254 notesEn savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné
28 critiques spectateurs
5
12 critiques
4
7 critiques
3
6 critiques
2
2 critiques
1
1 critique
0
0 critique
Trier par :
Les plus utilesLes plus récentesMembres avec le plus de critiquesMembres avec le plus d'abonnés
Filtrer par :
Toutes les notes
Yohan Marques
26 abonnés
64 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 2 janvier 2012
Tout d'abord, il y a un choc, celui de la révélation d'une actrice hors normes car hors du temps, au jeu d'une telle modernité qu'il donne de manière quasi-instantanée au film, un parfum d'éternité. Louise Brooks, premier véritable sex-symbol de l'histoire du cinéma, qui irradie ce long-métrage avec une présence inégalée. Ensuite, il y a toutes ces audaces, toutes ces premières fois : naissance du mythe de la femme fatale, qui entraîne, dans un mélange d'innocence et de perversité, les hommes qui l'entourent dans les abimes de la déchéance, personnage porteur de malédiction au destin forcément tragique; première apparition d'une lesbienne à l'écran, première incursion dans le psychisme d'un tueur en série, deux ans avant "M. Le Maudit" de Fritz Lang. D'ailleurs, la comparaison avec ce dernier ne s'arrête pas là puisque Pabst, comme son homologue compatriote, envoie avec "Loulou" un signal d'avertissement à son propre pays, mis en danger par sa propre dégenerescence et qui pensera retrouver sa fierté en poussant Adolf Hitler à la chancellerie. Les hommes se laissent aveugler par le charme hypnotique de Loulou, aveuglés ils le seront de la même manière face aux discours de haine des propagateurs du nazisme. Osé, violent, noir et cruel... Un chef d'oeuvre.
Très beau film muet qui m'a beaucoup ému. on s'attache au personnage de loulou (interprété par Louise Brooks) qui nous fait penser à une petite fille par ses mimiques et ses attitudes. Elle fait des caprices, boude, trépigne de joie quand on lui "obéit"...on a presque envie de la réconforter quand ses "amants" la "maltraitent" et de la freiner à certains moments car son insouciance et sa naïveté lui causent bien des misères...la fin m'a carrément fait pleurer mais je ne dirais pas ce qu'il s'y passe! ;)
Librement adapté de 2 pièces de théâtre du dramaturge Frank Wedekind, Loulou (La boite de Pandore) est le film le plus célèbre de G. W. Pabst cinéaste autrichien plutôt apparenté à la mouvance des réalisateurs réaliste de la nouvelle objectivité. Ce mouvement a émergé dans les années 20 en réponse à l’expressionisme romantique.
Le récit gravite autour de Loulou, un des personnages féminins les plus mémorables de l’histoire du cinéma que l'actrice américaine Louise Brooks sublima alors qu’elle n’avait que 22 ans lorsqu’elle incarna l’héroïne de ce chef d’œuvre qui fit d’elle une star mythique. Attirant tous les regards, Loulou est une belle jeune femme séduisante et sensuelle qui semble vivre que pour l’amour et le plaisir. Ses amis de tout âge et de toutes conditions sont très nombreux mais incessamment poursuivi par les hommes et les femmes, Loulou se retrouve malgré tout en proie aussi bien à la répression sociale de ses propres désirs apparaissant insatiables aux yeux de la société, tout comme ceux des personnes qui la jugent par le biais de leur propre hypocrisie sexuelle. Et victime de son sex-appeal, mais surtout de l'avidité des hommes entre besoin de possession et d'argent, Loulou entraîne dans sa chute des hommes et des femmes qui succombent à sa présence charnelle.
