Alors qu'il se rend à San Diego en auto-stop, Frank s'arrête en chemin dans un café qui cherche un nouvel employé. Engagé, il tombe très vite sous le charme de la femme du patron et dès que ce sentiment devient réciproque, ils voudront tout faire pour vivre ensemble...
Troisième adaptation du roman de James Cain et première américaine, cette version de Tay Garnett nous emmène sur les routes californiennes suivre ce trio de personnages où se côtoieront amour, trahison, passion, folie, mensonge, suspicion ou encore meurtre. Tay Garnett étudie les personnages et leurs diverses motivations que ce soit chez Frank, dont on ne sait pas grand-chose et que l'on découvre errant sur les routes puis qui sera prêt à tout accepter mais surtout chez Cora, qui sera toujours dirigé par le désir de vivre dans le luxe au détriment de ses véritables sentiments.
Adaptation bien écrite et surtout maîtrisée par Tay Garnett qui rend très vite les personnages et le récit intéressants, que ce soit justement par la psychologie du couple Frank/Cora ou par les différents enjeux et rebondissements que contient l'histoire. Alors, et sans que ce soit vraiment préjudiciable pour apprécier l'oeuvre, certains points laissent un peu à désirer et notamment le manque d'une vraie dimension tragique et sentimentale et on peut reprocher à Tay Garnett de ne pas tout à fait retranscrire la passion amoureuse de Frank et Cora, pourtant au cœur de l'histoire. Néanmoins, il sait tout de même se faire efficace, notamment avec la partie thriller et sa façon de décrire et mettre en avant les personnages.
Il met en place une atmosphère qui, à défaut d'être vraiment sombre, est fataliste et ambiguë où la limite entre mensonge et vérité ainsi que fait et intention n'est pas toujours bien définie et claire. Il met en place une tension de plus en plus forte et notamment dans les moments cruciaux et les enjeux forts sont très bien retranscrits. Il bénéficie aussi d'une belle photographie en noir et blanc, ainsi que de très bon interprètes, John Garfield a les épaules assez solides pour très bien porter ce personnage complexe et tragique et face à lui, Lana Turner nous envoûte dès son premier regard.
Bien qu'imparfait, Le Facteur Sonne toujours deux fois sait tout de même se faire efficace et retranscrire l'ambiguïté des personnages tout en restant dans un cadre noir, fataliste et réaliste.
Le roman de James M. Cain, publié en 1934, a obtenu un succès phénoménal et est considéré comme l'un des meilleurs romans policiers de tous les temps. Adapté à plusieurs reprises au cinéma, la version de Tay Garnett est la plus aboutie et sans doute la plus connue. Ce réalisateur a un large spectre cinématographique : comédies, westerns, drames, films de guerre, aventures et bien sûr, des films noirs dont le plus célèbre est incontestablement "Le facteur sonne toujours deux fois". Le choix des acteurs, John Garfield et Lana Turner en est l'un des atouts. Garfield a été l'un des principaux acteurs des meilleurs films noirs (L'enfer de la corruption, Menace dans la nuit, Nid d'espions; Meurtre au port etc.). Il marque ce chef d'œuvre de son empreinte avec l'ineffable Lana Turner dont la blondeur a fait tourner la tête à plus d'un mari. Le rôle de la femme fatale lui sied à merveille et elle forme un couple "divinement" machiavélique avec John Garfield. L'intrigue est amenée subtilement par le réalisateur, ce qui attise le suspense jusqu'à l'issue finale.
Un film noir prenant, adapté du roman de James M. Cain. La mise en scène est travaillée et le duo principal Lana Turner-John Garfield est convainquant L’ambiance est réussie, avec quelques bons moments de suspense, et l’on prend un véritable plaisir devant cette réalisation majeure de Tay Garnett !
Faut-il donc n'avoir jamais vu de films auparavant pour mettre 4 ou 5 étoiles à ce film ? L'histoire est relativement naïve, peu crédible notamment avec les avocats, et sans grand intéret. LE jeu des acteurs n'a rien d'extraordinaire non plus. Malheureusement, comme la plupart des films des année 40-50, ce film a très mal vielli, et s'il présentait je ne sais quoi de nouveau ou intéressant à l'époque hé bien ce n'est plus du tout le cas aujourdh'ui où nous avons trop vu de films avec des histoires intéressantes et qui tiennent la route. Bref à voir uniquement pour avoir une idée de ce qu'était un film correct dans les années 40. Sinon passez votre chemin.
Un classique du film noir de la grande époque hollywoodienne de ce genre , une atmosphère torride et tragique , une Lana Turner en femme fatale éblouissante , on ne s'en lasse pas .
