1213 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
164 critiques spectateurs
5
11 critiques
4
30 critiques
3
41 critiques
2
44 critiques
1
22 critiques
0
16 critiques
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Emmanuelle De bona
1 critique
Suivre son activité
4,0
Publiée le 1 juin 2023
Le petit angle de la boîte en bois dans laquelle se réfugie l'enfant restitue parfaitement ce kaléidoscope de points de vue, intimiste, social et politique
Premièrement le jeu d'acteur est incroyable, les jeunes sont doués tout comme le couple de parents sublimé par Nadia Tereskiewicz et Robert Lopez. On est profondément immergé dans cette fin de colonialisme vécu par le jeune Thomas. Une période bizarre, un entre deux où on se pose de nombreuses questions qu'on arrive pas à formuler. Le film nous touche car les personnages ne savent jamais quoi faire, ils croient avoir des convictions mais ne font que douter tout au long du film. On est touché par ce film/souvenir car on comprend que on s'approche de la fin de l'innocence et que Thomas est sujet à de grands questionnements. La mise en scène vient jouer sur ce trouble, cette chaleur, cette place compliquée à assumer, ces rêves et ces réalités qu'on ne comprend pas tout le temps. Le film malgré sa facilité parle de beaucoup de choses importantes et sa dernière partie vient totalement nous rappeler pourquoi on a besoin du cinéma (même si ça peut donner une impression de tirer en longueur). Bref, un très bon film par un très bon réalisateur.
Lorsque je m’interroge sur le propos servi par un scénario, pour m’éclairer ou m’ouvrir les yeux, je regarde dans quelle catégorie le film est classé : ici, un drame. Si drame il y a c’est la colonisation (à partir de 1895 pour ce qui concerne notre Empire). L’indépendance de l’ile sera proclamée en 1960. Dans ce scénario, on est 10 ans après mais il y a encore une présence militaire française. Mais dans ce film c’est à se demander s’il y a une autre présence que ces militaires et leur famille, s’il y a une vie sociale, économique, politique, revendicative… en dehors des murs de la caserne. Dommage, car il y avait là matière à un récit vulgarisateur sur fond historique, voire devoir de mémoire. Ce n’est que dans les dernières minutes, qu’on découvrira qu’il y a encore un conflit entre la population et l’ex-puissance coloniale qui domine toujours l’administration et les autorités locales. Un film de deux heures pour seulement 20 minutes qui servent son sujet (supposé puisque pas réellement traité) ça ressemble à un manque total d’inspiration. Que l’enfant observateur (c’est le réalisateur nous disent les secrets de tournage) ne perçoive pas tout de la situation c’est une chose mais de là à faire pratiquement l’impasse sur tout (à part les prostituées pas toujours payées par les militaires ou les filles du coin employées à plier des parachutes), c’est extrêmement décevant. Manifestement, dans la salle en ce premier jour de sortie nationale, il y avait des spectateurs typés malgaches. Je ne suis pas sûr qu’ils aient trouvé dans ce film ce qu’ils en attendaient.
Je crois que j'ai encore plus aimé que "120 battements". "L'ile rouge" est une merveille d'histoire, de mise en scène et les acteurs sont juste incroyables.
Quel dommage de voir un film aussi raté et malade, alors qu'il y avait tout pour faire un beau film, d'après l'enfance de Campillo. Après 120 BPM, j'attendais avec impatience ce nouvel opus, mais hélas j'en suis sorti d'autant plus déçu et triste que j'aimais le précèdent. La faute à une histoire dont on se fout très vite, la vie banale dans une bulle de colons français à Madagascar; du point de vue d'un enfant ( le réalisateur si j'ai bien compris), très mal interprété et peu attachant. Des intermèdes gênants ( moches et ringards) sur Fantômette, livre que lit le gamin pour s'échapper. Les acteurs semblent un peu perdus, comme le spectateur devant ses souvenirs qui nous laissent de glace. Le dernier quart d'heure est WTF, spoiler: avec changement de point de vue à 180 degrés, on oublie les colons pour se concentrer sur des étudiants de Madagascar et leurs revendications. L'idée était belle mais théorique et le résultat est plus embarrassant qu'autre chose. Dommage pour Madagascar, qui méritait mieux et dont l'histoire de décolonisation est si peu connue...
