Ennio
Note moyenne
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Yves G.

1 845 abonnés 4 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 septembre 2022
Ennio Morricone est mort en 2020 au terme d’une longue carrière. Giuseppe Tornatore – dont il signa la musique de "Cinema Paradiso" – avait commencé à tourner un documentaire à sa gloire.

Sa réalisation n’a rien de bien original : il s’agit d’une longue succession d’interviews et d’images d’archives qui retrace chronologiquement la longue carrière du maestro. Il pourrait même avoir un défaut rédhibitoire : sa durée – deux heures et trente-six minutes – qui risque d’en lasser plus d’un et qui est sans doute la conséquence de la fusion de trois épisodes de cinquante-deux minutes chacun plus adapté au format télévisuel.

Mais, même si ce documentaire ne brille guère par son originalité, son sujet est tellement enthousiasmant qu’on ne peut qu’en être fasciné.
Ennio Morricone est en effet un immense musicien qui a donné à la musique de film, un art longtemps mineur, ses lettres de noblesse. Formé au Conservatoire, dans l’ombre des plus grands maîtres de la musique contemporaine italienne qui ne voyaient pas d’un bon œil ses choix de carrière, Morricone aurait pu suivre le parcours orthodoxe d’un musicien académique. Les hasards de la vie en décidèrent autrement.
Il commence par écrire des arrangements pour des vedettes de variété avant de se tourner vers le cinéma. Sa collaboration avec Sergio Leone le rend célèbre. Les musiques de "Pour une poignée de dollars", "Le Bon, la Brute et le Truand" ou "Il était une fois dans l’ouest" sont d’une originalité telle qu’elle rencontre un succès immédiat. Ennio Morricone refuse la facilité de la « mélodie »‘ pour toutes sortes d’expérimentations. Ses partitions, d’une foisonnante richesse, entrelacent les thèmes, multiplient les contrepoints. C’est peut-être celle de "Mission" (1986) qui est la plus riche, dont le documentaire analyse finement la construction sophistiquée, dont on en comprend toujours pas aujourd’hui qu’elle n’ait pas été récompensée par un Oscar (l’Académie se rattrapera en lui décernant en 2007 un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière).

Le documentaire verse souvent dans l’hagiographie. Mais le génie de Morricone était si grand, son œuvre si impressionnante, qu’on pardonne volontiers à "Ennio" ses excès.
Sosa
Sosa

11 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 août 2022
Documentaire sur un génie de la musique, l'accent n'est pas mi sur le coté expérimentale de son art et c'est assez dommage, sur ce point précis peu de connaissance nous est délivré, c'est dommage pour cette raison mais sinon c'est super, un homme comme les autres doté d'un talent titanesque.
Jerome SCHIANO DI COSCIA
Jerome SCHIANO DI COSCIA

13 abonnés 20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 août 2022
Entendre les chef-d'œuvres d'Ennio Morricone dans une grande salle, rien que pour ça ça vaut le coup d'y aller, et en plus lorsqu'on fait vraiment connaissance avec le personnage , un véritable génie avec un gros cœur...
Sabine
Sabine

11 abonnés 119 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 août 2022
Magnifique déclaration d'amour à Ennio Morricone, à son travail, à son génie et (encore une fois chez Tornatore) au cinéma ! Je connaissais une grande partie de ses musiques de films (dont celle de Mission que j'ai beaucoup beaucoup écouté dans les années 90) mais j'ai découvert sa composition contemporaine et appris beaucoup de choses à son sujet, notamment sur son enfance, sa formation musicale, sa recherche expérimentale. Un régal de réentendre ses morceaux et de revoir plein de passages de films mémorables, notamment grâce à sa musique. De touchants témoignages également. Ce film m'a emportée dans de nombreux souvenirs de cinéma, et de l'émotion pure... J'ai toutefois trouvé qu'il aurait gagné à être un peu plus court (témoignages trop redondants par moments). Mais le plaisir a été grand !
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 22 août 2022
Mise à part un dernier quart d'heure durant lequel la brosse à reluire était véritablement de trop, ce documentaire est une déclaration d'amour de Tornatore au génie humble et génial de longévité de Morricone.
Truffé d'images d'archives, mêlés d'interview par le réalisateur lui-même et de gros plans très émouvants d'Ennio, on passe un moment incroyable à retrouver les grands thème du maître, et l'on se voit touché au plus profond de l'âme !
Incontournable donc !
circusstar
circusstar

