Soyons indulgents : « Cold Storage » ne révolutionne rien et s’avère (très) loin d’être un excellent film, surtout qu’il sort en salles. Sur une plateforme, il aurait peut-être eu plus de légitimité et on aurait probablement eu un jugement plus clément. Car, on ne va pas se mentir ou faire la fine bouche, c’est une série B plus que regardable et qui s’avère efficace sur bien des aspects. Si le réalisateur de séries télévisées Jonny Campbell ne nous dit rien, l’homme qui a écrit le script, David Koepp, est celui à l’origine de bien des gros succès du septième art de « Jurassic Park » à « Snake Eyes » en passant par « Mission : impossible », mais aussi le réalisateur de « Hypnose ». Difficile de retrouver son talent brut ici mais ce mix de films de virus/zombie/champignons sur le mode léger et comique est plutôt digeste et surtout très sympathique.
Entendons-nous : encore une fois, « Cold Storage » n’a rien de transcendant et certains pourraient dire qu’il ne mérite pas le prix d’un ticket de cinéma. Ils auront peut-être raison mais ce long-métrage sans prétention réussit sa mission première qui est celle de divertir et de passer un bon moment sans se prendre la tête. Il y a cependant certaines choses qui ne fonctionnent pas, soyons honnêtes. En premier lieu, pour un film qui se targue d’être autant une comédie qu’un film d’horreur, on ne rit pas souvent, voire très peu. Oui c’est ludique et amusant mais pas au point d’éclater de rire comme c’était le cas pour Edgar Wright avec sa trilogie Cornetto par exemple, pour reprendre un exemple sur le même ton. Ensuite, il y a un manque d’ambition certain et une réalisation timide en dépit de quelques plans et idées réussis et/ou pertinents. Enfin, les invraisemblances de toutes sortes sont nombreuses mais on ne s’en offusquera pas vu la teneur et l’ADN du film.
Ceci mis de côté, on ne voit pas vraiment le temps passer durant plus d’une heure et demie. « Cold Storage » est mené tambour battant et ce, dès sa première séquence. Le prologue en Australie avec Liam Neeson et Lesley Manville (oui il y a du beau monde au casting si on ajoute la nonagénaire Vanessa Redgrave) est particulièrement bon. Une mise en bouche qui augure du meilleur. Le décorum de ce garde-meubles souterrain est également très original et optimisé comme il faut. Les péripéties plus ou moins grotesques s’enchaînent à bon rythme et les délires avec (le cerf, le chat, la bande de gangsters, ...) permettant un bon lot de séquences délirantes. Et puis l’alchimie entre Joe Kerry et Georgina Campbell est probante et de voir Liam Neeson en mode second degré, après plus d’une décennie de rôles similaires et sérieux, fait du bien. Pour ne rien gâcher, les effets spéciaux sont plutôt de qualité au regard du budget. Donc oui, une série B regardable à défaut d’être inoubliable et qui aurait davantage eu sa place sur Netflix mais qui vaut le coup d’œil.
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