Les Nuits de Mashhad
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135 critiques spectateurs

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pascalparis04
pascalparis04

29 abonnés 33 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 août 2022
Excellent film. La société iranienne bien décrite. L'acteur méritait tout autant le prix d'interprétation. A voir pour comprendre la culture iranienne actuelle Attention certaines scènes sont difficiles à supporter
Peter Franckson
Peter Franckson

79 abonnés 1 343 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 août 2022
Le cinéma occidental regorge de tueurs en série depuis « M le maudit » (1931) de Fritz Lang. L’intérêt du film, inspiré de faits réels, réside dans son déroulement en Iran, théocratie chiite, après les attentats du 11 septembre 2001, dans la ville sainte de Mashhad (20 millions de pèlerins annuels), à 900 km de Téhéran, dans le nord-est du pays, près de la frontière avec le Turkménistan. Très vite, on connait le coupable (Medhi BAJESTANI qui a surtout une carrière théâtrale), un maçon de 46 ans, père d’un garçon et d’une fillette et qui tue par strangulation les prostituées (au nombre de 200 selon lui) autour du mausolée (plus grande mosquée d’Iran) du 8e imam chiite, Ali Al-Reza, mort empoisonné en 818 (le chiisme duodécimain, majoritaire en Iran et religion d’Etat depuis 1979, compte 12 imams, le 1er étant Ali, oncle et gendre de Mahomet). Le second personnage principal est une journaliste célibataire Rahimi (Zahra AMIR EBRAHIMI qui a obtenu le prix d’interprétation féminine pour ce rôle au festival de Cannes alors que la prestation de Medhi Bajestani est tout aussi remarquable), inflexible sur ses droits, qui enquête sur les crimes du tueur araignée (d’où le titre anglophone « Holy spider », l’araignée sacrée ou sainte). Cela permet de montrer le machisme et l’aliénation de la société iranienne (port du hijab, pas de femme seule dans les hôtels, drague lourde de la part des hommes, flics ou collègues, considérant toute célibataire comme une femme facile, etc.). Bien sûr, le régime iranien (le tournage s’est déroulé en Jordanie) n’est pas épargné [on retrouve l’ambiance, peut-être, moins poisseuse du film du Danois d’origine égyptienne, Tarik Saleh « Le Caire Confidentiel » (2017) où c’est plus la corruption du régime qui était montrée du doigt, juste avant la chute du président Hosni Moubarak] : les assassinats de prostituées arrangent bien les autorités qui ne débordent pas de zèle pour trouver le coupable même si un procureur explique à la journaliste qu’il n’y a pas de fatwa concernant l’élimination des prostituées à Mashhad car les femmes se prostituent en raison de leur pauvreté, qu’il faut combattre. Le tueur, sans regrets, ni remords, estime faire le djihad contre le vice en tuant les femmes impures. La justice n’est d’ailleurs pas complaisante à son égard (malgré le soutien de la population locale au maçon) spoiler: puisqu’il sera condamné à mort par pendaison pour 12 meurtres (sur 16 commis)
. Outre un scénario bien construit (terrifiantes images finales montrant l’aliénation du fils), sans temps mort et renforcé par une musique angoissante et oppressante du Danois Martin DIRKOV (3e collaboration avec le réalisateur), le film évoque aussi le traumatisme qu’a subi l’Iran (au moins 300 à 500 000 morts) suite à la guerre (1980-1988) avec l’Irak (qui a envahi l’Iran, juste après l’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeiny) et la solidarité qui s’est créée chez les anciens combattants.
Nine
Nine

