L'Île rouge
Note moyenne
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164 critiques spectateurs

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NardoBordo
NardoBordo

16 abonnés 198 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juin 2023
Vision enfantine du jeune "Campillo", fils de militaire autoritaire, caserne joyeuse repliée sur elle même. Fin du colonialisme à Madagascar, dehors la France avec son soi disant protectorat de façade. Exploitation des autochtones au service total des envahisseurs blancs. Un très joli côté poétique ou se réfugi l'enfant et son amie. Bon film et 2ème collaboration avec Arnaud Rebotini.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 juin 2023
Respect à ceux qui n'ont pas pu entrer dans ce récit d'enfance africaine, mais pour moi L'Île rouge est un pur joyau. J'y allais à reculons, découragé par une presse et des critiques-spectateurs pointant tous les défauts supposés de la chose : un film éthéré sans récit structuré, une vision d'homme blanc sans attention portée aux autochtones, de belles images sans réelle signification... Et puis le film commence et je crois m'être trompé de salle. Une héroïne d'enfance, digne des BD des années 1950, se bat dans une laverie automatique contre d'improbables méchants. Dès cette séquence, Robin Campillo situe son point de vue : l'enfance, ses fantasmagories, ses souvenirs recomposés. Et les 4/5 du film qui suivront reposent sur ce postulat, mais avec ceci de particulier qu'on est sur une île africaine, aux ambiances tropicales traversées de couleurs et de lumières irréelles, où père et mère prennent des allures de personnages oniriques.
Suit alors un récit parfaitement structuré où l'on découvre progressivement la réalité d'une colonisation, les militaires et les bordels, le mal du pays, les soldats qui tentent l'aventure avec une femme locale, la hiérarchie qui prive certains d'assister aux cérémonies du général, l'aide apportée par l'occupant à l'armée nationale lors de ses opérations de maintien de l'ordre, etc. Tout est raconté en un récit organique, où le quotidien et sa trivialité se nourrissent des récits que la voix du père rapporte depuis la base. Les flash-backs se multiplient alors pour témoigner de la mort accidentelle de deux bidasses, d'une mission aérienne dans le sud, d'une révolte des prostituées locales. Mais comme tout enfant, notre personnage principal feint la naïveté tout en comprenant parfaitement ce qui se joue lors des messes basses. Il décrypte les propos des adultes et leurs sous-entendus, de sorte que l'idée directrice du film tient précisément à cette patiente observation du monde révélatrice des secrets de chacun et des groupes sociaux auxquels on appartient : à quoi jouent les adultes le soir quand ils ont trop bu ? le couple formé par maman et papa est-il aussi solide que ça ? pourquoi les prostituées se révoltent-elles ? pourquoi les locaux ne sont-ils réduits qu'à des fonctions secondaires ? Exorcise-t-on vraiment les Européens amoureux des Malgaches ? Etc.

La situation de l'enfant, Français parmi d'autres Français, ne pourrait donner qu'une place subalterne aux Malgaches. Longtemps on pense que Campillo se limitera à quelques beaux plans de visage pour nous faire comprendre son empathie pour le peuple colonisé, mais c'est oublier le cinéaste politique qu'il est depuis 120 battements et même Eastern boys. spoiler: Par un stratagème scénaristique étonnant, le cinéaste retourne complètement son point de vue et adopte la langue des opprimés. Certes ce twist nous prive de derniers instants avec cette famille qu'on avait tant appris à aimer, rompt avec la douceur nostalgique de cette chronique africaine, mais il s'impose pour d'évidentes raisons éthiques et politiques.
Charge alors au spectateur d'accepter que la règle du jeu a changé et de s'engager lui aussi dans ce nouveau film devenu militant.

