Pour un film hongkongais de 1992, avec le synopsis d'un chat alien qui fait du karaté contre un blob qui mange des gens, avec la réputation d'être un gros nanar qui tâche, on s'attendait à passer un vraiment sale moment, et puis non. L'ennui n'advint pas, le malaise non plus, juste un plaisir de goûter à un produit aux effets spéciaux tantôt cheap (les peluches du chat et du chien) tantôt pas mal (on sent, pour le design du blob, que le réalisateur a vu The Thing de John Carpenter), avec beaucoup d'action (sur 1h25, ça doit parler 15/20 minutes, le reste du temps : ça explose, des gens prennent feu ou se font arracher la tronche façon vieux "splatter" - "film gore qui tâche" - dégueu, le chat vole ou fait du karaté contre les méchants, etc...), et un chat juste trop mimi (argument absolument pas objectif : on a le parfait sosie, sans le karaté). Il se passe toujours quelque chose à l'écran, et rien que pour cela, "merci" (car le cinéma "Z" associe souvent manque de moyens avec absence totale d'action ou de monstre à l'écran : le blabla, ça ne coûte rien, et ça remplit bien... Films souvent soporifiques). The Cat, quand à lui, part en cacahuètes avec sa scène de combat entre chien et chat à mi-film (du grand n'importe quoi mal truqué, on bascule dans du nanar de choix, mais pas navet) et avec sa scène finale de
bestiole géante
faite en carton-pâte assez laide (Ray Harryhausen l'aurait probablement boudée, Roger Corman s'en serait contenté avec plaisir), deux moments où l'on se rappelle pourquoi le film figure dans les reco' de Nanarland. Pas sûr en revanche des trucages pour le chat, qui s'en prend plein la tronche par moments (gros pincements au cœur, et mains devant les yeux de notre modèle local). Le film est plutôt sympa à suivre grâce à sa générosité dans le temps d'écran consacré à l'action ou aux bestioles aliens (avec quelques scènes gores dégueues, et un chat qui vole), se suit facilement (les aliens gentils, l'alien méchant, les quatre figurants au milieu), et part vraiment loin dans ses délires (ce qui fait rire). Bref, un "nanar" (on le trouve presque trop cool pour ce sobriquet) qui n'aime pas trop la parlote (tant mieux), préfère mettre le feu aux gens, faire tomber les yeux des orbites (avec le bruit écœurant qui va avec), rejouer The Blob mixé avec The Thing (en tâchant bien les murs), mettre un (adorable) chat noir qui sauve le monde (argument toujours pas objectif mais sincère), et rester un divertissement sans prétention. "Mraaaw", traduction : on aime bien.