Avis : Le Facteur sonne toujours deux fois - Page 3
Le Facteur sonne toujours deux fois
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leotain
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4,5
Publiée le 5 avril 2020
LE FACTEUR SONNE TOUJOURS DEUX FOIS est la première adaptation du livre de James M. Cain, également auteur de MILDRED PIERCE, spécialiste donc, des histoires noires avec en leur centre des femmes fortes et indépendantes. LE FACTEUR tourne autour du trio classique de la femme, du mari et de l'amant, avec beaucoup de simplicité et de classe. Lana Turner est majestueuse en femme froide et vénéneuse qui rêve d'indépendance. Un classique à voir absolument.
"Le dernier tournant" (1939), "Ossessione" (1943), "le facteur sonne toujours deux fois" (1946) sont tous les trois tirés du même roman américain. Il y a aussi un remake américain que je n'ai pas vu. Le premier de ces films, français, a un côté naturaliste et ne cherche pas particulièrement les effets dramatiques ou esthétiques. Le deuxième, italien, est classé néo-réaliste, et décrit un petit peuple laborieux. Le troisième, américain, est dans la ligne du film noir de cette époque, ambiance dramatisée, passions exacerbées, érotisme. Lana Turner, qui joue le rôle de l'inspiratrice maléfique, est devenue le symbole de la femme fatale. Contrairement à ses consoeurs française ou italienne, elle soigne beaucoup son apparence physique, l'élégance de son habillement, et ses poses étudiées. Un de ses jeux de scène préférés consiste à repeindre ses lèvres avec son bâton de rouge. Toutes proportions gardées, et nonobstant ses réelles qualités d'actrice, elle me fait penser à la Pamela Anderson d'Alerte à Malibu. La scène où elle plonge dans les vagues de l'océan au clair de lune, en compagnie de son partenaire de crime, fait penser à son équivalent dans "Tant qu'il y aura des hommes" avec Deborah Kerr et Burt Lancaster, sept ans après. Sinon, les scénarios se ressemblent d'un film à l'autre et respectent l'histoire originale. J'ai un faible pour la version française, mais l'américaine est impressionnante et fait référence.
Un classique du film noir. Porté par la superbe Lana Turner, excellente dans son rôle de "femme fatale", tour à tour ange et démon. Les deux amants, pris dans un engrenage mélant amour et mort, ne pourront jamais se défaire de ce meurtre commis sur un coup de tête (pour ceux qui ont vu le film je sais, c'est un jeu de mots pourris). Ici, pas de temps mort contrairement à d'autres film du même genre, les nombreux rebondissements, par ailleurs tout à fait crédible, vous tiendront en haleine jusqu'au final. Certes, cette adaptation peut paraître un peu sage, mais il faut savoir qu'adapter ce film aux USA en 1946, alors que le Code Hays censurait à tout va, relevait presque de l'immoralité. De plus, cela ne se ressent pas trop à l'écran (aujourd'hui, on aurait eu 15000 contre plongée en plan rapproché sur le maillot de Lana Turner alors qu'ici, lorsqu'elle se baigne, elle est filmée en plan d'ensemble et de nuit). Au final, le réalisateur retranscrit très bien, malgré ces contraintes, la passion amoureuse et destructrice de ces deux amants, ainsi que l'engrenage innexorable dans lequel ils sont prisonniers.
Cette version de 1946 signée Tay Garnett est un classique du film noir. Redécouvrir cette uvre sur un grand écran, que javais déjà vue il y a une quinzaine dannée sur le petit écran, est un vrai régal. Cette 1ère adaptation du roman de James Cain teintée de psychologie a un aspect poétique et lyrique, voire cosmique (scènes de romantisme nocturne sur la plage, la notion des retrouvailles dans léternité ). La notoriété de ce film repose en grande partie sur la présence de Lana Turner, plus blonde et pulpeuse que jamais. Cette sensualité (parfois un peu vulgaire) la plaçait alors parmi les gros sex-symbols des années 40, principale rivale en la matière de Rita Hayworth (la rousse) et Linda Darnell (la brune). Elle illumine ce film de ses tenues blanc-immaculé censées représenter la pureté et la convoitise, mais aussi marquer le contraste avec les côtés noirs de son personnage (notons que les 2 seules scènes où elle est habillée de noir sont symboliquement celles où elle porte une arme à la main). Sa manière de se remettre du rouge à lèvres après chaque baiser reste comme de torrides scènes danthologie dérotisme suggestif. Véritable objet du désir, elle incarne à merveille la femme fatale traditionnelle, la pécheresse qui incite au meurtre. A ce titre, les scènes du meurtre restent comme les moments clés du film où la tension est réellement palpable. Belle prestation de John Garfield (avec son jeu viril introverti à la Marlon Brando), alors à lapogée de sa courte carrière, qui connaissait son rôle sur le bout des doigts pour lavoir joué au théâtre 10 ans auparavant. Je tiens aussi à noter la composition parfaite de Hume Cronyn, excellent 2nd rôle comme à son habitude, et qui réussit à combler le vide de la 2nde partie du film que lon peut avoir dans chaque film noir une fois le meurtre passé. Pour les amoureux du film noir, celui-ci est un incontournable, même si javoue que dans le genre, ma référence reste Assurance sur la mort de Billy Wilder.
