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Peter Franckson
79 abonnés
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4,0
Publiée le 10 mars 2022
Comme l’indique le titre, c’est l’histoire de 2 femmes, Janis (Penélope CRUZ, 47 ans et 7e collaboration avec le réalisateur depuis « En chair et en os » (1997) où son personnage accouchait dans un bus], photographe, enceinte d’Arturo, anthropologue judiciaire et Ana (Milena SMIT, 25 ans), mineure, aux parents séparés, et qui partagent la même chambre d’hôpital lors de l’accouchement d’une fille pour chacune, respectivement Cecilia (prénom de la grand-mère de Janis dont le mari a été tué pendant la guerre civile) et Anita. Habitant le même quartier de Madrid, elles se retrouvent quelques mois plus tard. L’histoire permet au réalisateur, toujours au sommet de son art, avec un sens du mélodrame et de la couleur, de brasser, avec talent et émotion, les thèmes de la filiation et du deuil, tout en y incluant une part d’Histoire, celle tragique de la guerre civile espagnole qui refait surface (exhumation des victimes du franquisme de fosses communes pour leur donner une sépulture digne).
Grand fan d'Almodovar, je pense que Madres Paralelas est un bon film, mais globalement une contre-perf. L'histoire de ces mères, en parallèle de l'excavation des hommes assassinés par les franquistes, aurait pu être géniale, mais le montage ne montre pas bien le lien entre les deux. De plus, beaucoup d'éléments du scénario ne sont pas crédibles, ou mal écrits. Almodovar nous a habitué a bcp plus de finesse, plus de subtilités dans le scénario, les dialogues, le montage... déçu
Avec "Douleur et gloire", Pedro Almodóvar avait livré son grand film autobiographique et récapitulait un certain nombre d'obsessions formelles et thématiques. Comme arrivé au bout d'un chemin, le cinéaste devait prendre une autre direction et les deux options choisies dans "Madres Paralelas" sont surprenantes : la maternité et le franquisme. Almodóvar se frotte pour la première fois à la politique et au passé tortueux de son pays, il ne place pas cet aspect au premier plan, mais en fait plutôt un fil conducteur vers lequel le film aboutit. L'habilité scénaristique consiste ici à lier la filiation au souvenir des aînés morts lors de la guerre civile, la douleur des bébés échangés et de la légitimité de l'éducation doit s'accepter en même temps que le devoir de mémoire s'impose. Un mouvement d'écriture audacieux, remarquablement pris en charge par une mise en scène elle-même articulée autour de deux partis pris : un univers baroque et coloré que l'on retrouve plutôt dans l'intimité de Janis, et un autre plus sobre et sec quand il s'agit de filmer le processus autour des fouilles des fosses communes. Le pari était risqué, mais c'est bien en liant la complicité féminine, la maternité et le franquisme qu'une émotion finit par surgir dans les dernières minutes. Si elle apparaît, ce n'est pas parce qu'on l'aurait compris une connexion concrète entre ces thématiques, mais parce que la découverte morbide arrive après une expérience intime traumatisante que Janis aura su dépasser.
Un film qui manque d'audace pour une oeuvre de Pédro Almodovar. Le film est moderne, il traite les enjeux de la maternité sous plusieurs points de vue, mais ça manque de densité. Habituellement avec Almodovar, la surprise est toujours présente, ici on attend l'inattendu qui ne vient pas. Cependant, on retrouve bien son style, soit un film coloré avec des plans sublimes. Les enjeux du genre sont évidemment abordés sinon ça ne serait pas du Almodovar.
Encore un merveilleux film d'almodovar sur les femmes, la maternité et une Pénélope Cruz sublime. Un vrai plaisir d'aller au cinéma pour passer un si bon moment comme une parenthèse, en plus en VO toujours un régal !
Pour les amoureux d'Almodovar, Madres Paralelas offre avant tout le bonheur de retrouver l'ambiance si personnelle du réalisateur madrilène de la movida espagnole, sa fascination pour les femmes torturées, belles, puissantes et si fragiles, de retrouver ses actrices fétiches, en l'occurrence ici, la magnifique Penelope Cruz et l'immense Rossy de Palma. Ce n'est peut-être pas toutefois le meilleur cru Almadovar. Le film se traîne dans une narration que j'ai trouvé assez laborieuse et un propos qu'on essaie de comprendre et que seule la fin éclaire d'une proposition de lecture. Mais là est peut-être la grandeur du film de nous faire ressortir avec une question sur notre histoire profonde, génétique. Je suis allé depuis retrouvé cette phrase de Michel Tournier dans le Roi des Aulnes : "J'ai toujours été scandalisé de la légèreté des hommes qui s'inquiètent passionnément de ce qui les attend après la mort, et se soucient comme d'une guigne de ce qu'il était d'eux avant leur naissance. L'en deça vaut bien l'au-delà, d'autant qu'il en détient probablement la clé."
