Almodóvar est au meilleur de son inspiration avec ce récit à la fois épuré et émouvant d’une double relation maternelle. Cette histoire mi-hitchcockienne mi-sirkienne est en parfaite harmonie avec son univers. Si les références au néo-féminisme ou au passé dictatorial de l’Espagne semblent un brin plaquées, elles n’enlèvent rien à la force de cette œuvre qui est l’une des plus fortes de son auteur.
"l'histoire n'est pas muette", Pedro Almadovar tient à rappeler la force de la vérité, auquel aucun secret ne résiste. Un film dense malgré un récit un peu abracadabrantesque. Je n'ai pas vu tous les films d'Almadovar notamment ses premières œuvres, mais tous ses derniers films, au travers de drames intimes, semblent aller et rechercher la réconciliation et l'harmonisation . Cela rend ses films profondéments émouvants et percutants, c'est un maître. Les actrices finissent le travail, Penelope Cruz est percutante elle aussi, et sa jeune partenaire est convaincante, même si leur couple convainc moins
Un réalisateur dont on identifie le style dès le premier plan peut être reconnu clairement comme un auteur. Avec Madres paralelas, Pedro Almodóvar prouve une fois de plus qu’il en est un. Photographie magnifique jouant sur des couleurs vives, histoire mélodramatique, mise en avant principalement des actrices (Penélope Cruz, Milena Smit), relation homosexuelle … : tout dans le film regorge du style du cinéaste espagnol ! En mélangeant le sujet privé assez rare (mais qu’on devine très rapidement) de l’inversion d’enfants à la naissance (même si, en France, on peut évoquer La Vie est un long fleuve tranquille) et celui à plus grande échelle des ancêtres disparus lors de la Guerre civile espagnole, Almodóvar évoque la thématique de la filiation et des origines sous différents angles. Le résultat est un très bon drame dans le plus pur style de son auteur même si ces multiples variations ne semblent pas toujours bien s’imbriquer (on peut penser qu’il aurait été possible de trouver une séquence plus adéquate pour clôturer un récit qui est avant tout celui de l’histoire plus privée de Janis, Ana et du bébé). Sans être son film le plus prenant, Almodóvar réussit donc à nouveau un beau mélodrame esthétiquement magnifique qui devrait plaire à nouveau à toutes les personnes sensibles à son travail.
Almodovar / Cruz : un duo hispanique de légende de nouveau formé. Et on peut dire qu'on est enthousiaste. Une fois de plus Almodovar arrive à nous emmener dans une histoire où il se fait rejoindre différents points de départ, ici avec le passé de Franco et les tests ADN. C'est bien fait même si au départ on est un peu perdu... La réalisation est classique et correspond à la patte du cinéaste. Un peu d'inventivité aurait été la bienvenue. Pénélope Cruz signe l'un de ses plus beaux rôles et est fabuleuse. Dommage que sa partenaire n'arrive pas au même niveau. Nous verrons avec le temps si le film restera dans la filmographie indispensable du cinéaste. Ce qui est certain, c'est qu'il ne laisse pas indifférent.
Après le somptueux Douleur et gloire, Almodovar livre avec madres paralelas un film moins flamboyant qu'à l'accoutume mais dans lequel on retrouve, tant sur le plan thématique qu'esthétique, son style. Cette histoire de maternité contrariée a beau avoir un côté très télénovelas, elle est transcendée par l'interprétation remarquable de Pénélope Cruz stupéfiante de justesse. Elle apporte beaucoup à un film qui, s'il livre, comme souvent chez Almodovar, de très beaux portraits de femmes prises dans leurs contradictions, peine à relier l'histoire personnelle de ses personnages avec l'histoire d'Espagne. Les terribles conséquences du franquisme, le lien à la mémoire collective et la reconnaissance des morts sont autant de thèmes passionnants que le cinéaste ne fait que survoler. Le scénario manque de liants et certaines scènes demeurent même assez convenus. Pourtant, malgré les longueurs, le charme opère. Almodovar nous transporte dans son univers bien que l'on soit en droit de préférer la période plus outré de son cinéma.
Au cœur d’un scénario relativement simple, Almodovar mêle un drame historique et un mélo familial d’une grande profondeur. Comme d’habitude l’esthétique des décors, des costumes et des personnages est typique et extrêmement soignée. Du très bon Almodovar qui magnifie des personnages féminins d’une grande diversité. La place de choix étant réservée à Pénélope Cruz qui le lui rend bien par sa splendide interprétation.
Pedro Almodóvar marque de son empreinte le monde du Septième Art, par son approche d'une sensibilité à nulle autre pareil. "Madres paralelas" s'inscrit en tous points dans sa filmographie, où s'entrechoquent des thèmes d'une profonde gravité. Reste ce sentiment d'innaccessibilité, d'un cinéma teinté de nombrilisme... C'est parfois dérangeant.
On retrouve dans "Madres paralelas" tout ce qu'on aime chez Almodovar lorsqu'il s'attaque à ce genre si difficile et délicat, le mélodrame. Récit parfaitement construit, amenant les scènes dans un ordre non chronologique mais toujours bien amenée, ses longs et beaux dialogues, ses beaux personnages féminins et ce choix assumé des couleurs vives. Coté termes abordés, on retrouve là aussi des thèmes récurrents chez le cinéaste espagnol : le deuil, la famille, la mémoire, l'hérédité, le poids du passé et de l'histoire. Surfant donc sur un terrain connu, Almodovar fait une nouvelle fois mouche et livre l'un de ses films les plus émouvants. Et puis, son ultime atout, Penelope Cruz qu'il retrouve à nouveau pour lui offrir peut-être son plus beau rôle : cette femme qui aime, qui lutte, qui doute, qui souffre, l'actrice, qu'on a rarement vu aussi belle, apporte à son personnage l'impact émotionnel nécessaire. Sa coupe Volpi à Venise et sa nomination aux Oscars sont amplement justifiés.