Ce film muet sous titré incarnant le désir, le plaisir ou l'amour fou est souvent présenté comme une œuvre féministe avant la lettre où l’héroïne est victime des hommes ainsi que de la morale bourgeoise hypocrite de son époque. Cependant lorsque on analyse de près les relations de Loulou avec les hommes, on peut constater que ses relations sont plutôt conditionnées soit par l’argent ou soit par un rapport de force où à vrai dire, il n’y aurait aucun désir de la part de l'héroïne déchue mais plutôt des relations utilitaires où Loulou mimerait le plaisir. De la même manière avec ses sentiments, Loulou jouerait plutôt la comédie pour obtenir quelque chose. Autrement dit, si Loulou manipule, e
"Loulou" ou "Die Büchse der Pandora" est certes un film de Pabst, avec Louise Brooks, alors il faut l'avoir vu une fois dans sa vie. Mais il faut l'avouer : c'est très lent, très long et très ennuyeux. Surtout la deuxième partie du film, qui suit le procès, où j'ai sincèrement vu les minutes passer. La mise en scène de Pabst est évidemment irréprochable, surtout dans le dernier quart d'heure, dans les scènes avec Jack l'Eventreur où l'on trouve de superbes plans en contre-plongée dans l'escalier, ainsi que la scène du meurtre de Loulou, visuellement magnifique. Louise Brooks est évidemment une grande actrice, qui, contrairement à la plupart de ses consoeurs de l'époque, n'en faisait pas des tonnes. "Loulou" est également à découvrir pour une raison qui relève plus de l'anecdote : c'est le premier film qui affiche un personnage (certes secondaire) lesbien, en l'occurrence une duchesse, amie et amante de Loulou (incarnée par une actrice belge que tout le monde a oublié) ; tout cela reste bien entendu très chaste à l'écran. Mais, en toute honnêteté, que ceux qui n'ont pas somnolé durant toute la partie à bord du tripot français me jettent la première pierre...
Les 3 premiers actes sont une introduction au film assez banales. Ensuite l’histoire prend une autre ampleur, les hommes courent tous à leurs pertes, la partie la plus intéressantes est celle ou les personnages vivent dans la clandestinité. La réalisation tient en haleine (même dans les passages moins prenant), Louise Brooks est d’un naturel étonnant par rapport aux reste du casting qui jouent d’une manière très expressive.
Il n’est pas toujours facile au 21ème siècle de visionner le cinéma muet des premières décennies du siècle précèdent. Les grands burlesques, expression parfaitement aboutie du muet, n’ont pas pris une ride et sont autant savourés qu’un siècle auparavant ; expressionnisme ou l’épique (Eisenstein), dans leur dimension créative, restent l’objet d’admiration. C’est plus difficile pour le genre réaliste, même poétique, auquel on peut rattacher ce « Loulou », souvent cité comme un chef d’œuvre de cette époque. Il s’agit d’un sombre mélodrame, et ici l’absence de dialogues nuit à la nuance psychologique. Le film paraît alors long, voire pesant. Il en reste beaucoup de choses quand même : la spontanéité et l’irrévérence libertaire de Loulou face aux conventions bourgeoises et à l’obsession de l’argent, les images de Loulou elle-même, immortalisée par Louise Brooks, et une dernière scène poétique et déchirante.
Véritable chef d'oeuvre qui n'a pas l'aspect d'un classique. J'entend par là, qu'il n'est pas narrativement banal, il ne ressemble en rien à beaucoup de films dits "classiques". Il m'est impossible de raconter l'histoire, et pourtant c'est en elle que se situe tout l'important du film. Cette oeuvre est une véritable contradiction entre l'actrice qui est filmée, Louise Brooks et ce qu'elle vit. Tout ce que je peux dire c'est que pour un film muet qui date de 1929, la narration vous impressionnera par sa vison dramatique, par sa provocation et par le fait que les relations entres les personnages et les émotions, les sous-entendus sont retranscrits avec brio alors que c'est MUET ! C'est en définitive un film noir captivant et impressionnant de cruauté. Et puis Louise Brooks et quand même super belle^^
C’est un voyage dans le temps que l’on vit en regardant ce classique. Plus de 2h, on s’y fait doucement, dans un film typique des années 30 avec une dizaine d’actes très distincts les uns des autres, accompagnés sans arrêt due musique et avec des effets de montages à l’ancienne. Un film grandement inspiré du théâtre, sans paroles avec des cartons, qui joue non sur le ton mais majoritairement sur les actions et les expressions du visage.
16 196 abonnés
13 142 critiques
Suivre son activité
5,0
Publiée le 5 décembre 2025
Et si le plus beau muet de l'Histoire du cinèma ètait un film allemand ? On peut lègitimement se poser la question à la vue du huitième long-mètrage de Georg Wilhelm Pabst. Si beau qu'il devient, grâce à l'èrotisme puissant de Louise Brooks, un mythe. Difficile de passer après cette « Loulou » là, qui reste avec "Le journal d'une fille perdue" (1929) le meilleur film de l'actrice à l'aura et à la grâce non dèpassèes. D'une force visuelle stupèfiante, l'oeuvre est complexe, profonde, fascinante, envoûtante, tragique. Il faut accepter de s'y perdre, même un soir de Noël dans la brume, et cela passe par se perdre en Louise Brooks...