Le début des années 70 marque un tournant pour Madagascar, où la population manifeste son intention d'en finir avec la tutelle française, symbolisée notamment par la présence de bases militaires. C'est aussi un paradis d'enfance pour le futur réalisateur Robin Campillo qui, 50 ans plus tard, nous livre une vision sensorielle de cette période, où il est témoin de certaines réalités, sans les comprendre, et où il s'évade en compagnie de Fantomette. Puisqu'il est à hauteur d'enfant, L'Île rouge n'est pas le film historique, et foncièrement anti-colonialiste, que l'on attendait. Cette enfance de l'indépendance d'un pays et, partant, la morgue de ses occupants étrangers, ne s'appréhende qu'à travers des paroles échangées et des attitudes, d'une manière certes subtile mais qui dessert en partie le film, que l'on espérait plus politique. L'image est belle, l'interprétation excellente (Nadia Tereszkiewicz confirme l'étendue de sa palette) mais son scénario, impressionniste, se love dans une certaine nonchalance, manquant d'au moins un ou deux temps forts pour séduire davantage. La fin du long-métrage avive d'ailleurs les regrets, avec des dernières scènes plus frontales quant au développement promis de son thème. Mais s'il avait pris cette voie plus engagée, Robin Campillo aurait sans doute trahi, en quelque sorte, l'enfant innocent et observateur qu'il était à l'époque.
Après la claque 120bpm, Robin Campillo était attendu au tournant...et il n'a rien perdu de sa virtuosité ! Il nous offre ici une expérience sensorielle rare, dans laquelle s'entrecroisent l'imaginaire d'enfants et les désillusions amoureuses d'adultes, le tout sur fond d'une troublante mélancolie néocoloniale. Nadia Tereszkiewicz et Quim Gutierrez livrent une performance remarquable !
Un film profond basé sur l'histoire de Madagascar, avec de beaux plans plastiques qui font écho avec les personnages réelle et fictionnel de fantomette qui se mélange à l'histoire coloniale, un film qui se centre sur une vision passagère des événements sans être trop profond sur ce sujet là ce qui est à mon goût légèrement dommage car sur la moitié du film on suit un drame familiale et on laisse de côté le sujet qui se veut pourtant principal. Mais ce film reste malgré tout réussi.
Film basé sur la vie assez fermée dans leur base de militaires et leurs familles, milieu très spécial ...Dommage on n'a pas trop d'aspect de la vie à Madagascar à cette époque
Extraordinaire voyage sensoriel. Robin Campillo aborde la fin de la présence militaire française, étouffante pour les Malgaches, de manière subtile. On ne voit certes pas tout le versant politique de cette période, mais on perçoit, à travers le regard d'un enfant, cette vie incongrue, irréaliste dans un paradis volé. Les métaphores sensitives sont omniprésentes et les images, les bruitages sont esthétiques. Le temps est suspendu et semble vouloir s'éterniser à l'image de la présence envahissante de ces militaires. Les acteurs nous font vibrer. C'est un très beau film.
Robin Campillo nous offre un tableau magistral de Madagascar au moment de la décolonisation de l'Ile. Les images sont d'une beauté rare, la bande originale est folle, et les acteurs sont tous époustouflants (surtout le plus jeune)! Bref un beau moment d'évasion qui nous transporte dans l'imaginaire et la rêverie et nous fait prendre conscience en parallèle des différents masques que les adultes portent! Un chef d'oeuvre!
Beau film mais décevant car il reste centré sur une famille de colons sans aborder, ou si peu, la vision locale du colonialisme. Je suis restée sur ma faim.
Attendu au tournant après son palmérisé et Césarisé "120 battements par minutes", Robin Campillo a décidé de nous faire partager ses souvenirs d'enfance.
Début des années 70, sur une base de l’armée française à Madagascar, les militaires et leurs familles vivent les dernières illusions du colonialisme.
Le réalisateur a choisi de proposer son récit à hauteur d'enfant, procédé louable s'il n'en venait à plomber le film au bout d'un moment.
Et pourtant la photographie est réussie comme pour ses films précédents et on retrouve sa touche intimiste et impressionniste.
Mais l'ensemble manque de profondeur pour atteindre sa cible qui ne se dévoilera que dans les 15 dernières minutes du film qui (enfin !!!) montre la population du pays, ses aspirations, son envie de se libérer de la présence un peu trop visible de ces français qui ont pourtant accordé l'indépendance au pays quelques années auparavant.
Las, le charme est rompu et on a l'impression que cette partie a été casée à la va vite, car il fallait bien un pendant "adulte" à cette pérégrination enfantine au pays des derniers colons...