168 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 août 2022
J'ai adoré, l'histoire de l'extraordinaire parcours d'Ennio permet un voyage dans l'histoire du cinéma, tous ces chefs d'œuvre qui ont accompagnés nos vies accompagnés par ces formidables musiques.
C'est passionnant !
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 août 2022
Giuseppe Tornatore collabore avec Ennio MORRICONE (1928-2020) depuis son 2e film, « Cinema Paradiso » c’est-à-dire depuis 33 ans, ce qui lui a permis de filmer le compositeur dans son appartement, plein de livres, de papiers et de partitions, égrenant ses souvenirs avec une mémoire phénoménale. Cette interview constitue la colonne vertébrale du documentaire, à laquelle le réalisateur ajoute, d’une part, les interviews de ceux qui ont côtoyé le musicien, réalisateurs (Sergio Leone bien sûr, Terrence Malick, Brian de Palma, Bernardo Bertolucci, Dario Argento, Gillo Pontecorvo, Roland Joffé, Oliver Stone), compositeurs (John Williams, Hans Zimmer, Quincy Jones), chanteurs (Bruce Springsteen), acteurs (Clint Eastwood) et d’autre part, des extraits de films et de concerts dirigés par Ennio Morricone, le tout avec un montage images et son remarquable et d’une grande fluidité, le rendant passionnant. Le réalisateur ne se contente pas de juxtaposer une liste de films, parmi les 500 sur lesquels a travaillé le musicien, de 1960 (sous le pseudonyme de Dan Salvio) à 2016. On y découvre son enfance (souhait d’être médecin mais devenant trompettiste comme son père, à 11 ans), ses débuts (comme arrangeur chez la maison de disques RCA Italiana), son mariage en 1956 avec Maria qui sera toujours son meilleur soutien et conseiller, son côté « schizophrène » et/ou caméléon : il possède un don pour la mélodie avec incorporation de techniques classiques comme le contrepoint [superposition de lignes mélodiques différentes, qui remonte au Moyen-Age avec la musique polyphonique et dont Jean-Sébastien Bach (1685-1750) en a été un des maîtres] ; il s’inspire même de musiciens classiques : dans « Et pour quelques dollars de plus » (1965) de Sergio Leone, il introduit un extrait de « La Toccata et fugue en ré mineur, BWV 565 » de Jean-Sébastien Bach. Dans « Des oiseaux petits et gros » (1966) de Pier Paolo Pasolini, il introduit un thème composé par Girolamo Frescobaldi (1583-1643). Il a aussi une passion pour la musique contemporaine et expérimentale, à tel point que Stanley Kubrick voulait qu’il en compose une pour « Orange mécanique » (1971) mais il était occupé par « Il était une fois la révolution » (1971) de Sergio Leone ». Pour « Mission » (1986) de Roland Joffé, il ne voulait pas composer de musique mais le réalisateur l’a convaincu et il l’a écrite en 2 mois avec introduction d’un motet (chant religieux à plusieurs voix) ; malheureusement, Il n’obtient pas l’Oscar de la meilleure musique, octroyé à Herbie Hancock pour « Autour de minuit » (1986) de Bertrand Tavernier. Il fait preuve d’une grande modestie, humilité et sensibilité (à l’évocation de certains souvenirs) avec un sentiment de déclassement (quand il remplace son père, qui n’est plus à la hauteur, pour nourrir sa famille), de culpabilité car ne composant pas de la musique « sérieuse ». Son professeur de musique, Goffredo Petrassi (1904-2003), grande référence musicale de l’époque, assimilait la composition de musique de films à de la prostitution pour un musicien (bien qu’il ait, lui-même, écrite celle de « Riz amer » (1949) de Giuseppe de Santis]. Il avouera, plus tard, s’être trompé. Parmi les nombreux couples réalisateurs-musiciens [Bernard Herrmann (1911-1975) et Alfred Hitchcock, Nino Rota (1911-1979) et Federico Fellini, John Williams (1932- ) et Steven Spielberg (ainsi que George Lucas), Hans Zimmer (1957- ) et Christopher Nolan], Ennio Morricone et Sergio Leone (ils sont allés ensemble à l’école) ont leurs places ; pourtant, ils n’ont fait que 6 films ensemble (sur 8) et ce « couple » mythique ne doit pas faire oublier que Morricone a, non seulement composé pour de très nombreux réalisateurs italiens mais aussi français (5 films avec Henri Verneuil) et américains [dès 1966 avec « La bible » de John Huston]. Malgré 5 nominations aux Oscars (de 1979 à 2000), cela n’est qu’en 2007 qu’il reçoit, des mains de Clint Eastwood, un Oscar d’honneur pour l’ensemble de sa carrière (à 79 ans) et le dédie à sa femme Maria. Il en reçoit un autre en 2016 pour « Les huit salopards » (2015) de Quentin Tarantino. Et Morricone de conclure, qu’il a voulu arrêter la musique de films tous les 10 ans, souhait auquel il a renoncé maintenant.
Criticman17
Criticman17

