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Eowyn Cwper
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3,0
Publiée le 3 mars 2017
Un de ces films à la Sixième Sens à ne surtout pas spoiler... même si les esprits aiguisés auront pu tout comprendre en moins d'un quart d'heure. Ce qui ne veut pas dire que les mêmes esprits aiguisés pourront comprendre l'ensemble des interractions compliquées et les révélations successives peuplées de nombreux personnages qui s'imbriquent de manière étrange. Un vrai déséquilibre qui fait perdre à l'oeuvre toute crédibilité, surtout quand il apparaît au spectateur (toujours aiguisé) que les scènes d'enquêtes s'alignent avec un peu trop de rapidité. Une incursion un peu hâtive dans le genre, mais très bien réalisée comme à son habitude, avec une dimension profonde de la paranoïa et un montage parfait pour les scènes d'action.
Trois ans après le beau ''Birdy'', Alan Parker adapte le roman de William Hjortsberg, ''Le sabbat de Central Park'' (le titre français est préférable ; le titre original pouvant mettre la puce à l'oreille du spectateur). Il nous livre un polar très agréable à suivre, voisinant avec le fantastique.
''Angel Heart'' est un film classique, dans la grande tradition hollywoodienne. L'intrigue est archétypale, mais toujours aussi efficace : un privé, Angel est chargé par Louis Cyphre de retrouver un chanteur de charme : Johnnie Favourite. On ne se mentira pas, Parker introduit les éléments fantastiques de manière un peu lourdaude : le nom des personnages par exemple, à savoir Angel (Ange...) et Louis Cyphre (Lucifer... subtile, non?). C'est cette lourdeur qui empêche le fameux coup de théâtre de surprendre : Parker a semé trop d'indices (comme les délires d'Angel). A ce titre, ''Sixième sens'' de M. Night Shyamalan réussira douze ans plus tard à doser beaucoup mieux le suspense : le coup de théâtre final sera évidemment plus inattendu que celui d' ''Angel Heart'', sans paraître pour autant gratuit. Le film d'Alan Parker se révèle donc assez prévisible (comme le sera d'ailleurs ''Shutter Island'' de Scorsese).
Malgré cela, ''Angel Heart'' est quand même un film diaboliquement (c'est le cas de le dire) attrayant. Personne ne peut reprocher à ce film son sens de l'histoire et du récit (présent dans d'autres films de Parker). Ce film, classique encore une fois, adopte avec bonheur les codes du film noir des années 50. Ainsi, on retrouve un détective gouailleur (qu'on peut rapprocher de Marlowe par exemple), un client louche... Ajoutez à cela des scènes plus dures, histoire de faire moderne, notamment une excellente scène d'amour, se transformant en déchaînement de violence et de sang. Cela fait du bien d'avoir un film à l'ancienne, ou l'on prend un plaisir simple.
Mais la plus grande qualité du film réside dans la distribution. Les deux acteurs sont absolument géniaux. Mickey Rourke est un fort sympathique privé, qui perdra peu à peu pied dans cette enquête. Et, bien sûr, il y a Robert de Niro, l'un des plus grands acteurs du monde (pour moi). Il incarne (ce n'est pas un spoil, le nom de son personnage est quand même significatif) un Lucifer délicieusement calme et doucereux. Les scènes entre les deux acteurs sont prodigieuses, les meilleurs du film. La scène, l'une des plus réussies que j'ai vu depuis longtemps, où Angel va voir Louis Cyphre dans une église est superbe : Rourke lâche un juron, de Niro (suppôt de Satan quand même!) le corrige (''Vous êtes dans une église''), scène d'une belle ironie.
Alan Parker réalise un polar fantastique où le déroulement se révèle plus réussi que la fin, prévisible. Le film dégage une atmosphère, comme toujours chez Parker, agréablement désuète (aidée par la photo de Michael Seresin). Un film classique, peut-être déjà vu, mais soutenu par deux acteurs magistraux. Parker fait preuve d'un vrai talent pour conter une histoire (il l'avait prouvé dans ''Midnight Express'' et il le prouvera dans ''Mississippi Burning''). Cet ''Angel Heart'' est donc à voir comme un bon film noir, plus faible quant il s'agit de parler de fantastique.
Film culte des années 1980, "Angel Heart" fut réalisé en 1987 par Alan Parker. Si son côté impersonnel fait aucun doute, autant dire qu'il signe l'un de ses meilleurs long-métrages. Avec ce sujet, le cinéaste orchestre un mélange des genres réussi ; ou comment un polar classique dans l'Amérique des années 1950 va glisser peu à peu vers le fantastique. Parker reprend le mythe de Faust pour proposer une nouvelle variation entre le bien et le mal, sous le contraste Rourke/De Niro. L'intrigue s'avère passionnante de bout en bout jusqu'au dénouement final. Mais "Angel Heart" se distingue surtout par ses nombreux intermèdes contemplatifs ; cette chambre rouge et ces ascenseurs qui filent dans la nuit. Mickey Rourke explose l'écran dans l'un de ses rôles de jeunesse parmi les plus emblématiques.