14 abonnés 154 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 juillet 2022
J' aime les thrillers qui font suivre simultanément le cheminement des enquêteurs et du tueur. Le sujet est prenant, et implacable sur la condition féminine en Iran, mais celà nous apprend-il grand chose ? Est-ce utile de filmer en temps réel autant de strangulations, scènes particulièrement dures ? Pourquoi la question sur la condition d'extrême pauvreté des femmes tuées n'est-elle pas posée au tueur et à ses proches ? Sur la fin on tourne toujours sur la même doctrine religieuse, cela finit par sembler long.
Enfin, j'ai beaucoup apprécié le jeu de l'actrice principale, qui a un très beau rôle, mais de là à lui donner un prix à Cannes, je trouve cela exagéré.
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 489 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 4 août 2022
La réalisation est implacable et d'une dureté à la hauteur de son sujet c'est-à-dire la violence faite aux femmes en Iran mais plus largement dans le monde car il traite aussi de la prostitution sociale. Les acteurs sont extraordinaires et la lumière digne d'un grand polar. Le scénario est très bien ficelé et permet d'entrer dans la psychologie des personnages sans entraver la portée collective du message. Le prix d'interprétation féminine était une évidence lors du dernier festival de Cannes. La réalisation est soutenu par une musique qui donne un climat extraordinaire.
Fred ciné
Fred ciné

11 abonnés 43 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 31 juillet 2022
Poignant du début à la fin. C est tellement bien réalisé qu on a l impression d etre spectateur d un documentaire. Les acteurs sont époustouflants. On plonge dans un univers glauque et tout n est qu insécurité. Quelle claque pour notre bien-pensance maladive...
Napoléon
Napoléon

181 abonnés 1 628 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 30 juillet 2022
Une oeuvre beaucoup trop classique. Aucune prise de risque ou ambition particulière. Même si la critique de la société iranienne est bien présente, elle reste superficielle et ne propose pas de solution. Un film trop fade en générale qui aurait pu faire beaucoup mieux. Dommage.
Dakota
Dakota

1 abonné 6 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2022
Époustouflant, on est complètement sonné après la projection.
Des scènes très dur, et glaciales
Pas une minute de trop
Arthur Brondy
Arthur Brondy

300 abonnés 1 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 juillet 2022
En Iran, une journaliste décide d’enquêter sur un mystérieux tueur en série qui s’attaque aux prostituées. Le spectateur sait dès le début qui est le meurtrier et le suit dans sa folie jusqu’au moment où la journaliste parvient à remonter jusqu’à lui. Le film bascule alors dans une autre phase passionnante. Un thriller très réussit et puissant et porté par une comédienne talentueuse.
Stephane Sanchez
Stephane Sanchez

3 abonnés 8 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2022
Film dur, brutal, sans concessions , à voir et à revoir. Bravo à Melle Ebrahimi pour sa prestation , surtout quand on connaît son histoire. A noter le clin d'œil dans le film qui fait référence à cet épisode.
Jorik V

1 363 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2022
Attention thriller choc. Pour son troisième film, le cinéaste danois né en Iran, Ali Abbasi retourne dans sa région d’origine pour tourner un suspense à couper au cordeau qui s’inspire d’une histoire vraie ayant eu lieu en Iran au début du XXIème siècle. Bien sûr, pour avoir les coudées franches, le cinéaste de l’étrange « Border » a préféré tourner en Jordanie, l’un des seuls pays de la région où existe un semblant de démocratie. Une histoire de serial-killer qui fait froid dans le dos. La première étouffante séquence glace d’ailleurs le sang et met le spectateur directement dans le bain. On y voit une prostituée dans les rues de Mashad, ville sainte, effectuer ses passes jusqu’à ce que l’un de ses clients l’appâte pour l’assassiner par strangulation. Et tout nous est montré sans censure. Ce sera l’un des reproches que certains feront à « Les nuits de Mashad » : sa complaisance dans la représentation des meurtres. C’est un peu vrai mais pas gênant, plus à double tranchant : en effet, Abbasi en montre peut-être beaucoup et de manière répétitive, c’est difficilement supportable aussi bien dans la violence sèche et le modus operandi du tueur que dans la motivation qu’il a à les exécuter. Mais d’un côté, cela montre bien la folie et la détermination sans faille, peu importe la victime, qu’il développe dans ce qu’il appelle sa mission et les raisons de celle-ci : nettoyer les rues du vice de ces femmes de mauvaise vie.

