L'Île rouge
Note moyenne
2,7
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164 critiques spectateurs

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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 3 juin 2023
Le film est certes un peu étrange dans sa construction: une succession de séquences décousues qui ne bâtissent pas une intrigue, tout au plus une chronique de la vie quotidienne d'un groupe de sous-officiers basés à Madagascar en 1970-71, dix ans après l'indépendance. Le tout est vu par le regard d'un enfant, qui est un lecteur fervent de Fantômette, à laquelle il s'identifie d'ailleurs un peu. Enfant voyeur, il observe, des endroits les plus invraisemblables, le comportement des adultes. En dépit de cette sécheresse, le film se suit avec intérêt et je ne me suis pas ennuyé une seconde. La vie de ces militaires est d'une ennui vertigineux, mais ils essaient tous de lui donner une couleur, un piment, surtout les femmes, cantonnées dans des activités de ménage, de cuisine et de soins aux enfants. C'est peut-être une question d'âge (j'ai 70 ans), mais j'ai retrouvé ici la peinture aigre-douce de cette vie dans les colonies, que l'on pouvait avoir dans certains films des années 70. Quant à la problématique de Madagascar en quête de son indépendance totale, elle n'est pas l'objet du film, mais elle judicieusement suggérée : l'hostilité visible des jeunes filles malgaches face à la femme adjudant qui les fait travailler au-delà de l'heure (le lien se fait à la fin avec la lecture du texte de Galliéni), le comportement de l'adjudant qui rabroue le serviteur malgache quand il veut ranger le tuyau, les regards appuyés qu'échangent les deux jeunes Malgaches à la fin du film, quand le jeune sergent s'écroule et s'endort. Et surtout, la séquence ultime, lorsque disparaît le regard de l'enfant: l'aspect politique et les revendications justifiées des Malgaches sont fort bien montrées. Bref, un bon film.
Chris
Chris

11 abonnés 50 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2023
Nouveau film de Robin Campillo apres "120 battements par minute". Il a reuni 2 acteurs formidables :
Nadia Tereszkiewicz, césar du meilleure espoir féminin , qui ne va pas rester longtemps un espoir, vu son immense talent et l'étendue de son registre. Une bonne nouvelle pour le cinéma Français cette arrivée de futurs grands noms comme aussi Rebecca Marder, Benjamin Voisin, Felix Lefebvre, Loup Pinard entre autres.
Nadia est accompagnée de l'acteur espagnol Quim Gutiérrez ("Te quiero imbecil" , "Azul", "Genesis"...) dans un role difficile ou il excelle. Un beau film sur la fin de la colonisation à Madagascar.
Guy Chassigneux
Guy Chassigneux

11 abonnés 38 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2023
Comme ci comme ça, moite/moite pour ce film en milieu militaire où pendant la première partie le rouge de la latérite est le seul indice d’une localisation à Madagascar et devient en conclusion la coloration d’une décolonisation arrivant en 1972 dix ans après sa proclamation.
Loin de « Coup de torchon » vraiment moite
https://blog-de-guy.blogspot.com/2021/04/coup-de-torchon-bertrand-tavernier.html
nous pouvons regretter aussi la puissance subtile de Gaël Faye
https://blog-de-guy.blogspot.com/2021/05/petit-pays-gael-faye.html
cependant des séquences sous leur aspect anodin laissent percevoir une inquiétude; l’innocence va se perdre, fatalement.
Le tendre récit à hauteur d’un enfant amateur de Fantômette disparaît quand les autochtones fantomatiques s’émancipent au moment des prolongations qui nous ont menés à près de deux heures de projection, Napoléon d’Abel Gance on the beach, compris.
Décidément, touristes, fils de parachutistes, nous ne sommes plus les bienvenus à la descente de gros porteurs dans les îles aux plages magnifiques.
FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 octobre 2023
Alors que Madagascar a obtenu son indépendance depuis de nombreuses années, le pays reste sous la direction de la France. "L'île rouge" nous place dans une bulle, celle des militaires Français et de leurs familles. Le film est directement inspiré des propres souvenirs de Robin Campillo lorsqu'il avait 8 ans, ce qui explique ce récit en partie à hauteur d'enfant alors qu'il est question de la colonisation, des relations entre les Français et les locaux même si ces derniers sont très peu présents, et l'envie de liberté des Malgaches. Certains de ces aspects ne sont réellement qu'évoqués qu'à la fin du film. Même s'il partage son sentiment et certains de ses souvenirs, ça aurait été bien aussi qu'il creuse le sujet même sans faire un film historique à proprement parler. Là, on dirait trop souvent un film de vacances avec différentes familles, des histoires d'amitié et des problèmes de couple. Des instants de vie d'une grande banalité dont je n'ai pas compris l'intérêt surtout avec autant de personnages imbuvables... Merci pour les souvenirs d'enfance, même si on n'avait rien demandé, mais le film n'est vraiment pas terrible.
Cinéphiles 44

