L'Oubli que nous serons
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Isabel I.
Isabel I.

50 abonnés 317 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 11 juin 2021
Ne pas se fier à l'affiche  colorée du film qui pourrait juste annoncer un bon film sur une gentille famille haute en couleur. Brouhaha dans cette langue chantante , cris de joie ou pas toujours, éclat de  rire , musique . C'est l'enfance privilégié de ce petit garçon couvé par sa mère, ses sœurs, aimé "trop adoré" comme il dit par son père , Quinquin si bien  protégé. Sa vision idéalisé de son père , aussi docteur aussi enseignant et surtout militant, engagé , humaniste...
Oui mais c'est en Colombie : les injustices sociales, la répression, la liberté de parole impossible , la liberté de penser bafouée...
Et c'est le deuil qui fait basculer l'enfant vers l'adolescence  et se confronter à la vraie  vie . C'est le noir et blanc pour le présent,  pour marquer ce tournant .On passe des années 70 vintages et insouciantes aux années 80 au réalisme plus dur.
Les dernières images sont cruellement douloureuses .
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 9 juin 2021
Un très beau film sur la famille, l'engagement et la Colombie! L'oubli que nous serons dresse le portrait du grand docteur colombien Héctor Abad Gómez : un héros du quotidien qui s'est battu toute sa vie pour les droits humains. Beaucoup d'émotions en sortant de la séance ! C'est une histoire dont a besoin, surtout en ce moment.
traversay1

4 481 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 juin 2021
Grand écrivain colombien, Héctor Abad a raconté l'existence de son père, qui avait le même prénom, dans un roman remarquable, L'oubli que nous serons. Le film qui porte un titre identique, réalisé par Fernando Trueba, est une adaptation d'une fidélité prodigieuse, hommage qui peut sembler parfois désarmant de candeur, d'un fils qui le voyait comme un héros du quotidien, un médecin et professeur humaniste dont la probité et les combats pour les plus démunis ne pouvaient que lui valoir de nombreux ennemis dans un pays, la Colombie, où la violence n'est jamais très loin. L'oubli que nous serons est le portrait d'un homme de bien, un idéaliste et un libre penseur, une sorte de chevalier blanc à Medellin, la ville de tous les dangers et de toutes les corruptions. La reconstitution des années 70 et 80 est somptueuse, avec des couleurs chatoyantes et une mise en scène élégante. Oui, il y a sans doute une part de naïveté dans ce portrait d'un incorruptible mais elle s'explique et se justifie par le regard d'enfant qui est porté sur un père, au travers d'une vie familiale heureuse et harmonieuse, le jeune Héctor grandissant auprès de sœurs plus âgées que lui. Malgré un destin que l'on devine assez tôt tragique pour le principal protagoniste de cette histoire, il y a une grande douceur dans le film et une certaine idée du bonheur, des caractéristiques que l'on retrouve assez peu souvent accolées à l'image habituelle de la Colombie. L'oubli que nous serons est un film qui fait du bien et ravit l’œil même s'il débouche inéluctablement sur un drame. Héctor Abad n'a pas oublié son père et nombreux sont ceux désormais qui auraient aimé côtoyer sa lumineuse aura.
Vince
Vince

50 abonnés 66 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 14 février 2021
"L'oubli que nous serons" est le nouveau film de Fernando Trueba (Ópera prima, 1980 ; Belle époque, 1992 ; Two Much, 1995 ; Chico y Rita, 2011, ...). C'est l'adaptation du roman du même nom d'Héctor Abad Faciolince qui aborde la vie de son père depuis sa vision et perception. Ce dernier, Héctor Abad Gómez, interprété par Javier Cámara (Parle avec elle (Almodóvar, 2002) ; Les tournesols aveugles (José Luis Cuerda, 2008) ; Vivir es fácil con los ojos cerrados (David Trueba, 2013) et Sentimental (Cesc Gray, 2020), est un professeur de Médecine à l'Université, qui a défendu les droits de l'homme en Colombie, à Medellín, dans les années 1970 et 1980, jusqu'à ce qu'il fut assassiné en 1987.

L'aspect fondamental de "L'oubli que nous serons" est la photographie. Fernando Trueba en compagnie de son directeur de la photographie, Sergio Iván Castaño, oscille entre le noir et blanc, et paradoxalement, le noir et blanc correspond au présent tandis que la couleur se rapporte aux souvenirs d'Héctor Abad lorsqu'il était enfant et qu'il vouait un véritable amour à son père. Par ailleurs, la scène d'introduction met en scène le protagoniste durant ses études universitaires en Italie avant de revenir en Colombie, et on aperçoit le film Scarface de Brian de Palma, lorsqu'Héctor est au cinéma avec sa copine, qui permet de placer une sorte de "foreshadowing" sur les événements qui vont se dérouler, notamment quant à la violence des latinos. Le final de Scarface peut être mis en parallèle de celui de L'oubli que nous serons, ou est-ce simplement un clin d'œil ou une référence de cinématographique de Trueba ? À méditer...

Les personnages secondaires, soit la mère et ses six filles, sont très attachants, notamment lors des scènes musicales ou l'une d'entre elles chante en anglais au rythme de sa guitare. De plus, les deux acteurs protagonistes, le père et le fils crèvent l'écran de par leur interprétation de leur rôle et leur complicité naturelle.

Cependant, malgré les très bonnes qualités du long-métrage (photographie, scénario, ambivalence entre le noir et blanc et la couleur, le jeu des acteurs, la réalisations), un bémol serait la lenteur de la deuxième partie lors du retour d'Héctor en Colombie. Le rythme du début du film sur les expéditions de Héctor Abad Gómez et son fils, la relation familiale, les démarches du père pour la revendication des droits de l'homme, etc., s'amenuit au fur et à mesure de l'histoire, surtout dans le dernier quart d'heure.

En définitive, L'oubli que nous serons est un très bon film, réalisé par Fernando Trueba, qui montre encore une fois que le cinéma espagnol n'a rien à envier aux autres cinémas européens, notamment français et italiens... De films en films, le cinéma espagnol excelle : Lettre à Franco, Une vie secrète, Eva en août, Madre et maintenant L'oubli que nous serons. Des excellents films voire des chefs-d'œuvres pour certains !
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