Les Nuits de Mashhad
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FaRem

10 571 abonnés 11 456 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 23 avril 2023
Après deux films de genre réussis dans son pays natal, Ali Abbasi retourne dans son pays d'origine pour s'intéresser à un fait divers du début des années 2000 avec le meurtre de plusieurs prostituées en Iran. Alors que la police « enquête » sur un homme qui prétend purifier la ville, une journaliste se rend dans la ville sainte de Mashhad pour investiguer de son côté, car elle ne fait pas confiance aux autorités. Pour Rahimi, tout ceci est un complot et les personnes en charge font simplement semblant de rechercher le coupable, car ça les arrange bien que ces femmes disparaissent. Ali Abbasi nous fait suivre à la fois le Djihad contre le vice de ce père de famille et donc les recherches de la journaliste. Il nous place dans un climat social misogyne avec un mépris évident envers les femmes en général. En général, car même la journaliste se fait prendre à partie, car elle n'est pas dans la case qu'elle devrait occuper selon eux. Pourquoi ces femmes seraient les seules coupables alors que des hommes paient pour s'offrir leur service !? L'offre et la demande, ça marche dans les deux sens. Si la double fenêtre est un peu répétitive avec des meurtres qui s'enchainent et une enquête inexistante, l'histoire devient vraiment intéressante quand spoiler: le tueur se fait arrêter
. On prend alors conscience du contexte et des doutes évoqués par la journaliste jusque-là puisqu'il est érigé en héros par beaucoup de monde. Des propos effarants pour un constant terrible de la société iranienne. La première partie aurait gagné en intérêt s'il y avait eu plus de mystère et une vraie traque, mais c'est encore un bon film de la part d'Ali Abbasi.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2022
Attention thriller choc. Pour son troisième film, le cinéaste danois né en Iran, Ali Abbasi retourne dans sa région d’origine pour tourner un suspense à couper au cordeau qui s’inspire d’une histoire vraie ayant eu lieu en Iran au début du XXIème siècle. Bien sûr, pour avoir les coudées franches, le cinéaste de l’étrange « Border » a préféré tourner en Jordanie, l’un des seuls pays de la région où existe un semblant de démocratie. Une histoire de serial-killer qui fait froid dans le dos. La première étouffante séquence glace d’ailleurs le sang et met le spectateur directement dans le bain. On y voit une prostituée dans les rues de Mashad, ville sainte, effectuer ses passes jusqu’à ce que l’un de ses clients l’appâte pour l’assassiner par strangulation. Et tout nous est montré sans censure. Ce sera l’un des reproches que certains feront à « Les nuits de Mashad » : sa complaisance dans la représentation des meurtres. C’est un peu vrai mais pas gênant, plus à double tranchant : en effet, Abbasi en montre peut-être beaucoup et de manière répétitive, c’est difficilement supportable aussi bien dans la violence sèche et le modus operandi du tueur que dans la motivation qu’il a à les exécuter. Mais d’un côté, cela montre bien la folie et la détermination sans faille, peu importe la victime, qu’il développe dans ce qu’il appelle sa mission et les raisons de celle-ci : nettoyer les rues du vice de ces femmes de mauvaise vie.

La musique qui enveloppe « Les nuits de Mashad » est à la fois imposante, épique et malsaine. Elle entretient et amplifie le malaise ambiant qui enveloppe tout le long-métrage. Une œuvre poisseuse, glaciale et vénéneuse dont la tension est palpable à chaque instant. Comme le film fait le choix d’alterner l’enquête menée par une police incapable et peu concernée et une journaliste investie avec les séquences axées sur la vie et les actes perpétrés par le tueur. Cela fait pester le spectateur de voir que ces agissements sont impunis et on attend qu’une chose : qu’il soit arrêté. D’ailleurs, aucun suspense sur l’identité du tueur puisqu’Abbasi le montre dès le second meurtre. Et si on perd en tension et dans le côté ludique de deviner qui il est, on le gagne en horreur morale. De découvrir que c’est un homme marié, plutôt normal et qui agit au nom d’une pseudo mission sainte, rend tout cela encore plus terrifiant que de voir un fou tuer de sang froid ou par vice et perversion. Après, dans sa dénonciation de la masculinité toxique, des vices du genre masculin, le film n’y va pas avec le dos la cuillère, il ne faut pas le nier. C’est très manichéen mais en ce qui con concerne les valeurs d’un pays comme l’Iran, c’est nécessaire.

