Netflix nous propose son propre projet porté sur la pandémie avec "8 Rue de l'Humanité", une production bien française ! Réalisé et écrit par Dany Boon, le film va donc nous raconter quelque chose que nous avons tous vécu et que nous connaissons tous très bien. Et justement, c'est de là que va venir mon principal problème avec ce long-métrage. C'est une comédie, donc on va forcément essayer de nous faire rire avec cette thématique. Pourtant, les éléments qui sont censés être là pour nous faire rire nous semblent beaucoup trop évidents. Je ne dis pas que ce n'est jamais drôle, certaines scènes réussissent à nous faire décrocher quelques petits rires, notamment par le casting. Mais globalement, en ayant vécu ces évènements, il est difficile de se sentir surpris quand on nous sert des gags du style : on est dérangé en visioconférence, on s'ennuie chez nous, on devient paranoïaque, etc... À mon sens, c'est beaucoup trop commun et évident à mon goût, je trouve ça dingue de ne pas avoir envie de proposer plus que les évidences que tout le monde avait remarquées dans cette période. Si le public sort de longs mois de confinement, je ne pense pas que ce soit très dépaysant de proposer des situations aussi faciles. À la limite, les deux seuls personnages qui sortent du lot, et qui exploitent le mieux ce contexte, sont Martin Becquart et Jean-Paul Gabriel. Le premier est une caricature assez extrême de quelqu'un d'hypocondriaque et qui aurait extrêmement peur du virus, ce qui créait un décalage intéressant. Et le second, fait plutôt rire via le jeu d'Yvan Attal, qui lui donne un côté savant fou assez bienvenu. Mais finalement, tout ce qui fait rire dans le film, cela va être les moments où il essaye de proposer plus que ce qu'on s'attend à voir. Quand on voit des choses que l'on a déjà tous vécues, on n'est jamais vraiment surpris. Le point central de ce constat étant la thématique principale du scénario, qui tourne autour du fait de se rapprocher et de se souder les coudes entre voisins, ce qui sonne tellement simple et évident. Le film aurait pu être intéressant si les intentions avaient été meilleures, mais l'ensemble est trop évident pour surprendre. Pour conclure, un ensemble peu surprenant.