Robin Campillo réinvente la chronique familiale, tant par la structure de son récit que par la fluidité de sa mise en scène. L'île rouge sera probablement le plus beau film de 2023, le plus beau au sens strict. L'organicité des séquences, leur lumière, leurs couleurs, les cadrages, les effets de flou, les choix musicaux, etc. sont indépassables. Et rien n'est gratuit : toute cette beauté est la traduction mythifiée d'une réalité vue à travers le prisme du souvenir d'enfance. La démultiplication des plans répond à cette récollection de mémoire, d'hypothèses, de rêve, d'incompréhension, d'imagination sur laquelle nous fondons nos réminiscences les plus anciennes. Et non, la beauté n'est pas gratuite : pour ceux qui seraient parvenus à entrer dans le film, elle ancre durablement dans le souvenir les moments de ce récit cinématographique exceptionnel. On pense aux débuts de Claire Denis, à Tabou de Miguel Gomes, à la sophistication de Tree of life (dans ce que cet autre récit d'enfance avait de meilleur), à la fluidité kaléidoscopique de Serre-moi fort de Mathieu Amalric, etc. etc. D'autant que Campillo a en commun avec tous ces gens-là le souci du casting, jusque dans ses troisièmes et quatrièmes rôles. Tous les comédiens de L'île rouge sont parfaits, du père au serveur du mess des officiers, en passant par la mère, les amis des parents, les insurgés malgaches, le curé du village et le vendeur de pierres précieuses.

Quand Campillo a surgi avec Eastern Boys, on évoquait la savante scène d'ouverture gare du nord où, en dix minutes, uniquement par la mise en scène, le cinéaste disait quelque chose de nos sociétés urbaines, des migrations, de l'espace et du mouvement, etc. Avec L'île rouge, il parvient à porter cette même perfection à l'échelle d'un film complet de 2h, en s'émancipant de tout didactisme inutile. En cela, il s'agit de son meilleur film.
Dois-Je Le voir ?

411 abonnés 1 862 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 juin 2023
"L'Île rouge" est un film qui, malheureusement, ne parvient pas à captiver le spectateur. Malgré une idée de départ prometteuse, le scénario peine à se développer de manière cohérente, laissant une impression de confusion permanente. La construction du récit est tellement brouillonne qu'elle rend l'expérience cinématographique désagréable et difficile à suivre. De plus, l'introduction des parties Fantomette, bien que peut-être destinée à ajouter une dimension mystérieuse, se révèle totalement hors sujet. Ces bribes de fiction parasitent la narration principale et semblent être là uniquement pour combler des vides, sans réelle pertinence. En somme, malgré quelques bonnes idées de départ, "L'Île rouge" se perd dans son propre chaos narratif, laissant le spectateur sur sa faim et souhaitant que le film ait été mieux construit pour pouvoir réellement atteindre son potentiel.

"L'Île rouge" déçoit par sa sous-exploitation du thème de la colonisation. Malgré le potentiel inhérent à ce sujet complexe, le film ne parvient pas à l'approfondir de manière satisfaisante. Une des raisons de cette déception réside dans le point de vue étroit adopté par la famille de militaires, qui limite la perspective et empêche toute prise de recul. En se concentrant uniquement sur leur point de vue, le film manque l'opportunité d'explorer les différentes facettes et conséquences de la colonisation. De plus, les quinze dernières minutes du film, qui se focalisent soudainement sur les militants malgaches, semblent surgir de nulle part. Cette inclusion brusque et maladroite donne l'impression d'un ajout précipité et déconnecté de l'intrigue principale. En fin de compte, "L'Île rouge" ne parvient pas à exploiter pleinement le potentiel de son thème central, en raison d'un point de vue limité et d'une inclusion maladroite des militants malgaches, laissant les spectateurs perplexes et insatisfaits.