Ce n’est donc pas l’aspect thriller ou policier qui impacte le plus notre esprit, entre voyeurisme, un petit manque de suspense et le côté redondant (mais tout cela reste peu préjudiciable au film au final et se fond bien dans ce qu’il entend dénoncer). Ce qui nous scotche le plus, c’est cette misogynie latente en Iran, cet intégrisme religieux écœurant, cette instrumentalisation de la religion par des fanatiques et surtout la corruption effarante du pouvoir en place et de la justice. Du point de vue de bon nombre d’Iraniens, notamment les hommes religieux, mais pas que, ces meurtres de prostituées nettoient les rues de Mashad. Et ce serial-killer apparaît pour beaucoup comme utile et agit pour Dieu. Les scènes de procès sont effarantes et la séquence finale qui voit le fils du tueur (après sa femme) expliquer et excuser les agissements de son père est psychologiquement horrible et nous retourne le bide. Le propos est certes martelé mais nécessaire en ces temps de retour à un certain obscurantisme. L’interprétation de Mehdi Bajestani en tueur implacable et sain d’esprit est impressionnante, bien plus que celle de la récipiendaire du prix d’interprétation féminine à Cannes Zar Amir Ebrahimi. « Les nuits de Mashad » n’est pas dénué de défauts mais secoue comme il faut. Tétanisant.

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Pascal I

904 abonnés 4 256 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 janvier 2024
Film réussi du constat de la condition féminine en Iran. Le support : le serial killer Saeed Hanaei, avec des crimes montrés atrocement pour mettre en opposition "l'excuse/la justification" de l'entrisme religieux, ici en 2001, bien plus marqué aujourd'hui. Des interprétations acceptables avec une mise en scène linéaire sans toutefois pénaliser le fond du scénario terrifiant. 4/5 !
Acidus

872 abonnés 3 937 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2023
Contrairement aux apparences, "Les nuits de Mashhad" n'est pas un film iranien. Et vu son contenu, on se doute qu'il aurait été impossible de le tourner tel quel au pays des mollahs. Ali Abbasi signe en effet une oeuvre violente et sordide tout en véhiculant un message engagé et dénonciateur (place de la femme, de la religion, laxisme des autorités,...). Cela donne un thriller percutant et captivant qui bouscule le spectateur et le repousse dans ses retranchements. Le message manque un brin de subtilité mais la forme (mise en scène, photo, musique) est impeccable.
Du bon cinéma.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 juin 2023
Un polar iranien sombre qui dresse un portrait glaçant d'une société islamiste où l'intégrisme religieux engendre ses propres monstres.
Benito G