Encore un grand Almodovar, un des plus beaux rôles de son égérie, Penelope Cruz primée pour son interprétation à la dernière Mostra de Venise, et la belle découverte de deux actrices prodigieuses, Milena Smit et Aitana Sanchez-Gijon. Almodovar, toujours au sommet de son art, transcende ce mélo au meilleur sens du terme qui illumine la maternité des femmes et qui éclaire sans filtre sur les blessures non refermées de la Guerre civile de 1936, sans oublier d'égratigner la lâcheté des hommes. Un film intense, chargée d'émotion pudique, de profondeur perspicace, et admirablement conçu, une fête pour les yeux. Un régal pour le cœur.
Un film plutôt réussi, dont le thème est, une fois de plus la maternité au sens, c'est quoi être mère ? la question est analysée à travers le couple, le désir ou pas de maternité, les liens biologiques...plus généralement et avec en contrepoint à cette histoire moderne et contemporaine de bébés par accident, ou par viol, celle plus ancienne mais non achevée, des républicains assassinés par les franquistes et dont les descendants veulent enraciner les souvenirs rapportés par des preuves tangibles et des restes exhumés, Almodovar nous parle, une fois encore de la famille. Comme d'habitude le scénario est bien ficelé, les acteurs et surtout actrices bien dirigées et Pénélope Cruz au top dans son rôle de femme, amante à double détente, mère, photographe et enracinée dans ses terres natales ensanglantées
Déjà un grand plaisir pour moi d’avoir pu voir le film en VO et d’entendre le jeu dans la voix des acteurs. Dans Madres paralelas, Pedro Almodovar mélange le romantique, le drame, mais aussi l’histoire. Le côté romantique, c’est l’histoire entre Janis et Arturo (Penélope Cruz et Israel Elejalde), simple et compliqué à la fois. Le drame, c’est d’abord une rencontre dans des circonstances particulières, un lien qui se crée, une amitié... entre Janis et Ana, (Milena Smit). C’est beau et dur à la fois. Et l’histoire, ce sont ces charnières franquistes où de nombreux hommes, femmes et même des enfants ont été tués et enterrés et dont les corps sont aujourd’hui encore recherchés par les familles. Avec un Franco au pouvoir, la guerre civile peut éclater dans n’importe quel pays, même en France et je me dis que s’intéresser à cette partie de l’histoire d’Espagne, surtout actuellement, n’est pas inutile. Pour en revenir au film, c’est fort, d’un bout à l’autre, toutes les émotions y passent et mon sang pour moitié andalous n’est pas indifférent au côté historique.
C'est du bon Almodóvar. L’histoire de ces deux femmes est à la fois touchante et pleine de surprises, et en même temps le film parle de mémoire et d’histoire d’une façon intelligente. Visuellement c’est super beau, les couleurs claquent, et Penélope Cruz est excellente. Bref, c’est un film émouvant, élégant et engagé à la fois.
Pedro Almodovar renoue avec le portrait de femmes qu'il aime tant faire et donne à nouveau le rôle principal à sa muse Pénélope Cruz. D'ailleurs, Almodovar sait la filmer comme personne et la présenter sous son meilleur angle avec ses plus profils. Malgré son âge qui avance, l'actrice espagnole irradie l'écran par sa beauté comme elle l'avait fait auparavant pour "Volver" dans un rôle semblable de femme forte malgré les difficultés qu'elle rencontre. La photographie est de toute beauté comme toujours chez Almodovar, elle est particulièrement flamboyante avec la prépondérance de couleurs vives comme le rouge ou le jaune. Le thème choisi est en accord avec ce qu'il a fait auparavant sur la question de l'identité, de la mère biologique, de la maternité chez la femme. La mère a une importance capitale pour Pedro Almodovar et il en fait encore le portrait dans "Madres Paralelas".
Dernière œuvre en date de Pedro Almodovar, Madres Paralelas conte l'histoire de deux femmes qui donnent naissance à leur premier enfant en même temps. Il va s'ensuivre des péripéties familiales que je ne dévoilerai pas ici, mais qui restent dans la lignée de ce que le talentueux réalisateur espagnol propose, avec une qualité équivalente, de la recherche visuelle sur les décors, les lumières, les couleurs, et des interprètes parfaites. Agréable, le film tarde un peu à exploiter son potentiel dramatique, mais quand il le fait, les planètes s'alignent et le final, puissant, est un modèle du genre.
Un anthropologue qui devient père, une photographe d’âge mur qui devient mère, une jeune fille mère célibataire rejetée, tous ces personnages doutent et s’interrogent à travers leurs amours. Les aïeuls victimes de la guerre civile espagnole et de ses exactions viennent rajouter une couche de rancœur où il faut choisir son camp. C’est un mélange de mélo, de drame et d’historique sur l'oubli, la maternité, l’homosexualité et la recherche des origines. Pas d’émotion particulière si ce n’est le jeu convainquant de Penélope Cruz.. Israel Elejalde est figé, Milena Smit aussi maussade que dans « La Petite Fille sous la neige » et Rossy de Palma n’est vraiment pas mise en valeur dans son rôle. Scénario sans surprise, pas de suspens ni de rythme, un Almodóvar très très moyen.