La musique qui enveloppe « Les nuits de Mashad » est à la fois imposante, épique et malsaine. Elle entretient et amplifie le malaise ambiant qui enveloppe tout le long-métrage. Une œuvre poisseuse, glaciale et vénéneuse dont la tension est palpable à chaque instant. Comme le film fait le choix d’alterner l’enquête menée par une police incapable et peu concernée et une journaliste investie avec les séquences axées sur la vie et les actes perpétrés par le tueur. Cela fait pester le spectateur de voir que ces agissements sont impunis et on attend qu’une chose : qu’il soit arrêté. D’ailleurs, aucun suspense sur l’identité du tueur puisqu’Abbasi le montre dès le second meurtre. Et si on perd en tension et dans le côté ludique de deviner qui il est, on le gagne en horreur morale. De découvrir que c’est un homme marié, plutôt normal et qui agit au nom d’une pseudo mission sainte, rend tout cela encore plus terrifiant que de voir un fou tuer de sang froid ou par vice et perversion. Après, dans sa dénonciation de la masculinité toxique, des vices du genre masculin, le film n’y va pas avec le dos la cuillère, il ne faut pas le nier. C’est très manichéen mais en ce qui con concerne les valeurs d’un pays comme l’Iran, c’est nécessaire.

Ce n’est donc pas l’aspect thriller ou policier qui impacte le plus notre esprit, entre voyeurisme, un petit manque de suspense et le côté redondant (mais tout cela reste peu préjudiciable au film au final et se fond bien dans ce qu’il entend dénoncer). Ce qui nous scotche le plus, c’est cette misogynie latente en Iran, cet intégrisme religieux écœurant, cette instrumentalisation de la religion par des fanatiques et surtout la corruption effarante du pouvoir en place et de la justice. Du point de vue de bon nombre d’Iraniens, notamment les hommes religieux, mais pas que, ces meurtres de prostituées nettoient les rues de Mashad. Et ce serial-killer apparaît pour beaucoup comme utile et agit pour Dieu. Les scènes de procès sont effarantes et la séquence finale qui voit le fils du tueur (après sa femme) expliquer et excuser les agissements de son père est psychologiquement horrible et nous retourne le bide. Le propos est certes martelé mais nécessaire en ces temps de retour à un certain obscurantisme. L’interprétation de Mehdi Bajestani en tueur implacable et sain d’esprit est impressionnante, bien plus que celle de la récipiendaire du prix d’interprétation féminine à Cannes Zar Amir Ebrahimi. « Les nuits de Mashad » n’est pas dénué de défauts mais secoue comme il faut. Tétanisant.

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Delphine Solange
Delphine Solange

15 abonnés 54 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2022
Au Masque et la Plume, Xavier Leherpeur a vomi ce film. C'est totalement injuste. Merci à Vincent Lindon et à son jury cannois d'avoir offert la lumière à ce film fort qui fait un sort à la misogynie religieuse.
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 851 abonnés 8 176 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 28 juillet 2022
Iran, en 2001, une journaliste de Téhéran se rend dans la ville Sainte de Mashhad pour enquêter sur une série de féminicides. Sur place, elle ne tarde pas à s’apercevoir que les autorités locales ne feront pas le moindre effort pour élucider l’affaire.

Avec Les Nuits de Mashhad (2022), Ali Abbasi nous entraîne dans une chasse à l’homme palpitante. On découvre rapidement qui se cache sous les traits du serial-killer comme pour mieux se mettre à sa place, pour mieux suivre chacun de ses faits et gestes. Dans les faubourgs les plus mal famés de Mashhad, sur sa mobylette, Saeed est à la recherche de sa prochaine proie. Il est très pieux et se persuade que sa mission divine, celle de purifier la ville, est le souhait de son imam. Ses victimes quant à elles ont toutes le même pédigrée, ce sont des femmes seules, sans argent, des camées livrées à elles-mêmes et qui tentent de subsister comme elles le peuvent. Face à Saeed, on retrouve Rahimi, une jeune journaliste déterminée à ne pas se faire marcher dessus, face à la misogynie ambiante (qui gangrène aussi bien la société que les forces de l’ordre).

