Triste et beau constat cinématographique des difficultés à faire coexister les multiples appartenances culturelles, sociales et idéologiques en notre propre être et au sein de nos familles. Tout ça mêlé à la place et les préférences affectives que les parents accordent à leurs gosses, qui viennent elles mêmes contrarier les liens fraternels. Complexe donc de raconter tout ça et le film le réussit, tout dans la suggestion. Le racisme conscient et inconscient à l’œuvre dans le traitement de la mort de Jallal Hami est évoqué pareille, par dessous. Le rôle de la mère, la traduction de sa force et sa fragilité intelligente est sublime. Heureusement car sinon, cela aurait encore été un film d’hommes construits et détruits par leur père violent et idiot, un film paternaliste et patriarcale donc. Ce n’est pas le cas ici !
Difficile d'être critique envers un film qui relate des faits assez terribles. En se renseignant sur ces faits avant le film, on s'attend à beaucoup mieux que ce qui est projeté à l'écran. Ça ne va pas bien loin, tout passe assez vite et à part l'acteur principal, les acteurs ne sont pas excellents. On a l'impression après 1h40 de ne pas être entré dans l'histoire.
Ismaël, c’est Antigone. Comme elle dans la pièce de Sophocle, il cherche à convaincre les autorités à donner des funérailles dignes à son frère. Rachid Hami construit son film en alternant l’action présente avec le passé. Le montage parallèle permet de creuser en même temps les liens existant entre Ismaël et son frère, et les raisons de son entêtement à obtenir la reconnaissance des autorités militaires à son égard. Les deux récits menés de front permettent de justifier la mission dans laquelle s’est engagé Ismaël.
Complexe et équilibré dans les sentiments qu’il expose, et fascinant dans son récit remarquablement écrit et filmé par Rachid Hami, Pour la France touche au cœur et à l’esprit.
A voir et revoir !!!! Ce film m’a bouleversé. Magnifique mise en scène avec une mention +++ pour la partie asiatique. Justesse, humilité et dignité. Bravo au casting.
Une belle surprise... Au-delà du tragique du bahutage et tout ce qui en résulte, c'est un magnifique drame social. Karim Leklou est magistral d'émotion !
Film riche en émotions surtout quand on sait que c’est l’histoire vraie du réalisateur qui a perdu son petit frère qui était prêt à se battre pour la France.
"Pour la France" est un très beau film, politique sans jamais être militant. Pas de jugement, pas de moral, les faits sont posés et livrés à la suggestion de chacun. Beaucoup d'implicites et de non dits amènent à réfléchir. Ce sont aussi les blancs de dialogue qui sont assourdissants de sens et de significations. Leclou y est bouleversant de bout en bout, tout comme la maman Lubna Azabal, dans la pudeur du chagrin de la perte de son fils et la colère froide face à une institution responsable du celle-ci. Le frère du réalisateur (Aïssa dans le film) y est sublimé par l'interprétation juste et retenue de Shain Boumédine. En filigrane sont évoqués le fonctionnement (et le manquement de l'armée) mais aussi les liens qui se tissent ou non dans une famille, se pose aussi la question de comment on habite ses origines, sa culture, sa religion, sur 3 continents. Un drame familial d'un destin français : bouleversant et percutant, du très beau cinéma.
Un film bouleversant sur le destin tragique d'un jeune homme qui avait et s'était donné tous les moyens pour réussir. C'est aussi l'histoire d'une relation difficile entre deux frères, leur déracinement, leur place dans la famille et dans le coeur de leurs parents. Le combat d'Ismaël pour rendre justice à son frère est aussi, sous certains aspects, son chemin initiatique pour se découvrir lui-même. Dommage que cette histoire ne soit pas qu'une simple fiction. Une belle prestation des enfants !