11 abonnés 283 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 août 2022
Trés bon documentaire sur le maestro italien Ennio Morricone mort le 6 juillet 2020. Ce documentaire nous montre le génie de cet homme qui était un véritable travailleur acharné un homme exceptionnel. Il était doté d'un talent mais surtout on le sent comme incarné habité par quelque chose qui lui permettait de créer cette musique si envoûtante et si touchante qui traverse et traversera les générations. Il a montré beaucoup d'amour dans ce qu'il a fait et beaucoup de passion. Ce documentaire est un véritable portrait d'un surdoué de la musique dans la manière de la rendre vivante dans un film et d'en construire un personnage invisible mais enrobant. Il a sublimé le cinéma en grande partie de sa carrière par sa musique. Il a su unir la musique aux images des films dans lesquels il a travaillé avec beaucoup de sensibilité et d'humanité ce qui a permis d'en bonifier les œuvres cinématographique en grande partie. Documentaire à voir absolument. Arrivederci Maestro.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 16 août 2022
Voilà un long biopic, qui mérite grandement le grand écran, et dont on aurait envie à la fin qu'il continue encore et toujours.
Pourtant le démarrage est lent, à l'image de l'enfance et de l'éducation musicale classique du jeune Ennio, aux cotés de son papa trompettiste. Pourtant, on n'échappe pas à l'accumulation de commentaires élogieux, propres au genre. Mais heureusement, Tornatore sait aller chercher l'essentiel et la complexité de ce pur génie, qui a su allier de solides bases musicales sans renier son immense créativité (y compris dans la musique moderne et la chanson de variété).
Il fait partie de ces rares personnes qui auront fait évoluer la musique comme un élément essentiel des grands films. Jamais complaisant, il savait saisir l'essence de chaque réalisateur pour lui proposer "sa" solution. Et quand il décompose certaines de ces plus célèbres morceaux, on s'aperçoit qu'il a su ajouter harmonieusement un mélodie simple à un air traditionnel folklorique et y ajouter avec un son incongru qui devient instantanément sa marque de fabrique.
Joueur d'échecs, il recommençait à chaque fois une nouvelle partie face à la page blanche, faisait écouter le résultat à sa femme avant d'oser l'envoyer au commanditaire!
Même les cinéphiles apprendront énormément sur Morricone, et pas seulement que Leone faisait passer ses airs sur le plateau pendant le tournage.
Hollywood reconnaitra très tardivement ce génie ( après six nominations et un oscar d'honneur de rattrapage). Hélas, Kubrick et lui ne finaliseront pas l'idée d'une collaboration pour Shining.
Romain jusqu'au bout des ongles, il se dévoile, et son intérieur est à l'image du bouillonnement constant de son cerveau.
Les larmes aux yeux, on écoute religieusement Sacco et Vanzetti, ou le thème de Deborah dans Il était une fois l'Amérique.
Alors qu'à l'écran Jacques Perrin revisite la salle fermée et poussiéreuse du Cinema Paradiso, qu'il fréquentait enfant. La boucle est bouclée.
Ennio aimait aussi mettre de longs silences entre les notes.
Prodigieux.
Cinéma aout 22
Stéphane R
Stéphane R