Dans "L'Île rouge", le personnage de Nadia Tereszkiewicz se révèle extrêmement décevant. Son interprétation sonne faux tout au long du film, manquant de conviction et d'authenticité. Malheureusement, cela se ressent dans chacune de ses scènes, affectant la crédibilité globale du film. Heureusement, on peut sauver quelque chose de positif avec la performance de Quim Gutiérrez, qui parvient à offrir une prestation plutôt solide. Son jeu apporte une certaine intensité et nuance à son personnage, ce qui permet de maintenir un intérêt relatif. Cependant, on ne peut en dire autant du jeune Charlie Vauselle, dont l'interprétation manque cruellement de profondeur. Son jeu fade et sans émotion contribue à affaiblir les scènes dans lesquelles il apparaît. En somme, "L'Île rouge" souffre d'une performance décevante de Nadia Tereszkiewicz, dont le jeu sonne faux, mais trouve une lueur d'espoir avec Quim Gutiérrez, tandis que la prestation fade de Charlie Vauselle laisse à désirer.
Ceiner M
Ceiner M

54 abonnés 252 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 juin 2023
Film trop long : les épisodes fantômette m'ont sortie de la narration sans apporter rien que je ne comprenne sinon un pseudo zeste Wes Anderson ou Michel Ocelot. La fin est plus rythmée et on retrouve Campillo à son meilleur, celui de filmer des gens en lutte..Ici enfin des malgaches acteurs...comme on voit peu l'île rouge..l'histoire se concentre sur la famille de Tom, leurs amis, la caserne, le mess des officiers mais manque de vrais enjeux..à part l'exil qui n'est la aussi qu'effleuré..Un film trop impressoniste et qui serait soi-disant à hauteur d'enfant mais qui offre d'autres focus..le spectateur est perdu et s'ennuie ferme
Vincent Hanniet
Vincent Hanniet

1 critique Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2023
Film nostalgique. Je retrouve l'histoire d'un de mes amis, qui regrette d'avoir du quitter Madagascar lorsque son père, pilote de chasse, a du rentrer en France avec sa famille. Film vu avec ma belle-mère, Malgache, qui a de son côté retrouvé l'atmosphère de sa jeunesse. Bien réalisé et bien joué.
Philippe Le Tendre Yaici
Philippe Le Tendre Yaici

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juin 2023
Scénario très original et un regard d'enfant d'une infinie pudeur et justesse. Acteurs tous justes donc bien mis en scène !
Pascale Guibert
Pascale Guibert

5 abonnés 6 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 18 juin 2023
Un film qui ne concerne et n'intéresse que celui qui l'a fait. On a bien compris que le point de vue était celui d'un enfant, mais ce n'est pas une raison suffisante : soit on écrit pour soi, soit on fait œuvre. De belles images ne suffisent pas à faire un film. Quelle déception !
Olga_espero
Olga_espero

3 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 18 juin 2023
Après 120 bpm sortie en 2017 et ayant reçu le grand prix à Cannes.
Je m’attendais à un film tout aussi réussi
Mais malheureusement j’ai été un peu déçu de Robin Campillo
Le film mélange intime et social, un mélange que le réalisateur tiens de ces 2 derniers long métrage
L’idée du film est génial, il y avait tout pour faire un super film mais je trouve malheureusement que cela n’a pas été très bien exploité.
Un film d’auteur doit toujours avoir quelque chose à dire à la fin d’un film
Ce n’ai pas le cas de l’île rouge
On ne retiens rien du film
En revanche les acteurs principaux sont super ainsi que l’ambiance de Madagascar qui nous plonge à l’intérieur de cette famille française
Azerfred503
Azerfred503

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 juin 2023
C'est la première fois de ma vie que je prends le temps d'écrire une critique sur allocine (que j'adore !!!) ... mais franchement...là... ce film est vraiment d'un ennui comme je ne n'ai rarement éprouvé dans une salle ! Je précise que je passe mon temps à admirer des films d'auteur, à prendre du plaisir à comprendre le sens des histoires, le point de vue du réalisateur...
Ne perdez pas du temps pour voir ce film ! Il n'y a rien dedans !!! Pas d'intrigue, pas d'histoire... d'une lenteur... voilà j'ai perdu 2 heures de ma vie !!!
Stephan B.
Stephan B.

