Entre documentaire et film d'animation, le projet n'est pas banal. Une esthétique unique et un film qui donne la parole à un migrant en racontant son terrible parcours. Intense et poignant.
Flee - dessin animé très joli dans sa balance lumières et ombres. Le parcours d’un jeune homme émigré homosexuel. Il n’y a pas d’étonnement mais la réalisation entre animé et film qui s’alternent est sympa 3,5/5
Un film documentaire sous un format original associant de l'animation et quelques images d'archives. Un Afghan y raconte son parcours depuis son pays qu'il a fui avec une partie de sa famille après la débâcle de l'URSS, jusqu'au Danemark où il s'est installé, fait des études en passant par la Russie corrompue et violente post-soviétique ;..on y découvre la dure vie des migrants, la séparation familiale, le contraste entre l'occident accueillant et tolérant et la Russie ou l'Afghanistan rétrogrades et violents, et la difficulté d'être homosexuel quand on vient ou traverse ces régions là. Le problème du film, c'est la distance qu'installe le choix narratif avec le spectateur : animation a minima ( certes avec des tons et graphismes évocateurs), les ellipses sur le type de vie de cette famille : manifestement pas religieuse et bourgeoise mais on n'en sait pas plus... donc le film intéresse mais n'émeut guère et ne captive pas
Le pitch du film m’avait pas mal intéressé, me rappelant « Persepolis » mais au final je n’ai pas accroché à Flee. Pourquoi ? Car on est dans du pur drame déprimant de À a Z dont la seule chose qui ressort est le désespoir. Alors évidemment la situation du narrateur n’a rien de joyeuse mais faire un film 100% dramatique comme ça, je trouve ça juste lourdingue et je n’ai pas accroché.
‘Flee’ fait le pari de marier animation et documentaire pour retracer le parcours d’“Amin’, un ami du réalisateur Johan Rasmussen qui a fui l’Afghanistan dès les années 90 et la chute du gouvernement communiste. Bien que les éléments soient rassemblés pour un tableau à charge de l’obscurantisme qui ravage le pays depuis trois décennies - Amin est homosexuel, sa famille n’est pas religieuse - le réalisateur cherche plutôt, à travers le parcours de son ami pour gagner une terre où il pourra vivre comme il l’entend et tous les mensonges et les compromissions auxquels il devra se livrer pour y parvenir, d’interroger la notion de “foyer” : est-ce le lieu d’où on vient, celui où on se trouve à un moment précis pour autant qu’on soit entouré de ses proches ou celui, à l’horizon, où on souhaite arriver ? C’est la question que le réalisateur et Amin se poseront tout au long de l’histoire ; pour l’Afghan, il s’agit même d’une confession, peut-être même d’une psychothérapie : a-t-il eu raison de renoncer aux liens familiaux “officiels” pour mieux asseoir son statut de réfugié ? N’est-ce pas une trahison vis-à-vis de ceux qui l’ont soutenu et aidé dans son périple ? A ces dilemmes se mêlent les souvenirs lancinants de la honte qu’il a longtemps éprouvé en raison de son attirance “anormale” pour d’autres hommes, ou de l’angoisse permanente qui a marqué leur séjour en Russie post-soviétique où ils étaient à la merci d’une police corrompue et violente. Pour retracer un parcours de vie aussi terrible qu’ordinaire en ce début de 21ème siècle, le film recourt à l’animation traditionnelle, mais aussi aux esquisses et à la représentation figurative lors des événements les plus douloureux du récit, ainsi qu’à quelques vidéos d’archive illustrant les étapes qui furent le lot de milliers de migrants afghans ces trente dernières années.
Primé dans de nombreux festivals, ce long-métrage d’animation danois raconte l’histoire vraie d’Amin, un ami du réalisateur Jonas Poher Rasmussen qu’il connaît depuis son adolescence. Venu d’Afghanistan seul et sans famille dans les années 90, celui-ci n’avait jusqu’ici jamais raconté son histoire et son douloureux parcours d’exilé. Ce film émouvant et dramatique nous plonge dans les abysses de l’âme humaine et dans les tragédies de la guerre, et raconte des moments terribles où l’on ne peut plus compter sur rien ni sur personne. Ce témoignage bouleversant montre aussi que lorsque le mensonge est la condition sine qua none de sa survie, il est difficile de ne pas y laisser son âme et une grande part de soi-même. Graphiquement très beau, un long-métrage poignant et nécessaire.
Un bouleversant récit d'exil qui nous touche de bout en bout et qui est magnifié par la mise en scène simple, travaillée et intelligente. Le propos novateur qui s'intéresse aux conséquences psychologiques des traumatismes est nécessaire et important et redonne une humanité aux réfugiés trop souvent traités en masse indistincte.
Quel chef d'oeuvre ! Un récit poignant, très émouvant, dont on ne ressort pas indemne. Les résonances avec L'odyssée d'Hakim de Fabien Toulmé, autre chef d'oeuvre dans un autre domaine (le roman graphique), sont nombreuses.
Un super film d'animation qui partage sous forme de thérapie, mieux qu'aucun film ne le pourrait, le récit d'une vie bousculée et marquée par le conflit qui a touché son pays, sa ville, par l'exile qui s'en suit et puis par les conséquences de l'un et l'autre. L'utilisation intelligente de vidéos d'archives renforce l'aspect réaliste et historique de ce qui nous est raconté. A voir absolument !
Les animations sont sympa, l'histoire est bien (même si elle est très triste) Mais, le film qui ne dure qu'une heure et quelques donne l’impression de durer 3h (sans abus). Et ça fait très long
Bien que l'histoire soit touchante, le choix de l'animation installe une distanciation avec le spectateur et ne permet pas d'entrer en empathie avec le personnage principal. D'autant que le son et les voix sont issus d'un vrai dialogue entre l'auteur et son meilleur ami, ce qui dénote très fortement avec les images qui défilent, qui ne sont qu'artificielles. A mes yeux, Flee est donc un échec car il parait extrêmement artificiel, bien que se basant sur du réel.
« Flee », c’est une histoire personnelle à priori simple racontée par un jeune homme mais la vie de ce réfugié afghan n’est pas linéaire, loin de là. « Flee », ce sont deux chemins : le premier, celui très concret de son parcours géographique, nous offre sa vision de certains pays qu’il a traversés ainsi que de l’évolution de son propre pays. Ce très beau témoignage vaut tous les reportages sur le terrain des journaux télévisés. A cela s’ajoute son chemin intérieur sur son homosexualité qu’il a, au départ, du mal à accepter par son éducation et l’absence de mot dans sa langue pour caractériser cette orientation sexuelle, qui en dit long sur l’étendue du chemin intérieur à parcourir pour s’accepter. Le film mélange animation et images d’archive pour une réalisation rythmée du plus bel effet.