En réunissant une seconde fois le duo qui avait fait le succès de "La Chèvre", Francis Veber nous offre encore une savoureuse comédie, celle de deux hommes que tout oppose lancés à la recherche d'un garçon fugueur, chacun d'entre eux étant persuadé qu'il en est le père. Il en résulte une heure et demie irrésistible, à une époque où Veber était au sommet de sa forme et où certains dialogues et certaines scènes sont franchement cultes. Le moment où Pierre Richard entre dans la boîte de jeune en ayant l'air cool et celui où Depardieu montre comment donner un coup de boule sont anthologiques ainsi que le duo que ces deux acteurs forment. Pierre Richard, décidément excellent dans le registre de la comédie s'envoie parfaitement la balle à un Depardieu très à l'aise pour un film sans prétentions qui fonctionne sur un mécanisme connu mais parfaitement huilé.
3ème et dernier film avec le duo comique Richard/Depardieu et le moins réussi je pense. Cette fois-ci, les 2 acteurs vont se retrouver à rechercher un ado en fugue car la mère de celui-ci leur fait croire qu'ils sont respectivement le père du jeune garçon. S'en suivra des péripéties grâce à l'infatigable Pierre Richard toujours irrésistible dans un personnage de gentil gaffeur. Bref : on peut être déçu que plus aucun film avec ce duo ne verra le jour.
Reprenant son impayable duo de "la Chèvre",Francis Veber livre une comédie de moeurs,toujours aussi bien écrite,peut-être plus classique dans son déroulement,mais tout aussi efficace.Dans "les Compères"(1983),Pierre Richard et Gérard Depardieu s'associent à contre-coeur pour retrouver un adolescent de 17 ans en fugue,dont ils pensent tous 2 être le père.Ce qui donne lieu à des échanges vaudevillesques et à des situations subtilement décalées.Pierre Richard travaille un humour plus sobre,peut-être plus vers le pathétique et l'émotif.Gérard Depardieu est parfait en brute de journaliste,qui s'achète une sensibilité en découvrant sa (possible)paternité.Le duo se bagarre,se traite de noms d'oiseaux,mais finalement se respecte.Les passages de la BM qui dévale la pente,ou celui du cours de coup de boule sont à hurler de rire.Avec les décors niçois et la musique entêtante de Vladimir Cosma,Veber parle de la rébellion adolescente,et du rôle du père dans les années 80.Seuls bémols:une vision ringarde de la jeunesse et un ado très mal interprété.Mais on se lassera pas de sitôt des têtes d'ahuri de Richard et Depardieu et de leurs accrochages légendaires.
Voici la suite non officielle de "La chèvre" avec notre même duo antinomique (Gérard Depardieu/Pierre Richard) qui traversera quiproquos, scènes cocasses et péripéties diverses mais en sortira grandi. Ici, le scénario est un peu plus étoffé car il y a un message sur la jeunesse droguée et incomprise de l'époque et l'ensemble est un peu plus tonique même si c'est un peu moins bien car pas aussi désopilant que le précédent film avec nos deux compères, ça se laisse agréablement suivre en famille car ce n'est rien de moins qu'une de ces comédies françaises comme on savait encore en faire, ma bonne dame !
Hilarant (la scène du coup de boule ! entre autres...), très bien interprété et écrit, voilà un film comique comme on aimerait, effectivement, en voir d'autres actuellement. Film culte réunissant à nouveau le trio Richard/Depardieu/Veber.
Deux ans après le succès colossal de "La chèvre" qui consistait plus à aligner une série de gags dont souffrait le personnage de Pierre Richard, "Les compères" se veut beaucoup plus attaché aux sentiments et à l'émotion qu'il véhicule. Le scénariste et réalisateur Francis Veber développe un thème qui touche quasiment au moins une fois chaque famille, c'est-à-dire un adolescent perturbé par la cruelle vie de la société contemporaine qui préfère fuir et se livrer à des aventures imprévisibles plutôt que d'affronter une réalité qui donne l'envie de se suicider. Oui, ce film retranscrit à merveille l'esprit de l'adolescent moderne. Il est faible, fragile, violent, provocateur et pense trouver dans sa solitude un moyen de tout changer pour ne plus être lié à sa famille. Le duo Depardieu-Richard fait encore des étincelles de par leur totale différence de voir et de vivre les choses en agissant soit avec fermeté soit avec douceur, le gamin ayant le choix entre le grand costaud, le doux à qui l'on donnerait le bon Dieu sans confession et un autre qui ne possède pas la force de caractère pour être respecté, se réfugiant derrière les solutions de la police, n'osant pas questionner un homme qui sait où se trouve son fils et qui préfère laisser le soin à deux autres hommes de se charger de la mission de ramener l'enfant au bercail. Le film dépeint donc le portrait psychologique de l'adolescent mais également celui des trois hommes qui s'estiment chacun être le père biologique, un Gérard Depardieu audacieux, fort et indestructible, un Pierre Richard dépressif, fragile et consciencieux et un Michel Aumont dépourvu de courage malgré sans doute une certaine bonhomie. Le film peut donc se vanter de décrire une partie de la société qu'est la paternité sous trois angles différents: la fermeté, la compassion et la lâcheté. Francis Veber rédige et signe une nouvelle fois une comédie d'action réussie, pétillante qui doit beaucoup au jeu impeccable des acteurs. Un long-métrage distrayant.
