Les Meutes
Note moyenne
3,0
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61 critiques spectateurs

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Yves G.

1 845 abonnés 4 019 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2023
Hassan est un ex-taulard toujours prêt à se vendre au plus offrant pour effectuer des mauvais coups et en retirer un maigre bénéfice. Son fils Issam a pour l’instant réussi à ne pas suivre la voie de son père, quitte à effectuer les boulots les plus ingrats pour un salaire de misère. Les deux acceptent une tâche qui ne devrait leur demander guère d’efforts : pour le compte de Dib, kidnapper et donner une leçon à l’homme qui, la veille, l’a roué de coups, après un combat de chiens perdu.
Hassan et Issam réussissent sans trop de difficultés à mettre la main sur le colosse et à l’embarquer dans le coffre de la camionnette asthmatique qui leur a été prêtée pour l’occasion. Mais le prisonnier ne survit pas à l’épreuve et les deux hommes se retrouvent avec un cadavre volumineux dont ils doivent se débarrasser avant le lever du soleil.

Le scénario des "Meutes" présente un défaut structurel, le même que celui que j’avais déjà pointé du doigt dans "Juste une nuit", un film iranien sorti l’automne dernier, qui présente de nombreuses analogies avec ce film marocain : on sait par avance, au moins pendant les trois premiers quarts du film, que toutes les tentatives des deux hommes de se délivrer de leur encombrant colis seront vaines… sauf à ce que le film perde immédiatement son unique moteur.

Pour tourner cet écueil, il faut donc se désintéresser de l’histoire que "Les Meutes" raconte pour n’y voir qu’un prétexte à autre chose : la description des bas-fonds de Casablanca, loin de toute l’imagerie de carte postale que la grande cité portuaire marocaine charrie depuis Michael Curtiz, et celle des trognes cassées qui la peuplent – à commencer par celle incroyable de Abdellatif Masstouri dans le rôle de Hassan.

"Les Meutes" m’a rappelé d’autres films. Avec "Médecin de nuit", qui suit à la trace Vincent Macaigne l’espace d’une nuit dans le vingtième arrondissement parisien, ou "Juste une nuit" que j’ai déjà cité, il partage la même unité de temps : son action, qui en est d’autant plus étouffante, se déroule l’espace d’une nuit. Parce qu’il se déroule au Maroc et parce que son histoire, elle aussi, est ramassée en vingt-quatre heures à peine, j’ai songé à "Sofia", qui raconte la machination ourdie par une femme pour s’éviter le stigmate d’une grossesse hors mariage. Mais c’est surtout à l’atmosphère poisseuse de quelques polars iraniens récents que "Les Meutes" m’a fait penser : bien sûr "La Loi de Téhéran", une plongée asphyxiante dans le monde interlope et nocturne de la pègre, mais plus encore "Marché noir", un autre film iranien éclipsé hélas par le précédent, qui mettait précisément en scène un père et son fils contraints d’enterrer trois hommes retrouvés congelés dans une chambre froide.

Les avanies qui se succèdent et empêchent Hassan et Imam de faire disparaître leur encombrant colis seraient presque comiques à force d’accumulation. Mais "Les Meutes" ne prête guère à rire. Au contraire, jusqu’à son ultime plan – un chouïa trop malin pour n’être pas poseur – il glace les sangs.

Après avoir tressé tant de louanges aux cinémas algérien ("La Dernière reine", "Papicha") et tunisien ("Les Filles d’Olfa", "Un fils", "Une histoire d’amour et de désir"), "Les Meutes" m’offre une nouvelle occasion de vanter les qualités d’un jeune cinéma marocain en pleine effervescence dont quasiment chacune des productions est une réussite.
Marius M.
Marius M.

4 abonnés 18 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 juillet 2023
Dans ce film qui reprend les codes du film noir, le réalisateur esquisse le portrait de groupes en marge de la ville et de la société. Avec Les Meutes, Kamal Lazraq opère une immersion totale au cœur des activités clandestines des personnages: d’une station-service désaffectée à la maison opulente d’un riche client, un monde parallèle se dessine en marge des conventions, avec ses propres codes et dangers. La splendide photographie d’Amine Berrada, qui avait notamment réalisé celle de Banel et Adama, jette un éclairage flamboyant sur les visages des protagonistes, dont la peau se pare de nuances ocre contrastant avec la noirceur du décor. Puisant ses inspirations dans le néo-réalisme italien, le réalisateur fait d’individus marginaux des personnages tout en contrastes, qui fascinent à la manière des anti-héros pasoliniens. Une œuvre palpitante et criante de vérité, qui augure de futures réussites pour ce cinéaste déjà remarquable.