Quelle magnifique photo ! Et quelle utilisation du couple Turner-Garfield, elle superbe, toujours en blanc (souillé à l'occasion), lui fougueux, débraillé, et toujours un côté mystérieux sur les sentiments profonds de chacun. Et ce serait injuste de ne pas mentionner les seconds rôles, tous très bien tenus, et dont chacun représente des personnages-types de la société américaine des années quarante. Et cela nous amène à la confrontation entre tous ces "bons" américains (le restaurateur, l'avocat, le procureur, le privé) victimes ou justiciers, mus seulement par leur cupidité, leur soif d'honneurs, et le couple maudit qui, dans ce décor (lieu qui parait coupé du monde extérieur) et au milieu de ces gens qui ne leur ressemblent pas, seront poussés au crime par leur passion. Et le spectateur ne sait pas toujours exactement où en est chacun par rapport à lui-même et par rapport à l'autre. Mais, je ne fais que bavarder car il y aurait beaucoup à dire sur ce film riche et ce ne sont pas quelques lignes hâtivement écrites qui peuvent en faire le tour. A voir pour tous ceux qui s'intéressent au film noir américain.
Film tiré du roman homonyme de James M.Cain de 1934 . C'est l'histoire de Franck Chambers, un vagabond qui fait une halte , dans un café - restaurant de Californie afin d'y prendre un repas .celui ci est géré par la belle Cora et son mari . Un poste est vacant et il finit par y travailler.L'attirance est immédiate entre eux et ils tombent rapidement amoureux.son mari est vieux et riche et semble être un fardeau pour elle qui est ambitieuse et rêve de prospérité avec leur commerce .ils décident alors d'éliminer le mari gênant. Commence alors un drame passionnel et machiavélique car ils échouent dans leur tentative de meurtre et ils finissent par tomber dans une certaine paranoïa.Ce polar psychologique, a plusieurs atouts intéressants, avec premièrement une atmosphère tout au long du film ,torride et tragique ,entre les personnages.Puis il y'a le jeu des acteurs, avec un john garfield époustouflant de sincérité et de loyauté envers la femme qu'il aime , il est sous emprise ,il semble dépassé et subit les événements .Lana Turner en femme fatale est captivante, envoûtante, émouvante et sensuelle .Puis je trouve que ce film en noir et blanc, a su conserver un charme de l'époque.ce polar classique ,est à voir et revoir sans modération.
Un grand classique du film noir, moment extraordinaire que l'arrivée de la sublime Lana Turner habillée de blanc pour mieux representer la pureté alors qu'elle va devenir la femme fatale mais également repentante du film, la magie du cinema americain par un cineaste pourtant bien oublié.
Drame passionnel atypique et esthétique (3.25/4). Sans être réellement choquant ou contestataire, surtout au vue des standards contemporains, cette chronique d'un amour adultère recèle une une part d'interrogations insidieuses d'ordre morale et social. The postman always ring twice expose le dilemme de la jeune épouse d'un gérant de station de service deux fois plus agé qu'elle, entre la stabilité financière que lui offre la situation de son mari et l'attraction érotique exercée par un jeune aventurier de passage. Cette opposition et l'érotisme qui émane des jeunes amants électrise le film et génère une tension qui va crescendo. La force du scenario réside dans son habileté à nous entrainer dans un dérapage meurtrier sordide aux multiples rebondissements. Les circonvolutions de l'histoire trahissent bien l'origine romanesque de ce film en lui donnant toute sa complexité et sa densité (et expliquant sans doute sa durée). La prestation de Lana Turner qui interprète un personnage plein d'ambiguïté tour à tour passionnée puis froide et manipulatrice, est excellente et le duo qu'elle forme avec John Garfield est très convainquant. Le noir et blanc sied parfaitement à cette oeuvre à la fois sombre et charnelle. La conclusion du film soulève et réponds à une question métaphysique et morale à laquelle Match point, autre chronique talentueuse d'amants meurtriers, viendra apporter une réponse fort différente bien des années après.
Faut-il donc n'avoir jamais vu de films auparavant pour mettre 4 ou 5 étoiles à ce film ? L'histoire est relativement naïve, peu crédible notamment avec les avocats, et sans grand intéret. LE jeu des acteurs n'a rien d'extraordinaire non plus. Malheureusement, comme la plupart des films des année 40-50, ce film a très mal vielli, et s'il présentait je ne sais quoi de nouveau ou intéressant à l'époque hé bien ce n'est plus du tout le cas aujourdh'ui où nous avons trop vu de films avec des histoires intéressantes et qui tiennent la route. Bref à voir uniquement pour avoir une idée de ce qu'était un film correct dans les années 40. Sinon passez votre chemin.