Un chouette film, marrant mais sans plus. J'ai une préférence pour "la chèvre" où je trouve qu'on rigole déjà beaucoup plus. Bon, le duo Richard - Depardieu reste excellent, et "les compères" reste toujours un film agréable dont on ne se lasse pas.
Francis Veber réunissait 2 ans apres "la chèvre" Pierre Richard et Gérard Depardieu pour une comédie familiale, cette fois. Leur duo basés sur les oppositions de caractere fonctionne à merveille, c'est très drole avec des répliques tordantes ("si tous les gamins qui picolent étaient votre fils..." "il a combien de père, ce gosse ?")mais aussi émouvant. Enfin, c'est aussi un portrait plein de justesse sur l'adolescence et son rapport à l'autorité.
Exit François Perrin, bienvenue à François Pignon !
On a longtemps voulu voir dans la distinction entre les deux personnage une certaine dose de naïveté, voire de bêtise supplémentaire chez le second. Quoi qu’il en soit, ce troisième film réalisé par Francis Veber (après qu’il fut scénariste sur une liste impressionnante de succès) réunit de nouveau Depardieu et Richard, couple parfait réuni initialement dans La Chèvre, du même réalisateur (Pierre Richard/François Perrin étant déjà le personnage principal du Jouet, premier film de Veber). Au niveau de la musique, Vladimir Cosma a signé celles d’un nombre incalculable de comédies françaises de cette période, des plus remarquables aux plus obscures et, notamment, celles du Jouet et de la Chèvre, ce qui explique qu’il est difficile de les distinguer.
Au niveau de l’interprétation, inutile de dire que le couple Depardieu/Richard tient une nouvelle fois toutes ses promesses, malgré la caricaturalité de leurs personnages respectifs, le tout rehaussé par des seconds rôles un rien plus relevés que dans La Chèvre (Anny Duperey, Michel Aumont, Maurice Barrier). Si le comique de Veber, comique de situation et de dialogues essentiellement, est le moteur de ce film, quelques scènes plus réfléchies mais attendrissantes (comme le dialogue des pères à la terrasse du café, vers la 20ème minute) apporte un élan philosophique absent de La Chèvre mais très présent dans le Jouet. Il faudra d’ailleurs m’expliquer pourquoi, dans ses trois premiers films, Francis Veber aborde la question des relations entre des parents (pères dans les deux premiers) riches et leur enfant.
Au niveau des points négatifs, comme déjà soulevé dans La Chèvre mais dans un registre plus international, on sera surpris de constater que tou·es les Niçois·es du film parlent avec un accent parisien des plus stéréotypé. Ça n’est certes pas plus stupide qu’un faux accent provençal (comme celui du chauffeur de taxi) comme dans tant d’autres productions (spoil : l’accent niçois est très particulier et n’a rien à voir avec celui de Marseille), certes, mais ça gâche un peu le réalisme.
Au final, cette œuvre peut aisément se classer au panthéon des comédies populaires françaises à côté de La Chèvre, un étage en-dessous du Jouet.
Un très bon film comique typique de l’humour de Veber avec de superbes dialogues et une belle mise en scène, même très belle dans les séquences extérieures. C’est un comique au ton personnel basé en alternance sur les surprises ou les choses que l’on attend. Les répliques font mouche autant par les voix que par leurs contenus brillants et décalés vers la vulgarité. Le scénario est bourré d’astuces avec une douce musique en contre point. Depardieu et Richard sont parfaits car doués et bien dirigés. Les autres personnages sont moins crédibles, surtout Annie Duperey sans deuxième degré qui avait pourtant un beau rôle. Les compères sont une pure distraction, sans aucun message philosophique, qui nous sort du quotidien, sujet préféré du cinéma actuel qui a trop tendance à nous y ramener.