Extrait de ma critique à retrouver en intégralité sur Le Mag du Ciné: https://www.lemagducine.fr/cinema/critiques-films/les-meutes-film-kamal-lazraq-avis-10061257/
PLR
PLR

556 abonnés 1 768 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 juillet 2023
Rarement vu un scénario aussi sordide ! Rarement ? Euh, jamais je crois. Décidément, j’ai du mal avec le Festival de Cannes et son « certain regard » qui n’est pas le mien. Une immersion dans les bas-fonds de Casablanca ou errent des sortes de zombies (« La misère a failli être un crime » dit-on au Maroc). Mais un cadre qui n’est pas ici au service d’un film sur un registre social ou sociétal puisque c’est le terrain du thriller qui est choisi malgré un manque d’intrigue et de rebondissements propre au genre. C’est sombre, c’est sale, c’est moche. Le fait que les acteurs ne soient pas professionnels n’est pas un argument !
selenie

7 445 abonnés 6 655 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juillet 2023
Une immersion dans les bas-fonds de Casablanca poisseuse et poussiéreuse dont on aime la photographie, le grain, le climax alliant sueurs et crasses mais malheureusement le scénario manque de cohérences et de logiques surtout dans la réaction de certains personnages voir même dans l'évolution du récit. Et ce n'est pas le côté burlesque qu'aurait voulu le cinéaste qui change quelque chose. Le début paraît maladroit où comment tenter de nous apitoyer sur le maître plus ou moins triste d'un chien mort (par sa faute quoiqu'on en dise !), un gros plan sur son visage déçu, gros plan de sa main sur la patte, et puis quoi encore ?! Ce maître s'attendait sans doute qu'il s'en sorte à jamais ?! Ensuite on a bien du mal à avoir de l'empathie pour les autres personnages, un père looser crétin, un fils suiveur par "amour" filial, les autres personnages sont tous des ordures que rien ne peut sauver. Pas grand chose ne va dans cette intrigue pourtant prenante et sous tension qui surnage donc par une mise en scène inspirée et rythmée. Il manque une écriture plus sérieuse pour convaincre pleinement. Dommage...
Site :Selenie.fr
traversay1

4 480 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juillet 2023
La ville idéale, au Maroc, pour un film noir, peuplé de personnages aux abois, est évidemment Casablanca et ses quartiers populaires. Cela peut être pour montrer une jeunesse désœuvrée et rêvant d’ailleurs, comme dans le bien-nommé Casanegra, ou pour s’attacher aux pas de losers patentés, acceptant les boulots les plus minables, tel Les Meutes. Soit donc un père et un fils, dans le long-métrage de Kamal Lazraq, chargés d’une mission d’enlèvement relativement simple, qui par maladresse vont devoir se coltiner un cadavre encombrant. Un prétexte pour le réalisateur à nous faire passer une nuit à Casa et dans ses environs, dans une atmosphère glauque et tendue. Devant le nombre important de situations absurdes auxquelles sont confrontées les deux anti-héros du film, le ton aurait pu virer facilement à la comédie mais il y a un tel fond de désespérance sociale derrière tout cela que l’histoire reste fondamentalement une dérive non destinée à nous faire sourire, quoique la dernière scène tende à nous laisser accroire le contraire. Mais pour séduire davantage, au-delà de l’ambiance générale, il aurait été bienvenu de donner plus de consistance à ses deux personnages principaux, notamment à travers une relation père/fils insuffisamment exploité. Tel quel, Les Meutes ne tient pas totalement ses promesses, un peu comme Déserts, bien que pour d’autres raisons, pour le comparer à un autre film marocain montré cette année à Cannes. C’est frustrant mais cela démontre, malgré tout, s’il en était besoin, que les cinémas du Maghreb ont de plus en plus d’écho et d’ambition, avec peut-être un avantage au Tunisien, qui ne cesse de livrer des œuvres particulièrement abouties.
Olivier Barlet
Olivier Barlet

329 abonnés 433 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2024
Incroyable jeu d'obstacles dans la nuit, le film installe habilement la tension et arrive à fasciner malgré son indéniable noirceur. Il est porté par des acteurs non-professionnels remarquables qui nous permettent de sentir physiquement la violence à l'œuvre.
Julien Gretini
Julien Gretini