Mon premier Pabst, et je dois avouer ma déception. Le film est d'un ennui considérable, et j'ai l'impression qu'un seul acte aurait suffi tant ils se ressemblent tous! Et oui 10 actes, alors que s'il s'était arrêté à 3, le film était complet. En effet, le début est virtuose au niveau de la mise en scène qui est très envoutante et très riche, notamment lors de la scène très intense de rupture où tout ce qui fait une mise en scène de cinéma est présent. Je trouve le fait que chacun attende quelque chose d'elle sauf elle même est bouleversant et très bien traité. Et Louise Brooks qui dévore tellement l'écran qu'on a l'impression qu'elle interprète toutes les femmes du film.Ensuite, à partir de l'acte 4, le film est beaucoup plus écrit, plus romancé, plus construit, la mise en scène s'eeface légérement, sauf pour la scène du meurtre. Le film devient interminable, voulant traiter tous les sujets qui peuvent faire un film à eux seuls. Ma frustraation vient du fait que chaque acte peut faire un film à lui tout seul, or ceux ci durent 15 minutes chacun, donc tout reste un peu en surface, comme le dernier acte, glaçant avec Jack L'eventreur. Et la musique est achevante...
En termes de cinéma, les premières fois offrent parfois des moments grandioses. Personnellement par exemple, mon premier film de Kurosawa fut un de ces très bons moments. Mais là, j’ai carrément eu droit à deux premières fois dans le même film, premier G.W. Pabst et premier Louise Brooks.
Parlons donc d’abord de Louise Brooks. Sa présence seule rend déjà cette œuvre merveilleuse : enfantine, charmante, mutine, capricieuse et j’en passe, elle rayonne dans ce film, le sublime, mais apporte aussi une profondeur, grâce à une présence indéniable qui m’a éblouit et subjugué à chaque moment.
Bien qu’étant l’atout principal de ce film, jouant son rôle de Loulou de manière si magistrale, elle est formidablement aidée par le reste du casting, complétant parfaitement ce film. Car plein de personnages différents vont graviter autour de Loulou en apportant chacun une complémentarité parfaite, rendant cette histoire si dense et passionnante. Chacun d’entre eux va d’ailleurs, à un moment ou à un autre, personnifier une des caractéristiques principales de ce film : la jalousie. Ce sentiment apparaît et transparaît bien souvent dans ce film, comme lors d’un simple regard pourtant lourd de sous-entendus, et si bien filmé, donnant à ce petit bijou son ambiance si particulière.
A travers différents actes, des séquences mettant en avant un à un tous ces personnages, faisant ainsi évoluer la vie de Loulou au fur et à mesure du film, dans une mise en scène tellement bien maitrisée, à l’image de la dernière scène où elle apparaît, tout y est montré dans une sobriété tout en finesse, à la fois simplement suggérée et pourtant si expressive : du grand art !
C’est donc d’une beauté époustouflante et éblouissante, un chef-d’œuvre du film muet !
Une excellente réalisation qui maintient en haleine du début à la fin du film, des moments de grande intensité et surtout la présence de Louise Brooks dont le jeu est si naturel et si expressif que par contraste, celui des autres acteurs pourrait passer pour "chargé". A noter aussi la puissance expressive et l'ambiance des séquences à personnages multiples. Au final, un film inoubliable !
Avec Loulou, Georg Wilhelm Pabst signe un mélodrame d’une modernité stupéfiante, où le désir agit comme une force irrésistible capable de révéler autant les failles que les hypocrisies de ceux qu’il traverse. Louise Brooks est tout simplement magnétique : son visage, son regard et sa liberté insolente suffisent à faire de Loulou l’une des figures les plus fascinantes de l’histoire du cinéma. Pabst refuse d’en faire une simple prédatrice ou une victime, préférant filmer un personnage insaisissable qui échappe constamment aux catégories morales que les autres cherchent à lui imposer. La mise en scène, d’une élégance remarquable, accompagne cette chute inexorable avec une lucidité cruelle, sans jamais sacrifier la complexité humaine des personnages. Un chef-d’œuvre du cinéma muet, à la fois sensuel, tragique et profondément en avance sur son temps.