760 abonnés 3 167 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 décembre 2022
Réflexion sur le statut et la condition des femmes dans le pays des Mollah, sur la misère des petites gens dans un régime dictatorial, Les nuits de Mashad vaut beaucoup pour la personnalité du tueur : père de famille respectable, fils aimant et "bon" musulman mais homme colérique et détruit par la guerre.
Si visuellement le film reste à mille lieues du chef d'oeuvre de Fincher, loin de sa mise en scène millimétrées et fascinante, de ses images puissantes, sa thématique reste forte et j'ai personnellement trouvé la musique d'une noirceur sans pareille et les deux acteurs principaux parfaitement à l'aise.
Si ce n'est le décor, ce n'est pas foudroyant d'originalité et pourtant la dernière partie du film trouve son "La" : on pourrait croire que l'histoire se mord la queue plutôt que dénoncer la corruption d'un gouvernement acquis à la cause masculine, quelque en soit le prix, en restant sur le constat d'une société gangrenée par la haine. Cependant le scénario impose son point de vue dans sa conclusion : car peu importe la décision finale de la justice, la graine de la haine a été semée (le fils la récolte) et le monde des Mollah est sauvé.
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 22 juillet 2022
Un bon film, solide sur un sujet délicat et inspiré de l'histoire vraie d'un tueur en série à Masahd, qui avançait des motifs religieux pour commettre ses crimes de prostituées, en série . Les acteurs sont très bons , mais on est un peu gêné par le côté faux " iranienne movie" . On sent bien que le réalisateur est tout autant danois qu'Iranien , que l'actrice principale ne vit plus en Iran . Même si ce sont pour de bonnes raisons. Du coup le film perd de sa profondeur et ne ne retrouve pas tout à fait la vraie iranienne "touch", philosophique , profondeur du cinéma , comme avec le grand Farhadi.
lionelb30

535 abonnés 2 904 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 10 août 2022
Intérêt principal de ce film , la découverte en partie de la société iranienne , pas attirante !!! et la fin du film. Sinon , une histoire inspirée de fait reels , assez brut ( plusieurs étranglement ) et donc pas drôle.
Gentilbordelais

402 abonnés 3 540 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 novembre 2023
Mettre en parallèle l'enquête journalistique et le quotidien ordinaire d'un homme jusqu'au déroulement de ses meurtres est plutôt bien pensé. D'autant que l'on assiste ainsi à la terrible dualité psychologique du tueur en rapport avec sa foi. Ce thriller est aussi le constat de la dure condition de la femme dans la société du Moyen Orient. Un drame judiciaire délicat qui débat toutefois d'un message douteux de pardon face à des actes inhumains sous prétexte que les victimes étaient jugées indignes. Inspiré d'un fait réel, certaines scènes sont difficiles et glaçantes.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 330 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2022
Une vraie claque ! Un an après La Loi de Téhéran, Les Nuits de Mashhad prouvent que les cinéastes iraniens sont capables de livrer des polars extrêmement tendus possédant en outre un vrai fond social. Cette fois, la crudité du film et la critique de la société iranienne vont tellement loin qu’Ali Abbasi n’a pas pu tourner en Iran et surtout qu’il a été dénoncé par le Ministère de la Culture iranien (d’autant plus qu’il met en scène une comédienne, Zahra Amir Ebrahimi, qui a dû fuir le pays suite à un scandale de sextape). Le film possède une tension rare que ce soit au niveau de la première partie purement policière (qui rappelle certains Hitchcock spoiler: comme Psychose pour le retournement de situation du début ou Frenzy pour certains meurtres
) ou de la deuxième partie prenant une tournure clairement plus politique. Avec une maîtrise de la mise en scène rare, Abbasi réussit à souligner l’ambiguïté que peut posséder l’être humain (le meurtrier dont l’identité n’est jamais cachée peut être considéré comme un père de famille tout à fait lambda) et l’éloignement de l’humanité que peut entraîner la morale quand elle devient du fanatisme spoiler: (une partie de la population justifiant les assassinats de prostituées)
. Tension constante, interprétation exemplaire, critique sociale sans concession : cette adaptation d’un fait divers réel amène à un polar politique indispensable qui donne envie de se pencher sur les premiers films et surtout sur la suite de la carrière de son réalisateur : Ali Abassi !
Henrico
Henrico