28 abonnés 487 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 août 2022
Merci. Bien sûr c'est hagiographique. Mais ce qui est bien ici, c'est qu'on ne se contente pas d'additionner les témoignages nous disant qu'Ennio Morricone était un génie. On nous le fait entendre. On en a les preuves dans nos oreilles, et on est émus d'écouter Ennio, sa vie, son combat interne contre l'illégitimité, sa belle complicité avec sa femme, ses errements, son égo, ...etc.
Le déroulé est quasi chronologique. Et le choix des musiques est très bon. J'ai été ému d'entendre un passage de Svegliati et Uccidi (cherchez la version chantée est splendide), ou il deserto. Certains manquent évidemment (Il etait une fois la révolution, mon nom est personne, Moïse, le professionnel...). Un conseil, voyez ce documentaire hommage et écoutez ses musiques. pas que les compilations. Par exemple, l'ensemble des compositions du bon la brute et le fruand ou Mon nom est personne est une splendeur, mieux que le titre principal de chacun de ces films à mon avis.
Merci Ennio (et Giuseppe). Le cinéma te doit tant
patrice vatan
patrice vatan

2 abonnés 15 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 août 2022
L'émotion sourd, brutale, au détour du monumental documentaire que Giuseppe Tornatore consacre au maître Ennio Morricone. Elle en fait le prix et rachète en quelques minutes follement inspirées ses longueurs, son didactisme un brin conventionnel.

Après les débuts de Morricone dans la variété italienne, survient sa collaboration avec Sergio Leone. Tornatore a alors l'idée de génie de souligner les scènes cultes du Bon, la Brute et le Truand (https://bit.ly/3oZ5RaX), de Il était une fois dans l'Ouest (https://bit.ly/3P5yUnQ) et de Il était une fois en Amérique (https://bit.ly/3byyQzf) en cadrant le visage d'Ennio impassible, regardant sa musique s'intégrer aux images immortelles de Leone pour ne faire qu'une entité insécable.

Défilent en surimpression les partitions originales. Au spectateur de transcrire - ou pas - les notes arides chevauchant des portées à la rigueur mathématique en des scènes qui font partie de l'inconscient collectif.
Impossible de ne pas retenir une larme, là, d'empêcher le frisson de vous gagner.

Ennio est issu d'un milieu modeste. Modeste, il l'est resté toute sa vie. Il voulait être médecin, vocation contrariée par son père qui le força à être trompettiste comme lui.
Il lui obéira, jouera de la trompette après la mort du père pour subvenir aux besoins de sa famille. Arrivé à la musique de film par accident, il a toujours voulu s'en détacher pour se consacrer à la recherche expérimentale, son jardin secret, peine perdue, il signa quelque cinq cents scores.

Ennio, forçat de génie, humble et souffrant d'un complexe d'infériorité, s'étonnait qu'un agent des douanes israéliennes le reconnût. C'est qu'avec son physique de cadre bancaire, il passait inaperçu au temps béni d'avant Internet.

Pareil pour Sergio Leone.
Un jour que nous attendions notre avion à Fiumicino, deux jeunes qui jouaient à se pousser bousculèrent un gros homme barbu au visage rond bouffé par d'énormes lunettes : Sergio Leone, alors en plein tournage de Il était une fois en Amérique.
"ci scusi signore" lui ont-ils fait, sans lui accorder plus que cette attention polie.
Ils ne l'avaient pas reconnu.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 août 2022
Dans ce documentaire magnifique, Ennio revit du pupitre à son bureau en rendant hommage au cinéma du monde entier. C’est à la fois l’histoire du septième art de plus d’un demi-siècle, une symphonie inachevée, et le portrait d’un homme juste et bon, humble et perspicace, qui souhaitait simplement que l’on ne lui marche pas sur les pieds. Ce que raconte dans les grandes largeurs ( 2 h 35 mn ) Giuseppe Tornatore en suivant film après film ( les extraits pullulent ) la progression d’un compositeur qui à l’origine estimait son travail mineur et sans intérêt vis-à-vis de ses collègues de la musique classique. Néanmoins en poursuivant son écriture , il entendait sans les jouer des notes qu'il allait triturer, inventant des sonorités et des arpèges d’ordinaire sagement rangés sur leurs portées. De nombreux réalisateurs du monde entier témoignent de leur collaboration fructueuse avec le maître à qui on ne dictait rien. Sinon l’homme tournait les talons.
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Guichard M
Guichard M

