrait finir par être dérangeante face à un tel sujet, voire taxée de néo colonialisme.
Les déçus ont d'ailleurs sûrement été ceux qui s'attendait à un traitement plus politique et historique du sujet. L'intention du réalisateur n'est pas de proposer un récit documenté mais bien de passer par le sensoriel et l'évocation personnelle pour témoigner de cette période transitoire de l'Histoire. Tout se mélange et se bouscule dans la tête de ce jeune garçon, les souvenirs comme les émotions, la réalité comme la fiction (incartades totalement inattendues et surprenantes dans l'univers de Fantomette).
La bande originale composé par le fidèle accolyte de Campillo, Arnaud Rebotini, contribue parfaitement à rendre compte de cette ambiance moite, du rythme lancinant de la vie de ces personnages au sein de cette base militaire, déconnectée du reste du Monde. Pour autant, plusieurs scènes en filigrane sont là pour nous rappeler le contexte.
Nadia Tereszkiewicz est épatante une nouvelle fois. Elle incarne avec beaucoup de mélancolie et de profondeur ce personnage dont l'émancipation progressive de l'emprise conjugale est la métaphore de celle du pays qu'elle s'apprête à devoir quitter.
Sans doute, mes souvenirs d’Algérie m’ont aidé à ressentir ce qu’a pu vivre petit garçon, Robin Campillo. Cette sensation d’un autre monde, de ne pas être tout à fait chez soi.
Quand bien même, l’armée française, reste « maître des lieux » elle ne peut maîtriser une ambiance d’hostilité. L’histoire se situe 10 ans, après l’indépendance, vers 1970; c’est aussi la fin de l’empire colonial.
De mon point de vue, le regard critique, anticolonialiste du réalisateur est celui d’un militant « engagé » aujourd’hui, évidemment pas celui du petit garçon à l’époque, qui observe les adultes, caché à l’abri.
Drôle de film qui alterne les genres et les sujets de façon apparemment arbitraire au départ, L'île rouge désarçonne et surprend. Il est très beau dans son évocation en partie autobiographique d'une enfance à Madagascar, et dans cette façon de dépeindre avec tendresse l'amour d'un jeune garçon de huit ans pour sa mère, ainsi que son amitié avec une petite fille de son âge. On comprend que se révèlent chez ce petit garçon, en creux, les traits de caractère qui vont l'amener à devenir cinéaste - cette façon de voir ce qui échappe aux autres, et de vivre véritablement les histoires qu'il imagine. Si la conclusion est bien amenée et permet enfin de mettre en perspective dans la narration la présence française à Madagascar, le film se conclut toutefois sur un sentiment d'inachevé, les épisodes d'enfance comme ceux de rébellion étant trop esquissés.
Tres belle histoire à travers les yeux d'un enfant qui se prépare avec ses parents à quitter Madagascar où ils avaient trouvé un beau quotidien plutôt paisible.
Le réalisateur de 120BPM ralentit le tempo et règle les comptes de son enfance et de la France coloniale avec ce film sur sa jeunesse dans une base militaire à Madagascar. Une île rouge comme le soleil du soir qui annonce le crépuscule, celui de la fin de l'innocence, de la fin de la domination et de la fin de l'amour parental. Je ne doute pas de la sincérité de la démarche de Robin Campillo mais sa mise en application est laborieuse et fade.
"L'Ile rouge" est un film réussi par Robin Campillo, sans doute même plus que "120 battements par minute". Le réalisateur sait de manière délicate basculer entre les différents points de vue de ses personnages. On sent l'incompréhension et la déception du côté français comme l'oppression subie du côté malgache. Seule la représentation naïve et hypertrophiée de l'enfance m'a fortement déplu car grossière. Le jeu des acteurs est, quant à lui, tout à fait satisfaisant.
Je crois que j'ai encore plus aimé que "120 battements". "L'ile rouge" est une merveille d'histoire, de mise en scène et les acteurs sont juste incroyables.
Beau film sur notre passé colonialisme , en tant que Francais , cela m'intrigue sur cette page de notre histoire totalement inconnu de nous tous..!! Néanmoins , cela manque par moments de piments .. de Madagascar et d'actions pour que cela soit parfait.!
Au cœur d’une base de l’armée française dans les années 70, les militaires vivent la fin du colonialisme. Avec ce film, Robin Campilo signe un scénario un peu creux et pour autant il raconte une époque, livre une ambiance. La réalisation est réussie, audacieuse. Le casting inégal, mais les scènes de Nadia Tereszkiewicz et des enfants sont parfaitement maîtrisées.
Bonjour je n'ai pas aimé ce film je m'y suis ennuyé il a de nombreuses qualités les acteurs jouent juste c'est bien filmé mais au-delà de ça j'ai eu l'impression que j'allais voir le film sur un enfant et sa famille après la vie d'une base militaire un exercice d'exorciste et on finit par la révolution malgache. Un peu brouillon au final malgré de belles images et un jeu d'acteur réussi J'ai eu l'impression que ce film tentait beaucoup de choses et finalement ne développait rien
Ce qui est très très réussi dans le film c'est la façon dont le regard de l'enfance digère et accepte le monde des adultes et sa violence rentrée, latente, qui transpire à chaque détour du récit, notamment grâce aussi aux aventures de Fantômette qui aident le petit héros et sa copine à mettre des images et des mots sur cette ambiance un rien dépressive d'une garnison française du bout du monde et au bout du rouleau. Il y a aussi une belle ambition de mise en scène à faire fonctionner sur le mode de la réminiscence des images, plus oui moins mystérieuses, sur lesquelles le film s'attarde - un gravier scintillant, un œil de crocodile... Pourtant, en dépit de la justesse des comédiens, le film n'ose pas aller au bout de l'émotion, ni profiter des promesses romanesques du contexte humain et historique, au risque de donner l'impression d'un objet un peu manériste, qui se regarde filmer, et reste trop sur la réserve.
Vision enfantine du jeune "Campillo", fils de militaire autoritaire, caserne joyeuse repliée sur elle même. Fin du colonialisme à Madagascar, dehors la France avec son soi disant protectorat de façade. Exploitation des autochtones au service total des envahisseurs blancs. Un très joli côté poétique ou se réfugi l'enfant et son amie. Bon film et 2ème collaboration avec Arnaud Rebotini.
Un film tout à fait remarquable, de souvenirs d'enfance sur une base militaire de Madagascar au début des années 70, dans l'entredeux de la fin de la période coloniale. Ambiance familiale, frottements relationnels des adultes vus par les yeux d'un enfant. Quelle qualité du jeu d'acteur ! De tout le monde, et en particulier des parents, père macho, et la mère, présente, protectrice et sensuelle. On devine les problèmes de l'île filtrés par l'histoire personnelle. A voir, vraiment.
Après la claque 120bpm, Robin Campillo était attendu au tournant...et il n'a rien perdu de sa virtuosité ! Il nous offre ici une expérience sensorielle rare, dans laquelle s'entrecroisent l'imaginaire d'enfants et les désillusions amoureuses d'adultes, le tout sur fond d'une troublante mélancolie néocoloniale. Nadia Tereszkiewicz et Quim Gutierrez livrent une performance remarquable !