A la croisée des chemins Il n'est jamais évident de décrire Pedro Almodovar, ou plutôt son esprit, et pas toujours non plus d'entrer dedans. Excentrique à souhait, il est proprement inimitable, donc reconnaissable parmi tous. Avec Madres paralelas, il signe un nouveau chef d'œuvre, mais seulement partiellement dans la lignée des précédents. L'histoire demeure bien évidemment un peu fantasque, voire barrée, disons-le, mais pour une fois, elle est pourtant nettement plus réaliste ; sans dire qu'elle est sobre, elle est tout simplement plus crédible. Donc plus digeste. A l'honneur, c'est devenu habituel, la sublime Penélope Cruz, secondée par la charismatique Rossy de Palma, on ne change pas une équipe qui gagne. La première porte un enfant mais aussi l'un des plus beaux rôles de sa carrière, dans une comédie dramatique où les rires font bon ménage avec les larmes. Une intrigue séduisante, un beau jeu d'acteurs, peut-être la patte d'un réalisateur qui a quelque peu vieilli mais comme souvent, cela va tellement bien aux hommes... surtout à ceux qui cherchent et parviennent, une nouvelle fois, à mettre les femmes au centre de l'intrigue. Au centre de la vie. Celle-là même qu'elles donnent.
Je suis étonné de la note des spectateurs, ce film mérite mieux. Film très humain sur un sujet difficile. Pour ceux qui aiment les films qui interrogent a voir absolument
« Madres paralelas » de Pedro Almodóvar (2021) vu dans le cadre du Festival Cinéma Télérama, frise la perfection. Deux femmes, Janis (Penélope Cruz qui est magistrale) et Ana (Milena Smit), sont sur le point d’accoucher. Toutes les 2 sont célibataires et tombées enceintes par accident. Janis, d'âge mûr, n'a aucun regret alors qu’Ana, adolescente encore mineure, est effrayée et pleine de remords. Elles accouchent toutes les 2 d’une petite fille qui doit aller en soins intensifs l’une pour une « immaturité » cérébrale et l’autre pour une hypoglycémie. A leur sortie, elles échangent leurs numéros de téléphone mais sans plus jusqu’à ce qu’elles se rencontrent par hasard dans un café où Ana, plus stable sur le plan psychologique, est serveuse depuis peu avec la volonté de prendre en charge sa vie et ce malgré le décès de sa fille par mort subite du nourrisson. Janis, photographe de mode, lui propose alors de la prendre comme « nounou ». Le résultat d’un test ADN va venir semer le trouble chez Janis… Parallèlement, Arturo (Israel Elejade), le géniteur de Janis, est metteur en scène de théâtre ayant engagé pour un rôle difficile Térésa, la mère d’Ana, dont l’esprit maternel a fait grand défaut avec un père qui ne s’est jamais occupé de sa fille. Arturo est également anthropologue-archéologue et il va revoir Janis qui a envoyé un dossier pour pouvoir procéder à l’ouverture d’une fosse où son grand-père a été fusillé par la phalange espagnole ainsi que 9 autres habitants de son village natal en Navarre. Un film pour lequel Almodovar n’est pour une fois pas trop malicieux voire tortueux, et qui s’avère tout à fait plausible et développe comme souvent chez lui les thèmes de la filiation et de l’amour et de l’instinct maternel … et qui - pour la première fois - aborde la période du Franquisme qui pour la jeune Ana est déjà de l’histoire ancienne mais pour Janis et les autres villageoises concernées, l’aboutissement d’un travail de deuil. Inutile de dire que la photo, la lumière et les décors sont magnifiques … bref un quasi-chef d’œuvre.
Un peu déçue la dernière partie du film m'a laissée perplexe. Un peu confus deux histoires qui s'entremêlent de façon peu harmonieuse. On a du mal à comprendre l'attitude des deux femmes à la fin. Par contre Pénélope Cruz est toujours aussi sublime et la jeune actrice très performante.
Un super moment de cinéma par les acteurs , l'intrigue, l'ambiance ... un film à ne vraiment pas manquer et à classer parmi les incontournables. Autant dire que j'ai adoré
Un Nouvel Almodovar un peu faible et décevant. Une histoire parallèle déjà appréhendée dès le début sans grandes envolées lyriques ou renversements de situations ou profondeurs de personnages comme dans d autres films d Almodovar iconiques