2 abonnés 87 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juin 2023
Certains diront qu'il est lent mais c'est faux ! Le film prend le temps de nous immerger dans une famille française qui vit sur cette île rouge envahie par la présence militaire française. C'est à hauteur d'enfant et le temps s'écoule agréablement comme la famille jusqu'au moment où se découvre enfin les aspirations d'une véritable indépendance de la population locale. Un point de vue original qui ne montre pas mais démontre finement la colonisation. A voir !
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 446 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 juin 2023
Au cœur d’une base de l’armée française dans les années 70, les militaires vivent la fin du colonialisme. Avec ce film, Robin Campilo signe un scénario un peu creux et pour autant il raconte une époque, livre une ambiance. La réalisation est réussie, audacieuse. Le casting inégal, mais les scènes de Nadia Tereszkiewicz et des enfants sont parfaitement maîtrisées.
AugusteMars
AugusteMars

32 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 14 juin 2023
Bien que le film n'ait pas reçu un accueil ultra-favorable, j'ai été vraiment séduit par ce film. Robin Campillo s'inspire de son enfance à Madagascar, et il filme ainsi l'histoire à hauteur d'enfant. C'est une vie assez paradisiaque qui est filmée là, j'ai été vraiment séduit par le travail sur la photographie qui est vraiment magnifique. Le film est très sensuel dans le sens où il rend parfaitement bien les textures, les peaux, la lumière, les sons, il crée vraiment un univers sensoriel unique et à travers des analogies visuelles poétiques, il transmet l'imaginaire du personnage principal. D'ailleurs on a des séquences qui racontent les aventures de Fantômette, personnage de la Bibliothèque Rose et idole de l'enfant, qui sont très drôles car elles décrivent une France métropolitaine fantasmée.
L'intelligence et l'intérêt du film est de faire craqueler doucement et lentement, mais sûrement, cette image paradisiaque, pour montrer, de manière très subtile, à travers des évènements très distincts et parfois très discrets, l'emprise des colons sur cette île, qu'ils ne veulent pas lâcher. C'est ainsi deux choses que va raconter ce film :

- La naissance d'un regard de cinéma, celui de l'enfant qui comprend et saisit des choses invisibles aux autres
- La libération progressive d'une colonie, à travers d'abord la vision paradisiaque et idyllique que les colons en ont et qu'ils vont devoir quitter puis, dans un final surprenant et très intéressant et audacieux thématiquement, celui des colonisés.

C'est comme un long retour à la réalité, un long réveil qui est filmé. Il faut souligner aussi la magnifique prestation de Nadia Tereszkiewicz, qui est parfaitement douce et très subtile dans le rôle de la mère du personnage principal. Bref, un petit coup de coeur, en espérant que ça donne envie de le voir.
Williamroccogiraudon01
Williamroccogiraudon01

3 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 14 juin 2023
Histoire de souvenir d'enfance, pas de scénario, les enfants jouent mieux que les adultes, bref un nanar français...j ai faillis partir avant la fin...pas de rythme et acteurs mauvais, les actrices ne sauvant pas ce film malheureusement.
Yann-loeiz
Yann-loeiz

5 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 février 2026
Magnifique, exceptionnellement sensible et juste. L'ambiance "coloniale" dans une base militaire vue par le regard d'un petit garçon.
Chris
Chris

11 abonnés 50 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 juin 2023
Nouveau film de Robin Campillo apres "120 battements par minute". Il a reuni 2 acteurs formidables :
Nadia Tereszkiewicz, césar du meilleure espoir féminin , qui ne va pas rester longtemps un espoir, vu son immense talent et l'étendue de son registre. Une bonne nouvelle pour le cinéma Français cette arrivée de futurs grands noms comme aussi Rebecca Marder, Benjamin Voisin, Felix Lefebvre, Loup Pinard entre autres.
Nadia est accompagnée de l'acteur espagnol Quim Gutiérrez ("Te quiero imbecil" , "Azul", "Genesis"...) dans un role difficile ou il excelle. Un beau film sur la fin de la colonisation à Madagascar.
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