1 666 abonnés 4 646 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 1 juin 2023
Après "Les Revenants", "Eastern Boys" et "120 battements par minute", Robin Campillo change totalement de registre. Le réalisateur s'inspire de son passé personnel au début des années 70. "L'île rouge" se situe dans une base de l'armée française à Madagascar, indépendante depuis peu. En toute discrétion, nous suivons le quotidien banal d'une famille et surtout sous le regard d'un enfant qui observe autour de lui quand il ne rêve pas des aventures de "Fantômette". Bien que subtile, pour nous ouvrir les yeux avec un final éclairant sur le colonialisme, cette lente chronique ennuie quelque peu.
Thomas P.
Thomas P.

55 abonnés 77 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 juillet 2023
Comment faire une critique positive quand je ne vois rien de positif. Le scénario manque tellement d'intérêt. Ça raconte... rien. Pas de rebondissement, pas de fil conducteur, pas d'intrigue. Peut être que ça raconte l'ennui d'une époque, celle de la décolonisation, mais pourquoi ne pas en montrer les dangers, les peurs, les enjeux? Les acteurs sont plutôt bons, honnêtes et on peut y croire mais le scénario... L'image est un peu floue pour donner une impression de vieillissement, de retour à cette époque. Procédé naïf qui ne permet pas d'avoir une image nette tout du long, un grain dommage et de couleur qui implique de se demander si c'est vraiment fait exprès ou si c'est un mauvais choix. Bref j'ai eu l'impression de perdre mon temps.
Ciné-13
Ciné-13

172 abonnés 1 421 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 janvier 2024
Les souvenirs du réalisateur seront le fil conducteur de ce film, suite de situations et d'ambiances, ponctuée de saynètes enfantines à la gloire de "Fantômette" (ambiance comparable à la moiteur de PACIFICTION en Polynésie française).
La cancel-culture affleure, qui se veut moralisatrice, à travers cette période méconnue de la colonisation par la France de Madagascar. Situations troublantes aux yeux de cet enfant, qui juge ces adultes tour à tour machistes, pernicieux, amoraux,...
Les musiques sont minimalistes et créent un climat intrigant. Et puis cet épilogue politique qui nous présente enfin des Malgaches en révolte, sans les confronter à tous les acteurs précédemment illustrés. L'insatisfaction sera le sentiment final.
Jylg
Jylg

55 abonnés 492 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 2 juin 2023
Un sujet passionnant, mais traité sans l'être par le prisme d'un gosse rêveur. Ça aurait mérité plus de développement ( seule la fin est intéressante) sur la situation vécue par les uns et les autres dans un pays magnifique dont on ne voit rien... vraiment, doit mieux faire.,,
Emmanuelle De bona
Emmanuelle De bona

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 juin 2023
Le petit angle de la boîte en bois dans laquelle se réfugie l'enfant restitue parfaitement ce kaléidoscope de points de vue, intimiste, social et politique
Carulu-andria PAZZONI
Carulu-andria PAZZONI

5 abonnés 128 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 4 juin 2023
Un bon film qui illustre bien la vision coloniale française du passé, les acteurs sont bien dans leur rôle même s'il y a certaines choses que je n'ai pas compris.
Marius M.
Marius M.