Un sujet vieux comme le cinéma, Lana Turner très en valeur, en femme fatale, dans toutes ses scènes elle veut séduire, et à ce jeu là, elle réussit pleinement. Elle crève l'écran de part sa beauté et son rôle est sur mesure. Le reste s'étire sur deux heures, complicité heureuse et malheureuse, Garfield fait un peu nigaud lorsqu'il arrive au drive in, et on se demande comment Turner peut bien tomber amoureuse de ce gars. Puis on voit la manipulation qui se profile, mais dans le même temps Garfield prend de l'ampleur, acquière sa place dans cette intrigue, jusqu'à devenir l'élément principal dans un dénouement audacieux. C'est très malin, l'honneur et la morale restent sauvés et à cette époque, il ne pouvait pas en être autrement.
Le film est peut-être une fidèle adaptation du roman de James M.Cain mais il lui manque la passion que Cain décrivait si bien dans le roman. Les acteurs sont bons sans être exceptionnels, la mise en scène est de bonne facture mais classique et la musique vraiment trop dramatique. L'ensemble est bon mais sans jamais aller au-delà et cela manque au film pour trouver le ton juste.
Film marquant de l'après-guerre, c'est un grand représentant de la société américaine de l'époque. A voir absolument pour tous ceux qui aiment les film noirs.
Quelle magnifique photo ! Et quelle utilisation du couple Turner-Garfield, elle superbe, toujours en blanc (souillé à l'occasion), lui fougueux, débraillé, et toujours un côté mystérieux sur les sentiments profonds de chacun. Et ce serait injuste de ne pas mentionner les seconds rôles, tous très bien tenus, et dont chacun représente des personnages-types de la société américaine des années quarante. Et cela nous amène à la confrontation entre tous ces "bons" américains (le restaurateur, l'avocat, le procureur, le privé) victimes ou justiciers, mus seulement par leur cupidité, leur soif d'honneurs, et le couple maudit qui, dans ce décor (lieu qui parait coupé du monde extérieur) et au milieu de ces gens qui ne leur ressemblent pas, seront poussés au crime par leur passion. Et le spectateur ne sait pas toujours exactement où en est chacun par rapport à lui-même et par rapport à l'autre. Mais, je ne fais que bavarder car il y aurait beaucoup à dire sur ce film riche et ce ne sont pas quelques lignes hâtivement écrites qui peuvent en faire le tour. A voir pour tous ceux qui s'intéressent au film noir américain.
Tay Garnett réalise le remake de la première adaptation du roman éponyme de James M. Cain, après Le Dernier tournant (1939), réalisé par Pierre Chenal, il livre sa propre version, Américanisée et parfaitement interprétée par ce duo hors pair : Lana Turner & John Garfield. Le Facteur sonne toujours deux fois (1946) peut facilement être comparé à Assurance sur la mort (1944), tant ces deux films se ressemblent, tant dans la mise en scène qu’au niveau de l’intrigue. Célèbre polar Hollywoodien qui aura très largement mérité ses lettres de noblesse, ce drame passionnel et machiavélique se déguste du début à la fin et on n’en décroche pas une seule fois. Scénario passionnant, nombreux rebondissements et interprétations sans faille font bel et bien de ce film, un classique du 7ème Art. A noter qu’une troisième version a vue le jour en 1981, cette fois-ci interprétée par Jack Nicholson & Jessica Lange.
Drame passionnel atypique et esthétique (3.25/4). Sans être réellement choquant ou contestataire, surtout au vue des standards contemporains, cette chronique d'un amour adultère recèle une une part d'interrogations insidieuses d'ordre morale et social. The postman always ring twice expose le dilemme de la jeune épouse d'un gérant de station de service deux fois plus agé qu'elle, entre la stabilité financière que lui offre la situation de son mari et l'attraction érotique exercée par un jeune aventurier de passage. Cette opposition et l'érotisme qui émane des jeunes amants électrise le film et génère une tension qui va crescendo. La force du scenario réside dans son habileté à nous entrainer dans un dérapage meurtrier sordide aux multiples rebondissements. Les circonvolutions de l'histoire trahissent bien l'origine romanesque de ce film en lui donnant toute sa complexité et sa densité (et expliquant sans doute sa durée). La prestation de Lana Turner qui interprète un personnage plein d'ambiguïté tour à tour passionnée puis froide et manipulatrice, est excellente et le duo qu'elle forme avec John Garfield est très convainquant. Le noir et blanc sied parfaitement à cette oeuvre à la fois sombre et charnelle. La conclusion du film soulève et réponds à une question métaphysique et morale à laquelle Match point, autre chronique talentueuse d'amants meurtriers, viendra apporter une réponse fort différente bien des années après.
Il s’agit d’une très belle adaptation du roman de James M.Cain. La mise en scène de Tay Garnett est particulièrement captivante, le duo principal Lana Turner-John Garfield est excellent et la photographie en noir et blanc de Sidney Wagner est d’une réussite totale. Il s’agit véritablement pour moi d’un chef-d’œuvre en ce qui concerne le style du « film noir « et l ‘on ne s’ennuie pas une seule minute devant ce couple qui est prêt a tout par amour. Un classique du cinéma américain à voir et a revoir sans modération. 18/20