Qu’est ce qui réunit « Sommersby » avec Richard Gere, « le general de la Rovere » avec Victorio de Sica et Projet dernière chance avec Ryan Gosling ?
Réponse: un homme sans éclat, parfois un lâche mais qui saura aller jusqu’au bout risquant de sacrifier sa vie pour être à la hauteur du rôle que le destin a placé en lui.
Ce magnifique récit si positif nous réaligne aussi face à l’image de l’Autre. En ce sens il incarne une révolution face à l’inconnu qui nous rapproche de Premier contact, une modernité qui nous dit que le partage et la générosité doit savoir dépasser les apparences.
Mais si cette odyssée résonne si bien en nous et qu’elle peut nous apporter intimement un message, ce n’est pas en tant que représentant de l’humanité - ce que peu d’entre nous risque d’être un jour, désolé -mais en tant que membre d’une société où nos petites lâchetés et égoïsmes peuvent être dépassés, parfois même transcender par le rôle que nous incarnons. Parfois nous sommes au pied du mur mais c’est à ce moment précisément que notre force d’âme, notre acharnement personnel, notre négation d’une réalité trop inhumaine peut faire la différence.
Au-delà, si l’on évoque l’œuvre portée sur le grand écran, elle a su respecter la trame et les rebondissements du récit original. Même ses raccourcis, ses scènes d’humour, cette légèreté de ton pour garder un large public sont très pardonnables. D’ailleurs honnêtement seule la lecture du livre permet de les distinguer, j’évoque la nécessité d’un départ imposé ou cette difficulté pour le héros de raccrocher son identité.
L’esthétisme, le soin à rendre crédible l’espace, les atmosphères illuminées des planètes concourent pareillement à nous projeter dans cet ailleurs inatteignables sans la magie de l’image. J’ose dire aussi que les chœurs dans la musique terminale m’ont fait naturellement monter les larmes aux yeux, cela ne se contrôle pas…
Ce petit bijou à deux faces, le livre si bien construit si incrémental et son incarnation sur grand écran, si efficace, si émouvante face aux enjeux ultimes de la survie, jusqu’au paroxysme, le courage des individus portant le destin de toute une humanité, constitue en final une réussite totale. Jusqu’à cette chute finale, ce clin d’œil qui a su être restitué, comme un point d’orgue.