4 abonnés 18 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 juin 2023
J'ai trouvé très juste, dans ce film, la représentation de l'enfance et de la mémoire. Le regard rétrospectif de l'adulte qui a grandi n'étouffe pas celui du petit Thomas, étonnant de lucidité. Pour autant, j'ai beaucoup moins aimé la dernière partie du film: elle m'a semblée comme posée là, ayant pas ou peu de rapport avec ce qui précède. Si sa dimension politique est intéressante, elle aurait pu être davantage (et mieux) développée.
Retrouvez ici l'intégralité de ma critique: https://mariusmirone.wixsite.com/chimeres/post/l-%C3%AEle-rouge-la-bo%C3%AEte-%C3%A0-souvenirs-de-robin-campillo
Klaus
Klaus

3 abonnés 32 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 10 juin 2023
De jolis moments et de belles images, mais c'est quoi, le message ? Le réalisateur semble avoir été envahi par une nostalgie coupable d'avoir apprécié, enfant, cette période post-coloniale, avec comme conséquence d'hésiter en permanence dans le traitement des personnages, et dans la narration. J'en ai perdu le fil
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2023
Le début des années 70 marque un tournant pour Madagascar, où la population manifeste son intention d'en finir avec la tutelle française, symbolisée notamment par la présence de bases militaires. C'est aussi un paradis d'enfance pour le futur réalisateur Robin Campillo qui, 50 ans plus tard, nous livre une vision sensorielle de cette période, où il est témoin de certaines réalités, sans les comprendre, et où il s'évade en compagnie de Fantomette. Puisqu'il est à hauteur d'enfant, L'Île rouge n'est pas le film historique, et foncièrement anti-colonialiste, que l'on attendait. Cette enfance de l'indépendance d'un pays et, partant, la morgue de ses occupants étrangers, ne s'appréhende qu'à travers des paroles échangées et des attitudes, d'une manière certes subtile mais qui dessert en partie le film, que l'on espérait plus politique. L'image est belle, l'interprétation excellente (Nadia Tereszkiewicz confirme l'étendue de sa palette) mais son scénario, impressionniste, se love dans une certaine nonchalance, manquant d'au moins un ou deux temps forts pour séduire davantage. La fin du long-métrage avive d'ailleurs les regrets, avec des dernières scènes plus frontales quant au développement promis de son thème. Mais s'il avait pris cette voie plus engagée, Robin Campillo aurait sans doute trahi, en quelque sorte, l'enfant innocent et observateur qu'il était à l'époque.
sameplayerparis
sameplayerparis

50 abonnés 174 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 juin 2023
Je ne comprends pas les critiques si négatives que je vois. J'ai été pris sous le charme de ce fil (presque) d'un bout à l'autre. C'est un film fin, sensible, original, qui capte des moments de vie à hauteur d'enfant. La fin sonne un peu comme une arrière-pensée bien-pensante qui n'a pas forcément sa place dans la narration d'un gamin de 8 ans, mais on la pardonne bien volontiers.
Fêtons le cinéma

849 abonnés 3 658 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 5 juillet 2024
L’Île Rouge représente un temps rarement investi par la littérature et le cinéma, ce temps de décolonisation perçu tout à la fois comme fin d’un monde – point de vue des colonisateurs – et comme reconquête d’un autre – point de vue des colonisés – qui ne pourra cependant jamais redevenir à l’identique, en témoignent les revendications politiques dernières. Cette temporalité historique et géographique retranscrit également celle de l’enfance, écartelée entre la cape de super-héroïne et la forêt des amoureux où viennent flirter et s’embrasser les jeunes couples. L’entreprise de Robin Campillo, soit l’articulation du gigantesque et du minuscule, reproduit ainsi l’approche narrative d’un Marcel Proust dans sa Recherche, puisqu’elle advient par le prisme d’un garçon qu’aucun discours adulte ne reconstruit artificiellement, un être qui, faute de comprendre pleinement les enjeux de ses parents et de leur entourage, ne peut que mobiliser ses sens pour habiter son environnement et l’investir par l’imaginaire.
La réalisation recourt alors à des gros plans sur des corps au contact l’un de l’autre ou sur des éléments du paysage comme captés à hauteur d’enfant, immortalisés dans sa mémoire. À l’image d’Andrea dans le film de Luigi Comencini Incompreso (1966), l’évasion du petit Thomas prend l’aspect d’une errance somnambule durant laquelle rêve et réalité se confondent : en surprenant les Malgaches parler dans leur langue et mettre à distance le bel amant blanc – perçu comme une porte de sortie, comme la promesse d’un nouveau départ –, en refusant de paraître sur la photo souvenir qu’organise son père, en se cachant dans un coffre en bois pour épier aux environs et visionner Fantômette, il revendique son statut de gardien d’un paradis perdu qui le définira à tout jamais. Un très beau long métrage.
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