Mais quelle belle découverte ! J’avais très hâte de voir ce film car j’étais pleinement confiant : entre un Ryan Gosling qui choisit extrêmement bien ses rôles selon moi, des retours critiques très positifs et un duo de réalisateur que j’avais adoré avec l’excellent Lego Movie, il y avait tout de quoi pour me satisfaire. Et effectivement ça n’a pas loupé !
Projet Dernière Chance raconte l’histoire de Grace, un homme se réveillant amnésique d’un vaisseau spatial devant aller chercher un antidote pour notre système solaire, dont toutes les étoiles s’éteignent à cause d’une sorte d’épidémie. Il est donc envoyé à plusieurs années lumière, sans espoir qu’il revienne sur la Terre, mais juste dans l’espoir qu’il puisse envoyer des sondes à l’humanité pour pouvoir empêcher l’extinction de l’espèce.
Comme son pitch le laisse penser, on est face à un scénario assez classique pour un film spatial et c’est ce qui fait le plus grand défaut du film selon moi : son démarrage semble interminable ! La première heure du film me paraît fade : la photographie n’a rien de sublime malgré le décors spatial, on a pas spécialement d’empathie pour Ryan Gosling du fait que c’est un personnage sans aucun souvenir qui nous empêche toute identification… non franchement j’ai trouvé la mise en place de l’intrigue pompeuse, et j’ai hésité à être beaucoup plus sévère envers ce film du fait de cet énorme coup de mou qui n’aide pas à entrer dans l’intrigue. Si le film avait duré 2h tout au plus, je pense qu’il aurait été bien meilleur avec un début beaucoup plus condensé !
Et pourtant, une fois que j’ai dit ça, je trouve le film irréprochable à partir de la rencontre avec l’extraterrestre : le film est un véritable blockbuster émotionnel, qui se sert de son budget quasiment uniquement pour rendre les visuels crédibles et magnifiques, avec une quasi absence de scènes d’action et une relation entre Grace et Rocky (le petit extraterrestre) qui va tenir tout le film sur ses épaules a lui seul. L’alchimie entre les personnages fonctionnent à merveille ce qui fait qu’on arrive à s’attacher à Grace malgré son aspect « coquille vide » typique d’un personnage amnésique en début de film. La dernière heure du film nous livre pleins de rebondissements, faux espoirs et désillusions, et c’est sur ça que j’ai finalement énormément apprécié le film : sa capacité à nous choper aux tripes, malgré la déconnexion totale entre nos vies et le quotidien de Grace. Si on devait comparer : on est, avec Projet Dernière chance, bien plus proche d’un film spatial contemplatif façon « First Man » ou « Ad Astra » que d’un « Interstellar » ou « Gravity ».
Ainsi, le personnage de Grace finit par vraiment nous marquer pour ce qu’il représente : l’idéal du héros, ou tout du moins l’homme normal qui devient un héros. Grace n’est jamais décrit comme quelqu’un de courageux à travers ses flashbacks, bien au contraire, mais il trouve pleine « rédemption » à travers ce voyage spatial émouvant, solitaire et dans lequel son attachement pour Rocky fera ressortir le meilleur de lui. Si on ajoute à ça les magnifiques images et la soundtrack (très discrète mais parfaite dans les moments d’émotion), on se retrouve complètement absorbé par le film une fois la première heure passée.
Bien dommage que la première heure soit aussi longue car sans cela le film aurait clairement pu être inoubliable à mon sens, là où j’ai quand même ressenti la longueur du film. Mais pour l’émotion qui ressort de ce film, qui est en plus un gros film qui n’est ni une suite ni issu d’une licence, c’est beaucoup trop rare à Hollywood pour ne pas féliciter le film. Il faut voir Projet dernière chance !