6 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juillet 2023
Thriller teinté d'humour noir et de mysticisme, le premier film de Kamal Lazraq nous entraine, le temps d'une nuit chaotique, dans les bas-fonds de Casablanca. A voir absolument !
Cinemad
Cinemad

9 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 juillet 2023
Une errance nocturne, presque surréelle, dans les faubourgs de Casablanca, incarnée avec brio par les acteurs non-professionnels Abdellatif Masstouri et Ayoub Elaid, tous deux d'une intensité et d'une justesse remarquables.
Ponctué de séquences aussi étranges que drôles, le film dépasse le simple thriller, et se révèle d'une étonnante maîtrise.
Un premier film à ne pas manquer !
Cinémaniac
Cinémaniac

2 abonnés 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 juillet 2023
Superbe premier film. Les comédiens nous emportent dans cette nuit sans fin à Casa. Mystique, brut et réaliste !!
A voir !
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 juin 2024
Malgré une entame percutante, ce film finit par retomber comme une crêpe en raison d’un scénario qui tourne en rond. Pourtant auréolé du prix du Jury « Un certain regard » au festival de Cannes en 2023, ce premier long-métrage du réalisateur marocain Kamal Lazraq manque d’écriture. Les mésaventures d’un père et son fils, encombrés d’un cadavre dans le coffre de leur voiture, servent de prétexte à la découverte de la vie nocturne et underground de Casablanca. Le ton hésite entre burlesque et drame sans jamais parvenir à insuffler le moindre rythme. Bref, une œuvre non dénuée d’intérêt étant donné son aspect brut de décoffrage mais insuffisamment consistante.
Belette R
Belette R

1 abonné 156 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 5 janvier 2024
Je ne m'attendais pas à grand-chose avec ce film, j'ai été servi. Que ce soit l'histoire, les décors, les acteursd, tout est sordide, sale, crasseux, nul et affligeant. Ne perdez ni votre temps ni votre argent avec ce navet.
surine
surine

8 abonnés 47 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 21 mai 2024
Vraiment nul , long, ennuyeux ,une image degeulasse qu’elle perte de temps et d’argent je ne conseil vraiment pas
Maximus28
Maximus28

51 abonnés 131 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 26 juillet 2023
choqué par le nombre de subventions publiques qui ont contribué à financer la production, réalisation. et distribution de ce film qui est ni pus ni moins que le degrés 0 du cinéma. ..scénario ras les pâquerettes et la description d'un pays et d'une réalité vraiment sombre
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 408 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 29 juillet 2023
Auréolé du prix du jury en section parallèle ( quinzaine des réalisateurs) et parfois très bien vendu par la critique, " les meutes" se révèle au final très décevant.

Polar se situant à Casablanca ( Maroc), on est vraiment très loin du niveau des polars Égyptien "le Caire confidentiel" ou " la conjuration du Caire" et encore moins des polars iraniens ("nuit de Mashad" ) notamment, pour ne citer que quelques titres.

Les points forts du film sont le casting ( très bien choisi), la direction d'acteurs, mais le reste ne tient pas la route.

Le scénario paraît avoir été écrit en cinq minutes et n'est franchement pas à la hauteur.

A mes yeux, " les meutes" maintien l'attention pendant vingt minutes avant de sombrer. Les dix dernières minutes sont sans doute le point d'orgue , d'un opus qui montre un Maroc gangrené par la pauvreté qui conduit tous les personnages à risquer très gros pour des noyaux de cerise.

Largement survendu par la critique et titulaire d'un prix qui laisse penser au meilleur, " les meutes" tombe à plat. Il est pourtant parfois ( je l'ai lu) comparé, mais selon moi, abusivement ( et je suis aimable) à l'univers des frères Coen.
elriad

517 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 avril 2024
Casablanca et ses quartiers populaires. Sur l'espace d'une nuit entière qui donne le sentiment de suivre l'action en temps réel, un père voyou et son fils vont essayer de se débarrasser d'un colis embarrassant, un homme mort dont ils sont responsables de façon indirecte. Si l'on ressent les défauts d'un premier film, les acteurs amateurs insufflent une énergie anxiogène sincère et troublante, parvenant à capter le spectateur tout au long du métrage récompensé à Cannes Dans la section " Un Certain Regard".
L'image reste hélas très souvent trop sombre, mais la noirceur est assumée, et la déviation du père vers une dimension spirituelle se fait avec finesse. Un premier film intéressant et un réalisateur à suivre.
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