Le réalisateur Ali Abbasi s’est inspiré ici d’un fait réel survenu entre 2000 & 2001 à Mashhad, lorsque Saeed Hanaei, un maçon & père de famille, s’était donné pour mission de nettoyer les rues de la ville, de la purifier de ses péchés en assassinant les prostituées qui gangrénaient la ville Sainte (on lui impute 16 meurtres). Un fait divers qui défraya la chronique et pour cause, ce qui est raconté dans le film est plus ou moins ce qui s’est réellement passé (excepté le personnage de la journaliste qui a bien plus d’importance qu’elle n’a pu en avoir réellement, cela permettait au réalisateur d’insister sur la misogynie qui règne en Iran). Lorsque le serial-killer fut arrêté, il est devenu un héros national pour une certaine frange de la population qui se reconnaissait dans ses agissements. spoiler: Suite à son procès, si Saeed Hanaei a pu échapper à la sentence des 100 coups de fouet, il n’en sera pas de même pour sa pendaison (jusqu’au bout il pensait pouvoir y réchapper, comme s’il avait des complices au sein même de la prison).
On ne connaîtra jamais le fin mot de l’histoire et pour cause, aucun journaliste n’a pu être témoin de son exécution.

Contrairement à La Loi de Téhéran (2019) de Saeed Roustayi, celui-ci n’est pas un film iranien puisqu’il s’agit d’une coproduction entre plusieurs pays européens. Il est évidement qu’il n’aurait jamais pu voir le jour dans son pays d’origine, le gouvernement iranien n’ayant pas apprécié sa sélection au Festival de Cannes et encore moins que Zahra Amir Ebrahimi se voit couronner du Prix d'Interprétation Féminine. Signalons d’ailleurs les excellentes interprétations des acteurs, notamment Mehdi Bajestani qui incarne le serial-killer.

Il en résulte un thriller glaçant, de par la façon avec laquelle le réalisateur est parvenu à nous entraîner dans cette effroyable histoire et d’une autre, lorsque l’on découvre que les citoyens prennent fait et cause pour le meurtrier.

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anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 28 juillet 2022
J'avoue ne pas très bien comprendre certaines critiques de la presse qui dénoncent dans ce film la victoire du "machisme d'Etat" qui règne en Iran. Il me semble que le gouvernement et la justice iraniens, en l'occurrence, sortent relativement indemnes de l'aventure. Ce serait plutôt le peuple iranien de la " ville sainte" de Mashhad qui en prenne pour son grade, plus en tout cas que les autorités. Quant aux lenteurs de la police, elles peuvent en effet correspondre à un manque de volonté à vouloir mettre la main sur l'assassin, puisque tout le monde comprend qu'il agit au nom de l'islam et de l'imam Reza, considéré comme un saint ! Mais si nous examinons un peu notre propre pays et l'état de notre police et de notre justice, il y a bien des crimes qui restent non-résolus, pour lesquels la police, visiblement, traîne les pieds, tandis que d'autres le sont dans les délais les plus brefs, les enquêteurs déployant moyens et énergie. Et souvent, ces deux cas renvoient à des victimes appartenant à des classes sociales différentes. En tout cas, ce thriller politico-religieux est passionnant de bout en bout, jusqu'aux trois scènes finales, assez surprenantes et qui maintiennent le spectateur en haleine.
Philippe G.
Philippe G.

10 abonnés 171 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 24 juillet 2022
Pas d'ennui dans ce film ou l'interprétation est impeccable. Parfois le propos est un brin trop démonstratif, la scène de fin notamment.
Le réalisateur veut trop démontrer l'impact du regard de la société sur le comportement du fils de la veuve ou sur la veuve elle même.
A ce niveau on pourrait penser à une caricature.
J'ai bien aimé le regard du réalisateur sur le régime Iranien ( justice et armée comprise ) qui se raccroche à la folie supposée du "héros de Mashhad " ...avant de trouver la seule solution propre à ce régime.
Le "héros" lui s'en remet clairement à l'imam Reza, dans une scène saisissante, qui est le fou dans cette tartufferie organisée par l'Etat ?
aurel fay
aurel fay

16 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 juillet 2022
l'interprétation est parfaite et ultra réaliste. l'histoire est très bien écrite. un excellent film
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