18 abonnés 29 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 12 août 2022
Je viens de voir Le film j' J'ai les larmes aux yeux Les témoignages sont magnifiques Et revoir certaines Qui ont marqué l'histoire mondiale Il était vraiment un génie .
Yann LM
Yann LM

3 abonnés 101 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 août 2022
Autant Amadeus avait conscience de son génie, autant Ennio a toujours gardé cette profonde simplicité qui est la marque des plus grands. Simplicité et pudeur. Tous deux avaient en commun de composer une musique faite de chair et de sang, capable de vous transpercer au plus profond de votre être et de faire ressortir cette humanité profonde. Et comme bien souvent chez les génies, ils étaient anticonformistes et d’une très grande modernité. Des les premières images du films, on est frappés par les yeux d’Ennio qui ont gardé cette étincelle de la jeunesse comme si le petit enfant était toujours présent. Ce petit enfant au comble de l’émotion quand il reçoit enfin cet Oscar tant mérité, tant convoité, pour lequel il a été si souvent injustement et honteusement ignoré. Des yeux qui transpirent d’une sensibilité longtemps contenue mais qui l’âge aidant est de plus en plus à fleur de peau. Ennio avait cette capacité unique à « rentrer » dans les œuvres qu’il devait accompagner, à les magnifier et à transformer l’accompagnement en une création à part entière. Ennio Morricone est celui qui révolutionné la musique de film en lui donnant ses lettres de noblesse. Mais il a souffert du manque de reconnaissance du monde musical classique qui considérait son art comme un art mineur. Quelle erreur et quel manque…..d'intelligence. Car l’oeuvre d’Ennio est une ode à la vie sous toutes ses formes. Elle crée, tournoie, teste, innove, joue, émeut, surprend, diffuse et par son intelligence, elle est une source de bonheur incommensurable. Elle définit les films qu’elle réinvente et la plus belle des récompenses fut quand Sergio Leone imposa lors du tournage de « Il était une fois en Amérique » que les acteurs jouent avec en fond la musique du film. Ennio restera à jamais cet enfant émerveillé et curieux. Un enfant en quête permanente de reconnaissance et c’est la le paradoxe de cet homme fort et obstiné capable de créations exceptionnelles mais à la fragilité cachée, en proie aux tourments d’avoir trahi sa formation classique alors qu’il l’a servie de la plus belle des manières, en proie à la jalousie de ses pairs, au dédain du petit monde de la musique classique. Qui se rappellera de Petrassi alors qu’Ennio est déjà passé à la postérité ? Sa vie est finalement à l’image du contrepoint de Bach qui l’a tant inspiré avec cette superposition de joies et de fêlures, de 2 carrières, celle la plus connue, centrée sur la musique de film, et celle plus classique, la plus confidentielle, dans laquelle il trouvait une vraie légitimité.
le.toaster.volant
le.toaster.volant

19 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 août 2022
Bon, je ne sais pas si on peut vraiment parler de documentaire. On dirait que c'est Morricone lui-même qui l'a réalisé. Il se met en scène (pour moi, c'est vraiment un problème), se lance des fleurs, s'écoute parler et composer... Et tous les témoignages vont dans le même sens. Une nécrologie quasi malfaisante. Au bout de 2h50, on sort franchement lessivé. Surtout que tous les témpignages de succèdent façon mitraillette. Oui, c'est un génie. Mais que de blablas qui vont dans le même sens. Le film aurait pu être raccourci d'au moins 1h.
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