Critique de "Angel Heart". Déception, on m'avait présenté ce film comme étant super avec grand S. Mais je me suis ennuyé, à part la fin où tout est révélé, je dirais que la fin fait le film. Il y a beaucoup de lenteurs dans le scénario. Après un début plutôt intéressant, le film se perd rapidement dans des bavardages incessants , rituels vaudous... Mickey Rourke est parfait dans son rôle mais je n'ai pas trouvé Robert De Niro bon. Ok il y a quand même l'ambiance polar pendant le film qui est pas mal. 2/5
Véritable petit chef d'oeuvre que ce "Angel Heart". Si tout commence avec une histoire en apparence commune et sans grand intérêt, cela ne dure pas. La banale enquète se mue en une longue plongée dans un univers sombre. Le scénario est bien entendu la grande force du film, mais ses ambiances lui en donnent toute sa saveur. Les personnages sont tous très crédibles et parfois attachants. Avec peut-être juste un petit bémol pour le personnage de Robert De Niro. Si l'acteur est très bon, il est peut-être un peu dommage que le personnage soit aussi explicitement défini dès le début du film. Les lieux, les éclairages et les décors aussi ajoutent une atmosphère pesante, sombre ou carrément glauque. Seul autre bémol du film, spoiler: une de ses dernières images qui donne un caractère fantastique qui est beaucoup plus puissant quand il est suggéré que quand il est ainsi montré à l'écran.
Parce que c'est un film d'Alan Parker, au sommet de son art. Parce qu'il y a Mikey Rourke au top aussi. Parce qu'on retrouve Lisa Bonet (ex Cosby Show) et Charlotte Rampling, une actrice 5 étoiles. Mais c'est tout. Pas fan du monde occulte du vaudou. Film qui a mal vieilli. Dommage
Angel Heart fait partie de ces films qui ont une ambiance très particulière qui rend le film marquant qu'on aime ou pas d'ailleurs. Même si on devine assez vite la nature du personnage de Robert de Niro l'intrigue n'en reste pas moins floue jusqu'au dénouement. Bref ce film reste culte malgré les années
Alan Parker à la filmographie en dents de scie touchait avec son "Angel heart" au meilleur, un film noir entre polar et thriller teinté de fantastique qui nous envoie sur la route d'un privé à la recherche d'un disparu. Le scénario est parfaitement ficelé et l'enquête se suit avec attrait grâce à une mise en scène étonnante rappelant parfois le travail de Friedkin qui navigue entre glauque et onirisme. Mickey Rourke est intéressant avec ses airs de John McClane, désabusé et flegmatique, traversant moult péripéties sans toujours comprendre ce qui lui arrive. Il est aux prises avec un ambivalent De Niro, surprenant à souhait, commanditaire de son enquête mais aussi inquiétant que les cadavres qui s'amoncellent autour d' Angel. Beaucoup de rebondissements et d'avancées dans l'intrigue permettent de très bien supporter ces presque deux heures au rythme des découvertes du détective qui s'enfonce petit à petit dans les méandres de la Louisiane. On répond assez rapidement aux interrogations concernant le personnage de De Niro, par contre le final et sa révélation restent assez étonnants et bien trouvés. Une belle ambiance, une bonne intrigue et de bons acteurs pour un divertissement "malin" qui nous fait passer un très bon moment.
La réussite de ce polar tient principalement dans son ambiance, noire et glauque à souhait. Ainsi que dans son duo d'acteur, qui électrise le spectateur.
En lui redonnant sa chance quelques années plus tard, je dois atténuer un jugement initial franchement défavorable sur ce film. Alan Parker tente ici de recycler les canons du film noir en les accommodant d'une sauce fantastique, mais le cocktail a quand même un peu de mal à prendre. Le film part sur un faux rythme, desservi par des compositions trop ternes ou caricaturales (à cet égard, la confrontation De Niro-Rourke paraît tellement asymétrique et déséquilibrée qu'elle perd à mon sens en saveur). Les ficelles de l'intrigue sont un peu trop grosses, et ce n'est pas le fait de mélanger références chrétiennes et imagerie vaudoue dans une rafale de clichés qui y changera quelque chose, même si le résultat visuel en impose. On a connu le réalisateur plus inspiré, notamment dans ses films musicaux. Pour le coup, si la symbolique est forte et la mise en scène habilement éclairée, il y a trop de lieux communs pour monter en gamme. Efficace mais sans le supplément de génie espéré.
Ça commence comme un bon vieux "film noir" d'antan, puis, au fur à mesure que l’intrigue avance, le noir s’assombrit lourdement, l’ambiance en devient oppressante, étouffante même, soutenue par une partition musicale appropriée. Une histoire, à la fois tordue et glauque, teintée d’une pointe de fantastique, de rituels vaudous et de sexe, ayant comme toile de fond la Nouvelle-Orléans des années 50. « Angel Heart » est l’une des plus efficaces mises en scène d’Alan Parker, un poil lente toutefois. Une œuvre aux images fortes, voire choquantes, qui ne ménagent jamais le nerf optique et frappe durablement l’esprit. Mickey Rourke y trouve d’ailleurs l’un de ces plus grands rôles aux côtés d’un Robert de Niro particulièrement glaçant. Du très grand cinéma et, à mon avis, le sommet du genre satanique.