227 abonnés 1 447 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 novembre 2023
Il est étonnant qu'Ali Abbasi, qui a reçu un accueil dithyrambique de la critique pour chacun de ses précédents films, reçoive un accueil très mitigé pour "Les Nuits De Basham". C'est pourtant son film le plus profond et le plus abouti. Les néo-féministes, au moins elles (eux), auraient pu l'acclamer chaleureusement. Abbasi dénonce avec force et subtilité tout ce qu'elles(ils) décrient sans cesse : le féminicide et ses causes principales: le machisme quotidien et omniprésent dans la société, l'organisation patriarcale et systémique de cette société, l'oppression qu'opère l'institution religieuse sur la femme au profit des hommes etc... etc... . Dans "Les Nuits De Basham ", tout cela est pourfendu dans les plus petits détails, avec un traitement tout en finesse, sans concession, et avec même une certaine poésie. Le seul problème est que la société décriée est la société iranienne, pas la société occidentale, et la religion visée est la civilisation islamique, pas la civilisation Judéo-Chrétienne. Ce biais ne cadre pas avec la bien-pensance woke et néo-féministe, pour qui le seul patriarcat à abattre est celui de l'homme blanc occidental. Toute critique d'un tout autre patriarcat, d'après elles (eux), relève du racisme, et n'a pas voix au chapitre, car potentiellement vecteur de haine. Quand bien même des millions de femmes crient leur souffrances, souvent au prix de leur vie, l'aveuglement de certain(e)s est tel qu'ils sont capables de bouder un chef d'oeuvre, qui en plus défend leur cause. C'est à douter de la sincérité de leur engagement à cette cause qu'elles(ils) disent être la leur: défendre les femmes.
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 novembre 2024
Ce thriller très sombre a pour but essentiel de dénoncer l'hypocrisie et les dysfonctionnements moraux de la société iranienne dominée par le fondamentalisme religieux, et il y parvient à merveille. Comme dans tout bon film du genre, on est entraîné par une histoire sordide ponctuée de moments forts visuellement très explicits, le tout soutenu par une réalisation et des acteurs de qualité. Si l'histoire est inspirée de faits réels, le personnage de la journaliste ne l'est pas et c'est justement son axe narratif qui constitue selon moi le point faible du film. Ce qu'elle fait spoiler: - se faire passer pour une prostituée pour être embarquée par le tueur -, que ça fonctionne dès le premier client - il y aurait statistiquement beaucoup plus de chance pour qu'elle ait à faire à un vrai client... ce qui aurait été probablement 'gênant' pour elle - et qu'elle en réchappe - il faudrait quand même un sacré courage/niveau d'inconscience pour faire ça -, c'est quand même une grosse ficelle scénaristique.
Le film prend une tournure différente dans son dernier tiers et elle n'en est pas moins passionnante.
circusstar
circusstar

168 abonnés 732 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 août 2022
Bon film, bon thriller, sujet prenant et intéressant.
C'est vraiment un film à voir. Belle performance de l'actrice principale qui interprète la journaliste.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 226 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 1 janvier 2023
Oscillant entre thriller et film social, "les nuits de Mashhad", évoquant l'assassinat de plusieurs prostituées, se révèle être une belle réussite. Prenant et vraiment intéressant, le film suit à la fois la journaliste menant l'enquête face au manque d'investissement de la police et le tueur en série, père et mari respectable aux yeux de la morale iranienne. C'est vraiment flippant et peu rassurant pour l'avenir de la femme iranienne, le film tombe à pic alors qu'un souffle de liberté et de rébellion soufle actuellement en Iran. Le film bien mené, bénéficie aussi d'une solide interprétation (le Pris d'interprétation féminine à Cannes parait justifié). Attention, par contre, les scènes d'agression des femmes peuvent paraître dérangeantes par leur réalisme.
Arthus27
Arthus27

126 abonnés 642 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2022
Un film prenant, doté d'une réalisation efficace.
Les Nuits de Mashhad se construit autour de deux points de vue, de deux personnages, Saeed un tueur en série qui chaque semaine emmène une prostituée chez lui pour l'étrangler, et Rahimi une journaliste enquêtant sur ce dernier. Cette dualité nous permet de balayer un grand nombre de sujets et de rendre compte de l'ambivalence de la société iranienne.
Cet équilibre, bien que déroutant, donne toute sa force à l'oeuvre d'Ali Abbasi.
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