En 1955, un détective privé est engagé par un mystérieux client, pour retrouver un ancien crooner porté disparu. "Angel Heart" est un polar fantastique de très bonne tenue, qui se situe dans l'ambiance poisseuse de Harlem et de la Louisiane des années 50. Le scénario, très efficace, nous embarque dans une enquête oppressante, prenante, et à la conclusion redoutable, bien qu'en partie prévisible. Mickey Rourke est fort convaincant en détective aux méthodes fructueuses mais à l'apparence brouillonne, tandis que Robert De Niro est inquiétant en client énigmatique. Enfin, la réalisation d'Alan Parker est particulièrement inspirée, avec une photographie sombre et glauque, des séquences sanglantes très graphiques, et des décors crasseux et étouffants très réussis. Sans oublier la partition de Trevor Jones, qui compose un BO mélangeant habilement sonorités horrifiques, et morceaux jazzy typiques des films noirs. "Angel Heart" est donc un polar à découvrir.
Alan Parker nous lâche ici un chef d’œuvre de scénario, avec des nombreux rebondissements et une fin retentissante et tellement surprenante. Mickey Rourke et De Niro sont exceptionnels dans leurs rôles.
"Angel heart" ou l'enquête fantastique façon Alan Parker. L'écriture du scénario, aussi dérangeante soit-elle, s'illustre en image par le talent d'Alan Parker. On se laisse happer par cette histoire qui s'enfonce dans un délire diabolique, emmené par l'une des plus belles prestations de Mickey Rourke
Pour combler une passagère mais viscérale envie de thriller à l'intrigue sombre et glauque, Angel Heart était là, depuis longtemps, simplement sur l'étagère, se faisant tristement attendre parmi tant d'autres. Pourquoi ce destin ? Il n'y a pas vraiment de réponse justifiée, juste que d'autres envies, si passagères soient-elles également, l'ont devancé par manque de patience, car à force d'attendre, on oublie et on laisse prendre la poussière. Mais à l'inverse, quand on épuise quasiment toutes ses ressources, il est toujours là, à attendre. Son jour était enfin venu, lui qui avait tant attendu...
Angel Heart d'Alan Parker dévoile enfin son histoire, au cours des années 50, à travers une sombre et glauque enquête, menée par Harry Angel, détective privé. Contacté par un certain Louis Cyphre, il est chargé de retrouver un dénommé Johnny Favourite, ancien crooner mystérieusement disparu douze ans auparavant, alors qu'il avait une dette envers Louis Cyphre.
De quoi ficeler habilement la trame de son film, digne d'un bon vieux thriller, Alan Parker ne s'arrête pas là. Il se permet d'utiliser un grand nombre de codes relatifs au film noir, avec son intrigue située dans les années 1950, son détective privé de second ordre, ses femmes fatale. Il instaure une ambiance des plus oppressantes, organiques et obscures. Ruelles, façades d’immeubles, ascenseurs métalliques, tout semble maîtrisé avec une telle finesse que chaque plan marque, interroge, lancine. Visuellement, Alan Parker excelle en grand cinéaste, au talent certifié et à l'identité irréductible.
Mais l'originalité transcendante découle de son thème principal. Angel Heart libère sa rage et confirme sa force de caractère à travers sa trame narrative des plus obsédantes, intemporelle, manipulant le spectateur par le bout du nez, en lui créant de fausses pistes pour faire perdurer le fantasme et l'illusion, mais jamais dans son évidence exacte, le déstabilisant au plus haut point par son coup de théâtre final, à la puissance psychologique démesurée, exposé à la perfection par un Mickey Rourke aliéné (Fincher et Nolan ont du aimer ce film...). Le tout porté par une bande son des plus étouffantes malgré sa fine discrétion dans la totalité du film. Comme si tout prenait soudainement son sens et justifiait logiquement la place qu'il occupe. Je n'ai pas évoqué la prestation de Robert DeNiro mais disons simplement que sa terrifiante discrétion lui octroie cette figure capitale.
Il en aura fallu du temps, mais Angel Heart aura le juste mérite de rester parmi les plus grosses claques que j'ai prises en matière de cinéma, comme si cette envie initiale vieille d'un bon nombre d'années avait maturé dans mon inconscient pour me délivrer ses prouesses dignes d'une lettre d'amour à la puissance inégalable. Il est d'autant plus clair qu'un tel avis ne peut être que subjectif et personnel car beaucoup ne partagent pas le même et perçoivent le film différemment. Mais le plaisir que j'ai eu à l'écrire m'en laisse encore sans voix (ou sans mains pour taper...).